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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 03:17

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782213670812.jpg

Quel trésor ! Gaspard-Marie Janvier, éditions Fayard, 2012, 365 pages

Genre : roman

Thèmes: aventure,carte, trésor, piraterie, Ecosse

L'auteur en quelques mots...

http://www.goncourt-des-lyceens-2012.ac-rennes.fr/sites/goncourt-des-lyceens-2012.ac-rennes.fr/IMG/jpg/Janvier_Gaspard-Marie.jpg

Que sait-on de cet auteur ? Peu de choses en réalité puisqu'il écrit sous un pseudonyme ! Il serait normalien, agrégé de lettres, aurait été mathématicien, chercheur au CNRS. Ses romans tournent autour de la religion, interrogeant l'homme et sa foi sur un mode humoristique bien souvent. Quelques titres : Minutes pontificales sur le préservatif 2010), Rapide essai de théologie automobile (2006).

L'histoire

http://argoul.files.wordpress.com/2010/12/stevenson-carte-ile-au-tresor.jpg

De sa rencontre avec Iain Mc Gregor, l'auteur garde cette histoire extraordinaire, ce récit coloré qu'il reproduit fidèlement puisque "le goût de l'aventure est le ferment qui manque aux jeunes hommes de ce temps"

La maison Blair & sons , éditeurs écossais, est en faillite. David Blair, cadet de la famille, gère non sans mal la succession, après le décès de son père, lorsqu'il tombe sur une carte qu'il suppose être la fameuse carte à partir de laquelle R L Stevenson aurait rédigé son roman, L'île au trésor. Après expertise, le verdict tombe : la carte est authentique à 75%. Dans un premier temps, David Blair pense ainsi mettre à l'abri du besoin tous ceux qui ont travaillé pour la maison. Mais lorsque le notaire de la famille lui fait une offre conséquente, il soupçonne que la carte ait plus de valeur que cela et se réfugie sur l'ile de Farà, dans les Hébrides, le temps de prendre du recul. Artiste dans l'âme il n' a jamais pu suivre les traces de son père. Là, il rencontre des habitants hauts en couleur et tombe sous le charme de cette île aride, aux charmes rocailleux. Après bien des soirées arrosées d'une bière brune à écouter des légendes écossaises, il se prend à rêver qu'il s'installera sur cette île où ses dernières rencontres l'ont envoûté. Il faut dire que ceux qui l'habitent semblent tout droit sortis d'un récit d'aventure : Warluis l'aviateur français ,aterri sur Farà à la suite d'une panne de moteur et jamais reparti, déclamant les vers du Tombeau du Flibustier de Hugo; le père Mapple , adepte de sermons colorés et de pêche à la mouche , Alasdair McDiarmid le gérant du pub The Lord of the isle, cuisinier hors pair au parler fleuri ou encore Bonie, l'homme à tout faire qui balaie l'aérodrome des dernieres flaques d'eau lorsque, à marée basse, la piste apparait à nouveau." Un nouvel arrivant n'y eût distingué qu'une troupe d'ivrognes et de rejetons consanguins, mais les secrets d'escrocs scintillant dans  l'éclat d'un oeil de verre, mais l'envoûtement des fiddles raclant peurs mélodies obstinées au fond des coeurs les plus endurcis, avaient le pouvoir surnaturel de creuser "le Minch" qui sépare l'Ecosse de ses îles." Aussi lorsqu'il évoque devant eux la perspective d'un trésor, leur imagination fait le reste et aussitôt se dessinent sous leurs yeux l'invincible Armada, " la plus puissante flotte d'invasion jamais constituée (...) et la Santa Dona, diablement facies de doublons et de diamants", les naufrages sur les côtes de Skerig et les doublons d'or cachés. "Je me souvins de ce passage de Robinson crusoé où le naufrager ouvre au hasard sa Bible et tombe sur la phrase qui renverse la vision de son destin. (...) Une foi étrange, profane, humaine s'emparait de nos âmes".

Une vente aux enchères mouvementée pour récupérer la carte, quelques vols à basse altitude dans un brouillard inquiétant et trois cadavres plus loin : quel trésor !


En vrac et au fil des pages

Le récit de Gaspard-Marie Janvier est écrit à la manière de ces récits d'aventure que nous avons tous lu et qui constituent le support même de ce roman : L'île au trésor, Robinson Crusoé, Moby Dick et toutes les légendes écossaises qui alimentent l'imagination de l'auteur. C'est à notre âme d'enfant qu'il s'adresse, à ce voeu inassouvi de trouver un jour un trésor ou de simplement partir sur la piste d'une carte retrouvée, un bout de papier qui cristallise tous les espoirs. Mais c'est l'adulte qui est interpelé dans la deuxième partie du récit, ses croyances, sa foi et ses valeurs.

La construction de l'ouvrage reprend la trame du témoignage, de l'histoire racontée autour d'une pinte de bière ou d'un whisky écossais et que l'on tient pour vraie. La première partie met en place l'intrigue en donnant la parole à David Blair, héritier de la maison d'éditions qui a publié le roman de Stevenson, sorte de anti-héros naif qui se laisse vite happer par la magie des lieux, ce que cela réveille en lui de magie liée à l'enfance. Il faut dire que les personnages qu'il découvre sur cette île de Farà ont un destin extraordinaire. Alasdair m'a vraiment rappelé Long John Silver et son parler gaélique souligne le côté pittoresque d'un homme trucculent. L'aviateur français Warluis, quant à lui, apporte toute l'atmosphère de St Exupéry dans des équipées nocturnes à bord de son coucou. Roublards, menteurs, rustres au grand coeur, tout est réuni pour nous mettre dans l'ambiance d'un récit d'aventure qui semble prometteur.

La deuxième partie donne la parole à Mc Grégor et surprend en proposant un autre point de vue. Parti récupérer David Blair, abandonné par son accolyte Warluis sur une île déserte, il est celui qui va révéler le noeud de l'intrigue autour du trésor enfoui sur l'île de Skerig.

La troisième partie enfin donne la parole à un autostoppeur qui, pris en voiture par Mc Grégor, écoute le récit de cette histoire extraordinaire et se rend compte, devant la rubrique nécrologique d'un journal, que ce qu'il a pris pour un conte est peut-être vrai. Décidé à assister aux obsèques de Alasdair McDiarmid, il se rend alors sur l'île de Farà et rencontre à son tour tous les personnages du récit de Mc Grégor.

J'ai pour ma part davantage adhéré à la première partie car il semble que l'on se perde un peu à la fin ou que cela fasse redite même si l'on découvre le fin mot de l'histoire. En revanche le style de l'auteur m'a conquise par ses merveilleuses descriptions des lieux écossais ou la capacité à croquer ses personnages, leur donnant une vraie personnalité. J'ai particulièrement apprécié les vols avec l'ami Warluis et l'humour ominiprésent dans le récit (l'épisode de la messe menée par le truccupent père Mapple ( référence à Moby Dick) ou Blair, calviniste convaincu, découvre que son ami Warluis est un fervent dévot m'a bien fait rire). Evidemment le trésor existe mais il en est un autre, qui est un peu la morale du livre, qui scelle une amitié, la découverte d'un monde de solidarité comme aime à les décrire l'auteur.

Dans tous les cas c'est un bel hommage au récit de Stevenson ( que je vous invite à lire ou relire d'ailleurs . On ne s'ennuie pas !) Je vous recommande donc cette lecture, amateurs de récits d'aventure !

Le petit plus ...

En même temps, qui n'est pas attiré par l'Ecosse ? J'ai fait une petite recherche sur l'île de Farà et ... surprise ! Tantôt on signale cette île comme imaginaire, tantôt comme réelle mais ne se situant pas en Ecosse. Wikipedia indique cependant qu'il s'agit bien d'une ile du Royaume-uni située en Ecosse !

Comme il nous faut une preuve : il existe deux îles de ce nom mais celle de Gaspard-marie Janvier n'est pas imaginaire. Du moins pour ce qui est de sa localisation.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ec/Wfm_orkney_map.png
En effet, située au sud de l'archipel des Orcades, qui compte pas moins de 67 îles, Fara est inhabitée. L'imagination de l'auteur fait donc le reste lorsqu'il nous la décrit :

"Imaginez la sensation d'enfoncer dans la mer, pour heurter au dernier moment un long ruband e sable lisse et luisant, tout juste libéré par le jusant. Comme les cités anciennes resurgies du fond des eaux, c'est tout un monde familier et dégoulinant qui émerge des vagues deux fois par jour"

http://www.americas-fr.com/tourisme/wp-content/uploads/2010/02/westray.jpg

http://randonnee-ecosse.com/guide/wp-content/uploads/2012/05/Orcades-430x247.jpg

http://i41.servimg.com/u/f41/12/41/31/22/11080310.jpg

http://www.collection-appareils.fr/Ecosse/imagettes/petite_ile_orcades_2.jpg


http://geekette.fr/wp-content/uploads/2012/12/challenge-abc.jpg

 Mes lectures pour ce challenge

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 07:24

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Le Diable tout le temps, Donald Ray Pollock, éditions Albin Michel, 2012, 384 pages

Genre : roman noir

Thèmes : Amérique, religion, maladie, fondamentalisme, meurtres, années 60, perdition

L'auteur en quelques mots ...

http://www.lexpress.fr/medias/2314/1184942.jpg

Né en 1954 à Knockemstiff, Ohio, Donald ray Pollock a travaillé durant 32 ans dans une usine de pâte à papier avant de se lancer dans l'écriture. En 2008 il publie son premier ouvrage de nouvelles intitulé justement Knockemstiff.Durant la campagne présidentielle, il se fait connaitre en publiant des chroniques pour le New York Times, les élections vues de l'Ohio. Le Diable tout le temps est son premier roman et a connu un succès immédiat. En France on classe de roman dans la catégorie policier. Aux Etats-Unis dans le domaine du Southern Gothic.

Donald Ray Pollock se dit influencé par William Gay ou Child of God de Cormac mc Carthy et déclare aimer écrire sur les êtres en perdition plutôt que sur les braves gens. il faut dire que sa vie ne fut pas simple et que lui aussi a connu les affres de l'alcoolisme, cette dérive dont il s'est relevé pour en faire le socle de ses récits.

L'histoire

  " En un triste matin de la fin d'un mois d'octobre pluvieux, Arvin Eugene Russell se hâtait derrière son père, Willard, le long d'une pâture dominant un long val rocailleux du nom de Knockemstiff, dans le sud de l'Ohio". En un étrange rituel,père et fils se retrouvent dans une clairière autour de "l'arbre à prières". "Arvin ne savait pas ce qui était le pire, la boisson ou la prière. Aussi loin qu'il pût se souvenir, son père lui semblait avoir passé sa vie à combattre le Démon".

Il faut dire que Willard Russell était rentré de la guerre, à l'automne 1945, avec en tête le souvenir de soldats tués dans des conditions atroces dans les îles Salomon, dans le Pacifique. Cela change un homme. "Il n'arrêtait pas de se dire que si jamais il arrivait chez lui, plus jamais il ne quitterait Cold creek, Virginie Occidentale". Sa mère , Emma, se disait aussi, priant chaque jour pour que son fils rentre sain et sauf,  qu'il serait bon qu'il épouse une fille du pays, comme Helen, car au diable la beauté, rien ne vaut un foyer. Mais en ce jour de 1945, c'est Charlotte Willoughby que Willard venait de choisir dans ce petit restaurant nommé Wooden Spoon où cette dernière était serveuse. Il lui fallu du courage et quelques visites à l'église du révérend Sykes pour reprendre le cours des choses, car il avait changé.

Il épousa Charlotte et partit pour l'Ohio .Helen , de son côté, épousa l'un des prédicateurs de Topperville, Roy, dont le sermon avait impressionné l'assistance au retour de Willard, éprouvant leur foi physiquement afin d'impressionner les âmes sensibles. Au printemps 1948 nacquit Arvin. Roy et Helen, eux, eurent une petite Lenora. Mais rapidement Roy s'enferma dans son délire, persuadé d'avoir perdu puis retrouvé la foi, convaincu qu'il pouvait ressusciter les morts. Son frère Théodore, jaloux de son couple, le persuada alors de tenter l'expérience sur sa propre femme." Si tu réussis un truc pareil, Roy, il y aura pas dans toute la Virginie Occidentale une église assez grande pour contenir tous les gens qui voudront t'entendre prêcher". Helen mourut au fond d'un bois et Lenora fut élevée par Emma. "Assis à regarder son fils, Willard ressentait un intense besoin de prière. Cela faisait des années qu'il ne s'était pas adressé à Dieu, pas la moindre requête, pas la moindre louange, depuis qu'il avait trouvé le Marine crucifié, pendant la guerre, mais il sentait maintenant que ça grossissait en lui, le besoin urgent de se mettre en règle avec son Créateur avant que quelque chose de mauvais n'arrive à sa famille".

Des années plus tard, au cours de l'été 1958,  père et fils devaient se retrouver autour du tronc à prière maculé de sang, pour un sacrifice sensé sauver Charlotte de la maladie qui la rongeait. Willard, perdu dans sa folie, n'avait alors pas conscience de ce qu'il léguait à son fils en héritage, du chemin que ce garçon devrait parcourir pour trouver la paix dans un monde peuplé de détraqués comme le pasteur Teagardin, amateur de chair fraîche, ou encore cet étrange couple, Carl et Sandy, qui écument les routes à la recherche d'autostoppeurs afin d'assouvir leurs délires malsains et qu'Arvin finira par croiser...

En vrac et au fil des pages

Un premier roman extrêmement prenant que l'on ne lâche pas, d'une page à l'autre. Donald Ray Pollock sait trouver les mots pour décrire une Amérique profonde, glauque, perdue ou en perdition, des êtres animés par la foi mais poussés vers la mort, des comportements déviants générés par l'alcool, la guerre, les traumatismes de la vie. L'écriture est belle, forte et juste. Noire , certes, mais non dénuée d'humour. Puis cette histoire prend à la gorge et le lecteur, alignant les pièces du puzzle, se laisse embarquer dans la souffrance du jeune Arvin, dans les délires malsains du couple sandy/carl, tueurs en série, dans la soif pédophile du pasteur Teagardin ou l'obscur besoin de pouvoir du shériff Bodecker. Tous les personnages sont unis par un même sentiment d'enfermement, comme s'ils ne pouvaient quitter ce lieu où ils sont nés, ancrés et où ils mourront, d'une façon ou d'une autre.

Dès les premières lignes l'auteur nous tient avec cette relation père/fils hors norme et l'on ne peut s'empêcher de plaindre et d'excuser l'amour fou et passionnel de Willard bien qu'il lègue à son fils Arvin une existence douloureuse en guise d'héritage. Lui-même comprend à la fin, dans une sorte de réconciliation posthume, ce qui a poussé son père à de tels actes. Les descriptions sont parfois crues, mais toujours voilées, ainsi en est-il des sévices subis par les autostoppeurs par exemple. Nul besoin de détails, ils sont parfois distillés ça et là au fil des pages mais c'est l'imagination du lecteur qui fait le reste et peint peu à peu le décor sombre et malfaisant des scènes.

On avance dans l'histoire, sans savoir où cela va réellement nous mener tant le diable semble mener la danse. La seule lueur d'espoir est un personnage: Arvin, porteur de la lumière sans doute, de la rédemption peut-être. Car la foi, la religion sont omniprésents dans ce roman. Mais la prédication décrite est loin de toute messe traditionnelle. Ici les fondamentalistes tuent, poussent au vice et leurs ouailles s'engluent dans une existence vide de sens. Pour cela on s'attache tout de suite à la famille d'Arvin, à la tendre grand-mère Emma, à la douceur et l'optimisme de Charlotte, à la naiveté de Lenora. Le lecteur a besoin de croire et Donald Ray Pollock nous en donne les moyens puis nous les reprend et joue avec nos sentiments.

Je ne sais pourquoi ( peut-être pour le côté sombre et les meurtres en série, la figure du shériff ou cette histoire de diable) ce roman m'a fait penser à un film de Bertrand Tavernier, Dans la Brume électrique, que je vous recommande car aussi bien mené, lent et sombre.

Le titre est étonnament bien trouvé car le diable est partout, y compris dans l'église (ici les brebis ne sont pas sauvées) , dans ces âmes corrompues, dans les comportements dépravés, comme si Dieu n'avait pas accès à cette région des Etats-Unis, mais il est aussi dans l'écriture qui nous fait apprécier un roman des plus noirs, espérant qu'une âme plus pure que les autres s'en sorte. Les destins des uns et des autres s'imbriquent, à des années ou des kilomètres d'écart, tout est pensé avec mesure.C'est diablement bien joué Monsieur Pollock !

  découvrez la chronique de Jérôme

Découvrez la chronique de Jostein

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 07:19

 

Vous connaissez mon intérêt pour les oeuvres éphémères. En voici une qui est à la fois étonnante et triste.

L'artiste brésilien Nele Azevedo a choisi Belfast pour son exposition de figurines de glaces , en hommage aux disparus du Titanic. A l'origine  de ces installations de glace, il s'agissait de mettre l'accent sur les méfaits du dérèglement climatique en montrant qu'il affectait la nature mais aussi les humains.

Ainsi des centaines de figurines, assises sur les marches d'un monument de la ville, représentent autant de naufragés. L'effet est saisissant, quel que soit le message que l'on choisisse de voir dans cette oeuvre. Inévitablement les figurines fondent et, suivant le moment où l'on passe devant le monument de Belfast, les personnages de glace s'effacent peu à peu, glissent, se dématérialisent sous nos yeux ...

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 03:01

pages gourmandes 1

inscription ICI et rappel du principe


Pour ce premier billet consacré aux Pages gourmandes de la littérature j'ai choisi une recette italienne inspirée par Le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé. Le plus fort est que je n'ai toujours pas chroniqué ce roman dont je relis pourtant quelques pages régulièrement ! Honte à moi, cela ne saurait tarder . Ce texte est une ode au plaisir gustatif, à la vie, à l'avidité gourmande qui naît de la table.

Un passage gourmand ...

" [Raffaele] habitait maintenant dans une petite maison basse, près du port. Une maison misérable, creusée dans la roche et peinte à la chaux. Raffaele avait préparé une surprise. Depuis qu'il avait appris l'arrivée imminente des Scorta, il s'était mis à l'oeuvre, sans relâche. Il avait acheté deux grosses miches de pain blanc. Fait mijoter une sauce à la viande. Préparé des pâtes. Il voulait un festin pour accueillir ses amis.

Lorsqu'ils furent tous intallés autour de la petite table en bois et que Raffaele eut apporté un grand plat d'orecchiette faites à la main, baignant dans une épaisse sauce tomate, Giuseppe se mit à pleurer. Il retrouvait les saveurs de son village. Il retrouvait son vieil ami. Il ne lui fallait rien de plus. Et tous les lampions du corso Garibaldi ne l'auraient pas comblé davantage que cette assiette pleine d'orecchiette fumantes qu'il s'apprêtait à dévorer.

ls mangèrent. Ils croquèrent dans les grandes tranches de pain blanc que Raffaele avait frottées de tomates, d'huile d'olive et de sel. Ils laissèrent fondre dans leur bouche les pâtes qui dégoulinaient de sauce. "pp 69-70

On a l'impression d'y être n'est-ce pas ? Les saveurs de l''Italie, la convivialité, l'amitié ... Mais attendez un peu la suite !

" [ Carmela] fut tirée de ses pensées par la voix de Raffaele qui hurla: "A table ! A table! ". Elle se leva alors et fit ce qu'elle s'était promis de faire. S'occuper des siens. Rire avec eux. Les embrasser. Les entourer. (...)Ils étaient une quizaine à table et ils se regardèrent un temps, surpris de constater à quel point le clan avait grandi. Raffaele rayonnait de bonheur et de gourmandise. (...) Ce jour-là resta gravé dans la mémoire des Scorta (...) Comme antipasti, Raffaele et Giuseppina apportèrent sur la table une dizaine de mets. Il y avait des moules grosses comme le pouce, farcies avec un mélange d'oeufs , de mie de pain et de fromage. Des anchois marinés dont la chair était ferme et fondait sous la langue. Des pointes de poulpes. Une salade tomates et de chicorée. Quelques fines tranches d'aubergines grillées. Des anchois frits. On se passait les plats d'un bout à l'autre de la table. Chacun piochait avec le bonheur de n'avoir pas à choisir et de pouvoir manger de tout.

Lorsque les assiettes furent vides, Raffaele apporta sur la table deux énormes saladiers fumants. Dans l'un, les pâtes traditionnelles de la région: les troccoli à l'encre de seiche. Dans l'autre, un risotto aux fruits de mer. Les plats furent accueillis avec un hourra général qui fit rougir la cuisinière. C'est le moment où l'on croit pouvoir manger pendant des jours. Raffaele posa également cinq bouteilles de vin du pays. Un vin rouge, rugueux et sombre comme le sang du christ.(....)

Lorsque les grands plats furent vides, tous étaient rassasiés. Ils sentaient leur ventre plein, ils étaient bien. Mais Raffaele n'avait pas dit son dernier mot. Il apporta en table cinq énormes plats remplis de toutes sortes de poisssons pêchés le matin même. Des bars, des dorades. Un plein saladier de calamars frits. De grosses crevettes grillées au feu de bois. Quelques langoustines même. Les femmes, à la vue des plats, jurèrent qu'elles n'y toucheraient pas. Que c'était trop. Qu'elles allaient mourir. Mais il fallait faire honneur à Raffaele et Giuseppina. Et pas seulement à eux. A la vie également qui leur offrait ce banquet qu'ils n'oublieraient jamais. On mange dans le Sud avec une sorte de frénésie et d'avidité goinfre. Tant qu'on peut. Comme si le pire était à venir." pp127-128

Je ne me lasse pas de ces descriptions de tablées, de festins mais surtout de solidarité. C'est un de ces textes qui illustrent parfaitement l'idée de partage autour de la nourriture. Pour moi ce sera le souvenir des repas du dimanche chez ma grand-mère où, sans mettre les petits plats dans les grands, on se régalait de plats familiaux.

Ce roman est un pur moment de bonheur que je vous invite à découvrir si vous ne le connaissez pas.

La recette ...

Espadon frit aux herbes

100 gr de pignons de pins

40 gr de flocons d'avoine

150 gr de chapelure

35 gr de graines de sésame

zeste et jus de citron

1 oeuf battu

1 cuil. à soupe de miel

persil, thym

80gr de parmesan (bon alors par ici on ne trouve pas de parmesan frais, je me satisfait dond de la poudre du commerce ...mouis, je sais ...)

darnes d'espadon

farine

2 oeufs supplémentaires pour la panure

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Mixez ensemble les pignons, les flocons d'avoine et les graines de sésame. Ajoutez la chapelure, le zeste et le jus d'un citron, l'oeuf, le miel, les herbes et le parmesan et mixez à nouveau. Roulez le poisson dans la farine puis dans l'oeuf et enfin dans la préparation.

Faites frire les darnes d'espadon puis disposez- les dans un plat à gratin et finissez la cuisson au four 15 minutes.

Légumes grillés

Assortiment de légumes : courgettes jaunes, vertes, aubergines, oignons rouges, poivrons ...

Pour la sauce vinaigrette :

jus de citron

ail pilé

huile d'olive

vinaigre balsamique

sel

Coupez les légumes en tranches fines dans le sens de la longueur. Les faire griller sur un grill ou dans une poêle. Mélangez-les dans un saladier et arrosez-les de sauce lorsqu'ils sont encore chauds.

Le petit truc en plus : ces légumes font une excellente salade, savoureuse, le lendemain. Ils ont alors mélés leurs saveurs ...miam !

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Ce plat est un régal ! je vous entend d'ici me dire qu'on n'est pas en été et que vous ne trouverez pas tous ces légumes de saison. Et oui mais ici...c'est l'été ! hihi !Vous aurez cependant compris que je suis dans ma période "cuisine italienne" dont je ne me lasse pas. Rendez-vous donc bientôt pour un autre épisode gourmand !

J'attends vos recettes d'hiver ( ou pas !) et les extraits de vos lectures qui nous mettrons l'eau à la bouche ;)

Inscription et rappel du principe ICI

Bon appétit !

 

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Galettes de pommes de terre ou Rostis

pour un passage de A l'ouest rien de nouveau

http://deliceaupaysdesmerveilles.files.wordpress.com/2012/11/165835_10151042954264326_1916406404_n.jpg?w=300&h=225

 

 


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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 08:28

http://img16.imageshack.us/img16/5773/livresu.png

Ayma a trouvé la combine pour faire tomber sa pile à Lire : le challenge Je vide ma bibliothèque ! Nous avons tôt fait de la remplir à nouveau me direz-vous. C'est vrai, c'est pourquoi ce défi nous propose plusieurs niveaux :

Lisoteur 15 livres

Petit joueur 25 livres

Timide mais je me soigne 35 livres

Courageux, moi ? 45 livres

A l'impossible nul n'est tenu 60 livres

Téméraire plus de 70 livres

Du 1° janvier 2013 au 31 décembre 2013 je lirai donc les livres de ma Pal qui en compte à ce jour 76 (liste arrêtée à ce jour) et m'inscris en catégorie Téméraire, dans l'espoir d'écouler le stock ! D'un autre côté je ne me suis inscrite pour 2013 qu'à des challenged qui me permettent de piocher dans cette pile.

 

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 03:18

http://www.bdgest.com/critiques/images/couv/58294.jpg

Kamisama, la mélodie du vent, tome 1, Kotobuki Keisike, 2006, 112 pages

Genre : manga shonen, album jeunesse

Thèmes : chat, amitié,maladie, onirisme, conte

L'histoire

Ce manga qui se lit dans le sens de lecture occidental, est constitué de trois petites histoires, trois petits contes.

Lucy dans le ventre du chat : avant de passer à table, la petite Lucy part faire une petite promenade, lorsqu'elle est interpelée par un chien qui lui demande de la suivre. Son périple la conduira tout droit ... dans le ventre d'un chat géant !

Le Chat-pluie : sous une pluie battante, une petite fille se retrouve dans un hazama, entre deux mondes, et y  rencontre un chat qui parle. Seule une pierre bleue pourra lui ermettre de sortir de là. mais se souviendra-t-elle alors de son nouvel ami ?

Shimashima : c'est une belle amitié qui unit Shimashima , joli petit chat et Miyako, une petite fille. Jusqu'au jour où cette dernière tombe malade ... la petite pierre bleur que Miyako avait donnée à Shimashima aura-t-elle raison de la maladie ?

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En vrac et au fil des pages

Quel bel album, une série que j'ai hâte de découvrir dans son intégralité puisque La Mélodie du vent est le premier tome. Tout en poésie et onirisme, il nous fait entrer dans l'univers du conte. On y retrouvera des références à Miyasaki, notamment par les rencontres entre des animaux et des enfants, l'omniprésence du chat qui n'est pas sans rappeller Mon Voisin Totoro. Mais ici le fond est plus dur dans la mesure où l'on évoque la solitude, la mort. Les petites filles rencontrées sont seules et l'on s'interroge sur ce fait. L'animal est-il alors simplement le fruit d'une imagination trop vive ? ou bien un messager ? Alors que le premier récit met en scène le rêve face à la réalité, le second traite de la mémoire et de son pendant, l'oubli. Le dernier, le plus touchant à mon sens, évoque la vie et la mort.

A priori ce manga s'adresse à de jeunes lecteurs mais je dois avouer que j'ai pris plaisir à le lire. Un enfant ne verra certainement pas le sens caché de ces histoires pleines de sagesse. Le message philosophique délivré s'adresse donc à des plus âgés. Cependant je regrette presque qu'on le présente comme un manga ou une BD car certaines planches ne respectent pas ce code. Je pense plutôt à un album jeunesse.

Dans tous les cas les dessins sont superbes et soulignent l'univers du rêve avec ces tons pastels.

Pour découvrir la suite :

Kamisama, les contes de la colline

http://www.bdgest.com/critiques/images/couv/61919.jpg

Kamisama, au bout du chemin

http://www.bedetheque.com/Couvertures/Couv_107998.jpg

Le petit plus...

Ambroisie et Skelargh nous ont laissé carte blanche ce mois-ci pour le challenge Sur les pas du Japon.

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Pour compléter cette lecture aux allures enfantines j'ai réalisé pour mes bouts d'chou des bentos Kawaï ! On y retrouvera les jolies petites formes présentes dans le manga, tout un petit monde qui les enchante à chaque fois !

Préparation : ensemble de légumes croquants, salade méli-mélo, petit oeuf dur dans son moule kawaï, mini sandwiches au jambon ...

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Published by unchocolatdansmonroman - dans Jeunes lecteurs
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