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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 08:29
Le Miroir et autres nouvelles fantastiques, Edith Wharton

Le Miroir et autres nouvelles fantastiques, Edith Wharton, éditions Folio, 2011, 84 pages

Genre : nouvelles

Thèmes : spiritisme, fantôme, au-delà

 

L'auteur en quelques mots ...

De son véritable nom Edith Newbold Jones, Edith Wharton est née en 1862 et décédée en France à Saint Brice sous forêt en 1937.Sa famille appartenant à la haute société Newyorkaise, elle passe son enfance en Europe. Très tôt, elle écrit des poèmes et des nouvelles. Mais on premier ouvrage publié sera co-écrit avec un ami architecte et portera sur la décoration.

Elle rencontre Henry James en 1903 et publie des nouvelles dans un magazine. Elle s'installe à Paris en 1907 et rencontre alors de grands écrivains français comme André Gide, Anna de Noailles, Jean Cocteau. C'est après 1919 qu'elle s'installe à Saint Brice sous forêt.

Durant la guerre ,elle collecte des dons et visite des hôpitaux. Les récits de ses visites sont publiés sous le titre La France en guerre.

Elle recevra en 1921 le prix Pullitzer pour Le Temps de l'innocence.

Elle est l'auteur de plusieurs romans.

L'histoire :

Le Miroir

Mrs Attlee apprécie, au quotidien, la compagnie. Aussi lorsque sa petite fille, Moyra, se propose de lui faire la conversation, se met-elle à raconter une vieille histoire, souvenir de ses activités de medium. Il faut dire que cela lui est venu par hasard, alors qu'elle cherchait à redonner à sa patronne, confiance et estime en sa beauté perdue.A l'époque, Mrs Clingsland se plaignait de l'empreinte de la vieillesse sur son corps et soupirait sur un amour perdu. Elle avait pour habitude de se regarder durant de longues minutes dans un miroir, il y en avait partout dans sa chambre, jusqu'à ce qu'elle perçoive une ride, une expression du temps qui passe. Gagnée par le désespoir, elle pleurait alors.

Mrs Clingsland était une riche cliente de Cora Attlee qui la visitait régulièrement pour des soins corporels. Depuis toujours, Mrs Attlee avait des intuitions, sortes de prémonitions, et était aussi connue pour cela. Elle n'était cependant pas la seule et, là où elle percevait de véritables messages de l'au-delà, d'autres, nommées rabatteuses, profitaient de la détresse humaine. Lorsque Mrs Clingsland lui raconte sa courte relation avec Harry, un jeune homme dont elle était éperdument amoureuse et qui a péri dans le naufrage du Titanic, Cora entreprend de lui faire parvenir des messages de son amant d'autrefois. Ne pouvant provoquer une communication avec l'au-delà, Mrs Attlee voit pourtant son stratagème réussir et redonner à sa cliente sa beauté d'autrefois.

Mais le mensonge ne peut durer ...

 

Miss Mary Pask

Le narrateur, lors d'un séjour en Bretagne, se souvient d'une promesse faite à une amie, Grace. Sa soeur vivant dans la baie des Trépassés, il entreprend d'aller la visiter et prendre ainsi des nouvelles. L'endroit est pour le moins étrange, isolé. Pourtant lorsqu'il toque à la porte, une femme l'invite à entrer.

Au moment où il s'apprête à la suivre dans le sombre corridor, un souvenir foudroyant s'abat sur lui, une conversation lointaine lui rappelant que Mary Pask est décédée quelques temps plus tôt. Pourquoi avoir oublié cet événement essentiel ? Et qui est donc la femme qui vient de le faire entrer chez elle ?

En vrac et au fil des pages ...

 

Même s'il ne s'agit pas là du meilleur d'Edith Wharton, le lecteur peut prendre plaisir à lire ces deux courtes nouvelles qui nous entraine au bord du fantastique sans pour autant développer ce thème. On n'en a pas assez ! J'aurais aimé que les nouvelles soient plus longues car l'idée de départ est sympathique.

On retrouve des thèmes chers au fantastique : le miroir, la nuit, les fantômes, les esprits qui évoquent irrémédiablement des oeuvres comme Le Portrait de Dorian Gray par exemple. Mais on reste sur sa faim.

Dans la seconde nouvelle, l'ambiance est plus travaillée, le doute est installé dès e départ avec la maladie du narrateur qui oriente le lecteur vers deux pistes, affabulation ou réalité.

C'est donc une mise en bouche qui donne envie d'en découvrir davantage !

Le Miroir et autres nouvelles fantastiques, Edith Wharton

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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 07:46
Qui es-tu Alaska ? John Green

Qui es-tu Alaska ? John Green, éditions Gallimard jeunesse, pôle fiction, 2011, 402 pages

Traduit par Catherine Gibert

Genre : drame, jeunesse

Thèmes : amitié, solitude, adolescence, littérature, souvenirs, résilience

 

L'auteur en quelques mots ...

Né à Indianapolis en 1977, John Green est devenu un auteur à succès avec la parution de Qui es-tu Alaska ? en 2005. Aumonier dans un hôpital pour enfants, il décide de se tourner vers l'écriture, la critique littéraire et la radio.Chacun de ses romans est un succès mais c'est Nos Etoiles contraires qui l'a propulsé en deuxième position des bestsellers du New York times en 2012.

Plusieurs de ses récits ont été adaptés au cinéma.

L'histoire :

"Je pars en quête d'un Grand Peut-Etre"

Miles Halter a 16 ans lorsqu'il décide de quitter ses parents pour aller étudier à Culver Creek. Depuis toujours Miles est un solitaire, comptant peu d'amis, voire aucun, ce que sa mère se refuse à accepter. Pourtant Miles ne vit pas cela comme une fatalité, lui qui apprécie plus que tout les biographies de personnalités et connait par coeur leurs dernières paroles.

Quitter le cocon familial pour aller à la rencontre du "Grand Peut-être" comme disait Rabelais. Pourtant ses premiers pas à Culver Creek, Alabama, semblent le maintenir dans la catégorie de ceux qu'on ne voit pas ou dont on se moque, comme en témoigne le bizutage dont il fait les frais, pour avoir sympathisé avec le Colonel, son jeune colocataire.

Rapidement une amitié solide s'instaure entre eux et le Colonel, Chip de son vrai nom, présente à Miles le reste de la troupe : la belle Alaska Young, jeune femme écorchée, lunatique, qui attire irrémédiablement Miles, Takumi et Lara.

Leur vie sur le campus est rythmée par l'alcool, les cigarettes et les blagues échangées entre les deux camps, les weekenders qualifiés de fils à papa et les jeunes comme la bande du colonel. Au milieu de ce tumulte bon enfant, le directeur du campus tente de faire régner l'ordre, instaurant la sanction par les pairs.

Chacun s'ouvre, se confie peu à peu et l'on découvre les blessures, les non-dits de vies de famille pas toujours facile. Premiers baisers, premières émotions et un drame qui va faire basculer la vie de ce joyeux groupe.

En vrac et au fil des pages ...

 

Enfin, me direz-vous ! Voilà longtemps que je prévois de lire un livre de John Green et cela aurait pu être Nos Etoiles contraires si je n'en avais pas vu l'adaptation cinématographique. Autant commencer par le début avec un premier roman réussi qui nous plonge au coeur d'un campus d'Alabama.

Le roman s'étire au rythme des cours, des discussions adolescentes parfois profondes qui ont pour sujet la famille, l'avenir, la vie d'un adolescent en devenir.

J'ai apprécié les références littéraires, les sujets de philo qui poussent à aller plus loin et à trouver la sortie du "labyrinthe de souffrance" dans lequel certains se sont enfermés. A commencer par Alaska, jeune femme insaisissable, attirante, qui semble cacher un lourd secret. On comprend rapidement qu'elle est centre de cette vie de campus,imaginant des blagues plus invraisemblables les unes que les autres, fournissant au groupe l'alcool et les cigarettes. Mais elle est touchante par le côté sombre qui se cache en elle, qu'elle laisse transparaître, qui la rattache à un passé douloureux. Evidemment ces jeunes boivent trop et fument trop. Mais l'adolescence n'est-elle pas la période des trop ?

Alaska trouvera en Miles un confident, mais peut-on réellement dépasser les souffrances à son âge, se projeter dans une vie d'adulte sans avoir fait le deuil de son passé ? Ces questions sont posées dès le départ et celle de la mort plane sur le récit, parfois de façon détachée comme avec les dernières paroles de personnalités que Miles apprend par coeur, ou de façon plus profonde comme les réflexions suscitées par le récit de vie d'Alaska.

La structure du récit suppose une certaine tension avec un compte à rebours qui nous invite à aller vers un irrémédiable drame. On le devine, on voit les pages défiler ,puis la vie reprendre son cours dans un APRES qui amène à la reconstruction.

On a reproché à ce livre sa lenteur, mais je pense qu'elle est voulue pour installer une sorte de routine adolescente, prendre le temps de découvrir chaque personnage comme ils se découvrent eux-mêmes. Bien entendu certaines pages sont répétitives , mais cela ne gène pas la lecture de mon point de vue.

S’attache-t-on à ces personnages ? Je dirais que cela dépend de notre âge et de notre vécu. Même si cette vie faite de transgressions sur un campus ne me parle pas, j'ai apprécié les réflexions plus profondes sur la vie, la douleur, les souvenirs, la nécessité de dépasser tout cela pour avancer. Par ailleurs le récit est bien écrit, fluide.

Qui es-tu Alaska ? John Green

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 04:43
Comme une grande, Elisa Fourniret

Comme une grande, Elisa Fourniret, éditions Mauconduit 2017, 240 pages

Genre : contemporain

Thèmes : féminité, Paris, mère, couple

 

L'auteur en quelques mots ...

À 45 ans, Elisa Fourniret est responsable depuis 5 ans de la Maison des auteurs de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), à Paris. La primo-romancière revient avec légèreté sur les "deux-trois métiers de qualité" qu’elle a exercés à la sortie de l’université Sorbonne-Nouvelle. (Paris III), un mémoire sur Pier Paolo Pasolini en poche. De femme de ménage à vendeuse de sacs à main, d’opératrice de plateforme téléphonique géante à animatrice des centres de loisirs des Sapins Bleus, de France et de Navarre, et même de Wallonie. "Fallait bien s’essayer à la vraie vie", glisse-t-elle en commentaire de son parcours singulier. (source éditeur)

L'histoire :

 

"Mes yeux me brûlent et je peine à les tenir ouverts.Un pas après l'autre, je me remets en marche, hagarde, hésitante. Je regarde le trottoir ,humide, noir et brillant, pour ne pas être éblouie par un rayon de ce soleil, réapparu.J'ai dû dormir un peu, debout, sous ce porche, sans même m'en apercevoir. Femme ordinaire devenue héron.Une de celles-là, celles aux nuits trop courtes, qui cavalent et qui veulent tout".

Paris et la vie intime. La vie quotidienne de mère et d'amante, et Paris. Les deux sont intimement liés dans sa vie, elle qui ne sait pas rester au lit le matin pour une grasse matinée et préfère arpenter les trottoirs de la ville en éveil, s'asseoir dans un café pour un petit déjeuner dans son quartier de prédilection, écouter une conversation, au hasard, observer la vie des autres et penser à la sienne.

Un bout de chemin depuis que, seule, elle élève son bout de chou. Un petit bonhomme éveillé qui exige sa présence, son amour. Et le père dans tout ça ? Parti, envolé. Il faut dire qu'il n'était pas de ceux qui se révèlent à la paternité, un rien dépressif, pas capable. Elle a espéré, elle a essayé, mais rien à faire, quand ça veut pas, ça veut pas. Alors ce sera elle et le marmot et peut-être aussi Vincent, s'il accepte sa vie de mère Parisienne.

Issue d'une famille d'ouvriers lorrains, Longlaville près de Longwy, elle garde le souvenir d'un père courageux, bravant le manque de diplôme et gravissant les échelons, narguant les fils à papa. Mais la crise, sévère, les fusions, les multinationales, et le couple vole en éclat.Pour avoir voulu "croquer un bout " de la vie bourgeoise, le père se retrouve sur les routes, accordéon sous le bras et une vie de jazzman dont il a toujours rêvé. Et pourquoi pas ?

Autre vie, autre époque. Arrivée à l'âge de son père "quand il a tout plaqué pour devenir musicien", elle se doit à la réalité objective de son rôle de maman, "composer avec la vraie vie, dans le crew des femmes seules, celles qui assument le taf, le gosse, les charges et le reste..."

Chaque rue appelle un souvenir, chaque souvenir une émotion et le dépassement, l'envie (la nécessité ?) d'aller de l'avant, de prendre le plaisir où il se trouve, d'assumer sa part de femme, d'amante et de mère, laisser derrière elle ce qui n'est plus et les êtres chers qui ont compté.

En vrac et au fil des pages...

(source :Le Chandelier)

On entre dans ce récit comme dans une conversation. Elisa Fourniret nous prend sous le bras, nous entraîne dans les rues de Paris, temps de pluie, et nous parle de sa vie, ses rêves, sa famille d'ouvriers lorrains qui ont goûté à une vie bourgeoise, la crise et la nécessité de surmonter tout ça et de passer à autre chose.

Célibataire. Par choix ? Oui et non. Elle ne l'a pas voulue au départ, cette vie de maman solo. Mais lorsque la vie du bel amant a éclaté, que son esprit s'est mis à vagabonder, que la dépression s'est installée, il a bien fallu assumer. L'idée est de conserver un espace de liberté dans ce quotidien qui pourrait devenir pesant : déambuler dans les rues de Paris à l'aube, se préserver des moments intimes avec l'homme du moment, marmot chez les grands-parents, profiter pleinement du petit, adorable.

Dans une langue fluide, mêlée de poésie et d'argot, de pointes d'humour dans un langage fleuri, Elisa Fourniret nous donne à entendre et à voir. Qu'importe que l'on soit ou pas parisien, ce récit nous parle car chaque personnage évoqué est comme un portrait sur la photo de famille. L'émotion est toujours présente, pas de rancœur, juste l'acceptation et le changement que l'on devine au fil du temps. C'est aussi une belle leçon de vie, prendre le plaisir où il se trouve, profiter car les êtres que l'on aime partent un jour, pour ne pas regretter, ne pas anticiper.

Revenir sur les bons moments et les moins bons pour comprendre, faire le point avant d'avancer, de vivre le présent. Le choix de la déambulation est judicieux, qui aide à relancer le récit. Dès les premières pages on sent que la ville et la vie de la narratrice sont intimement liées, elles fusionnent dans des bruits, des odeurs, des réflexes, des images. L'espace d'un instant c'est la vie des autres qui est mise en relief, une conversation, des visages que l'on ne reverra pas. La ville grouille, surprend. Et au détour d'une rue, un souvenir resurgit qui fait renaître sa mère que le crabe a emportée, le père au sourire éclatant, l'amant que l'on croyait fiable.

En toile de fond, l'évocation du bassin lorrain, de la vie ouvrière, pas facile, de la crise qui a tout chamboulé, fait voler en éclat les espoirs au nom de la délocalisation, de la mondialisation. Le destin des petites gens dont on se préoccupe peu apparaît sous un jour nostalgique et des noms que l'on connait, aux accents du Nord, Longwy entre autres, soulignent la nécessité de se reconstruire, de passer à autre chose, comme un écho de la vie de la narratrice. La vie de ses parents en fond d'écran, elle construit la sienne, en regard, même si c'est tout autre chose.

C'est une belle découverte. Je redoute toujours les premiers romans pour les manques, le style moins travaillé, les tâtonnements. Mais là tout est pensé et on se laisse porter par la langue, nouvelle au départ, familière à la fin du récit.

 

Merci aux éditions Mauconduit pour ce partenariat

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 15:02
Empathie et compassion, comment développer nos super-pouvoirs, Sandra Cardot

Empathie et compassion, comment développer nos super-pouvoirs, Sandra Cardot, éditions Michalon, 2017, 187 pages

Genre : développement personnel

Thèmes : empathie, compassion, mentalité, méditation, qualité, conscience, altruisme

 

L'auteur en quelques mots ...

 

 

Sandra Cardot a été vidéaste, chanteuse et modèle. Diplômée de l’Ecole Nationale Des Beaux-Arts de Grenoble (master) et du Conservatoire des Arts et Métiers en psychologie, elle a poursuivi sa formation vers l'art thérapie. Confrontée au départ soudain de son père, son intérêt pour le psychisme humain et pour la narration sous toutes ses formes a donné naissance à Ferme tes yeux Jessica, un court roman dans lequel une jeune fille perd son père dans un accident auquel elle survit elle-même, et devient amnésique. Elle est l'auteur de En Pleine conscience, itinéraire lucide vers le bonheur spirituel, paru en 2016 aux éditions Michalon.

"Nous sommes capables de devenir de prodigieux héros".

A l'origine est l'empathie. Mais l'on aurait tort de croire qu'elle est l'apanage des humains. Au contraire, "l'empathie est bel et bien une aptitude intelligente, issue de la relation mère-petit de nos ancêtres les animaux", attitude qui va bien au-delà de leurs propres petits, mais s'étend à toute la communauté. Souris, chimpanzés, dauphins... en sont dotés. Nombre d'animaux nous témoignent également leur affection et bien plus encore. Tout le monde a au moins une fois entendu parler de ce chat qui, dans un hôpital, se couchait sur le lit des malades en fin de vie, signalant par là l'imminence de l'inéluctable et apportant un dernier réconfort. Qu'en est-il de l'humain ?

Sandra Cardot nous livre un exemple édifiant, là encore bien connu, soulignant l' aberration qu'il peut y avoir à vivre sans amour, sans en donner, sans en recevoir : dans les années 20 un certain John Broadus Watson prétend que la tendresse et la compassion des mères envers leur enfant porterait préjudice à l'intégration sociale et au développement des jeunes. Dès lors, dans les orphelinats,les petits furent isolés, ne recevant aucune marque de tendresse. Inutile d'insister sur les dégâts provoqués...

Que démontrent ces exemples ? Le lien, dans la joie comme dans la souffrance, soutient, fait avancer.Et il est inutile de bien connaitre une personne pour lui apporter ce réconfort, ce soutien. La capacité d'empathie est en chacun de nous. Des hormones y travaillent que l'on nomme communément "hormones du bonheur" : l'ocytocine, hormone du bien-être, du plaisir, la sérotonine, hormone de la sérénité, de la sécurité, dopamine, hormone de l'enthousiasme, de l'espoir. Et les neurones là dedans ? Eux aussi jouent un rôle capital dans le développement de l'empathie. Nous avons donc tous les outils pour réussir.

Puisque l'empathie est innée comme le démontrent les comportements enfantins d'encouragement, de consolation, pourquoi tous les hommes n'en sont-ils pas capables ? C'est qu'il faut nourrir notre cerveau. La souffrance et la douleur engendrent le chagrin et le désespoir. A contrario la paix et la sérénité diffusent le bonheur.

Facile à dire ? Il est pourtant simple de donner un sourire, de tendre la main. A condition de le faire sans arrière pensée, cette attitude générera autant de bénéfice chez celui qui donne que chez celui qui reçoit. On connait tous le vieil adage " Un sourire ne coûte rien...". Encore faut-il le mettre en pratique dans nos vies pressées. C'est un travail quotidien, puis une habitude, enfin une façon d'appréhender le monde.

La vérité est que nous ne sommes rien sans les autres. Alors autant construire des relations ou de simples liens sur une base saine faite de compassion, de regard tolérant, sans jugement.

 

En vrac et au fil des pages ...

 

Si à la lecture de ce qui précède vous vous êtes dit : évidemment ! Je le fais déjà ! alors vous êtes empathes et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si en revanche vous avez eu un petit sourire en vous disant : c'est bien beau tout ça mais c'est du blabla, il vous reste un peu de chemin à faire mais rien n'est perdu !

Je plaisante mais j'entends déjà quelques voix qui s'élèvent ( les mêmes peut-être que dans la salle des professeurs de mon établissement lorsque des collègues grognent contre des élèves et que nous sommes quelques-uns à nous désoler de cette attitude peu bienveillante...). Alors autant dire tout de suite qu'il faut être prêt pour lire ce livre, avoir sans doute déjà parcouru un bout du chemin vers la sérénité, la non-violence, la bienveillance et avoir donc un esprit positif, ouvert.

Petit instant "ma vie" : Je ne crois pas au hasard et, depuis que j'ai terminé ma formation en sophrologie, les choses, les gens ,les événements arrivent à moi pour m'emporter vers cette voie. Il en fut toujours ainsi dans ma vie, comme si quelque chose m'avait toujours guidée sur la bonne voie. C'est pour cela que je suis confiante, sereine la plupart du temps lorsque je dois faire des choix qui me concernent car je sais que je peux me fier à mon instinct. Curieusement il en va de même des personnes que je rencontre. Je dis souvent à mon mari qu'il est trop gentil, une façon aimable de lui souligner qu'il se fait avoir souvent. J'ai toujours eu la sensation d'être capable de "ressentir" les gens. Certaines personnes me sont toxiques. Je les rencontre dans mon métier essentiellement, qui est un milieu bien particulier, d'autres me mettent mal à l'aise , mais je comprends la plupart du temps qu'elles sont dans une période de leur vie qui leur fait voir les choses de façon négative. C'est ce qu'elles renvoient et que je ressens avec une grande violence. Il en a toujours été ainsi, de même que certaines situations me paraissent injustes et m'ont souvent rendue malades dans mon adolescence. Aujourd'hui je commence à peine à savoir comment me protéger de cela, me "nettoyer" en quelques sortes.

Il est  donc intéressant d'avoir trouvé un écho à cela dans le livre de Sandra Cardot. Elle nomme ces personnes capables de ressentir les intentions, les émotions des autres, des empathes.

Super, et que fait-on de cela ? On aide les autres à avancer, on leur procure le réconfort dont ils ont besoin, par un sourire, un geste, une action gratuite. Le petit plus rigolo est ce que décrit Sandra Cardot comme une sorte de connexion avec les animaux, cette capacité à les comprendre comme s'ils nous parlaient, ce dont se moque un peu ma tribu lorsque je parle aux chats et qu'ils semblent me répondre ( moi je dis qu'ils me répondent !), lorsque je leur donne ce dont ils ont besoin à ce moment là sans me torturer l'esprit avec "mais qu'est-ce qu'elle a à miauler cette chatte !".

La faille, car il y en a une, est l'incapacité des empathes à rester dans un lieu où les énergies sont négatives, l'atmosphère pesante, ce que je nomme au quotidien "être une éponge". Je le vis chaque jour dans mes classes lorsque les jeunes sont inquiets ou qu'ils arrivent en colère, mais aussi à la maison lorsque les enfants râlent ou que ma tribu me renvoie du négatif. Depuis longtemps je parviens à le gérer, en instaurant des rituels de sympathie, d'empathie, petits bonheurs, communication non violente, chaud doudous, méditation...et cela fonctionne très bien. Je dirais même que cela se propage et qu'il est agréable de pouvoir diffuser le positif, le bien-être, le bonheur. 

Sandra Cardot nous invite à repérer nos émotions afin de ne pas les confondre ou les plaquer sur les autres.Ne pas les étouffer mais les extérioriser.

On en arrive au chapitre santé, avec la nécessite de ne pas freiner la tristesse ou la colère si elles se présentent. Nous avons tous constaté au moins une fois dans notre vie combien cela est toxique. 

Mais attention, l'empathie et la compassion ne doivent pas mener à l'esclavage. Ecouter les autres oui, les aider comme on le peut oui, mais ne pas se soumettre sans s'en rendre compte.

La compassion c'est vivre au présent, apprécier, admirer. C'est une dimension spirituelle de l'empathie. On a tendance dans notre société à broyer du noir, à nous replier sur nos problèmes, à critiquer, oh oui critiquer ! S'obliger dans un premier temps à voir les choses autrement aide beaucoup, ne pas se laisser emporter par une conversation stérile comme on en entend souvent et qui ne mène à rien. C'est déjà un grand pas vers plus de sérénité. Sourire, c'est fou comme cela désamorce souvent une situation délicate. Et en plus cela se propage, c'est contagieux, comme le rire. Bien entendu ce n'est pas toujours possible, tout le monde a une vie différente et certaines ne sont pas faciles. Mais essayer. Nous ne sommes pas la souffrance que nous ressentons. Elle n'est pas "nous". Elle est un moment, une étape à dépasser.

La pleine conscience est la clé. Vous me direz, cela est très tendance. Je répondrai : c'est tout simplement essentiel. Se connecter au présent pour l'apprécier, être conscient de ce que l'on fait, ce que l'on mange. Ne pas vouloir que le temps file. Accepter de voir nos émotions, notre souffrance peut-être. S'arrêter.

Sandra Cardot donne des conseils simples pour se reconnecter, prendre le temps. Elle cite également nombre d'études, fait référence à des personnalités pour montrer la puissance de la compassion. Comme Matthieu Ricard dans ses conférences, elle revient sur les neurosciences et la découverte que la compassion modifie durablement notre cerveau. Ceci est désormais prouvé. La méditation, la pleine conscience,mais aussi la coopération, l'altruisme, ne modifient pas uniquement notre façon d'être. Le sujet est passionnant . Ce potentiel d'altruisme est à cultiver. Je reste persuadée que cela passe par l'éducation et d'ailleurs l'auteur revient sur ces écoles pilotes qui proposent un autre enseignement en insistant sur ces qualités.

Après une petite chose m'a tout de même dérangée. Il a fallu que j'arrive à la page 153 pour commencer à freiner un peu ma lecture: "les héros de la compassion". Ici Sandra Cardot évoque les véganes, ces personnes réfractaires à toute forme de violence, qui ne consomment pas de viande ni tout ce qui en est dérivé en dénonçant les violences faites aux animaux. Je comprends tout à fait ce mouvement, étant moi-même de moins en moins mangeuse de viande, mais plus par dégoût. J'entends ce discours car j'ai vu des abattoirs, des reportages atroces sur les violences faites aux animaux destinés à être mangés. "Vivre en paix avec le vivant", nous dit l'auteur, c'est refuser tout ce qui peut être lié de près ou de loin avec une forme de violence faite aux animaux ,doués comme nous l'avons vu de compassion.Cela passe par les cosmétiques, le prêt à porter...etc. Pour Sandra Cardot, nous n'avons plus besoin de cela aujourd,hui pour notre survie , de plus cette capacité de compassion doit s'étendre à tout le vivant dans un souci de préservation de la planète, enfin notre attitude serait le fait d'une société qui favorise l'ego au détriment de l'empathie.

Je suis d'accord avec elle pour dire que les consciences s'ouvrent , que la réflexion est intense sur le sujet et que les mentalités changent. Les medias s'en font les intermédiaires et c'est très bien. Ce que je regrette, et ce sera le seul bémol de ce livre, est la façon dont le sujet est amené. Les véganes sont ainsi nommés "super-héros", "fabuleuses personnes" face à la monstruosité de la société... En face les mangeurs de viande, réduits à des images clichés comme ce boucher argumentant sur son métier face à un groupe de militants. Oui, sauf qu'entre les deux, entre le salon de l'agriculture et les "fabuleux véganes" il y a nous ! Dès lors, ceux qui ne sont pas encore entrés en Véganie sont "noyés dans leur propre ego". Aie ! Où est la compassion, la main tendue vers celui qui est encore peut-être ignorant, qui se cherche, qui veut comprendre et démêler le vrai du faux parmi toutes les informations qu'on lui envoie ?

Et oui, j'enfile mon costume d'enseignante là ! Si je projetais sur mes élèves une vérité en laquelle je crois sans leur donner de preuve , en leur disant juste "si vous ne me croyez pas, vous n'avez qu'à vous renseigner", serais-je une bonne pédagogue ? Il me semble que Sandra Cardot pourrait nous concocter une petit livre sur le véganisme, comment elle y est arrivée, puisque je crois comprendre qu'elle était végétarienne auparavant. Le sujet serait abouti et tous les points de vue donnés, argumentés. On y trouverait des références précises, des indications de videos à consulter peut-être... Ce que je veux dire c'est que si on ne montre pas aux gens, de façon claire, ce dont on parle, ils ne peuvent le deviner. Mais au-delà, la compassion doit nous aider à guider sur le bon chemin et non encenser les purs d'un côté et laisser les autres au bord du chemin. Nous avons tous eu cette conversation au moins une fois autour de la table, tiens en ce moment avec la polémique sur les oeufs par exemple. Mais pourquoi vouloir imposer un mode de vie en disant : voici le bien, voici ce vers quoi vous devez tendre ? On sait bien que l'éveil des consciences est plus long à mettre en place que cela, et une vie d'homme n'y suffit pas. Soyons tolérant. Certains d'entre nous sont issus d'une famille de chasseurs, d'autres d'éleveurs. La reconversion peut se faire mais il faut démontrer, encore et encore, ne pas valoriser tout le temps les bons élèves, être patients. Je ne pense pas que les véganes soient des super-héros. Je pense que nous sommes tous des super-héros tant que nous essayons de faire au mieux, de faire grandir notre conscience, de nous élever. Peut-être l'auteur ne s'est elle pas rendue compte que l'on pouvait se sentir visé ou ma à l'aise en lisant ce chapitre un peu "donneur de leçon" ?Une piste intéressante pourtant,dans le livre de Sandra Cardot et qui mériterait un développement, est justement cette idée que nous sommes en train de passer à autre chose, que notre société nous demande d'évoluer. On pourrait peut-être insister sur ce fait : l'évolution de l'être humain. L'idée que l'on trouve aujourd'hui dans l'alimentation des tas de substituts.

Bon après je ne suis pas convaincue non plus que les légumes que nous mangeons, les graines et autres soient toujours très sains... Mais c'est un autre débat. Car ici l'auteur ne nous parle pas de ce qui est sain pour la santé mais de ce qui est vivant et que nous mettons dans notre corps. On est sur l'idée de conscience.

Il serait bien, à mon sens, de sensibiliser les populations sur la disparition des espèces, notamment celles qui sont chassées, pêchées, celles dont la survie dépend de l'homme. Mais attaquer directement par l'assiette n'est, selon moi, pas porteur. Je le constate chaque jour dans les discussions. Les gens se braquent systématiquement. Patience !

Heureusement l'auteur nous invite à trouver des solutions ensemble, mais ce petit travers de désigner les bons élèves et de culpabiliser les autres m'a dérangée. J'attends donc la suite, car ici la question est réduite à un seul chapitre avec le petit cliché du boucher devenu végane, c'est dommage. D'autant que les véganes ne sont pas tous pacifistes, malheureusement, peut-être parce qu'ils voudraient aller plus vite, que tout change d'un coup, ce qui n'est pas possible. On en revient aux lobbies, je rejoins ici Sandra Cardot sur la nécessité de faire bouger les choses d'en haut.Ne soyons pas pessimistes ! Et d'ailleurs ,comme le dit l'auteur, ne rejetons pas la faute sur les autres, agissons à notre petite échelle.

Il est évident que nous sommes dans une phase où nos actes déterminent le bien être des générations à venir.

Cela m'a ,en tous cas,donné envie de lire son premier livre.

 

Pour en savoir plus sur l'altruisme; on peut aussi recommander les écrits de Matthieu Ricard qui "rappelle la force de la bienveillance, le pouvoir de transformation positive qu'une véritable attitude altruiste peut avoir sur nos vies au plan individuel et, partant, sur la société tout entière"

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 08:09
Le Protectorat de l'ombrelle :Sans honte, Gail Carriger

Le Protectorat de l'ombrelle, tome 3 Sans Honte, Gail Carriger, éditions Le livre de poche, 2013, 421 pages

Traduit de l'anglais par Sylvie Denis

Genre : Bit lit

Thèmes: séparation, mariage, complot, cabale, vampires, loups garou

 

L'auteur en quelques mots...

Retrouvez la biographie de Gail Carriger sur les billets précédents

Attention, ce billet révèle des informations sur la fin du tome 2 !

L'histoire

Alexia Tarabotti est retournée chez ses parents suite au scandale déclenché par l'annonce de sa grossesse. Une grossesse impossible selon Lord Maccon, son époux, qui l'a répudiée sans ambage. La mère d'Alexia, comprenant l'opprobre jeté sur sa famille, ne peut cependant pas supporter cette réputation ternie.

Pourtant, il semble bien que ce phénomène soit hautement probable et que Lord Maccon, qui a depuis sombré dans la boisson, doive entendre raison, ce que s'évertue à lui faire comprendre le professeur Lyall, désormais chargé de gérer la meute de Woolsey.

En attendant, Alexia doit faire face à ceux qui cherchent à la tuer. Son ami, Lord Akeldama, semble avoir disparu et c'est en Italie qu'elle va devoir se rendre. Accompagné des fidèles, Madame Lefou et Floote, c'est à coup de pesto qu'elle tentera de venir à bout des vampires qui veulent sa peau. Seuls de mystérieux templiers semblent connaitre le secret de sa grossesse, aussi doit -elle les approcher afin de justifier son état auprès de la société mais surtout de son mari.

En vrac et au fil des pages...

 

Dans ce tome, Alexia et Lord Maccon ne se cotoient plus. L'enjeu est ailleurs, dans l'explication complexe de l'origine de la grossesse d'Alexia. Cette dernière a beau savoir ce qu'il en est en son âme et conscience, il lui reste à prouver aux yeux de tous qu'elle n'est pas la scandaleuse épouse que d'aucuns décrivent.

Le récit est trépidant car l'action est entrainante. De Londres en Italie, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Comme toujours, l'univers décrit nous entraine vers le steampunk avec des Coccinelles tueuses ou un ornithoptère, les trajets en dirigeables ou encore les inventions de Madame Lefou. "Elle revint avec un objet qui ressemblait en tous point à un haut de forme du genre tuyau-de-poêle sans bord, monté sur un socle pour théière doté d'une manivelle, avec une trompette sortant par le dessous"

La rencontre avec les templiers se révèle étonnante, ces derniers snobant Alexia, peu habituée à un trl manque de considération. Les moeurs sont différente en Italie et une sans âme, athée de surcroit, ne peut trouver grâce à leur yeux. En revanche, ce pays est une découverte culinaire pour elle, notamment le fameux pesto qui, contre toute attente, deviendra une arme !

L'humour est toujours bien présent et le caractère bien trempé d'Alexia fait des ravages. Peu amène avec son enfant à venir, elle refuse de le considérer comme un petit être mais le voit comme un intrus quelle nomme "truc" ! Ici cela ne choque pas car l'on a appris à connaitre le personnage.

Il ne lui reste plus qu'à mettre sa brute d'époux au pas !

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Published by unchocolatdansmonroman - dans saveurs littéraires mois anglais 2017
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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 12:18
Belgravia, Julian Fellowes

Belgravia, Julkan Fellowes, éditions J.C Lattès, 2016,420 pages

Genre : historique

Thèmes : famille, héritage, lignée, mariage, descendance, intrigue, société anglaise, XIXe S, Angleterre, secret de famille.

Traduit de l'anglais par Valérie Rosier et Carole Delporte

L'auteur quelques mots ...

 

 

Né en 1949 au Caire, Julian Fellowes est acteur, scénariste, réalksateur ,producteur et romancier. Connu pour la série Downtown abbey, son intérêt pour la société anglaise est visible dès Gosford Park en 2001  oû l'on rencontre déja les deux milieux : aristocratie et domesticité.

Il siège depuis 2011 à la chambre des Lords.

Outre ses films,il est l'auteur de trois romans : Snobs en 2004, Massé imparfait en 2014 et iBelgravia en 2016.

L'histoire

15 juin 1815. Alors que s'annonce la bataille de Waterloo, ce que la société anglaise compte de beau monde se retrouve au bal de la duchesse de Richmond à Bruxelles. Anne et James Trenchard y sont invités, alors même qu'ils n'appartiennent pas à ce monde, par le biais de leur fille Sophia, amoureuse du fils de lady Brockenhurst, Edmund Bellasis. James Trenchard est alors intendant du duc de Wellington et aspire à grimper l'echelle sociale. Aussi assiste t il avec fierté au bal qui sera plus tard connu dans l'histoire comme la légendaire soirée avant la tragédie. En effet, au cours de la soirée, les officiers apprennent l'arrivée imminente de Napoléon et ce qui devait être un bal de saison se transforme en adieux déchirants.

Quittant le bal au bras de sa mère, Sophia aperçoit alors une scène qui la laisse pantoise et qui déterminera son avenir. Quelques heures plus tard, on apprend le décès du jeune lord Bellasis.

1841. Alors qu'Anne Trenchard s'apprête à être reçue dans une des plus belles demeures du quartier Belgravia, elle se remémore l'ascension de son mari, désormais apparenté aux nouveaux riches grâce à ses investissements dans les constructions immobilières de luxe et le développement de quartiers de Londres. Quand a- t- elle émis le souhait d'être conviée aux thés de l'après midi ? Car si son époux rêve en grand, elle aspire à plus de modestie. Sa belle fille, Susan, épouse de son fils Oliver,en revanche, aimerait être reçue dans cette société aristocratique aux rituels surannés. Mais, malgré les efforts de James Trenchard, son fils n'a jamais montré de capacité de travail, profitant de la richesse de ses parents et attendant d'hériter.

C'est aussi ce qu'attend John Bellasis, bellâtre filleul de lady et lord Brockenhurst. Edmund décédé, c'est lui qui est pressenti pour hériter.

Pourtant, devant l'accablement de Caroline Brockenhurst et le souvenir de la soirée du 15 juin 1815, Anne Trenchard s'apprête à ouvrir la boite de Pandore, révélant ce qui s'est passé entre sa fille Sophia, décédée depuis, et Edmund Bellasis quelques 25 ans plus tôt et ce qui unit les deux familles que tout semble pourtant opposer...

 

En vrac et au fil des pages...

 

Je connaissais Downtown Abbey et avais envie de découvrir ce que le réalisateur de cette série proposait en roman. Ici les domestiques apparaissent en arrière plan, contrairement à la série tv qui les place comme personnages essentiels de l'histoire. On est plutôt sur un secret de famille qui unit deux maisons que tout devrait opposer, à commencer par la lignée et la place dans la société. 

L'ascension de ceux que l'on a appelé " nouveaux riches " ne plait pas à tous et si la haute société les tolère, elle ne les accepte pas comme égaux. Dans ce contexte, Anne Trenchard qui n'aspire pas à plus que son rang, se voit contrainte d'intégrer les salons pour le thé de l'après midi dans le grand Londres.

James Trenchard, parti de rien, a réussi. Reconnu pour son travail ,il n'en reste pas moins génant dans sa volonté de s'élever. Mais il cache un secret que sa femme va découvrir par hasard, car si Anne connait la vérité sur la relation que leur fille Sophia entretenait avec le jeune lord Bellasis, elle ne sait pas tout. 

Anne est trop sensible et ne prend pas garde aux révélations qu'elle s'apprête à faire à la mère de lord Bellasis, Caroline Brockenhurst. Une fois la boite de Pandore ouverte, les evénements vont s'enchainer, ramenant tout ce petit monde la soirée de 1815 et aux blessures du passé.

Une fois tous les éléments en place,le lecteur attend le dénouement, espérant pour les uns, détestant les autres. Car la force du récit réside dans les portraits. Tous sont représentés: les passifs, les jaloux, les envieux, les manipulateurs, les sensibles...

Les domestiques n'apparaissent pas ici sous leur meilleur jour, la plupart prenant part à la manipulation mise en place par John Bellasis. J'ai regretté que l'on ne découvre pas plus les coulisses des grandes maisons. 

Le roman développe également la vie des cadets des familles. Alors que les ainés héritent et font de beaux mariages, les enfants suivants sont comme des seconds rôles. Il est vrai que cette notion d'héritage détruit bien des relations. Le lecteur plaindra sans doute ces personnages relégués au second plan, récupérant les miettes, rendus aigris par les circonstances.

Le recit se lit bien, la fluidité amenant le lecteur vers des dernières pages sous tension. Les moeurs sont bien décrites , le rituel des journées, les conventions,les usages vestimentaires...

Pour la part historique, outre l'entrée en matière sur la bataille de Waterloo, on prend la route du coton avec Charles Pope, un personnage que je n'ai pas présenté et pour cause puisqu'il est le lien entre tous et la pierre angulaire de l'intrigue. L'évocation de l'Inde renvoie à l'exotisme que la période aimait tant, les femmes s'extasiant sur la vie là bas, les hommes voyant là une opportunité à saisir. La manufacture est malheureusement en retrait. J'avoue que j'aurais aimé en savoir plus.

Je vous recommande ce récit pour l'ambiance, l'intrigue originale. Mais ne lisez pas ce récit dans l'idée d'y retrouver un remake de Downtown abbey, ce qui est tout aussi bien finalement.

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