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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 05:11

Ce matin en lisant certains propos diffamatoires à l'encontre de Charlie Hebdo sur Twitter et en constatant que la plupart des personnes qui diffusent ces messages sont parmi les plus jeunes, je me suis souvenu de ce billet que j'avais rédigé sans le publier . Je vous le livre tel qu'écrit à ce moment-là...

 

Comment leur faire comprendre ? Ils sont jeunes et loin de tout sur leur petite ile de la Réunion, ne se soucient que de leur petite personne, surfent sur FB et y diffusent des propos et photos qu'ils devraient garder pour eux, ils s'envoient des textos toute la journée, parfois même d'une salle à l'autre, prennent leurs professeurs en photo et s'amusent à les visionner, les partager et n'y voient pas de mal. Ils, ce sont mes élèves, collégiens.

 

"Parce que tout ça c'est virtuel madame.

- Virtuel ? Se faire insulter c'est virtuel ? Voir son image utilisée, caricaturée, c'est virtuel ? Qu'est-ce que le virtuel pour vous ?

- C'est ce qui se passe sur le net, c'est pas comme dans la réalité.

- Alors le virtuel c'est ce qui n'existe pas ?

- Si ça existe mais c'est entre nous, c'est privé. C'est pas comme dire les choses ou faire les choses pour de vrai.

- Pourtant une personne qui est injuriée ou bafouée sur le net ne se dit pas que ce n'est pas vrai, que les gens feront comme si c'était une fiction. Le virtuel c'est une fiction pour vous ?

- Oui c'est ça, c'est comme un roman où on raconte des trucs à l'écrit .

- Et on a le droit de tout écrire ?

- ça reste dans un groupe, c'est comme parler entre nous. Même si on critique une personne c'est notre affaire. Y'a bien des auteurs qui critiquent dans leurs livres et qui vendent ça.

- Là tu as raison, sur les auteurs. Nous en reparlerons d'ailleurs, de l'influence de la littérature. Mais la personne en question, celle qui a été injuriée, en subit les conséquences. N'est-il pas possible que d'autres personnes que le groupe voient ce que vous écrivez ?

- Si c'est possible mais ils n'ont pas à intervenir, ça ne les regarde pas. Puis moi j'ai envoyé ça de ma chambre, c'est mon idée et ce que les autres pensent je m'en fiche.

- D'accord. Alors suivons ton idée maintenant. Tu l'écris, tu la diffuses à ton groupe. Une personne du groupe la diffuse à d'autres. rapidement ton idée fait le tour des réseaux sociaux et des personnes que tu ne connais pas s'en emparent. Que dis-tu de ça ?

- Ben moi j'ai rien à me reprocher, j'ai écrit un truc à quelqu'un , pas à tout le monde. Y' a des journaux qui balancent des s--------- aussi

- Alors là on parle d'un métier particulier, le journalisme . Les journalistes ont une éthique. Ils diffusent des informations,sont parfois engagés mais jamais gratuitement contre quelqu'un. Certes ce qui est véhiculé par les médias fait mal parfois mais c'est un choix éditorial et écrit au nom d'un journal. On est loin du collégien qui balance , comme tu dis, des propos diffamatoires sur le net, gratuitement, sans fondement, pour se faire plaisir ou se faire mousser. puis pour revenir à mon propos, les journalistes comprennent la portée de ce qu'ils font."

 

Comment leur faire comprendre ? Comment expliquer que ce qu'ils appellent virtuel est en fait une autre réalité ? Mais surtout comment faire comprendre le poids des écrits ? Ces élèves ne lisent pas les journaux, ne regardent pas les journaux télévisés, mais parfois un titre , une affaire les interpelle. Ils voient dans les médias l'étalage de la vie privée de personnalités, regardent des emission de télé-réalité, sont submergés d'images sur le net.Tout cela leur parait tellement normal.

 

" Imagine que demain lorsque tu arriveras au collège, tu trouves ta photo sur tous les murs avec des injures, des révélations ou des rumeurs. Que penserais-tu ?

- Je serais énervé, qui a fait ça ? Je lui casserai la figure !

- Mais tu découvrirais que des dizaines de personnes ont collé ces photos...

- Oui mais y'a bien un gars qui a dit de faire ça non ?

- Oui. Sans doute. Peut-être le même qui a lancé une idée sur les réseaux sociaux et à qui cette idée a échappé ...

- Alors vous vous dites que ce qu'on écrit même en privé c'est dangereux. Mais alors on peut plus s'exprimer !

- Si on peut. Mais on doit faire attention à ce que l'on dit, à qui on le dit et ne pas perdre de vue que les écrits peuvent être repris et parfois même sortis de leur contexte. Ce qui est écrit est écrit. Si quelqu'un d'autre l'utilise c'est toujours moi qui en suis à l'origine. On peut remonter jusqu'à moi et je dois rendre des comptes. Mais au-delà de ça le mal est fait, une personne souffre par ma faute. Méritait-elle ça ? De cette façon ? Une cabale ?

- C'est quoi une cabale ?

- C'est un complot mené en secret contre quelqu'un.

- C'est ça, en secret.

- Oui mais de nos jours on utilise les réseaux sociaux pour véhiculer ses idées, on ne prend pas le temps de réfléchir et on poste, on twitte rapidement. Le mal est fait lorsqu'on se rend compte qu'on n'aurait pas dû écrire cela. Ce n'est pas moi qui ait inventé le concept mais 'ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse". Réfléchis. Comprends.

- mais si c'est la vérité que je dis

- Qu'y gagnes-tu ? Et au -delà de cela tu viens de bafouer les droits de ton camarade."

 

Comment leur faire comprendre ? Comment dire à un adolescent dont le centre du monde se réduit à son petit univers que ce qu'il fait est grave ? Qu'il doit élargir son horizon pour comprendre, se projeter, réfléchir ? Comment lui dire que ce qu'il regarde, ce qu'il lit sur le net est souvent faussé. Comment surtout lui faire cmprendre que le monde ce n'est pas cela. Ce soir en quittant le collège il retrouvera sa bande de copains et parlera d'untel . Un autre lui révélera ce qu'il a vu ou entendu . En rentrant chez lui il diffusera cette information qui les a tous fait bien rire. Et le mal sera fait ... à moins qu'il n'ait compris.

Je précise que dans mon enseignement je ne bannis pas les réseaux sociaux mais apprends aux jeunes à les utiliser à bon escient. Je leur confie un blog afin de les responsabiliser et leur rappelle les textes : http://eduscol.education.fr/internet-responsable/ressources/legamedia/liberte-d-expression-et-ses-limites.html

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 05:10
Et ils apprirent à penser ...

J'ai écrit ce billet voilà quelques temps, pensant le corriger et le publier plus tard. A l'heure où un crime abject endeuille la France je me dis que nos jeunes doivent apprendre à penser pour comprendre ce qui se passe et ne pas regarder tout cela passivement...

 

 

Refus d'apprendre, de comprendre, laxisme, manque de motivation sont autant de maux que nous ne savons comment traiter tant nous sommes démunis face aux nouvelles générations de collégiens qui entrent en nos murs.

Nos murs : l'école, le collège, le lycée.

Mes murs : ma classe dans laquelle j'accueille des collégiens de 11 à 15 ans.

Suite à une travail avec un poète réunionnais ( merci Teddy Iafare Gangama) des mots sont posés sur cet espace : prison, enfermement. Les bras m'en tombent. Nous évoluons dans un des plus grands collège de l'ile, arboré, possédant un jardin de lecture, un terrain de sport, un CDI bondé à chaque heure, autant d'espaces de tranquillité.

La prison n'est pas là. Je comprends peu à peu qu'elle est dans leur tête. La prison est ce qui les enferme dans un lieu qu'ils ne comprennent pas, ne veulent pas apprendre à aimer, un lieu qui les oblige à se discipliner, qui leur demande un effort, une ouverture sur d'autres domaines, un lieu qui les dérange.

J'accepte le travail qui va suivre car je veux savoir, je veux comprendre. Ce n'est pas facile, ça bloque. Ils n'ont pas les mots. D'où vient cette incapacité à dire ce qu'ils ressentent ? Le manque de vocabulaire se fait cruellement sentir mais aussi l'impossibilité de mener une réflexion à son terme. Le débat avorte.

Alors on compare avec la vraie prison, on met nos élèves en contact avec des détenus : correspondance, début de compréhension.

Vous croyez vivre dans un collège-prison mais savez-vous ce qu'est une prison ?

On modère, on parle de lassitude, de manque d'envie. Et puis, et puis, les grands mots arrivent:

 

"X : Ouais mais de toutes façons ça sert à rien d'apprendre vu qu'on finira au chômage.

- Ah bon ? Qui vous a dit cela ? Pensez-vous réellement que tous les étudiants diplômés finissent au chômage ? Et si cela servait à quelque chose, ce serait quoi pour vous ? Imaginez un instant que plus personne n'apprenne .

- ...

- Alors plus personne ne serait capable de raisonner, des hommes plus habiles, aux capacités oratoires remarquables pourraient nous faire gober n'importe quoi et nous amener n'importe où n'est ce pas ?

- Y :Vous parlez de politique ? La politique ça sert à rien, tous des nuls qui se battent, on comprend rien !

- X :ouais c'est pour les intellos la politique

- ah, les intellos ? Vous voulez dire les gens qui savent penser, réfléchir... apprendre ? Pourquoi ne seriez-vous pas de ceux-là ?

- X :c'est pas de notre âge. nous on est jeune, on n'a pas envie de travailler. Ce qui nous intéresse c'est la musique, la fête, les amis, c'est normal à notre âge. On gâche notre jeunesse en venant à l'école apprendre des trucs qui servent à rien.

- Mais qui dit que cela ne sert à rien ?

- Ben par exemple ça sert à quoi l'Histoire ? Le français ? on le parle le français, pas besoin de venir l'apprendre ! puis l'Histoire c'est passé alors pourquoi on doit l'apprendre par coeur ? Puis c'est chiant ! "

 

Je dois dire que ce discours est récurrent dans mon métier. Il est amplifié ici, à la Réunion, par le phénomène insulaire qui fait que la majorité des jeunes ne veulent pas quitter l'ile, savent qu'ils trouveront malgré tout un emploi et qu'ils auront une vie, même si ce n'est pas celle qu'ils auraient aimée dans l'absolu. On n'y pense pas, on se laisse porter.

 

Je reprends les propos d'une collègue agrégée Sophie Guézennec -Brest (Finistère)

"Aujourd’hui, je le répète, la mesure du « talent » et du « mérite », c’est l’argent. Comment, dans ces conditions, les enfants peuvent-ils désirer apprendre pour se cultiver, pour se donner les moyens de réfléchir par eux-mêmes, pour s’émanciper ? Alors que partout, et d’abord au sein des familles, on leur répète que l’école sert à avoir des diplômes pour travailler et gagner de l’argent, le plus possible, ou pire, en ces temps de chômage massif où l’on ne croit plus que l’école puisse permettre de s’élever socialement, que les diplômes ne servent à rien ? Mais une telle vision peut se comprendre, puisqu’en effet aujourd’hui l’école fabrique des inégalités ! Nous aurons beau, dans ces conditions, plaider la cause du plaisir d’apprendre, de la recherche désintéressée, de l’ouverture d’esprit, de la beauté de la littérature et de l’Art, nous serons nous, enseignants, d’emblée mis en porte à faux, méprisés même, face au discours dominant qui encense des « talents » mesurés à l’aune de l’argent qu’ils rapportent ou de la gloire médiatique qu’ils confèrent.

Le constat que je fais ici pourra apparaître comme pessimiste à certains, et bien amer, puisqu’il remet en cause la capacité de l’école à transformer seule la société. En réalité, il s’agit plutôt d’un appel à nos représentants politiques et plus largement à l’ensemble de la société : nous ne pouvons rien sans vous, car comme le dit un proverbe africain, il faut tout un village pour éduquer un enfant. Alors cessons d’écorner encore et encore l’image des enseignants, d’en faire les boucs émissaires faciles de l’échec scolaire, et réfléchissons ensemble à ce que nous voulons pour nos enfants : une école utilitariste, soumise aux impératifs d’une certaine économie, ou bien une école véritablement émancipatrice cultivant le plaisir de la découverte et du savoir ?"

 

Non je ne pleure pas sur la cause enseignante. je voudrais juste que ceux qui passent par ici réflechissent à ce que nous vivons, arrêtent les clichés : c'est la faute à l'école ( comme si nous disions, c'est la faute aux familles !). Apprendre à nos jeunes à penser, c'est l'affaire de tous.

Alors, oui, je pense que la philosophie doit entrer au collège, que des modules de méthodologie des apprentissages doivent être mis en place, que des débats doivent être organisés, encadrés et guidés régulièrement au sein de l'école pour ouvrir et éveiller les esprits, qu'un travail sur et avec la presse est nécessaire pour éduquer nos jeunes aux medias et faire d'eux des citoyens responsables. Il est vital de rétablir les connaissances comme point d'appui de tout le reste, fondement, base des apprentissages et de la construction du jeune . Rétablir le goût de l'effort , l'investissement de l'élève dans son cursus, me semble fondamental. Mais, au risque d'aller trop loin pour certains, je pense aussi qu'un travail doit être fait auprès et au sein des familles . Nous entendons trop de parents justifier les résultats de leur enfant par le fait que telle matière ne sert à rien, n'apprend rien de concret ( aaaaaah le concret ! ) .Ouverture au monde, compréhension des enjeux nationaux, régionaux et locaux et psychologie de l'adolescent , en vrac et il en manque, devraient être au programme d'une école des parents.

 

Je vous entends lorsque vous me dites qu'ils sont jeunes et que vous me demandez comment nous étions à l'époque. Je suis bien désolée de répondre que nous respections l'enseignant et que même si les méthodes n'étaient pas toujours adaptées on nous donnait les moyens de développer notre pensée. Les savoirs étaient assis, les connaissances étaient là. 

Je vous entends lorsque vous me dites qu'il ne faut pas les brusquer, que tout à changé, que l'adolescent aujourd'hui est attiré par les images. C'est là que je m'insurge contre ceux qui fabriquent nos programmes, si éloignés des réalités du terrain. Aujourd'hui la plupart de nos jeunes imitent, reproduisent ce qu'ils voient et entendent. Je m'en rends compte chaque jour dans leurs écrits, dans leurs propos. Le débat tourne court, la reflexion, l'imagination même. Un enfant de 6° capable d'inventer une histoire n'en a plus la capacité en 4°. l a perdu la spontaneité mais surtout la faculté de sortir de son univers, de prendre plaisir à cela. Le superficiel domine en toute chose. Comment les amener à dépasser cela ? C'est un combat quotidien.

Alors je lance un appel, aux familles, aux politiques : aidez-nous ! Aidez-nous et vous aiderez vos jeunes à appréhender la société dans laquelle ils vivent, à ne pas la regarder comme on regarde un film ( et même cela leur apprendrait beaucoup pour ne plus être passifs), parlez-leur, ne les laissez pas s'engluer dans une distance qu'ils éprouvent déjà par le virtuel, ramenez-les vers les choses vraies, palpables. Concepteurs de programmes : cessez de vouloir bannir le fond au profit d'une forme qui s'effrite dès qu'on la touche. Les compétences oui et encore ou,i mais pas au détriment des connaissances pures. Réapprenez-leur le goût ( la nécessité !) de l'effort. Les choses ne se donnent pas, il faut creuser, piocher, trouver, comprendre. Et cela commence dès le plus jeune âge.

Cette année en 5° mes élèves ne savent pas qui étaient les chevaliers de la table ronde, l'un d'eux m'a fait un exposé sur "Merlin le chanteur", il ne se passe pas un jour sans qu'ils demandent à quoi sert tout cela, ils semblent s'intéresser à ce que je leur montre mais manquent cruellement de vocabulaire, ne savent pas lire correctement et encore moins comprendre véritablement ce qu'ils lisent. La lecture les ennuies parce qu'éprouvante pour eux, trop difficile, "c'est trop long madame", les journaux ne les intéressent pas. Mais une de mes classes de 6° a repris le journal du collège, s'est intéressé à Malala, a construit de beaux articles avec énormément de temps et de patience. La relecture les a ennuyés, ils n'en voyaient pas l'intérêt puisqu'ils avaient déjà écrit.

De temps en temps l'un d'eux nous renvoie l'espoir que les choses pourraient changer. une frange de la population le peut évidemment, parce que suivie, parce que les familles s'intéressent à ce que nous faisons dans les classes. Mais pour moi les citoyens de demain ne seront pas capables de comprendre et de transformer la société si l'on ne réagit pas vite, très vite.

 

Puis quand je suis grincheuse comme ça je pense à Charb :

 «  Surtout, restez des lecteurs ! La presse papier est dans un état lamentable. Les journaux sont devenus des produits de luxe en voie de disparition. Alors oui, continuez à lire la presse et des revues !  » Charb

A méditer...

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 04:30

 

Chaipa ça veut dire quoi !

ou la grande (r)évolution de la langue française

http://1jour1actu.com/wp-content/uploads/robert-2013.jpg

Chaque année, de nouveaux mots font leur entrée dans le dictionnaire. La réforme de l'orthographe n'a de cesse  de rétablir quelques évidences mais aussi, reconnaissons-le tout de même, de faciliter la tâche des jeunes . La langue est en perpétuelle évolution, ce qui est normal. Pourtant, fatigue existentielle ou début de désappointement, il me semble que nous acceptons bien facilement certains bouleversements qui ne vont pas dans le sens d'un enrichissement du vocabulaire...

Dans mes cours, je passe toujours beaucoup de temps sur le lexique, avant de travailler la phrase et d'aller vers des écrits de plus en plus complexes, longuement préparés. Mais certains jours ...

X - ça s'pourrait qu'on fasse entrer un mot nouveau dans le dico m'dam ?

- Mais bien sûr X, il en rentre chaque année - et il en sort aussi- tenez le dernier est : "comater"

X - chaipa ça veut dire quoi comater !

- Non, "je ne sais pas ce que ça veut dire" X

X - (d'un air pincé, la bouche en cul de poule) Je ne sais pô ce que cela signifie ...

Rires dans la salle de classe

- Cela signifie : "somnoler", dans un langage familier. Mais on a aussi ajouté Lol que vous devez bien connaitre...

X - Ah ça, ch'sais c'est quoi ! mdr !

- Moui, les temps changent. Mais peut-être cette expression disparaitra-t-elle un jour...

X - j'pense pas. C'est le langage de la rue m'dam, y peut pas mourir comme ça. On va l'entretenir, mdr !

- Tiens, on a aussi ajouté des expressions comme "passer dans le beurre" ...

X - Chaipa ça veut dire quoi ! Elle est pas de nous celle-là, mdr ! y z'ont dû l'inventer pour l'imposer incognito, ah ah , looooool !

http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/52603.jpg

Prière du prof :

" Cher Bon Dieu,

Chaque jour je peine à la tâche et remets sur le métier mon ouvrage. Pourquoi m'abandonnes-tu ? Donne moi le courage de supporter le lent et inexorable affaiblissement de la langue française et , pour citer Anne Roumanov, que je n'apprécie guère mais qui pour une fois a trouvé le mot juste, "pardonne à ceux qui vont m'offenser comme je pardonnerai au ministère qui m'a laissée tomber" !

"Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche"

Aragon, un jour un jour

Blague à part, nous avons nous aussi contribué à la refonte de la langue, chaque génération apportant son lot d'expressions. Pour ma génération on se souviendra  donc avec émotions de  : " elle est canon cette fille !" ; " ma meule" pour ma mob' ! et l'empreinte de Renaud "laisse béton !" Je me souviens aussi qu'à l'époque de nombreuses personnes s'insurgeaient contre le franglais , surtout dans le domaine des affaires où les termes nouveaux fleurissaient  : offshore, fuxing, blue chip ... A chaque époque , la langue est un facteur d'intégration. Ce que je regrette simplement c'est la pauvreté du vocabulaire aujourd'hui, les fautes syntaxiques qui jalonnent les écrits ( et pas seulement ceux des collégiens et lycéens) et le fait que certains éditeurs aient baissé les bras pour s'adapter à un public toujours moins exigeant. J'ai déjà parlé de la reformulation des récits de notre enfance, que l'on trouve désormais dans la bibliothèque verte ou rose, sous forme abrégée, au présent de l'indicatif parce que l'imparfait est déjà trop complexe, sans intrigue secondaire qui pourrait perdre le lecteur ( voir article de Celeborn ICI). Le petit monde d'internet ne tarit pas de billets de déception : La papotte  résume la situation.

Le cas de X ne serait donc pas dramatique s'il faisait la différence entre l'écrit et l'oral, le "mdr" à tout bout de champ dans son discours qui ne devrait pas apparaitre dans ses copies, si sa pâle imitation de son professeur de français ( ma pomme en l'occurence) lui donnait envie de mieux s'exprimer, non avec un air satisfait de moquerie mais pour se faire comprendre d'un cercle plus élargi que ses camarades de cour. Mais je veille ! mouhahaha ! Et je ne lâcherai rien ...

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 02:14

http://geektionnerd.net/wp-content/uploads/2009/11/46200092.png

Les enseignants me comprendront, les parents me détesteront , les élèves ...

s'en souviendront ?

Depuis quelques années je constate que nos élèves ont une mémoire de poisson rouge. Bien entendu cela suppose que cette affirmation soit vérifiée et que les poissons rouges aient effectivement une mémoire courte, chose que je n'ai pas vérifiée ( m'enfin lorsque je vois mon poisson qui se précipite vers la surface pour manger et fait exactement la même chose trois minutes plus tard lorsque je m'approche ,alors qu'il a la panse pleine, cela me fait réfléchir !).

Illustration par quelques situations :

Situation 1 : tac au tac !

Vous vous souvenez sans doute des règles de l'école dont la fameuse N°1  "je lève le doigt lorsque je veux prendre la parole", immédiatement suivie par la n°2 "j'attends que le professeur me donne la parole". Force est de constater que les règles de bienséance sont difficiles à retenir puisque la plupart de mes élèves répondent sans rien demander, du tac au tac ! Devant mon silence et mon regard insistant ils comprennent qu'ils ont dû oublier quelque chose...oui mais quoi ?

" Oh zut Madame, j'ai oublié de lever le doigt !

- Ben oui X. Donc on recommence. Qui peut me donner la réponse ?"

Là, autre cas de figure (ben oui y'a des variantes), on lève le doigt mais on répond en même temps.

" Oui mais au moins j'ai levé le doigt !

- Oui, pour t'imposer Y ! Alors je rappelle la règle, simple à retenir vous allez voir, vous levez le doigt et vous attendez que je vous donne l'autorisation de répondre...

- J'arrive pas, c'est plus fort que moi, il faut que je le dise quand je connais la réponse"

La réponse intempestive serait donc une sorte de phénomène réflexe, totalement non maitrisable...qui pourrit la vie de la classe !


Situation 2 : le rappel du rappel !

" Donc la semaine dernière nous avons vu ce qu'était une métaphore. Quelqu'un peut nous expliquer ce qu'il a retenu ?

- ...

- Je vous rappelle que ceci était déjà un rappel de ce que vous aviez vu l'an dernier ! Donc ?

- ..."

Devant les regards inquiets et interrogateurs j'en viens parfois à me demander si je n'ai pas rêvé que je faisais un cours sur la métaphore. J'en viendrais presque à douter si mon cahier ne me rassurait sur le fait que, oui, nous avons vu cela vendredi dernier

" Oui mais Madame, il y a eu le week end entre temps ...

- ...

- oui, enfin on pense à autre chose le week end quoi

- D'accord, donc en clair vous me dites que chaque week end vous subissez un lavage de cerveau et qu'il faut tout reprendre le lundi ? Formidable, donc le lundi, lendemain de week end on est à peu près frais mais bon on pense encore à ce qu'on a fait le week end; le mardi ça va; le mercredi ah zut une seule demi journée de cours : est-ce que l'après midi vous oubliez ce que vous avez fait le matin ? Le jeudi  on se rapproche dangereusement du week end et le vendredi, ben on est en week end ! Votre semaine est formidable !"

http://nechwa.illustrateur.org/files/2012/10/poisson.jpg

Situation 3 : la bible d'internet !

Je me souviens d'un élève qui m'a dit un jour que ce qu'on leur enseignait était inutile puisque tout ce qu'ils veulent savoir se trouve sur le net. C'est pas faux !

Leur vie est totalement assistée :

Pourquoi retenir un parcours ? le GPS est là pour vous guider

Pourquoi retenir des numéros de téléphone ? Votre portable les garde en mémoire

Pourquoi retenir les dates d'anniversaires ? FaceBook le fait pour vous !

Pourquoi retenir les règles d'orthographe ? L'ordinateur les corrige pour vous

Bienvenue dans un monde où la mémoire est inutile. Ici, plus besoin de vous prendre la tête, on le fait pour vous ! Sans mémoire, votre esprit  ne sera pas encombré de savoirs et autres connaissances. Vous pourrez à loisir répéter les mêmes erreurs tout au long de votre vie et transmettre ce néant à vos enfants (à lire avec la voix annivrante d'une d'hôtesse d'aéroport).


Situation 4 : on n'a rien fait l'année dernière !

Sans doute ma favorite, cette réplique se transmet d'année en année dans le milieu scolaire:

" Mais si madame , je vous assure, on n'a rien fait l'année dernière en français !

- Je veux bien croire, en effet, que VOUS vous n'ayez rien fait, mais votre enseignant ,lui ,a du s'échiner à faire entrer dans vos têtes un certain nombre de connaissances

- mouais, bon ça me dit vaguement quelque chose le truc dont vous parlez là, mais en tout cas on n'a rien lu !

- Ben voyons !"

Toujours se souvenir donc que le collègue précédent est une grosse truffe qui ne travaille pas et fait de la garderie. C'est bien connu : pourquoi faire travailler les mômes puisque le prochain collègue pourra s'en charger ?

http://gifs.toutimages.com/images/ani_eau/poissons/poisson_037.gif

Je pense que mon collègue d'histoire doit vivre de grands moments de solitude avec son "devoir de mémoire" !

Et moi je reprends le chemin de l'école dans 10 jours après un mois de vacances. Je vous laisse imaginer l'étendue des dégâts !


Sans rancune les loulous ;)

Pour retrouver les autres épisodes de "La prof a dit ..." cliquez (vous vous souvenez comment on fait ? hihi ! )

 


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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 00:52

 

http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/05/Les-profs-Best-or-vacances-226x300.jpgD'aussi loin qu'il m'en souvienne, j'ai toujours voulu être enseignante. Petite je faisais la classe à mes cousins, tableau noir à l'appui. Mes grands-parents me parlaient de l'instituteur du village, "un des piliers avec le médecin et le curé" ! C'est sans doute de là et de l'amour des livres que vient cette vocation. En revanche , lorsque l'on passe de l'autre côté de la barrière, les critiques, curieusement, commencent . L'une d'elle a le don de nous agacer :

"Aaah ces profs, toujours en vacances !".

Ben quoi, elles ne sont pas méritées ?

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir le blog de quelques collègues qui, en la matière, ne mâchent pas leurs mots. Ici pas de langue de bois, on y va franchement, non mais !

http://img.over-blog.com/600x450/1/41/63/83/P876.jpg

le Défouloir d'un prof 

Petit coup de gueule à l'attention de ceux qui pensent que le prof fait ses cours puis : 

" salut la compagnie, je vais me balader !

- Alors le prof, ...encore en promenade ? en vacances ?"

http://p9.storage.canalblog.com/99/16/441384/66096832_p.jpg

(Scarlatine)

Prof au rapport

décortique les arguments des uns et des autres pour y voir un peu plus clair...

http://fdata.over-blog.net/2/55/33/70/header_article_tmpphpcuUhIl.jpg

Je suis en retard

Et voilà pourquoi les profs ont besoin de vacances ! Il fait dire qu'entre les réunions et les directives ministérielles toutes plus folles les unes que les autres, on ne nous ménage pas ! Un prof au pays des merveilles, cela donne ...ceci.

Vous aurez noté que tous ces collègues croient en leur métier et ont vraiment la foi. C'est juste que parfois il est bon de rappeler à la société que nous ne sommes pas des nantis toujours en vacances ;) juste au cas où l'on s'endormirait sur quelques remarques rebattues !

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 04:00

http://images-booknode.com/book_cover/564/l-eleve-ducobu,-tome-9---le-fortiche-de-la-triche--bd--564282-250-400.jpg

Lorsque je donne un devoir à faire en classe je suis toujours étonnée de voir des élèves tricher. J'ai beau leur expliquer que cela ne sert strictement à rien, d'abord parce que cela ne les aide pas et qu'en plus ils ne progresseront pas, rien à faire. C'est plus fort qu'eux. A moins que la pression des parents ne soit trop forte. Aaaah l'école sans note ... j'en rêve !

En attendant, lorsque X et Y pensent avoir inventé le système infaillible pour tricher sans être vus, je ris sous cape de l'autre côté du bureau.

- X, je ne veux pas savoir ce que tes mains font sous la table !

(rires)

- meuh ... mais non Madame je ...euh...

- Oui, tu triches !

- Mais non et de toutes façon je connais tout par coeur

- c'est vrai madame, il a passé la soirée à recopier la leçon et alors maintenant il la connait par coeur

- A donc voici une méthode infaillible pour apprendre : préparer une anti-sèche. Pas mal !

Il faudrait filmer ce que l'on voit de l'autre côté de la barrière : des yeux qui trainent , des stylos qui tombent ce qui va permettre en remontant de sous la table de jeter un coup d'oeil à la copie du voisin . Lorsque cela arrive je me retrouve avec deux copies identiques ... je veux dire avec les mêmes fautes ! Avis aux tricheurs compulsifs : on vous a reconnus !

- Voici vos copies (distribution)

- mais Madame, vous avez écrit sur ma copie de voir celle de Y et sur la sienne de voir la mienne ! Qu'est-ce que ça veut dire ?

- ça veut dire que je n'ai fait qu'un seule correction pour deux copies puisque vous avez triché. Manquerait pas que je fende de deux corrections !

- Mais... mais ...

Allez, décomplexons : que celui qui n'a jamais jeté un oeil sur la copie du voisin se dénonce !

D'un autre côté cela ne concerne que mes petits 6° car les plus grands ont compris que l'on était passé à l'ère industrielle et que la technologie pouvait leur être d'un grand secours. Là , évidemment, on touche au plagiat. Mais ce n'est pas si simple de le faire comprendre aux jeunes qui, partisans du moindre effort, ont tôt fait de se rendre sur Wikipédia ( qui n'est donc pas mon ami !) pour recopier sans distinction un paragraphe ou deux , sans même prendre la peine de le reformuler. Ici j'ai tout entendu :

" Mais Madame, à la maison je me concentre mieux donc j'écris mieux

- ben voyons !

- Moi j'avoue que c'est ma soeur qui m'aide

- Ah oui ?... Et Wikipédia c'est son pseudo ou son vrai prénom ?

D'où le piège ingénieux tendu par ce professeur de lycée qui a pris un temps considérable pour montrer à ses élèves que tricher sans discernement ne pouvait les mener qu'à leur perte : article ICI

Pardon de cette remarque mais cette forme de tricherie souligne tout de même la bêtise. Quand un simple copier-coller est remis à l'enseignant, comment ne pas avoir honte de cela ? C'est que tout travail est ... fatiguant ! Et oui ma pauv' dam' il ne manquerait pas qu'il faille faire un effort en plus  ! Lorsque ce qui leur est enseigné est , pour eux, vide de sens, il ne faut pas s'étonner de telles dérives. Mais pour accéder au sens il faut tout de même faire un effort, aller vers le texte, la connaissance, ne pas rester passif. Quels professionnels aurons-nous devant nous dans quelques années ? Je me pose souvent la question ...

 

Sans rancune les loulous !

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Published by unchocolatdansmonroman - dans "La prof a dit ..."
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