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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 12:46

 

 

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Petits moments de partage, délectation et autres petits bonheurs

 

Les petits bonheurs du jour :

Une musique à partager : clic !

 

 

Une rentrée exprès : je n'ai travaillé que deux heures aujourd'hui et cela fait un bien fou de reprendre en douceur !

 

 

Ma lecture du moment : Une Héroine américaine de Bénédicte Jourgeaud, destins de deux femmes fortes à deux époques différentes ( 1950 et le début de la société Tupperware, 2000 aux côtés d'une brillante étudiante en littérature.) Ce n'est que le début mais je ferai un billet ce week end

 

 

Mon fils ainé qui a pris l'avion depuis l'Espagne pour rentrer ... enfin ! Je le retrouverai demain matin

 

et chez vous ?

 

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 12:37

 

 

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Petit rendez-vous de partage, délectation et autres petits bonheurs

 

 

Mes petits bonheurs du jour :

Une musique à partager : clic !

 

 

 

 

Une journée consacrée aux enfants avant la reprise : animaux à la ferme, jeux d'eau, balade au bord de l'eau et pêche en fin de journée .

20140518_102451_resized.jpg

(connaissez vous les pigeons frisés ? hihi !)

20140518_100416_resized.jpg

(deux petits lapins s'aimaient d'amour tendre ...)

20140518_100633_resized.jpg

( et puis là en voyant cette photo, allez savoir pourquoi, je pense à la rentrée de demain ... hum ! )

 

 

 

Un message de mon grand qui est en Espagne et me dit qu'il a hâte de rentrer maintenant. Nous nous manquons beaucoup...

 

 

Quels petits bonheurs aimeriez-vous partager ici ?

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 02:59

L_OURAL_EN_PLEIN_COEUR.jpg

 

L'Oural en plein coeur, Astrid Wendlandt, éditions Albin Michel, 2014,216 pages

Genre : essai, autobiographie

Thèmes : Oural, peuples reculés, montagnes, Russie post soviétique, culture, amour, renaissance

 

L'auteur en quelques mots ...

 

http://www.cheminsdetoiles.com/images/0539914001322262608.jpg

Née à Paris en 1973, Astrid Wendlandt est franco-canadienne. Elle a passé sa vie entre la capitale et Montréal avant de migrer en Russie à l’âge de 21 ans. Armée d’une double licence de russe et de sciences politiques de l’université McGill de Montréal, et de son expérience en tant que rédactrice du journal de l’université, elle a travaillé trois ans à Moscou comme journaliste indépendante puis pour le quotidien anglophone The Moscow Times. En 1997, elle est partie à Boston faire une maîtrise de droit et de diplomatie internationale à la Fletcher School of Law and Diplomacy, administrée par Tufts University et Harvard University, où elle s’est concentrée sur les relations entre l’Europe, la Russie et la finance internationale. De 1999 à 2004, elle a travaillé au Financial Times de Londres en tant que journaliste politique et économique et, en 2001, comme correspondante à Moscou pendant huit mois. Depuis juillet 2004, elle est journaliste pour l’agence Reuters à Paris, spécialisée dans le secteur des médias, télécoms et technologies de l’information. Passionnée par la Russie, elle consacre tous ses loisirs à l’Arctique et passe depuis 2005 un mois par an chez les Nénetses, éleveurs de rennes du nord de l’Oural. En vue de l’écriture d’un livre, elle examine l’impact de l’explosion de l’industrie du gaz sur leur vie quotidienne. Elle se penche aussi sur d’autres menaces : le réchauffement climatique, les évangélistes baptistes, les braconniers russes et autres envahisseurs.Pendant l’été 2010, Astrid Wendlandt a remonté l’Oural du sud au nord pour tenter de trouver des traces de civilisations oubliées.

 

Merci aux éditions Albin Michel pour ce partenariat



L'histoire

http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/201/files/2010/10/NenetAub.jpg


" Il arrive qu'on se sente chez soi ailleurs. Dans quelques rares endroits lointains, tout semble plus authentique .La pensée y est limpide, la pulsion de vie intense".

Etrange de penser comme Astrid Wendlandt que la liberté commence en Russie, cette terre qui a opprimé ( et opprime encore !) et qui regarde son peuple se débrouiller seul , souffrir, rêver ... C'est pourtant là qu'en 2010 elle retourne, après un pépiple au coeur de la Toundra qui fut une révélation, aux confins de la Sibérie sauvage. L'idée est à la fois de marcher sur les traces du passé en retrouvant un homme avec qui elle a vécu une idylle marquante des années plus tôt, mais aussi de partir à la recherche de "peuples en sursis" s'il en existe encore, peuples qui, comme les Nenets éleveurs de rennes, vivent en communion avec la nature et en tire l'essence même de la vie.

1995, Tcheliabinsk. "Le lieu invite au suicide". C'est pourtant là qu'Astrid va rencontrer, lors d'un concert de rock, Micha. Ou plutôt non, c'est là qu'elle va en tomber amoureuse mais pour la rencontre il faudra attendre quelques jours plus tard. La Russie est celle de Boris Eltsine et cette ville "le berceau de la première bombe atomique soviétique". Le communisme n'est plus ,mais tout ici le souligne encore : l'industrie metallurgique, les symboles et Lénine sur chaque place.Une époque où tous les espoirs de reconstruction sont permis, où l'économie ne demande qu'à s'élancer. Mais à Tcheliabinsk elle marche la tête baissée, ne croise pas les regards et découvre une autre réalité. Car les ouvriers sont contraints à des actes répréhensibles pour survivre alors que les dirigeants et patrons de grosses firmes s'enrichissent. Une belle histoire d'amour qui finit  donc par une expulsion du sol russe au bout de quelques mois, sans autre recours possible.

Des années plus tard , juin 2010, Astrid Wendlandt devenue journaliste, retourne sur les lieux, à la recherche de Micha. Elle le retrouvera mais il a tant changé. Pourtant ce voyage sera celui de la révélation, de la renaissance. Faire table rase du passé, ne pas vivre de chimère mais avancer, à la rencontre de l'autre et de soi-même. Accompagnée de Dima qu'elle vient de rencontrer, elle va s'enfoncer dans les terres, parcourir un territoire à la fois sublime et inquiétant où la vie est la survie. Des villes sombres ont émergé : Magnitogorsk, monstre sidérurgique. D'autres, comme Arkaïm, sont exactement l'opposé : une ville où la spiritualité domine. C'est ici que le duo rencontre Natalia, c'est ici que tout commence sans doute, une atmosphère douce et paisible qui va ouvrir la voie à la suite du voyage ... lâcher prise, accepter la métamorphose que suscite la nature sauvage, ouvrir les yeux sur le monde occidental, rencontrer l'amour. Et puis plus loin : Alexandrovka, l'utopie ?

"Nous avons tout et nous aurons tout".


En vrac et au fil des pages ...

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/37/Saranpaul_-_view_over_river.jpg/1024px-Saranpaul_-_view_over_river.jpg

A la fois témoignage journalistique sur la Russie, des années 1990 à nos jours, et récit autobiographique d'un périple qui est aussi un voyage intérieur, L'Oural en plein coeur est un écrit qui éveille aussi celui qui le lit.

L'Oural, grandiose avec des paysages que l'on n'imagine pas mais qu'Astrid Wendlandt décrit à merveille, happe le lecteur dès les premiers pas. Pourtant le début du récit n'incite pas à la rêverie et la journaliste elle-même est submergée par la vision sombre des années 90, d'une Russie qui se relève et en même temps subit la domination de grands groupes qui s'enrichissent aux dépens d'une population morose, qui n'y croit plus déjà.

Partie à la rencontre des Nenets qu'elle a déjà connu lors d'un précédent voyage, la journaliste s'attend à cotoyer d'autres peuples éloignés, en perdition. Mais la surprise est de taille car en quinze ans la Russie a aussi éveillé les consciences et certains russes ont quitté les grandes villes impersonnelles pour vivre en autharcie dans les hautes montagnes. 

 Comme l'Oural ne se donne pas, il lui faudra traverser des terres rudes avant d'atteindre ce lieu et de comprendre : ici on rêve d'une civilisation loin du gouvernement qui opprime, on rêve de valeur pures à transmettre aux enfants. Avec des années de retard Astrid retrouve le mouvement hippie qui a animé l'occident des années auparavant. La parole d'Anastasia, cette chamane ou prêtresse de la nature, porte chaque homme qui a lu ses écrits. "Son discours est perçu en Russie comme un rempart contre la pauvreté et le désenchantement du monde". Une illusion ? Elle se promet de revenir dans quelques années pour voir ce que sont devenu ces hommes et ces femmes qui ont fui pour un  avenir meilleur.

Mais c'est aussi le parcours initiatique que j'ai apprécié dans cet écrit. La plume est belle, envoutante car elle retranscrit à la fois les émotions toute personnelles et le ressenti face à l'immensité de la nature. L'homme se fait tout petit et observe puis s'éveille et c'est ce que l'on ressent à la lecture. On suit le parcours d'Astrid en se demandant où elle veut nous mener et l'on découvre qu'en réalité elle témoigne de ce qu'elle ne pensait jamais vivre : une ouverture à elle-même, à l'autre qui est tout prêt et qu'elle ne voyait pas. Sur ce point je n'en dirai pas plus car cela est joliment rapporté.

Mais c'est ce qui fait l'originalité et la force de ce récit : à côté des données politiques bien amenées, qui n'ennuient pas mais au contraire instruisent car je n'imaginais pas ainsi l'évolution de la Russie de l'intérieur, la journaliste se livre elle-même. C'est une histoire d'amour que ce récit, dans tous les sens du terme : amour d'une terre vers laquelle elle est irrémédiablement attirée, amour d'un homme, amour d'un peuple. C'est en tous cas un récit marquant.

J'avoue que j'ai envie d'en savoir plus, d'abord sur Astrid Wendlandt, puis sur son premier périple et donc lire Au bord du monde.

 

photo

http://2.bp.blogspot.com/-wqfuskUXXXA/Uq4Zab17O2I/AAAAAAAAHzA/Gf60ypE7Pk8/s400/plume2014_2.jpg

Merci aux éditions Albin Michel pour ce partenariat et cette belle découverte

 

Le petit plus

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 01:19

photos-blog-0120.JPG

Sujet délicat ! Comme toutes les Piles à Lire de lecteurs avides, la mienne ne cesse de grandir...oh désespoir ! Certains bloggeurs ont même créé un challenge visant à la faire descendre !. Pour ma part je pioche dedans au gré de mes humeurs. Il m'arrive même d'éliminer un livre qui me faisait envie (moui, c'est rare tout de même ! ).

Au 17/05/2014 ma Pile à lire contient 72 livres !

 

 

* Brooklyn follies, Paul Auster

* Chicago, Alaa El Aswany    

* Construire un feu, Jack London      

* Itinéraire d'enfance, Thu Huong Duong    

* La Cité des Dames, Christine de Pizan

* La Délicatesse, David Foenkinos

* La Femme au temps des cathédrales, Régine Pernoud

* Sept mers et treize rivières, Monica Ali

* Le Paquet, Philippe Claudel

* Le Plaisir, Nikki Gemmell

* Vu sur la mer, Jean Rolin

* Les Mystères de Druon de Brevaux, Lacrimae, André H Japp    

* Les Traitres, Giancarlo de Cataldo

* Ligne de faille, Nancy Huston

* Loin sous les ravenales, Annick de Comarmond

* L'Odeur du café, Dany Laferrière

* Quand nous serons heureux, Carole Fives    

* Quelques-uns des cent regrets, Philippe Claudel

* Seul sur la mer immense, Michael Morpurgo    

* Super triste histoire d'amour, Gary Shteyngart

* Ultimes rituels, Yrsa  Sigurdardottir    

* L'Aimé, Axel Gauvin

* La mer de la fertilité, Mishima

* Un Flingue et du chocolat, Otsuichi

* Sur leurs pas, Bernadette Thomas

*Le temps des femmes, Le salon d'Emilie, E de Boysson   

* Pourquoi lire ? Charles Dantzig

* Le Miroir, Edith Wharton

* Longtemps j'ai rêvé d'elle, Thierry Cohen

* Odette Toutlemonde et autres histoire, EE Schmitt

* L'Enchanteur, René Barjavel    

* Par une nuit où la lune ne s'est pas levée, Dai Sije

* La grande maison, Nicole krauss

* Le Violoncelliste de sarajevo, Steven Galloway

* Terre des oublis, Duong Thu Huong    

* Au Bon roman, Laurence Cossé

* Buckingham Palace gardens, Anne Perry

* Légendes des villages, Jean Claude Dupont    

* Ecrire, Marguerite duras

* Le palais de minuit, Carlos Ruiz Zafon

* Les larmes noires, Julius Lester

* Ouragan, laurent Gaudé

* Un Concours de circonstances, Amy Waldman

* Un Homme trop facile, Eric Emmanuel Schmitt   

* Aller Retour pour Amsterdam, Elisabeth Vroege      

* Ma Vie de geisha, Mineko Iwasaki        

* Pars vite et reviens tard, Fred Vargas      

* Du bout des doigts, Sarah Waters    

* American psycho, Bret Easton Ellis    

* Le Jeu de l'ange, Carlos Ruiz Zafon  

* Le Prophète Yi Ch'ongjun

* La Blessure et la soif Laurence Plazenet  

* Café Paraiso Monica Ali      

* Mon Enfant de Berlin Anne Wiazemski    

* La Rose d'Anjou, Le crépuscule des rois tome 1 catherine Hermary Vieille

* Confession d'un automate mangeur d'opium, Fabrice Colin

* La trilogie de la lune, tome1, Johan Heliot

* Le Ventre des lucioles, Andréa Japp

* Tom Patate, tome 1, Emmanuelle Maisonneuve

* Nâândé ! Les tribulations d'une japonaise à Paris, Eriko Nakamura    

* Invitation à un assassinat, Carmen Posadas

* A la croisée des mondes, tome 1, Philip Pullman

* La Robe froissée, Maram Al-Masri

* Berthe Morisot, le secret de la femme en noir, Dominique Bona

*Le Maitre et Marguerite, Mikhail Bougakov

*La Dame en blanc, Wilkie Collins

* Guinevère, la dame blanche, Jean Louis Fetjaine

*Noir mais marron, Yves Manglou

*Au Sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki urakami

* Autoportrait à l'étranger, jean Philippe Toussaint

*Chasseurs de noirs, Daniel Vaxelaire

*Chasseurs d'épices, Daniel Vaxelaire

 

 


http://1.bp.blogspot.com/-jZl8ip-Gmxc/TwQeIt0-mtI/AAAAAAAAA54/OSrzi6XQYQc/s1600/pile+de+livres.gifEt chez vous, comment se porte votre brouette ?

 


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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 02:51

http://img.livraddict.com/covers/108/108934/couv7729516.jpg

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie otsuka, éditions 10/18, 143 pages

Genre : récit historique

Thèmes : immigration, mariage par procuration, Japon, Etats-Unis, exil

 

L'auteur en quelques mots ...

http://referentiel.nouvelobs.com/file/4697187-julie-otsuka-prix-femina-etranger.jpg

Née en 1962 en Californie, Julie Otsuka est une auteur américaine d'origine japonaise. Après des études à Yale et Columbia, elle a été révélée sur la scène littéraire en 2002 avec son premier roman «Quand l’empereur était un dieu», une évocation des camps où 110.000 citoyens américains d’origine japonaise ont été internés aux Etats-Unis après l'attaque de Pearl Harbour. «Certaines n'avaient jamais vu la mer» a confirmé son statut, lui valant le très prestigieux PEN/Faulkner Award en 2011.


L'histoire:

http://img.over-blog-kiwi.com/0/52/86/34/201308/ob_9071c1b104d2d028a558bea8b0f8ae4d_picture-brides.jpg

Jeunes 'picture brides' à leur arrivée à l'immigration aux USA. Immigration station, Angel Island, California, 25 juillet 1920.

La traversée qui mène ces jeunes femmes du japon aux Etats-Unis est longue. En ce début de XX°S elles partent avec l'idée d'un monde meilleur, d'une nouvelle vie qui leur permettrait de s'épanouir auprès d'un mari aimant. Car elles sont mariées, par procuration et ne savent de leur époux que quelques bribes, confiées dans une correspondance qui va se révéler mensongère. Tout au long de la traversée les questions les assaillent : où vont-elles vivre ? Comment est leur mari ? Correspond-il à cette photo reçu il y a peu ? Que sera l'intimité avec eux ? Elles sont jeunes et n'ont encore rien vécu. Vendues par leurs parents parce qu'elles n'étaient pas les ainées , "Nous rêvions aussi de nos soeurs plus âgées, plus jolies, que nos pères avaient vendues comme geishas pour nourrir le reste de la famille...'  , parce que le besoin d'argent était plus fort.

Le réveil est brutal et, sitôt débarquées, les jeunes femmes réalisent la tromperie." Sur le bateau, nous ne pouvions imaginer (....) que les portraits envoyés dans les enveloppes dataient de vingt ans. Que les lettres qu'ils nous avaient adressées avaient été rédigées par d'autres (...) Nous voilà en Amérique, nous dirions-nous, il n'y a pas à s'inquiéter. Et nous aurions tort." Car elles seront pour la plupart femmes de fermier et devront travailler aux champs, d'exploitation en exploitation, suivant leur mari désireux d'avoir une main d'oeuvre gratuite pour les seconder. Certains les aimeront, d'autres seront maladroits, d'autres encore violents.

Pourtant une affection va attacher certaines d'entre elles à l'homme qui leur a été attribué. D'autres préfèreront en finir. Exilées, la pensée de leur pays les remplit d'émotion, de sentiments ambigus. Se taire et travailler, assumer. "L'une des nôtres les rendait responsables de tout et souhaitait qu'ils meurent. L'une des nôtres les rendait responsables de tout et souhaitait mourir".

Puis vient le temps des enfants. Une bouche à nourrir, un espoir ? Cette génération qui ne comprendra pas ses parents et qui reniera ses origines , subira à son tour le regard mauvais, la honte. "Ils voulaient des mères différentes, meilleures, qui n'aient pas l'air aussi usées (...) et chaque jour qui passait semblait les arracher un peu plus à notre emprise"Et alors que certaines travaillent dans de grandes maisons comme domestiques, ou s'occupent d'enfants qui ne sont pas les leurs et servent les blancs, la peur va s'emparer de la population qui ne va plus voir dans les japonais expatriès qu'une menace.

C'est l'ère des camps, de la guerre, de l'internement des hommes soupçonnés d'espionnage..." On parlait d'une liste. De gens enlevés au milieu de la nuit (...) On disait  que les hommes étaient mis dans des trains et qu'on les envoyait au loin, dans les montagnes, dans les régions les plus froides du pays".


En vrac et au fil des pages ...

http://auto.img.v4.skyrock.net/2862/66992862/pics/2928267009_2_5.png

Quel beau récit ! Par sa construction tout d'abord qui lie entre elles ces femmes au destin commun, cette pluralité de voix qui se font écho et racontent l'espoir, la déception, la violence, le travail, l'exil, l'enfantement ... Le récit est développé en cinq temps : la traversée, l'arrivée et le désenchantement, le travail, l'enfantement, l'internement.

Elle sont des centaines, toutes avec leurs particularités et pourtant Julie otsuka a choisi de les présenter en un "nous" commun afin de souligner , malgré les kilomètres qui les séparent, les vies différentes, une union dans la douleur. Dociles, préparées à un choc des cultures, espérant une vie meilleure, elles assument pour la plupart ce voyage, le choix de leurs parents. Pourtant, ça et là, on entend la voix particulière de celles qui n'ont pu suivre la voie , les déçues, les abandonnées, celles qui ont fui.

C'est ce qui est curieux dans la narration, cette façon si particulière de donner à voir un ensemble et en même temps de raconter des individualités. Les indéfinis "certaines", "d'autres", "quelques unes" ... donnent l'impression qu'elles n'ont qu'un visage. L'espoir est cependant toujours présent : certaines ont été aimées, d'autres ont aimé, certaines ont cru en la maternité. Jusqu'au bout elles ne parviennent pas vraiment à croire qu'on les ait amenées ici pour leur donner cette vie, les renier.

Mais le choc des cultures est la clé de tout et le regard que l'on porte sur ces japonaises, puis sur leurs enfants, en dit long sur le racisme. Réputées dociles elles sont comparées aux autres immigrées (chinoises, philippines, coréennes). Pourtant lorsque la peur s'installe dans la population américaine, ces mêmes personnes que l'ont était allées chercher sont envoyées dans des camps : incompréhension, espoir, peur ... toute la palette des émotions est exploitée dans ce court récit, dense.

C'est que le fond historique ,qui n'est jamais clairement explicité, donne au lecteur la clé de l'ouvrage. La narration se fait interne, par le regard de ces femmes. La narration élude volontairement les détails politiques car ces femmes ne savent pas réellement ce qui se passe autour d'elles. Le lecteur comble les vide et sait, lui, que la seconde guerre mondiale a généré des peurs au sein de la population, que les médias ont véhiculé la haine du japonais à la solde de Hiro hito, qu'une paranoia s'est peu à peu installée. Le récit propose , à l'échelle d'une vie d'homme, un pan de l'histoire des Etats-Unis, une vision de la relation aux immigrés asiatiques. 1942 : 110.000 civils sont déportés, suite à l'attaque de Pearl Harbor. S'installe le mythe de la cinquième colonne, de l'ennemi tapi au sein de la population. Même les japonais naturalisés sont arrêtés. Parmi les internés, 62% étaient des japonais de seconde génération ... ils ne seront libérés qu'en  1944.

 

chroniques de copinautes :

Achille 

Jérôme

 

abc 2014

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 01:24

http://www.lemediateaseur.fr/wp-content/uploads/2012/01/la-maitresse-de-rome-cover.jpg

La Maitresse de Rome, Kate Quinn, Editions France Loisirs, 2010,724 pages

Genre : romance historique

Thèmes : Rome, esclaves, Gladiateurs, amour, complots, jalousie

 

L'auteur en quelques mots ...

http://www.babelio.com/users/AVT_Kate-Quinn_7421.jpeg

Native de Californie, Kate Quinn a fait ses étides à l'université de Boston. la maitresse de Rome est son premier roman, premier qu'elle situe dans la Rome antique. Il sera suivi de Filles de Rome et L'impératrice des sept collines.


L'histoire :

Théa, jeune juive enlevée à sa famille, se retrouve au service d'une jeune maitresse, Lepida Pollia, à qui on l'a offerte en cadeau. Lepida est fille de Quintus Pollius, organisateur des jeux impériaux. A peine âgée de 14 ans, elle mène une vie luxueuse que souligne un caractère hautain.A ses côtés Thea devient une servante affublée d'un nom grec. 

Lors de jeux au grand amphithéâtre qui attiraient une foule de jeunes femmes en admiration devant les gladiateurs, Thea qui perçoit les jeux comme une babarie, découvre Arius, gladiateur hors norme. Malgré un caractère qui le pousse à ne pas combattre, ce dernier trouve en lui une violence lui permettant de survivre à des combats toujours lus sanglants.

En l'absence de Lepida, et bien que sa maitresse lui ait demandé de devenir l'intermédiaire entre Arius et elle, Thea se rapproche du gladiateur, devenant sa maitresse et le mettant ainsi en danger. A son retour, Lepida apprend la trahison et , jalouse, agit en conséquence . Commence alors pour Thea et Arius, séparés, une longue route pavée d'obstacles...


En vrac et au fil des pages ...

Bon ... il est rare que je n'apprécie pas une lecture. Pourtant cette fois je ne parviendrai pas à trouver plus de positif que de négatif. Allons-y donc.

Malgré un fond historique qui aurait pu relever le tout et donner à ce roman le côté réaliste qui lui manque, malgré la pertinence des personnages, choisis dans divers milieux, et l'intrigue prometteuse, je n'ai pu accrocher à cette lecture.

D'où cela peut-il provenir ? Je pense que l'écueil dans lequel est tombée l'auteur est la langue. En effet on s'attendrait à un registre plus en adéquation avec l'époque, un lexique approprié tout au moins. Il n'en est rien et je n'évoquerai pas plus longtemps le style sans vous en livrer quelques passages, non sans avoir rappelé que l'intrigue se situe à Rome sous le règne de l'empereur Domitien : " Les gladiateurs des grandes écoles se la coulaient douce en attendant le retour des affaires..."; "Cette petite salope vulgaire se mettait encore en travers de mon chemin", même dans la bouche de l'odieuse Lepida cela n'est pas adapté. Un comportement de petite fille gâtée vient compléter ce personnage qui tire la langue à tout bout de champ. Finalement peu crédible et surtout anachronique.

On nous promet des sentiments, de l'émotion. Il est vrai que l'histoire est belle, un amour entre une esclave et un gladiateur promis à une mort certaine. Malheureusement je n'ai pas été conquise mais je ne saurais dire d'où provient ce manque d'émotion, d'emportement.

Il faut dire que j'ai totalement occulté le côté "romance" du livre en le mettant dans ma liste d'envies. Bien entendu je me suis laissée avoir par le côté historique, espérant avoir là un pan de l'histoire romaine. Ce sont les parties que j'ai le plus appréciées : l'avancée de Saturninus à la tête de rebelles, l'empereur en Dacie ...Une petite déception donc pour un auteur dont on souligne pourtant qu'elle est fille d'historien. les jeux sont pourtant bien décrits, leur violence bien soulignée. mais des habitudes romaines, de la vie quotidienne ou même des conditions de vie des gladiateurs, très peu de choses nous seront livrées.

Alors je me suis raccrochée à la progression du récit, me demandant comment Thea allait échapper aux griffes de l'empereur, à sa violence, si elle retrouverait son amant Arius. Une fin à l'eau de rose, un peu décevante elle aussi, ponctue ma lecture. Je devais avoir en tête le film Gladiator sans doute !

Je sais définitivement que je ne suis pas une lectrice de romances, du moins de romances au style aussi peu travaillé. Pourtant, je le répète, tous les ingrédients sont là ...

abc 2014

http://2.bp.blogspot.com/-wqfuskUXXXA/Uq4Zab17O2I/AAAAAAAAHzA/Gf60ypE7Pk8/s400/plume2014_2.jpg

les avis des copinautes pour cette lecture commune :

Stephanie

Gilwen

Ptitepomme


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Pour satisfaire mon appétit, j'associe lecture et gourmandise : un chocolat dans mon roman, le tendre et le croquant, saveurs littéraires et culinaires. Ici on parle de l'art sous toutes ses formes : écriture, peinture, sculpture, écriture, musique, photographie, gastronomie, cinéma ...

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  • La Passe miroir, livre 3, La Mémoire de Babel, Christelle Dabos
    La Passe miroir, livre 3,La Mémoire de Babel, Christelle Dabos, éditions Gallimard jeunesse, 2017, 496 pages Genre : Fantasy Thèmes : familles, archives mémorielles, amour, peur, Babel, arches, mondes L'auteur en quelques mots ... Retrouvez la biographie...
  • La Passe miroir, livre 2, Les Disparus du Clair de lune, Christelle Dabos
    La Passe miroir, livre 2 ,Les Disparus du Clair de lune, Christelle Dabos, éditions Gallimard jeunesse, 2015, 550 pages. Genre : fantasy Thèmes : arches, Citacielle, couple, esprits de famille, complots , disparitions L'auteur en quelques mots... Retrouvez...

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