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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 07:46
Qui es-tu Alaska ? John Green

Qui es-tu Alaska ? John Green, éditions Gallimard jeunesse, pôle fiction, 2011, 402 pages

Traduit par Catherine Gibert

Genre : drame, jeunesse

Thèmes : amitié, solitude, adolescence, littérature, souvenirs, résilience

 

L'auteur en quelques mots ...

Né à Indianapolis en 1977, John Green est devenu un auteur à succès avec la parution de Qui es-tu Alaska ? en 2005. Aumonier dans un hôpital pour enfants, il décide de se tourner vers l'écriture, la critique littéraire et la radio.Chacun de ses romans est un succès mais c'est Nos Etoiles contraires qui l'a propulsé en deuxième position des bestsellers du New York times en 2012.

Plusieurs de ses récits ont été adaptés au cinéma.

L'histoire :

"Je pars en quête d'un Grand Peut-Etre"

Miles Halter a 16 ans lorsqu'il décide de quitter ses parents pour aller étudier à Culver Creek. Depuis toujours Miles est un solitaire, comptant peu d'amis, voire aucun, ce que sa mère se refuse à accepter. Pourtant Miles ne vit pas cela comme une fatalité, lui qui apprécie plus que tout les biographies de personnalités et connait par coeur leurs dernières paroles.

Quitter le cocon familial pour aller à la rencontre du "Grand Peut-être" comme disait Rabelais. Pourtant ses premiers pas à Culver Creek, Alabama, semblent le maintenir dans la catégorie de ceux qu'on ne voit pas ou dont on se moque, comme en témoigne le bizutage dont il fait les frais, pour avoir sympathisé avec le Colonel, son jeune colocataire.

Rapidement une amitié solide s'instaure entre eux et le Colonel, Chip de son vrai nom, présente à Miles le reste de la troupe : la belle Alaska Young, jeune femme écorchée, lunatique, qui attire irrémédiablement Miles, Takumi et Lara.

Leur vie sur le campus est rythmée par l'alcool, les cigarettes et les blagues échangées entre les deux camps, les weekenders qualifiés de fils à papa et les jeunes comme la bande du colonel. Au milieu de ce tumulte bon enfant, le directeur du campus tente de faire régner l'ordre, instaurant la sanction par les pairs.

Chacun s'ouvre, se confie peu à peu et l'on découvre les blessures, les non-dits de vies de famille pas toujours facile. Premiers baisers, premières émotions et un drame qui va faire basculer la vie de ce joyeux groupe.

En vrac et au fil des pages ...

 

Enfin, me direz-vous ! Voilà longtemps que je prévois de lire un livre de John Green et cela aurait pu être Nos Etoiles contraires si je n'en avais pas vu l'adaptation cinématographique. Autant commencer par le début avec un premier roman réussi qui nous plonge au coeur d'un campus d'Alabama.

Le roman s'étire au rythme des cours, des discussions adolescentes parfois profondes qui ont pour sujet la famille, l'avenir, la vie d'un adolescent en devenir.

J'ai apprécié les références littéraires, les sujets de philo qui poussent à aller plus loin et à trouver la sortie du "labyrinthe de souffrance" dans lequel certains se sont enfermés. A commencer par Alaska, jeune femme insaisissable, attirante, qui semble cacher un lourd secret. On comprend rapidement qu'elle est centre de cette vie de campus,imaginant des blagues plus invraisemblables les unes que les autres, fournissant au groupe l'alcool et les cigarettes. Mais elle est touchante par le côté sombre qui se cache en elle, qu'elle laisse transparaître, qui la rattache à un passé douloureux. Evidemment ces jeunes boivent trop et fument trop. Mais l'adolescence n'est-elle pas la période des trop ?

Alaska trouvera en Miles un confident, mais peut-on réellement dépasser les souffrances à son âge, se projeter dans une vie d'adulte sans avoir fait le deuil de son passé ? Ces questions sont posées dès le départ et celle de la mort plane sur le récit, parfois de façon détachée comme avec les dernières paroles de personnalités que Miles apprend par coeur, ou de façon plus profonde comme les réflexions suscitées par le récit de vie d'Alaska.

La structure du récit suppose une certaine tension avec un compte à rebours qui nous invite à aller vers un irrémédiable drame. On le devine, on voit les pages défiler ,puis la vie reprendre son cours dans un APRES qui amène à la reconstruction.

On a reproché à ce livre sa lenteur, mais je pense qu'elle est voulue pour installer une sorte de routine adolescente, prendre le temps de découvrir chaque personnage comme ils se découvrent eux-mêmes. Bien entendu certaines pages sont répétitives , mais cela ne gène pas la lecture de mon point de vue.

S’attache-t-on à ces personnages ? Je dirais que cela dépend de notre âge et de notre vécu. Même si cette vie faite de transgressions sur un campus ne me parle pas, j'ai apprécié les réflexions plus profondes sur la vie, la douleur, les souvenirs, la nécessité de dépasser tout cela pour avancer. Par ailleurs le récit est bien écrit, fluide.

Qui es-tu Alaska ? John GreenQui es-tu Alaska ? John Green

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 12:04
Ces liens qui nous séparent, Ann Brashares

Ces liens qui nous séparent, Ann Brashares, éditions Gallimard, 2017, 336 pages

Genre : récit jeunesse

Thèmes : famille, divorce, adolescence, sentiments, mariage, fratrie, amour

Traduit de l'anglais par Vanessa Rubio-Barreau

 

L'auteur en quelques mots...

 

 

Connue pour son premier roman Quatre filles et un jean, Ann Brashares est un auteure américaine spécialisée dans la littérature jeunesse.

 

L'histoire

" Pour lui, l'odeur de la maison, plus que toute autre, était l'odeur d'une fille qu'il ne connaissait pas"

Une semaine sur deux, Ray s'installe dans la maison familiale de Wainscott avec sa mère Lila, son père Adam et ses soeurs Mattie, Quinn et Emma. Il retrouve alors la chambre qu'il partage avec Sasha sans la connaitre. Ils partagent une maison, trois soeurs, mais n'ont aucun lien familial, comme deux étrangers au sein des querelles familiales.

Une semaine sur deux Sasha retrouve les petits riens que Ray a disséminés dans la chambre. Son père Robert a divorcé de Lila bien des années avant sa naissance et s'est remarié avec Evie. Depuis,les deux familles recomposées partagent la maison que personne n'a voulu laisser à l'autre. Devenus adolescents, Ray et Sasha découvrent qu'ils partagent bien plus qu'une chambre, que quelque chose de plus fort les lie, au delà des liens de la famille. 

Les rancoeurs sont tenaces, aussi l'organisation est-elle draconienne afin que jamais Robert et Lila ne se croisent. Les seules à vivre le quotidien des deux familles sont les soeurs de Ray et Sasha alors qu'eux mêmes ne se sont jamais vus. Etrange de penser que l'on connait si bien une personne sans jamais l'avoir croisée, grâce à des objets, des jeux partagés, de petites habitudes.

Pourtant un événement va tout bouleverser : Emma va épouser Jamie et ses soeurs se sont mise en tête d'organiser des fiançailles. Bien que les tensions soient grandes chacune y croit. Leurs parents sauront ils surmonter leur haine viscérale l'un de l'autre ?

Tout aurait pu bien se passer, mais de menus détails s'en mêlent ...jusqu'au drame.

En vrac et au fil des pages ...

 

Voici un récit jeunesse bien mené, plein d'émotions, qui a pour originalité de se positionner du côté des enfants pour traiter un thème important pour les adolescents : le divorce.

Ici le petit plus tient en ce duo , Ray et Sasha, qui ont été élevés dans un même lieu, au milieu des mêmes soeurs, mais qui n'ont d'autre lien qu'une chambre qui devient leur refuge. Chaque semaine chacun y laisse une part de lui même et s'interroge sur ce que fait l'autre. Un objet, une odeur, leur rappelle sans cesse qu'ils sont les deux faces d'une même pièce.

A 17 ans, leurs sentiments évoluent vers un nécessaire besoin de compréhension : quelle est leur place dans la fratrie ? Comment était le couple  Robert, Lila avant eux ? Ont ils le droit de se parler, de se rencontrer malgré les interdits de leurs familles ?

Au delà des sentiments naissants, d'autres sujets se font jour comme des secrets de famille, la question de la filiation, Robert étant né au Bangladesh puis adopté, la transmission des valeurs, le poids des non dits qui perturbent forcément les enfants.

Un des personnages est beaucoup plus fort que les autres : Quinn. Constamment dans l'empathie, un peu à l'écart dans cette famille oû elle apparait comme un être à part, un peu magique. " Son esprit voulait rendre visite à chacun. Elle ne pouvait s'en empêcher. Ce mélange d'espoir et d'angoisse l'attirait comme du nectar pour un papillon." Elle est le ciment de la famille, celle qui écoute, comprend et décide finalement de bousculer les choses, parce que le moment est arrivé.

J'ai aimé les représentations de Ray, revenant sur ce qu'il comprenait du monde et de la famille lorsqu'il était enfant, "Il s'était toujours plus ou moins figuré que la maison se volatilisait le'dimanche à midi pile, puis se rematérialisait un instant plus tard sous une forme légèrement différente. C'était toujours perturbant de devoir fuir comme un voleur alors que ses soeurs pouvaient rester et voir la métamorphose s'accomplir. Il imaginait qu'elles étaient un peu magiques elles aussi. "

Un petit côté fleur bleue dans l'expression des sentiments et dans la fin attendue, mais cela reste une lecture sensible et juste.

 

Lecture sur le sable

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 15:54
Les pépites de Tom et Lila # 1 : La Traversée, Jean Christophe Tixier

Tom (13 ans) et Lila (11 ans ) ont décidé de contribuer au blog en proposant leur avis sur les livres lus. Pour changer un peu nous nous livrons à un petit jeu : présenter sa lecture de façon originale (interview d'un personnage, collage, écrire une suite ...)

Belle lecture !

Les pépites de Tom et Lila # 1 : La Traversée, Jean Christophe Tixier

J'ai aimé ce livre car il parle d'un sujet d'actualité que j'ai travaillé en Histoire et en Français : la situation des migrants. On rencontré un jeune garçon qui s'appelle Sam et qui rêve de vivre en Europe. Son père a plusieurs boulots, son frère a mal tourné. Sam voudrait avoir une chance de recommencer sa vie ailleurs. Malheureusement, avant de pouvoir arriver en Italie il va devoir vivre plusieurs jours avec d'autres personnes, sans eau ou nourriture, jusqu'à ce que des passeurs les envoient sur un bateau trop petit pour eux. 

Je me suis demandé ce que Sam avait pu vivre car ,à la fin du livre, l'auteur ne nous dit pas ce qu'il devient. Je crois qu'il nous laisse imaginer la fin.

 

Interview de sam

roman : La traversée de Jean Christophe Tixier

Sam, tu es un émigré lybien. Tu as été choisi pour conduire le bateau sur lequel soixante personnes ont été entassées.

*Pourquoi as tu été nommé pour conduire ce bateau ?
Il fallait quelqu’un et je me sentais capable de le faire. Les autres avaient très peur.

As- tu pensé à ta famille pendant le voyage ?
Oui, j’ai pensé à ma famille et aux personnes que j’avais rencontrées lors du départ, aux amis que je laissais derrière moi : Youssou, Thiane…

*pourquoi as- tu quitté ton pays ?
J’ai quitté mon pays pour des raisons d’argent, je ne pouvais pas trouver de travail en Lybie. Mon père était obligé de faire plusieurs boulots pour nous nourrir.

*Est-que tu peux nous raconter tout ce que vous on fait vivre les passeurs ?
On nous a d’abord emmenés à bord d’un pik-up pour nous amener vers le lieu de  départ. On voyageait la nuit pour ne pas qu’on nous voit. Dans la journée les passeurs nous laissaient avec juste quelques réserves de nourriture et un peu d’eau qu’il fallait partager.Si on nous avait trouvés là, on aurait pu mourir ou être renvoyés chez nous. Au bout d'un moment, après avoir pris tout notre argent, on nous a mis dans un camp. J'ai cru que jamais je ne partirai de là.  Mais le moment est venu et ils nous ont mis sur un bateau trop petit pour nous.

Ensuite votre bateau a fait naufrage.Comment s’est passé le moment où tu as découvert toutes les victimes qui flottaient au lever du jour ?
Quand le jour s’est levé je m’attendais à voir toutes ces victimes,  j’en imaginais moins que ça,  j’étais choqué. On a perdu la moitié des gens dans le naufrage, mais au matin beaucoup de corps avaient coulé.

Pourquoi as-tu donné tout ton argent pour sauver Thiane ?
j’ai donné tout mon argent car je n’avais pas envie qu’elle meure ou que les passeurs abusent d’elle. Je tenais à  elle, même si on venait de se rencontrer. Les passeurs ont profité de la situation, ils ont volé tout ce que les émigrés avaient, en plus de l’argent que nous avions déjà donné pour la traversée.

Que s’est-il passé pour que tu sois blessé ?

Un homme est devenu fou après le naufrage, il avait peur je pense. Il m’a menacé et m’a blessé. On a perdu la seule lampe torche qu’on avait à cause de lui. Quand je me suis réveillé il n’était plus là. Je ne sais pas ce qu’il est devenu mais je pense que les autres ont dû agir pour ne pas qu’il blesse d’autres personnes.

Comment s’est passée l’arrivée en Europe ?
Quand nous avons vu les lumières du bateau, nous ne savions pas si c’était pour nous sauver ou si on allait nous reconduire chez nous. On a eu peur car après cette traversée on espérait tous vivre une nouvelle vie.

Merci Sam et bon courage pour ta nouvelle vie

 

Chronique rédigée par Tom

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 07:25
14/14, Paul Béorn et Silène Edgar

14/14, Paul Béorn et Silène Edgar, éditions Caltelmore, 2016, 414 pages

Genre : jeunesse historique

Thèmes : guerre, amitié, correspondance

 

Les auteurs en quelques mots ...

 

J'ai déjà eu l'occasion de présenter Paul Béorn sur le billet suivant :

Le septième guerrier mage, Paul Béorn

"Fille et sœur d'auteurs, Silène a grandi dans une maison dont les murs sont faits de livres. Nourrie de voyages, elle a bourlingué un peu lors de ses études de lettres, et après quelques années à droite à gauche, dont une superbe escapade d'un an à Tahiti, elle a finalement posé ses valises près de Guérande. Elle enseigne aujourd’hui dans un petit collège du marais briéron, dont l'atmosphère est propice à l'imaginaire. 

Pour la jeunesse, elle est l'auteur d'une trilogie d'anticipation post-apocalyptique, largement nourri de son expérience polynésienne, dont le premier volume, La Saveur des figuesparaît en 2010. L'aventure de Moana se poursuit avec Le Bateau vagabond, paru en octobre 2011 et À la source des nuagesparu en novembre 2013.

Pour adultes, elle s'est aussi essayé, dans la collection pour adultes du Jasmin, à des contes érotiques et fantastiques, Les Moelleuses au chocolat. En 2014, elle inaugure la collection Snark, chez Bragelonne, avec Fortune Cookiesun roman d'anticipation à court terme, paru en numérique, avec tirage à la demande. Féelure, un roman de fantasy burlesque est paru dans la même collection. Elle a également co-écrit 14-14 avec Paul Beorn (Castelmore) un roman pour adolescents qui rapproche deux jeunes gens, vivant l'un en 2014, et l'autre en 1914. 

Fondatrice du site Callioprofs, elle y écrit, avec Cindy van Wilder, des chroniques sur nombre d'auteurs pour adolescents. Elle est, avec Paul Beorn et Agnès Marot, co-directrice des deux éditions du Guide des éditeurs de l’imaginaire à destination des jeunes auteurs.

Peu avant les Imaginales 2015 sort Adèle et les noces de la reine Margot." (source Imaginales.fr)

Son blog 

L'histoire :

Janvier 2014. Adrien attend Marion au cimetière, lieu idéal pour un rendez-vous adolescent ! Mais alors qu'il se remémore les instants passés avec elle et qu'il imagine qu'elle pourrait être sa petite amie, un texto arrive sur son portable. Marion ne viendra pas et souhaite lui parler de Franck."Autrefois les choses étaient simples, c'était l'enfance". Aujourd'hui tout lui pèse, y compris le collège, dans lequel il ne brille d'ailleurs pas par son travail. A quoi cela sert-il ? Heureusement il a sa petite soeur Eloise, qui le comprend et lui apporte l'amour dont il a tant besoin.

Janvier 1914. Hadrien marche au milieu des tombes, identifiant celles des familles riches et celles des lus pauvres, comme sa propre famille. Sa mère, pourtant issue de la bourgeoisie, a épousé un fermier en dépit de l'avis de son père.Le père d'Hadrien, fier, n'a jamais souhaité accepter la moindre aide, de même qu'il n'entend pas que son fils souhaite devenir ingénieur et passer son certificat d'études. "Qui aurait eu l'idée de faire dégager les tombes de la neige aujourd'hui, à par son père ? Tout ça pour l'empêcher de lire L'Epatant au coin du feu !". Hadrien aime lire, apprendre et rêve de poursuivre ses études. Heureusement il peut compter sur sa douce amie Simone, dont le petit frère va si mal et dont la famille ne peut payer un médecin.

Plongés dans leurs reflexions, les deux jeunes garçons ne voient pas qu'à un siècle de distance, une nouvelle boite aux lettres apparait dans leur rue.

Cela tombe bien, la mère d'Adrien souhaite qu'il écrive des cartes de voeux pour la famille. Qui rédige encore des lettres au XXI°S ? Il choisit de commencer par son cousin, un jeune garçon vantard qu'il apprécie peu mais à qui il va donner des nouvelles. Mais ce n'est pas le cousin qui recevra la missive ...

 

En vrac et au fil des pages ...

Sur une idée originale, les deux auteurs alternent les chapitres, conviant le lecteur à plonger dans l'année 1914, les conditions de vie d'une famille peu fortunée, la détresse des paysans, mais aussi le thème de l'école, des études.

Ce dernier point est ce qui relie nos deux protagonistes, à un siècle d'écart. Adrien déteste le collège, ne veut pas apprendre et reporte sur les études toute sa frustration. Pourtant il est loin d'être sot et a juste besoin de motivation.Hadrien, au contraire, voit dans l'apprentissage un moyen d'échapper à sa condition. Il ne rejette pas le métier de son père mais pense que des études d'ingénieur lui permettraient d'améliorer l'exploitation.

l'idée d'une correspondance permet également d'aborder la langue, l'expression. A de multiples reprises les deux garçons sont surpris par le vocabulaire de l'autre, ne comprenant pas une expression. C'est d'ailleurs ce qui va leur permettre de comprendre la vérité.

Peut-on changer le cours de l'Histoire ? Adrien sait ce qu'il va advenir en 1914 et souhaite en informer son camarade. car les deux garçons ont tissé des liens très forts malgré la distance, s'entraidant, l'un pour des histoires de coeur, l'autre pour les études, se confiant leurs chagrins, leurs espoirs. c'est une belle leçon d'amitié et de solidarité que nous livrent les auteurs.

La trame fantastique n'est pas exploitée plus loin que la boite aux lettres car le récit se veut réaliste et présente un fond historique que les jeunes lecteurs découvriront avec plaisir, car amené en douceur, par les conditions de vie de la famille, les journaux qui abordent l'événement, une sortie scolaire au cours de laquelle Adrien aura l'occasion de montrer sa connaissance du passé ...

Pas de temps morts car plusieurs thèmes s'entrecroisent et , même si l'intrigue tourne autour d'une correspondance , on a envie de savoir si le petit frère de Simone va guérir, si la guerre va anéantir le village d'Hadrien ...

Le récit est richement documenté et situe l'action autour de Laon, ville fortifiée qui sera occupée dès le 2 septembre 1914.Les allemands prendront alors le Chemin des Dames et ce lieu deviendra stratégique, hébergeant le siège de l'état major de la septième armée allemande.

Un livre qui se dévore en quelques heures.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 12:44
L'Histoire impossible à sécher, Claire Ubac

L'Histoire impossible à sécher, Claire Ubac, éditions L'Ecole des loisirs, 2004, 209 pages

Genre : jeunesse

Thèmes : deuil, famille, fratrie, complicité

 

L'auteur en quelques mots ...

 

retrouvez la biographie de l'auteur sur la chronique Le Fruit du dragon

 

L'histoire

 

Alors que leur papa (Papouki) vient de décéder, Daphné et Ophélie font la connaissance de sa mère, leur grand-mère. Cette dernière les invite à passer quelques temps dans sa maison de Valdemer, accompagnées de leur maman dont le métier de costumière lui permet de travailler chez elle.Pourtant ce n'est pas de coeur que celle-ci accepte, connaissant le caractère acariâtre de Bonne-maman. La gouvernante n'est d'ailleurs pas en reste, qui toise les jeunes filles d'un air sévère. Mais Daphné et Ophélie sont fermement décidées à s'amuser en ce lieu et font bientôt la découverte d'une pièce dans laquelle se trouve un étrange livre : chaque histoire parle d'eau et le volume mouille toutes les surfaces sur lesquelles on le pose. ceci explique sans doute les gouttes d'eau tombées du plafond de la salle de bain du dessous.

Rapidement le livre leur révèle l'enfance de leur père ...

 

En vrac et au fil des pages ...

 

C'est un récit sensible que L'Histoire impossible à sécher. il porte sur un thème difficile : le deuil d'un être cher, qu'il soit un père, un fils ou un époux. Chacune à sa manière, les femmes dont la vie est présentée dans ce livre, expriment leur chagrin. La grand-mère se referme dans son univers et ne laisse à personne la possibilité d'entrer, la mère se noie dans son chagrin et les filles, Daphné et Ophélie, font remonter des souvenirs émus de leur papouki.

Le récit à deux voix aide à entrer dans l'univers des petites qui, bien que soeurs, ont deux personnalités distinctes. L'une plus fofolle, l'autre plus sérieuse, évoquent leur découverte du livre qui allait faire basculer leurs vacances. Chacune prend la parole, en alternance au cours des chapitres, et l'auteur glisse un petit clin d'oeil à leur complicité en permettant à l'une de s'immiscer pour une ou deux phrases dans le récit de l'autre. C'est donc un journal intime qui nous est confié.

L'originalité tient au récit dans le récit, puisque les fillettes découvrent un recueil de quatre histoires, deux inventées, deux réelles, qui vont les ramener à l'enfance de leur père et leur révéler un pan de son vécu qu'elles ne soupçonnaient pas. ici je n'en dis pas plus !

Le style de Claire Ubac, que j'avais déjà rencontré dans Le Fruit du dragon, permet de se projeter dans les pensées de jeunes filles sans tomber dans la mièvrerie.

Je  recommande cette lecture jeunesse aux lecteurs à partir de 10 ans.

 

 

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 07:23
Un flingue et du chocolat, Otsuichi

Un flingue et du chocolat, Otsuichi, éditions Milan poche, 2010, 370 pages

Genre : roman policier jeunesse

Thèmes : détective, cambrioleur, enfants, secret, racisme, enquête

 

L'auteur en quelques mots ...

 

De son vrai nom Hirotaka Adachi, Otsuichi est né en 1978 au Japon. Spécialisé dans les romans d'horreur ou fantastique, il est encore lycéen lorsqu'il écrit L'été, le feu d'artifice et mon cadavre. Dès lors il ne cesse d'écrire et est reconnu au Japon. En 2002 son recueil de nouvelles ,Goth ,explore l'instinct morbide d'étudiants et fait de lui un écrivain "noir". Pourtant Otsuichi écrit aussi des oeuvres mélancoliques, plus psychologiques. On dit alors de lui qu'il a deux facettes. Quelques unes de ses oeuvres ont été daptées au cinéma, d'autres en mangas.

 

L'histoire ...

Lindt vit seul avec sa mère dans un petit appartement, depuis le décès de son père. Ce dernier, emporté par une infection des poumons, a toujours été proche de lui et lui a laissé en souvenir une Bible porteuse d'une histoire peu ordinaire. En effet, alors que le célèbre cambrioleur GODIVA sévit, le plan trouvé dans cet ouvrage semble correspondre aux cartes de visites qu'il laisse derrière lui après chacun de ses crimes. A ses trousses, le non moins célèbre détective Royce, héros des jeunes qui rêvent de le rencontrer.

Alors qu'ils ont du mal à joindre les deux bouts, Lindt pense que les informations qu'il détient pourraient lui rapporter une récompense qu'il donnerait à sa mère. Il est en effet contacté par Royce suite à la lettre dans laquelle il dévoilait un détail que seul peut connaitre une personne ayant en sa possession une pièce appartenant à GODIVA. Flatté de l'attention que lui porte le détective, Lindt lui remet le plan trouvé dans la Bible mais découvre rapidement que les personnes en qui il plaçait sa confiance jouent un double jeu .

Tout cela est bien dommage, d'autant que le pire ennemi de Lindt, un certain Debailleul, a l'oeil sur lui et ne compte pas le laisser s'en tirer ainsi.

Dans cette aventure Lindt découvrira , plus que des preuves, la vérité sur sa famille, émigrée, et comprendra le regard mauvais du voisinage sur lui.

 

En vrac et au fil des pages ...

A la manière d'un Arsène Lupin ou d'un Robin des bois moderne, GODIVA prend aux riches pour distribuer aux pauvres. Mais ici l'intrigue est bien plus complexe et personne ne dit vraiment qui il est, à part Lindt. Ce jeune ado fan du détective Royce a plus d'un tour dans son sac, mais surtout une grande confiance en l'humain, ce qui le mène souvent dans la gueule du loup.

Etonamment, le récit parle aussi de racisme, de rejet des immigrés. Bien que ce sujet soit placé au second plan, il est la toile de fond de ce roman policier jeunesse sans temps morts.

Un détective qui court après un cambrioleur qu'il admire, un jeune garçon qui ne demande qu'à venir en aide à sa mère, un criminel invisible, des personnages secondaires qui tiennent le récit, comme cet abominable Debailleul, font de ce roman une lecture fort sympathique.

Le petit plus, vous me voyez venir, est la gourmandise que l'on trouve dans les prénoms chocolatés et la passion de Lindt pour cette sucrerie. La boite qui enrobe cette lecture réveille les papilles ! Bien vu.

 

 

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Pour satisfaire mon appétit, j'associe lecture et gourmandise : un chocolat dans mon roman, le tendre et le croquant, saveurs littéraires et culinaires. Ici on parle de l'art sous toutes ses formes : écriture, peinture, sculpture, écriture, musique, photographie, gastronomie, cinéma ...

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