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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 02:54

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Une seconde avant Noël, Romain Sardou, éditions Pocket, 2006, 281 pages

Genre : roman

thèmes : orphelinat, travail des enfants, ville industrielle, XIX°S, Angleterre, Noël ,féérie

L'auteur en quelques mots

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  Né le 6 janvier 1974, Romain Sardou est tombé dedans lorsqu'il était petit ! Issu d'une famille d'artistes (il est le fils de michel sardou ) il a choisi la voie de l'écriture. Pourtant, dès le départ, il est attiré par l'opéra, ce qui le mènera vers le théâtre dans un premier temps. Souhaitant devenir auteur dramatique il suit des cours afin de peaufiner cette passion.Mais, insatisfait, il se tourne vers un autre genre .Il voue une passion quasi exclusive à la lecture et l'écriture qui nourrissent son univers.Dès son premier roman  pardonnez nos offenses , il est reconnu. Le deuxième tome Délivrez-nous du mal est sorti en 2008.Ce thriller médiéval devrait être suivi de 7 autres volumes. En 2010 Romain Sardou se lance dans un nouveau genre avec America qui retrace la création de la treizième colonie américaine, la Géorgie. Là encore cette saga sera poursuivit dans d'autres volumes.

C'est pour ses deux enfants qu'il s'est lancé dans l'écriture de trois contes de Noël :une seconde avant Noël, Sauver Noël et L'arche de Noël.

L'histoire

Nous sommes en 1851 et dans la ville de Cokecuttle, Harold Gui vit dans la rue, comme de nombreux enfants de son âge. Recueilli par un moine qui lui a charitablement donné son nom, il a longtemps vécu dans le terrible orphelinat de  Mme Parrott, vieille mégère qui maltraite les enfants. Au moment où nous le découvrons il s'apprête à participer à une épreuve qui le sacrera peut-être ramoneur et lui permettra ainsi de subsister dans cette ville industrielle inhospitalière où les enfants sont exploités dans des travaux harassants. A cette course sur les toits de la ville, nul ne cède sa place et tous les enfants se battent comme des lions pour réussir à décrocher le sésame. Harold est bien plus rapide et observateur que ses camarades et a tôt fait de trouver le lieu où le ramoneur a caché la clé. Pourtant un tragique événement le détourne de sa route. un petit enfant vient de tomber et est mort sur le coup.  Non content de cela Harold se fait rouer de coups par les caids de la bande qui veulent récupérer le butin. Lorsqu'il revient à son abri, sous les ponts, c'est pour rejoindre le lieu où vit son ami,comme son père, vieil homme qui lui a tout appris : Falou. Féru de livres, ce dernier lui apprend à écrire et à lire et lui transmet tout son savoir mais aussi ses croyances : saviez-vous que des êtres féériques peuplaient le monde autrefois mais qu'ils ont disparu le jour où les hommes ont décidé de s'octroyer des pouvoirs qui leur étaient réservés ?. Mais pour avoir outrepassé les droits octroyés par le Comité public, les deux amis doivent se montrer discrets. Pourtant le moindre denier a été utilisé pour l'éducation du gamin.Mais nul n'aurait pensé à confier un orphelin à un homme tel que Falou. Il a donc fallu tricher un peu ....Quelques jours plus tard, le corps sans vie de Falou est retrouvé sous le pont et avec lui les fameuses lettres , de la belle écriture de Falou, qui soulignent l'escroquerie . Aussitôt Harold est emmené et jugé: voleur, escroc, assassin. Grâce à la charité d'un membre bienveillant du comité, il parvient à obtenir une sanction moins pénible et sera envoyé en Ecosse afin d'y mener des travaux dans une ferme. Il sait déjà ce qui l'attend lorsqu'il découvre que cette pension est tenue par le frère de Mme Parrott qui lui voue une haine terrible. D'autres enfants travaillent là-bas ou plutôt d'autres petits miséreux à qui l'enfance a été enlevée. Pourtant c'est en ce lieu que va commencer la plus extraordinaire histoire que le monde ait connu...

En vrac et au fil des pages

Croyez-vous aux fées, aux petits lutins, aux êtres féériques qui peuplent les forêts ? alors ce livre est fait pour vous. Vous n'y croyez pas ? Alors ce livre est aussi fait pour vous ! Et nul doute qu'il vous convaincra en cette période de Noël.

Le lecteur est pris à parti tout au long du roman par de petites phrases qui nous rappellent que nous sommes dans un conte et qu'il faut prendre soin de l'auditoire, le ramener lorsqu'il s'évade un peu de cette lecture. Pourtant il se lit d'un trait tant le rythme est enlevé et l'atmosphère particulière. Victor Hugo et Charles Dickens ont probablement inspiré Romain Sardou qui parvient à recréer tout un pan de la société anglaise des années 1850 : travail des enfants, labeur dans les usines, insalubrité, pollution, violence. Ici les enfants sont soit de petits êtres chéris, soit de vulgaires ouvriers que l'on sustante juste assez pour qu'ils ramènent les précieux pennys. Réalité sordide qui n'en est pas moins historique et , pour moi, c'est La Petite fille aux allumettes ou les orphelins de Hugo qui apparaissent sous nos yeux.

Mais à cette réalité s'ajoute une dimension féérique , magique. On connait tous ces légendes sur les petits êtres de la forêt. Mais voici qu'ici nous est livrée l'explication sur leur disparition, le fait qu'ils se montrent peu ou oeuvrent en silence.

Quant à ce que va devenir Harold après avoir connu une vie de souffrances et de privations, je n'en dirai rien. Sachez juste que cela a quelque chose à voir avec une certaine distribution de cadeaux dans la nuit du 24 décembre !

L'écriture de Romain Sardou est précise et touchante, fluide et efficace. Je la trouve très visuelle, un peu comme au cinéma ( je me disais d'ailleurs qu'il serait intéressant d'adapter cette oeuvre). Elle crée une atmosphère au plus juste et nous transporte dans un univers qui ne nous est pas inconnu ( je citais Dickens) mais auquel s'ajoute la féérie. Le lecteur ne s'ennuie pas et est souvent apostrophé, comme s'il s'agissait d'un conte oral. Il perpétue donc la tradition des récit de Noël en apportant un petit plus. Nul doute que l'auteur ( que j'appellerai ici conteur) s'est bien amusé en écrivant ce récit car l'on ressent cet humour, cette volonté d'attraper le lecteur pour le guider et ne plus le lâcher. A la fois ludique et instructif, ce petit roman est à lire absolument !

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 01:58

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Christmas pudding, Agatha Christie, edition Le Masque, Hachette, 1960, 250 pages

Genre : recueil de nouvelles

Thèmes : Noël, enquête, repas anglais, tradition, vol, bijou

L'auteur en quelques mots ...

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Je pourrais vous dire : on ne présente plus Agatha Christie et ne pas rédiger cette biographie. Mais j'adore cet auteur depuis mon enfance. Je croyais d'ailleurs avoir lu tous ses romans jusqu'à ce que je tombe sur ce Christmas pudding au charme désuet.

Agatha Mary Clarissa Miller est née à Torquay, au Royaume Uni en 1891 d'un père américain et d'une mère anglaise. Son père décède alors qu'elle est enfant.Très tôt , sa mère la pousse à écrire. C'est pourtant  au chant qu'elle se destine dans un premier temps avant d'abandonner ce domaine .En 1912, elle épouse le colonel Archibald avec qui elle aura une fille, Rosalind .Cependant les époux se séparent en période de guerre et Agatha commence à travailler à l'hôpital de Torquay. Elle écrit rapidement mais son oeuvre n'est réellement publiée qu'en 1920 et c'est en 1926 qu'elle est reconnue avec Le Meurtre de Roger Ackroyd. Dès lors, elle écrit deux livres par ans ce qui monte à 84 le nombre de ses écrits ( romans mais aussi nouvelles et théâtre).En 1928 elle quitte son époux et se remarie avec Max Mallowan qui ,par son travail d'archéologue lui inspirera, de nombreux écrits.

On peut trouver des romans inédits sous le nom de Mary Westmacott ainsi qu'une autobiographie.

Elle nous quitte en 1976 après avoir fait mourir son détective le plus célèbes, Hercule Poirot, dans une histoire intrigante.

L'histoire

Lorsque Mr Jesmond demande à Hercule Poirot de l'aider à résoudre une énigme liée à la disparition d'un bijou d'une grande valeur, ce dernier refuse catégoriquement. Des Jesmond il en a connu des dizaines et se méfie de leur sempiternelle phrase : "la situation est extrêmement délicate". De plus qu'irait-il faire dans la campagne anglaise par ce froid mois de décembre, lui qui aime tant le confort de Londres ?"L'idée même d'un manoir anglais du XIV°S l'emplissait d'appréhension.Il avait trop souvent souffert dans les grandes demeures rurales historiques d'Angleterre". Il faudra toute la patience de Mr Jesmond pour le convaincre de passer Noël chez la famille Lacey, dans la plus pure tradition anglaise. Cette fois sa nationalité belge l'aidera à s'introduire incognito à Kings lacey afin d'y dénouer le mystère du bijou volé à un prince indien. Accueilli dans les règles de l'art, il va découvrir une charmante famille au sein de laquelle Sarah doit se fiancer à un certain Desmond Lee Wortley qui n'a pas l'heur de plaire à tout le monde. Le vieux colonel Lacey ne s'y trompe pas, lui si bougon, lorsqu'il regarde d'un oeil méfiant ce jeune homme fraichement débarqué qui remet en cause les traditions anglaises. Il faut dire que l'écart se creuse désormais entre l'ancienne et la nouvelle génération, ce qui ne dérange aucunement les plus jeunes, bien décidés à faire une blague à Hercule Poirot en mettant en scène le meurtre de Bridget, la cadette. Mais alors qu'arrive sur la table de Noël le fameux plum pudding, les événements ne se déroulent pas comme prévu . Le petit mot glissé sous l'oreiller d'Hercule Poirot y est peut-être pour quelque chose : " Mangez pas une miette du Plum Pudding. Quelqu'un qui vous veut du bien" ...

En vrac et au fil des pages

Voici une histoire comme on les aime, charmante et plus légère que les traditionnels romans d'Agatha Christie. Ici Hercule Poirot résoud l'énigme dès le premier coup d'oeil mais n'en dira rien et jouera le jeu, pour le plus grand plaisir des enfants. Cette nouvelle de Noël nous entraine au coeur de la campagne anglaise enneigée, pour y déguster un repas dans la plus pure tradition : soupe aux huitres, dinde farcie aux marrons, dinde bouillie ( et oui il en faut deux !) et plum pudding,  " Un bon plum pudding devrait être fait plusieurs semaines à l'avanceet laissé à reposer.Plus il attend- dans les limites du raisonnable-meilleur il est. (...) chacun dans la maison a pu venir dans la cuisine donner un tour de cuiller à la pâte et faire un voeu. C'est une vieille coutume voyez-vous". On s'y croirait !

Ce recueil contient quatre autres nouvelles qui vous permettront peut-être de découvrir l'auteur sous un autre jour. L'humour est toujours présent ( so british bien entendu !) et la plume légère crée tout de suite une atmosphère particulière dans laquelle on plonge avec délectation. Hercule Poirot est ici en vedette mais Miss Marpple fait une aparition dans la dernière nouvelle. Le Rêve est d'ailleurs une nouvelle troublante qui fait intervenir une dimension fantastique avec cet homme qui n'a d'autre recours qu'Hercule Poirot alors qu'il est assailli par un rêve récurrent : il met fin à ses jours à une heure bien précise. Effectivement on le retrouvera mort dans son bureau fermé à clé... mais je n'en dis pas plus !

Agatha Christie fait ici un cadeau de Noël à ses lecteurs avec une petite nouvelle sympathique qui souligne son amour de cette période festive, souvenir de son enfance. On sera charmé par Mrs Lacey et son souci du détail afin que chaque enfant entre dans la magie de Noël. Cela m'a rappelé ma grand-mère, combien elle aimait aussi cette période et avec quel plaisir elle ressortait les décorations, passait du temps à concocter le menu du réveillon et à faire ne sorte que les plus jeunes croient en cette magie...

Félina a commenté ce livre


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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 02:57

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Le Voyageur de Noël, Anne Perry, in Contes de Noël, éditions 10/18, 2012,130 pages sur 510 pages

Genre : conte, court roman

Thèmes : Angleterre, meurtre, héritage, vengeance, enquête, famille, Noël

Présentation de l'auteur ICI

http://www.babelio.com/users/AVT_Anne-Perry_6564.jpeg

L'histoire

En cette fin d'année 1850, Henry Rathbone se rend chez sa filleule Antonia Dreghorn qui habite une grande demeure à Ullswater, dans la région des Lacs, en Angleterre. "On était à peu près à la mi-décembre et exactement à la moitié du siècle". Là doivent se réunir les frères Dreghorn: Benjamin, parti vivre en Afrique où il mène une vie de découverte au milieu des plantes et des animaux, Ephraim , tout droit rentré de Palestine où l'a entrainé sa vocation téologique et la veuve du plus jeune frère Nathaniel qui poursuit l'oeuvre de son époux en Amérique.Pourtant une bien triste nouvelle les attend : Judah, le mari d'Antonia est décédé. Un malencontreux accident lui a coûté la vie. A cela s'ajoute une série de calomnies proférées par leur voisin Gower qui revendique la propriété du domaine et que Judah, juge de son état,  avait envoyé en prison quelques années plus tôt pour avoir falsifié des documents inhérents au domaine. Les frères de Judah arrivent l'un après l'autre et, apprenant la terrible nouvelle et le fardeau qui pèse désormais sur les épaules de leur belle-soeur, décident de prendre l'affaire en main. Néanmoins les choses ne sont peut-être pas aussi claires qu'il y parait. Judah est-il réellement mort d'un accident en traversant une rivière ? Pourquoi s'était-il rendu dans ce coin en pleine nuit d'ailleurs? Des circonstances suspectes qui amènent la famille à suspecter Gower de meurtre à des fins de vengeance. A moins que ce ne soit le trésor des Vikings, enfoui sous la propriété et mis au jour par Judah, qui n'ait intéressé l'assassin...

En vrac et au fil des pages

 

Sur les bords du lac enneigé, l'oncle Henry mène une enquête sans policier, entrainant dans son sillage les jeunes frères de Judah qui tentent de rassembler les pièces du puzzle. Je dois dire que ce court roman ( je préfère ce terme au mot "conte" car le récit n'en a pas la structure) m'a bien plus happée que le précédent ( La Disparue de Noël) qui manquait de descriptions et ne nous plongeait pas dans l'ambiance espérée. Ici les éléments s'imbriquent mais le suspens est maintenu et le coupable n'est pas forcément celui que l'on croit. L'enquête piétine puis rebondit à la manière des récits d'Agatha Christie dans un milieu familial clos qui évite la profusion de personnages que l'on a pu rencontrer dans les autres récits d'Anne Perry. Non seulement cela crée une atmosphère plus intime, mais le lecteur prend plaisir à suivre les réflexions des uns et des autres.

Dans un décor sublime, les repas de l'avent se succèdent, annonçant un Noël un peu particulier mais respectant la tradition, "thé et crumpets imprégnés de beurre fondu", les petits déjeuners faits de toasts et wetherlacks (confiture de prune acide de Damas), les soirées autour d'un bon repas, " La soirée fut sombre et paisible. La pluie et la neige battaient tour à tour contre les vitres et le feu ronronnait dans la cheminée. Ils mangèrent du mouton des Lacs, accompagné de délicieuses pommes de terre aux herbes. On importait toutes sortes d'épices sur la côte et le pain d'pices de Cumberland était réputé. Tiédi et nappé de crème, il faisait un excellent pudding". Ben oui, ce n'est pas parce qu'un crime a été commis qu'on en oublie la bonne chaire !

Voici donc un petit récit qui me donne envie de poursuivre ma découverte de l'auteur.

calendrierdelaventpince

Je pense Miyuki que tu aimeras ce conte-là !

http://sylectures.files.wordpress.com/2012/09/anneperry2.jpg?w=501&h=364

http://scrat.hellocoton.fr/img/classic/opaline-challenge-la-plume-au-feminin-6858302.png

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 02:20

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Darling River, Sara Stridsberg, Le Livre de poche, 2012, 336 pages

Genre : roman

Thèmes : destins croisés, femmes, solitude, folie, amour, maternité, mort, errance, abandon

L'auteur en quelques mots ...

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Née en 1972 à Solna, la suédoise Sara Stridsberg est écrivain et traducteur. Dans ses romans elle donne la parole aux femmes, les met en avant. Happy Sally relate l'histoire et le parcours de Sally Bauer, première scandinave à traverser la Manche à la nage. La Faculté des rêves , son deuxème roman, est une fiction sur Valéria Solanas, féministe américaine.

L'histoire

Variations autour de la figure féminine de Dolorès.

Lo est une jeune fille solitaire. On la découvre parcourant les chemins de forêts incendiés avec son père, homme taciturne et pourtant si présent. Quelle relation existe entre eux ? Il se veut protecteur mais couche avec des prostituées sous le regard de sa fille. Qui est-elle? On ne le sait pas. Le sait-elle elle-même ? Quel âge a -t-elle ? 14, 15, 18 ans. Elle vieillit près de lui, souffre près de lui et s'éteint peu à peu, comme auprès de cette darling river qui l'engloutit comme elle a engloutit les cadavres des prostituées assassinées.Assassinées par qui ? Son père ? Elle y pense parfois et, interrogée,  prie pour que personne ne fasse le lien. Aimée par des hommes de passages qu'elle se plait à nommer Darling, elle est pourtant seule, déchirée dans une vie qui l'a condamnée dès le départ. Sa mère est partie très tôt et ne reviendra pas. Seul souvenir, ses vêtements sont aujourd'hui portés par sa fille ou étendus dans le jardin comme autant de cibles que son père perfore de balles. "Dolorès est un prénom de mauvais augure pour une fille. Jusqu'à l'âge de dix-sept ans j'étais persuadée que je mourrais comme elle, Dolorès Haze, en couches, terrassée par la douleur. Le fait que j'ai survécu m'a plus déconcertée que soulagée (...) j'ai perdu quelque chose de décisif : l'instinct de survie, le désir de m'en aller et de créer ma propre existence".

Une mère parcourt les Etats-Unis, sans but précis. A bord d'une Amazone modèle 1970, elle va de motel en motel. Qui est-elle ? La mère de Lo ? Pourquoi pas. Elle a bien abandonné son enfant elle aussi. Lunettes de soleil, robes cintrées, cigarettes, foulard. Tout nous rappelle la femme des années 50. Que fait-elle ? Elle cherche sa fille. Elle est l'ombre absente de la mère de Lo."Elle circule comme ça dans les déserts, des mois et des mois durant.Elle roule en bikini quand la chaler devient insupportable.Elle roule en botte et en manteau léopard quand les nuits sont glacées.Elle roule avec une robe jaune des années 50.Elle roule avec une détermination inébranlable, comme si le voyage comportait une quelconque destination finalealors qu'elle se borne en réalité à des allées et venues sur cette unique autoroute esseulée.partout des sauriens aux entrailles éventrées sous l'épiderme squameux. Partout des crotales, des oiseaux de désert, des chiens au crâne sanguinolent."

Dans sa cage du jardin des plantes, une femelle chimpanzé reçoit chaque jour la visite d'un scientifique qui s'est mis en tête de lui apprendre à dessiner. Mais que voit-il en elle ? un animal ? Une femme ? Un rapport ambigü s'installe entre eux; elle, murée dans le silence, le regard fixe de celle qui est prisonnière, lui, attiré par une force qu'il ne peut expliquer, passant de cap en cap du scientifique à l'ami, à l'amant ? Dans un délire exacerbé il va de la prostituée qui assouvit ses désir à la femelle chimpazé jusqu'à ce que les deux s'entremêlent.

Dolorès Haze suit Richard à l'arrière de sa voiture. Amour et violence mêlés, la relation qui les unit est des plus troubles. Elle est enceinte et s'apprête à accoucher. On entend ici l'avant propos de la Lolita de Nabokov: "Mme Richard.F.Schiller est morte en couche le jour de Noël 1952, à Gray Star, un village aux confins du Nord Ouest, en mettant au monde une fille mort-née." Elle est la Dolorès de Nabokov.

Quatre destins pour une même femme. Une femme en perdition, réduite à l'objet par le regard de l'homme, au corps, à l'enveloppe.

En vrac et au fil des pages

Glauque, terriblement réaliste, morbide, le roman de Sara Stridsberg met en scène autant de variations de la femme que lui inspire le roman de Nabokov, jusqu'à la traversée des Etats-Unis que l'on trouvait déjà dans le roman de Nabokov qui utlisait un moyen de dépeindre férocement l'Amérique. Le Destin, Le Temps, Le Miroir, La Maladie, La solitude, le roman est découpé en chapitres au sein desquels les quatres femmes , plutôt les quatre figures féminines évoluent, chacune dans son univers : Darling river,Le livre des morts,  Sur la mappemonde maternelle, Jardin des plantes.

On ressort de cette lecture avec une drôle de sensation, trouble, preque génée. La femme y est réduite à un corps, une odeur , une fonction : enfanter. Solitaire, elle est pourtant entourée d'hommes. Mais ces derniers ne verront pas plus loin que le sexe, la violence, le désir et la mort." le sexe féminin est pareil à des viscères et peut-être n'est-il même pas permis que quiconque s'y imisce sans qu'un enfant n'en soit sorti""

L'enfant est rejeté, qu'il en témoigne comme Lo ou le vive comme le foetus que Lolita met au monde . Une distance s'installe entre la mère et l'enfant. "La sage-femme passe le rasoir sans peser qu'entre les jambes de Dolorès toujours hâlées et gluantes et tremblantes et nues, enfle une bulle de chewing-gum et que dans sa tête un parfum de fraise et de soleil et d'espérance explose"

Puis entre les pages, une "Encyclopédie". Morceaux choisis : "Le miroir de mort ou le fleuve : Une mère n'est pas sans rappeler certains insectes.Elle disparait et décède à la seconde où elle a accompli son devoir qui consiste à perpétuer l'espèce", "La mélancolie du désir : La lumière se réverbère sur son corps, ce costume au poudroiement fragile qui est le sien. Les tumeurs, les métastases, le sommeil noir qui courent dans sa destinée".

Il est donc troublant et difficile de faire une chronique sur ce roman tant il est particulier, décalé. Pourtant, une fois commencé, on se doit de le finir, ne serait-ce que ourarriver au bout de ces destins de femmes, savoir ou bien se retrouver en elles, en leur solitude , en leur désespoir ou leur souffrance.

Interprétation très personnelle du roman de Nabokov je crois que ce roman de Sara Stridsberg peut aussi être lu indépendamment de cette référence, comme une ode, certes pessimiste , à la femme perdue en ce monde. L'écriture est, en effet, à la fois incisive et mélodieuse. Sans doute est-ce ce chant envoûtant et la construction étonnante du récit qui accrochent.

Merci aux éditions Le Livre de poche pour cette lecture étonnante vers laquelle je ne serais peut-être pas allée de prime abord. Merci à Livraddict d'avoir permis ce partenariat.

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 14:26

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Lorsqu'on arrive aux alentours du 16 décembre, on se réjouit de l'approche de Noël. me croirez-vous si je vous dit que grâce à ce swap original, je n'ai pas du tout hâte que Noël arrive ? hihi !

Voici le 4° épisode du calandrier de l'avent imaginé par Liestra.

swap #1

swap#2

swap #3

 

Ma binômette Plumisa m'a encore gâtée cette semaine avec :

10 Décembre

La copine de la première manique est apparue ce matin ! Toujours sur le thème gourmand du chocolat, ma collection s'agrandit !

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11Décembre

Une gourmandise tout droit venue de Lyon, miam !

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12 Décembre

oh le joli mug de Noël. Plumisa a réalisé la petit étoile au bout de la cuillère

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13 Décembre

Voici un livre de Marguerite Duras que je n'ai jamais lu mais qui m'emballe dès les premières pages. "Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit les livres. C'est une solitude essentielle ...". Merci pour la dédicace Plumisa

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14 Décembre

Quand je vous disais que ma collection s'agrandit ! Le point de croix est magnifique Plumisa !

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15 Décembre

De quoi réaliser de jolis petits sablés de Noël et voir le temps filer sur le calendrier...aaah bientôt Noël

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16 Décembre

Une gourmandise qui nous ramène en enfance car je connaissais ce genre de petite bétises sucrées qui vous rend fou !

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Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite !

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 09:51

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La Disparue de Noël, in Des Contes de Noël, Anne Perry, éditions 10/18, 2012, 120 pages sur 512 pages

Genre : conte, court roman

thèmes : repentir, expiation, Londres,Ecosse, femmes dans la bonne société londonienne

Présentation de l'auteur ICI

J'ai choisi ce recueil de contes d'Anne Perry afin de faire le lien entre divers challenge auxquels je participe mais aussi parce que je dois avouer que la couverture a tout de suite happé mon regard ! Tiens, me voici donc aussi bassement matérielle ? Pas du tout, car j'espère découvrir une autre facette de cet auteur qui m'a un peu déçue avec Dorchester Terrace.

L'histoire

Lors d'une réception chez Sir Omegus, chacun n'a d'yeux que pour le couple formé par Gwendolen et Bertie. On prétend que ces deux convoleront prochainement.  Mais alors que la soirée compte tout le beau monde de la société londonienne, Isobel , jeune veuve, profère ,par jalousie, une insulte lourde de sens à l'encontre de Gwendolen. Aussitôt l'assistance se fige. Lady Vespasia ( souvenez-vous de ce personnage rencontré dans la série des Pitt, amie de Charlotte Pitt. Ici nous la rencontrons, bien avant la série des Pitt, plus jeune) entraine son amie Isobel hors de l'assemblée , lui signifiant ainsi son inconséquence. Mais il est trop tard, le mal est fait. Le lendemain matin, le corps sans vie de Gwendolen est retrouvé dans le lac de la propriété. Le suicide ne fait aucun doute. Pourtant le motif de ce geste ne peut être expliqué, tant la jeune femme semblait heureuse la veille encore. A moins que les propos d'Isobel ne soient responsables de cet acte définitif. La bonne société londonienne, représentée par quelques membres éminents, fustige aussitôt Isobel par des marques d'indifférence chargées de mépris. Mais Omegus propose à ses convives d'accorder une forme de rédemption à Isobel afin qu'elle puisse à nouveau évoluer parmi eux sans perdre sa réputation : "A l'époque médiévale, tous les crimes n'étaient pas punis par l'exécution ou la prison (...) On autorisait parfois les coupables à effectuer un pélerinage expiatoire. S'ils en revenaient, ce qui en ces temps dangereux  n'arrivait pas très souvent, on considérait leur péché comme lavé. On était tenu de leur pardonner à leur retour comme si rien ne s'était passé". Sous la pression de son amie Vespasia, Isobel accepte ce pacte. Toute deux partiront alors en Ecosse afin de remttre en mains propres à la mère de Gwendolen une lettre que cette dernière a laissé. Néanmoins le voyage promet d'être peu agréable en ce mois de décembre où la neige et le froid recouvrent le sol écossais. Par ailleurs la confrontation avec la famille de la défunte effraie plus que tout isobel.

 

En vrac et au fil des pages

J'ai apprécié ce court roman d'Anne Perry qui me réconcilie avec l'auteur ( voir mon précédent billet sur Dorchester Terrace). Le récit nous fait voyager de Londres au fin fond de l' Ecosse et j'avoue ici que j'aurais apprécié davantage de descriptions de cette contrée, d'autant que l'auteur présente ce conte en ces termes : " Si les contrées sauvages de Ranoch Moor et de Glencoe sont à couper le souffle en toute saison, lorsque s'abat une tempête de neige elles ressemblent à la fin du monde.(...) tenter de décrire la sauvagerie et la beauté d'un tel paysage avec des mots constitue un défi pour tout écrivain". Je m'attendais donc à quelques descriptions qui me mettraient dans l'ambiance mais force est de constater qu'Anne Perry ne relève pas le défi. Malheureusement, les deux personnages arrivent à bon port sans que l'on ait l'impression qu'elles aient traversé une contrée si terrible. A peine sont-elle transies de froid. C'est dommage.

En revanche j'ai beaucoup apprécié l'explication des convenances de l'époque qui, il faut bien le dire, ont tôt fait de ruiner la réputation d'une femme de la bonne société londonienne. Ainsi le procédé de l'expiation qui mène Isobel et Vespasia dans une contrée froide et reculée est -il bien pensé car nous permet d'approcher un peu ce qu'une femme est en droit de faire: " Nous avons façonné une société où les femmes n'ont d'autre choix que de faire un beau mariage pour réussir, car nous leur avons rendu impossible de subvenir à leurs moyens ou de connaitre le succès seules". Les grands du monde font et défont les réputations: "Le pouvoir de la bonne société est quasi sans limite, ma chère. S'en voir exclu équivaut presque à la mort. Si l'on répand assez de venin contre vous, les invitations se tarissent, les portes se ferment, vous devenez invisible".L'accent est donc mis sur le procédé expiatoire imaginé par Omegus et qu'il tient d'une ancienne pratique en vigueur au Moyen-âge et c'est ici que j'aurais aimé plus de souffrance pour vraiment faire entrer le lecteur dans ce processus.

Par ailleurs l'intrigue est bien menée puisque, jusqu'au bout, les secrets qui pèsent sur la famille de Gwendolen mais aussi sur Vespasia que l'on retrouve dans tous les romans du cycle des Pitt, ne sont que subrepticement dévoilés.

Le recueil comprend d'autres contes que je vous dévoilerai au fur et à mesure de ma lecture en ce mois de décembre !

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