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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 02:20

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Darling River, Sara Stridsberg, Le Livre de poche, 2012, 336 pages

Genre : roman

Thèmes : destins croisés, femmes, solitude, folie, amour, maternité, mort, errance, abandon

L'auteur en quelques mots ...

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Née en 1972 à Solna, la suédoise Sara Stridsberg est écrivain et traducteur. Dans ses romans elle donne la parole aux femmes, les met en avant. Happy Sally relate l'histoire et le parcours de Sally Bauer, première scandinave à traverser la Manche à la nage. La Faculté des rêves , son deuxème roman, est une fiction sur Valéria Solanas, féministe américaine.

L'histoire

Variations autour de la figure féminine de Dolorès.

Lo est une jeune fille solitaire. On la découvre parcourant les chemins de forêts incendiés avec son père, homme taciturne et pourtant si présent. Quelle relation existe entre eux ? Il se veut protecteur mais couche avec des prostituées sous le regard de sa fille. Qui est-elle? On ne le sait pas. Le sait-elle elle-même ? Quel âge a -t-elle ? 14, 15, 18 ans. Elle vieillit près de lui, souffre près de lui et s'éteint peu à peu, comme auprès de cette darling river qui l'engloutit comme elle a engloutit les cadavres des prostituées assassinées.Assassinées par qui ? Son père ? Elle y pense parfois et, interrogée,  prie pour que personne ne fasse le lien. Aimée par des hommes de passages qu'elle se plait à nommer Darling, elle est pourtant seule, déchirée dans une vie qui l'a condamnée dès le départ. Sa mère est partie très tôt et ne reviendra pas. Seul souvenir, ses vêtements sont aujourd'hui portés par sa fille ou étendus dans le jardin comme autant de cibles que son père perfore de balles. "Dolorès est un prénom de mauvais augure pour une fille. Jusqu'à l'âge de dix-sept ans j'étais persuadée que je mourrais comme elle, Dolorès Haze, en couches, terrassée par la douleur. Le fait que j'ai survécu m'a plus déconcertée que soulagée (...) j'ai perdu quelque chose de décisif : l'instinct de survie, le désir de m'en aller et de créer ma propre existence".

Une mère parcourt les Etats-Unis, sans but précis. A bord d'une Amazone modèle 1970, elle va de motel en motel. Qui est-elle ? La mère de Lo ? Pourquoi pas. Elle a bien abandonné son enfant elle aussi. Lunettes de soleil, robes cintrées, cigarettes, foulard. Tout nous rappelle la femme des années 50. Que fait-elle ? Elle cherche sa fille. Elle est l'ombre absente de la mère de Lo."Elle circule comme ça dans les déserts, des mois et des mois durant.Elle roule en bikini quand la chaler devient insupportable.Elle roule en botte et en manteau léopard quand les nuits sont glacées.Elle roule avec une robe jaune des années 50.Elle roule avec une détermination inébranlable, comme si le voyage comportait une quelconque destination finalealors qu'elle se borne en réalité à des allées et venues sur cette unique autoroute esseulée.partout des sauriens aux entrailles éventrées sous l'épiderme squameux. Partout des crotales, des oiseaux de désert, des chiens au crâne sanguinolent."

Dans sa cage du jardin des plantes, une femelle chimpanzé reçoit chaque jour la visite d'un scientifique qui s'est mis en tête de lui apprendre à dessiner. Mais que voit-il en elle ? un animal ? Une femme ? Un rapport ambigü s'installe entre eux; elle, murée dans le silence, le regard fixe de celle qui est prisonnière, lui, attiré par une force qu'il ne peut expliquer, passant de cap en cap du scientifique à l'ami, à l'amant ? Dans un délire exacerbé il va de la prostituée qui assouvit ses désir à la femelle chimpazé jusqu'à ce que les deux s'entremêlent.

Dolorès Haze suit Richard à l'arrière de sa voiture. Amour et violence mêlés, la relation qui les unit est des plus troubles. Elle est enceinte et s'apprête à accoucher. On entend ici l'avant propos de la Lolita de Nabokov: "Mme Richard.F.Schiller est morte en couche le jour de Noël 1952, à Gray Star, un village aux confins du Nord Ouest, en mettant au monde une fille mort-née." Elle est la Dolorès de Nabokov.

Quatre destins pour une même femme. Une femme en perdition, réduite à l'objet par le regard de l'homme, au corps, à l'enveloppe.

En vrac et au fil des pages

Glauque, terriblement réaliste, morbide, le roman de Sara Stridsberg met en scène autant de variations de la femme que lui inspire le roman de Nabokov, jusqu'à la traversée des Etats-Unis que l'on trouvait déjà dans le roman de Nabokov qui utlisait un moyen de dépeindre férocement l'Amérique. Le Destin, Le Temps, Le Miroir, La Maladie, La solitude, le roman est découpé en chapitres au sein desquels les quatres femmes , plutôt les quatre figures féminines évoluent, chacune dans son univers : Darling river,Le livre des morts,  Sur la mappemonde maternelle, Jardin des plantes.

On ressort de cette lecture avec une drôle de sensation, trouble, preque génée. La femme y est réduite à un corps, une odeur , une fonction : enfanter. Solitaire, elle est pourtant entourée d'hommes. Mais ces derniers ne verront pas plus loin que le sexe, la violence, le désir et la mort." le sexe féminin est pareil à des viscères et peut-être n'est-il même pas permis que quiconque s'y imisce sans qu'un enfant n'en soit sorti""

L'enfant est rejeté, qu'il en témoigne comme Lo ou le vive comme le foetus que Lolita met au monde . Une distance s'installe entre la mère et l'enfant. "La sage-femme passe le rasoir sans peser qu'entre les jambes de Dolorès toujours hâlées et gluantes et tremblantes et nues, enfle une bulle de chewing-gum et que dans sa tête un parfum de fraise et de soleil et d'espérance explose"

Puis entre les pages, une "Encyclopédie". Morceaux choisis : "Le miroir de mort ou le fleuve : Une mère n'est pas sans rappeler certains insectes.Elle disparait et décède à la seconde où elle a accompli son devoir qui consiste à perpétuer l'espèce", "La mélancolie du désir : La lumière se réverbère sur son corps, ce costume au poudroiement fragile qui est le sien. Les tumeurs, les métastases, le sommeil noir qui courent dans sa destinée".

Il est donc troublant et difficile de faire une chronique sur ce roman tant il est particulier, décalé. Pourtant, une fois commencé, on se doit de le finir, ne serait-ce que ourarriver au bout de ces destins de femmes, savoir ou bien se retrouver en elles, en leur solitude , en leur désespoir ou leur souffrance.

Interprétation très personnelle du roman de Nabokov je crois que ce roman de Sara Stridsberg peut aussi être lu indépendamment de cette référence, comme une ode, certes pessimiste , à la femme perdue en ce monde. L'écriture est, en effet, à la fois incisive et mélodieuse. Sans doute est-ce ce chant envoûtant et la construction étonnante du récit qui accrochent.

Merci aux éditions Le Livre de poche pour cette lecture étonnante vers laquelle je ne serais peut-être pas allée de prime abord. Merci à Livraddict d'avoir permis ce partenariat.

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 14:26

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Lorsqu'on arrive aux alentours du 16 décembre, on se réjouit de l'approche de Noël. me croirez-vous si je vous dit que grâce à ce swap original, je n'ai pas du tout hâte que Noël arrive ? hihi !

Voici le 4° épisode du calandrier de l'avent imaginé par Liestra.

swap #1

swap#2

swap #3

 

Ma binômette Plumisa m'a encore gâtée cette semaine avec :

10 Décembre

La copine de la première manique est apparue ce matin ! Toujours sur le thème gourmand du chocolat, ma collection s'agrandit !

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11Décembre

Une gourmandise tout droit venue de Lyon, miam !

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12 Décembre

oh le joli mug de Noël. Plumisa a réalisé la petit étoile au bout de la cuillère

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13 Décembre

Voici un livre de Marguerite Duras que je n'ai jamais lu mais qui m'emballe dès les premières pages. "Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit les livres. C'est une solitude essentielle ...". Merci pour la dédicace Plumisa

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14 Décembre

Quand je vous disais que ma collection s'agrandit ! Le point de croix est magnifique Plumisa !

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15 Décembre

De quoi réaliser de jolis petits sablés de Noël et voir le temps filer sur le calendrier...aaah bientôt Noël

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16 Décembre

Une gourmandise qui nous ramène en enfance car je connaissais ce genre de petite bétises sucrées qui vous rend fou !

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Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite !

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 09:51

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La Disparue de Noël, in Des Contes de Noël, Anne Perry, éditions 10/18, 2012, 120 pages sur 512 pages

Genre : conte, court roman

thèmes : repentir, expiation, Londres,Ecosse, femmes dans la bonne société londonienne

Présentation de l'auteur ICI

J'ai choisi ce recueil de contes d'Anne Perry afin de faire le lien entre divers challenge auxquels je participe mais aussi parce que je dois avouer que la couverture a tout de suite happé mon regard ! Tiens, me voici donc aussi bassement matérielle ? Pas du tout, car j'espère découvrir une autre facette de cet auteur qui m'a un peu déçue avec Dorchester Terrace.

L'histoire

Lors d'une réception chez Sir Omegus, chacun n'a d'yeux que pour le couple formé par Gwendolen et Bertie. On prétend que ces deux convoleront prochainement.  Mais alors que la soirée compte tout le beau monde de la société londonienne, Isobel , jeune veuve, profère ,par jalousie, une insulte lourde de sens à l'encontre de Gwendolen. Aussitôt l'assistance se fige. Lady Vespasia ( souvenez-vous de ce personnage rencontré dans la série des Pitt, amie de Charlotte Pitt. Ici nous la rencontrons, bien avant la série des Pitt, plus jeune) entraine son amie Isobel hors de l'assemblée , lui signifiant ainsi son inconséquence. Mais il est trop tard, le mal est fait. Le lendemain matin, le corps sans vie de Gwendolen est retrouvé dans le lac de la propriété. Le suicide ne fait aucun doute. Pourtant le motif de ce geste ne peut être expliqué, tant la jeune femme semblait heureuse la veille encore. A moins que les propos d'Isobel ne soient responsables de cet acte définitif. La bonne société londonienne, représentée par quelques membres éminents, fustige aussitôt Isobel par des marques d'indifférence chargées de mépris. Mais Omegus propose à ses convives d'accorder une forme de rédemption à Isobel afin qu'elle puisse à nouveau évoluer parmi eux sans perdre sa réputation : "A l'époque médiévale, tous les crimes n'étaient pas punis par l'exécution ou la prison (...) On autorisait parfois les coupables à effectuer un pélerinage expiatoire. S'ils en revenaient, ce qui en ces temps dangereux  n'arrivait pas très souvent, on considérait leur péché comme lavé. On était tenu de leur pardonner à leur retour comme si rien ne s'était passé". Sous la pression de son amie Vespasia, Isobel accepte ce pacte. Toute deux partiront alors en Ecosse afin de remttre en mains propres à la mère de Gwendolen une lettre que cette dernière a laissé. Néanmoins le voyage promet d'être peu agréable en ce mois de décembre où la neige et le froid recouvrent le sol écossais. Par ailleurs la confrontation avec la famille de la défunte effraie plus que tout isobel.

 

En vrac et au fil des pages

J'ai apprécié ce court roman d'Anne Perry qui me réconcilie avec l'auteur ( voir mon précédent billet sur Dorchester Terrace). Le récit nous fait voyager de Londres au fin fond de l' Ecosse et j'avoue ici que j'aurais apprécié davantage de descriptions de cette contrée, d'autant que l'auteur présente ce conte en ces termes : " Si les contrées sauvages de Ranoch Moor et de Glencoe sont à couper le souffle en toute saison, lorsque s'abat une tempête de neige elles ressemblent à la fin du monde.(...) tenter de décrire la sauvagerie et la beauté d'un tel paysage avec des mots constitue un défi pour tout écrivain". Je m'attendais donc à quelques descriptions qui me mettraient dans l'ambiance mais force est de constater qu'Anne Perry ne relève pas le défi. Malheureusement, les deux personnages arrivent à bon port sans que l'on ait l'impression qu'elles aient traversé une contrée si terrible. A peine sont-elle transies de froid. C'est dommage.

En revanche j'ai beaucoup apprécié l'explication des convenances de l'époque qui, il faut bien le dire, ont tôt fait de ruiner la réputation d'une femme de la bonne société londonienne. Ainsi le procédé de l'expiation qui mène Isobel et Vespasia dans une contrée froide et reculée est -il bien pensé car nous permet d'approcher un peu ce qu'une femme est en droit de faire: " Nous avons façonné une société où les femmes n'ont d'autre choix que de faire un beau mariage pour réussir, car nous leur avons rendu impossible de subvenir à leurs moyens ou de connaitre le succès seules". Les grands du monde font et défont les réputations: "Le pouvoir de la bonne société est quasi sans limite, ma chère. S'en voir exclu équivaut presque à la mort. Si l'on répand assez de venin contre vous, les invitations se tarissent, les portes se ferment, vous devenez invisible".L'accent est donc mis sur le procédé expiatoire imaginé par Omegus et qu'il tient d'une ancienne pratique en vigueur au Moyen-âge et c'est ici que j'aurais aimé plus de souffrance pour vraiment faire entrer le lecteur dans ce processus.

Par ailleurs l'intrigue est bien menée puisque, jusqu'au bout, les secrets qui pèsent sur la famille de Gwendolen mais aussi sur Vespasia que l'on retrouve dans tous les romans du cycle des Pitt, ne sont que subrepticement dévoilés.

Le recueil comprend d'autres contes que je vous dévoilerai au fur et à mesure de ma lecture en ce mois de décembre !

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 02:40

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Le Paradis des ours en peluche, Marie-Ange Guillaume, Tina Mercié, éditions Seuil, 2004

Genre : album

Thèmes : douceur, amitié

A l'approche de Noël j'ai décidé de vous faire dévouvrir un bel album qui fait rêver. Un pêu de magie et de douceur à opposer à un quotidien parfois trop pesant. Et si l'on retombait en enfance ?

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L'histoire

"Dans mon paradis, tous les jours ce sera mercredi". Plus de choses qui piquent, qui cognent, qui gênent."Mais ce que je veux surtout c'est un ami(...) un ami qui ne tombe pas du nid et qu'on n'enterre pas sous le pommier dans une boite à chaussures"

La petite fille rêve de cet ami en peluche qui ne serait pas comme les autres si fragiles.

"Dans mon paradis, il fera jour chaque matin et ce sera toujours le printemps". Plus de loups, de froid, de chasseurs.

Un ours en peluche quitte le pays blanc pour rejoindre l'autre monde et rêve d'un pot de miel dans une maison douillette, des bras d'une petite fille avant le sommeil.

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En vrac et au fil des pages

J'ai découvert ce livre au salon du livre jeunesse de l'océan indien. Comme vous le devinez c'est ma fille qui l'a repéré, avec son grand format et sa couverture aux teintes douces.

Les dessins sont superbes, cotonneux comme dans un rêve. Un rêve de petite fille . un conte dans lequel l'amitié est au coeur des préoccupations des enfants. Sous ses airs innocents cet album soulève pourtant des questions existentielles qui préoccupent nos petits : pourquoi toujours faire ce que les parents nous demandent ? Pourquoi aller à l'école pour apprendre ce que l'on ne sait pas ? Pourquoi faut-il que nos petits amis vivants soient si fragiles ?

Dans leur univers onirique les deux auteurs ont imaginé des formes douces, moelleuses pour s'opposer aux mots durs : fusils, écraser, tomber, chasseurs ...

"Il faut toujours faire confiance aux ours en peluche ".

Et vous, quel était votre rêve d'enfant ?

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 03:37

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Après le tremblement, Haruki Murakami, collection 10/18, 2011, 157 pages

 

Je continue dans le cycle Murakami. Après la trilogie 1Q84 (tome1, tome2, tome3) je viens de finir Après le tremblement, recueil de nouvelles écrit en 1995 après le tremblement de terre de Kobé.

http://www.pariscilaculture.fr/wordpress/wp-content/uploads/2011/09/Haruki_Murakami.jpg

retrouvez la biographie de l'auteur ICI.


En guise d'introduction ....

le 17 janvier 1995 un terrible tremblement de terre  de magnitude 7.2 a secoué la ville de Kobé durant 20 secondes, suivi de seize répliques. L'hypocentre se trouvait sous le port de Kobé. Ce séisme est resté dans l'histoire pour sa caractéristique principale : les variations sismiques verticales de forte amplitude, jusqu'à 100 cm dans certaines parties de la ville.Le Kobé Fire Department s'est montré impuissant par manque de matériel et d'eau, les canalisations ayant été détruites. 6437 morts ont été dénombrés dont  5357 à kobé et des dégâts matériels considérables. Suite à ce séisme, la ville de Kobé a axé la reconstruction sur la résistance, tirant les leçons de ce drame. Trois jours seulement après le tremblement, de nouveaux logements étaient construits, la zone de promotion de reconstruction délimitée.

(source : nezumi.dumousseau.free.fr/kobe.htm)

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l'histoire ...

Six nouvelles qui se suivent et ne se ressemblent pas, dans lesquelles Murakami évoque ou souligne le tremblement, en faisant tantôt l'épicentre de l'état d'âme d'un personnage, tantôt une évocation lointaine. Le tremblement est là, comme en suspens, jamais comme le coeur des nouvelles. C'est ce qui fait l'originalité de ce recueil.

Petit aperçu ... 

1° nouvelle : la femme de kamura est prostrée devant la télévision sur laquelle elle suit en boucle les informations concernant le tremblement de terre qui a secoué Kobé. Inerte, elle passe ses journées sur le canapé, comme sous le choc. Pourtant cet événement qu'elle suit à travers un écran lui fait prendre conscience de sa propre vie.  Elle quitte alors son mari qui ne lui apporte rien. Comment rebondir après cela ? Kamura replonge dans l'origine de son histoire avec elle pour comprendre. Coureur de jupons,il a délaissé sa vie quelque peu dissolue pour un ménage rangé avec une femme dont nombre de ses amis disaient qu'elle ne lui correspondait pas. Et pourtant il était heureux en ménage, ayant trouvé une forme de repos dans cette union.Un collègue invite Kamura à penser à autre chose en lui demandant de livrer un mystérieux colis en Hokkaido ...

2° nouvelle :junko, Miyake et Keisuke sont tro is jeunes gens qui se retrouvent régulièrement sur la plage. Miyake aime y rejoindre cet homme qui fait du feu un élément artistique. Peu à peu elle se rapproche de lui, pourtant si différent d'elle, comme si tous deux unissaient leurs solitudes...

3° nouvelle : Yoshiya vient d'apprendre que son père n'est pas mort. Il ne parvient à obtenir d'autre renseignement qu'un signe physique : il s'agit d'un homme à qui il manque un morceau du lobe de l'oreille. Or, un jour, le hasard veut que leurs chemins se croisent ...

4° nouvelle : à la sortie du travail, un petit fonctionnaire de Tokyo se retrouve face à une grenouille géante. Celle ci requiert alors son aide afin de sauver Tokyo d'une destruction certaine . un seisme détruira bientôt la ville...

En vrac et au fil des pages ...

Le recueil est le récit du manque, du vide intérieur des personnages. Pourtant aucun n'est vraiment seul. Le seisme psychologique qui les secoue peut prendre des formes aussi inattendues qu'un départ précipité, un flot d'interrogations, une oeuvre éphémère ...

Murakami, par son écriture épurée, va à l'essentiel, restitue les sentiments humains dans leur complexité. Ses personnages sont issus de divers milieux, tous ont un point commun : ils ont connu le seisme de Kobé. Néanmoins, avec subtilité, l'auteur déroule six histoires sans faire de ce fil conducteur l'élément central. Il est sous entendu. J'ai aussitôt pensé, en enchainant la lecture des ces nouvelles à la théorie de l'effet papillon : comment un événement peut avoir des conséquences inattendus et parfois lointaine sur d'autres vies.

Murakami n'a pas vécu ce drame. Vivant aux Etats-Unis, il l'a suivi à travers les médias. Cependant il s'est rendu au Japon aussitôt après. On ressent dans ces nouvelles cette distance par rapport à l'événement ( la télévision, la radio) mais l'émotion qui s'en dégage prouve que notre auteur s'est senti solidaire de ses compatriotes. Avec pudeur, il évoque le drame, tantôt dans une nouvelle réaliste, tantôt dans une nouvelle fantastique. Je dois dire que cette dernière est particulièrement réussie, mettant face à face une grenouille géante d'une grande sagesse, parfois tyrannique, et un petit fonctionnaire, dans un registre à la fois fantastique et burlesque. Une pépite au coeur du recueil.

Comment un événement que l'on n'a pas vécu dans sa propre chair peut-il transformer les gens ? Laisser une empreinte dans les esprits au point de bouleverser une vie ? C'est ce à quoi répond Murakami, à sa façon, toujours étonnante mais juste. La désorientation, l'absence, la perte, sont au coeur de l'ouvrage. Les personnages semblent vivre un seisme intérieur qui leur est propre. Mais la reconstruction est possible , c'est un message d'espoir.

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J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge de Florel, loufoque et aléatoire. L'objectif était de lire un livre dont la tranche est blanche et dont l'auteur est originaire d'une ile ! pari réussi !

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 04:24

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Secrets de cuisine des soeurs Scotto, Michèle Carles, Marianne Comolli, Elisabeth Scotto, éditions Chêne, 2007

C'est en cherchant une recette pour Noël que j'ai retrouvé ce livre sur mes étagères. Avec sa belle couverture rouge, il m'a immédiatement inspirée.

Ce n'est pas seulement un livre de recettes mais une sorte d'autobiographie culinaire des trois soeurs que nous connaissons; cuisinières, journalistes, auteurs d'ouvrages gastronomiques.

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" Nous avons hérité de maman la passion de la cuisine. Et maman , de qui la tenait-elle ? (...) le jour de ses noces, maman reçut de sa mère un fabuleux cadeau : L'Art culinaire moderne d'Henri paul Pellaprat (...) Très vite, le gros volume bleu devint la passion exclusive de maman."

Commence alors une belle aventure. La mère des trois soeurs aménage une grande cuisine, digne de celle d'un restaurant, et travaille sans relâche. Elle découvre " les secrets des fonds et des consommés, la technique du rôtissage, du braisage et du découpage, les subtilités des confits, des confitures et des confiseries..."

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A cette époque, en Algérie, il était de bon ton de servir à ses convives une cuisine française. Mais son talent de cordon bleu elle le tenait de la grand-mère, Maria Candida "l'ensorceleuse du goût", tout droit venue de Torre del greco , devenue restauratrice à Stora. Dans son jardin aux mille saveurs elle servait des plats à l'italienne au parfum suave de basilic "petites tomates cotelées de Sicile, les plus douces pour les salades et les coulis et citrons quatre-saisons d'Amalfi, qui embaument l'air de leurs sublimes senteurs hespéridées". Elle "inventait une cuisine de rêve qui enchantait ses hôtes et sa nombreuses famille".

La cuisine de ses deux femmes était "vivante, vibrante, ludique, infiniment gourmande et généreuse". Les trois soeurs s'en sont donc inspirées afin de perpétuer une cuisine pleine de richesses dans laquelle chaque plat est lié à un souvenir, une anecdote, du grand-père  pêcheur en qui elles voyaient une incarnation de Neptune à l'amie kabyle qui roulait la graine de couscous.

Ce livre est donc élaboré sur des souvenirs gourmands. De belles photos de famille illustrent ce volumineux recueil à la conception très classique ( entrée, plats classés par catégories : légumes, poisson, viande, fromage, volailles, oeufs, céréales, desserts).

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Quelques photos de famille ...

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J'ai voulu en extraire deux recettes : la classique bûche de Noël et une version plus moderne mais tout aussi bonne.

La Bûche de Noël aux marrons

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Pour le biscuit :

100 gr de farine

100 gr de sucre

4 oeufs

4 cuil. à soupe de Grand Marnier

sel

Pour la crème :

400 gr de crème de marrons

125 gr de beurre mou

100 gr de chocolat noir

1 cuil. à soupe de rhum ambré

Pour la décoration :

cacao amer en poudre

marrons glacés ou au sirop

Nos pâtissières recommandent de réaliser cette bûche la veille , elle n'en sera que meilleure. Le biscuit sera préparé en séparant les blancs des jaunes puis en montant les blancs en neige. Les jaunes seront fouettés avec le sucre. Y ajouter la farine sans cesser de remuer. incorporer les blancs en trois fois puis verser cette pâte légère sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Enfournez pour 10 minutes à 180°C dans un four préalablement chauffé.

 Lorsque la pâte est cuite la retourner sur un torchon humide et rouler en serrant bien pâte et torchon. laisser refroidir 1 heure.

Préparer la garniture en mélangeant le chocolat fondu , la crème de marrns, le rhum et le beurre. Réserver au réfrigérateur.

Pour le montage mélanger le Grand Marnier avec 4 cuil. à soupe d'eau. Dérouler la pâte et l'asperger du mélange alcoolisé. Tartiner de crème de marrons au chocolat. Rouler le biscuit et l'envelopper d'un film alimentaire et réserver au réfrigérateur. Il ne reste plus qu'à décorer au dernier moment !

Semi-fredo aux deux chocolats

http://api.foodnetwork.ca/images/dmm/M/I/Milk_Chocolate_Semifreddo_005.jpg

4 oeufs

100 gr de chocolat de couverture noir

100 gr de chocolat praliné gianduja

100 gr de beurre mou

75 gr de sucre

Pour la sauce chocolat :

150 gr de chocolat de couverture noir

15 cl de crème liquide

Casser les oeufs en séparant le blanc des jaunes.

Mettre le sucre dans une petite casserole et ajouter 3 cuil. à soupe d'eau. laisser bouillir 20 secondes et verser ce sirop sur les jaunes en fouettant au batteur jusqu'à ce que la préparation double de volume.

Casser les chocolats en morceaux et faire fondre. Lisser à la spatule et incorporer le beurre par noisettes en fouettant pour alléger le mélange. Verser ce duo de chocolats dans la préparation précédente en la soulevant pour l'aérer.

Battre les blancs en neige ferme. Ajouter le sucre en continuant de battre jusqu'à ce que les blancs soient lisses et brillants. Les incorporer à la préparation précédente en soulevant à la spatule.

Tapisser le fond et les parois d'un moule à cake de film alimentaire en le laissant dépasser sur les bords.Verser la préparation dans le moule et lisser la surface. replier le film et déposer le moule au congélateur durant 3 heures. Le gâteau doit juste raffermir.

Au moment de servir préparer la sauce chocolat : porter la crème à ébullition puis ajouter le chocolat hors du feu et laisser rammolir quelques minutes avant de lisser la sauce. Servir le gâteau en tranches nappées de sauce.

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alors Miyuki, quel sera ton dessert de Noël ?

et vous copînautes ?

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  • : Pour satisfaire mon appétit, j'associe lecture et gourmandise : un chocolat dans mon roman, le tendre et le croquant, saveurs littéraires et culinaires. Ici on parle de l'art sous toutes ses formes : écriture, peinture, sculpture, écriture, musique, photographie, gastronomie, cinéma ...
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