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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 05:13
Un Bûcher sous la neige, Susan Fletcher

Un Bûcher sous la neige, Susan Fletcher, éditions J'ai lu, 476 pages

2013 ( première édition 2010)

Genre ; roman sur fond historique

Thèmes : sorcellerie, highlands, Ecosse, XVII°S, clans, massacre de Glencoe

 

L'auteur en quelques mots ...

 


Susan Fletcher est née à Birmingham en 1979. Elle a également vécu au Texas, dans l’Ohio, le Michigan, le Colorado et le Minnesota.
Après avoir obtenu une maîtrise d’anglais à l’université de York, elle part pendant un an visiter l’Australie et la Nouvelle-Zélande. De retour en Angleterre, elle a fréquenté l’université East Anglia et obtenu une maîtrise en création littéraire.
Avant de se consacrer à l’écriture, elle a effectué de nombreux petits boulots comme serveuse, libraire, ou encore correctrice.
Elle est également enseignante dans un collège du Vermont, le M.F.A., où elle dirige un atelier d’écriture. Elle vit maintenant dans l’Oregon avec son mari et sa fille.
La fille de l’Irlandais, son premier roman, a été couronné par les deux prix littéraires les plus prestigieux attribués en Grande-Bretagne (le Whitbread et le Betty Trask Award) et s’est déjà vendu à 200 000 exemplaires en Angleterre.
Son deuxième ouvrage, Avis de tempête, est paru en France en février 2008 aux Éditions Plon. En 2010 parait Corrag traduit en français par Un Bûcher sous la neige.

L'histoire

 

Un massacre a eu lieu à Glencoe, en Ecosse. Les MacDonalds. "On murmure qu'il a été commis par des soldats" profitant de l'hospitalité qui leur était accordée. Afin d'en savoir plus et de confondre les hommes de Guillaume, appelé l'Orange dans cette contrée, "prétendu roi, car il n'est pas le [sien[" ,le révérend Charles Leslie se rend à Inverary. Un seul témoin : Corrag, une jeune femme accusée de sorcellerie qui croupit dans un cachot depuis l'attaque. La rencontre s'annonce difficile car le pasteur anglican juge la sorcellerie aussi sévèrement que ses congénères. Ecrivant à sa femme, Charles se confie et explore son inconscient en même temps qu'il apprend à connaitre Corrag. Car le secret qu'elle détient ne lui sera livré qu'au prix d'une longue discussion, un entretien au cours duquel le révérend apprendra autant sur le clan, la vie en communion avec la nature, que sur lui-même.

"Entrez.

Vous vous assoyez ?

Je vois le regard que vous me lancez. (...)

Je vous ai vu tressaillir en entendant sorcière.(...)

Oui, je vais vous raconter. (...)

Et en échange ?

Parlez de moi. de mapetite vie." 

 

En vrac et au fil des pages ...

 

Joli roman que celui-ci qui nous invite au plus profond des Highlands. Nous sommes en 1692 et un massacre vient d'être commis à Glencoe. Trente-huit hommes du clan Donald de Glencoe furent tués par ceux à qui ils avaient accordé l'hospitalité, et quarante femmes et enfants moururent de froid après l'incendie de leurs maisons. Les assassins, cent vingt hommes de troupe, avaient été envoyés par des conseillers du roi d'Angleterre Guillaume III.

Dans ce contexte la jeune Corrag qui a réussi à sauver une partie du clan en les prévenant de ce qui les attendait, est accusée de sorcellerie. C'est un mot qu'elle connait bien car sa mère et sa grand-mère avant elle ont subi les affronts des villageois et ont été exécutées, pour avoir vécu en marge, pour avoir ramassé et utilisé des herbes qui guérissent. C'est pour échapper à ce funeste sort que Corrag s'éloigne et fuit vers les highlands du Nord.

Sa rencontre avec le clan Mac Donald, opposé aux Campbell, marquera à jamais son existence humble au contact d'une nature riche mais exigeante. ici pas de sorcellerie, elle sera Corrag, guérisseuse.

L'intrigue imaginée ici reprend donc des faits historiques et certains personnages qui sont entrés dans l'Histoire. Cependant le roman prend le dessus avec la structure originale du récit qui reprend en écho, par la vois de Corrag puis celle du révérend Charles Leslie, le fil des événements. Tout cela est bien amené et l'on découvre peu à peu, lentement, toute l'horreur mais aussi le complot politique qui entoure ce massacre. Jacques II tente d'imposer la tolérance religieuse, mais en cela il se heurte à l'église anglicane et se voit contraint de fuir. Guillaume d'Orange prend le pouvoir et promet, suite au soulèvement jacobite en faveur de Jacques, de pardonner cette forme de rébellion en échange d'un serment d'allégeance. Le retard du clan MacDonald est le point de départ de l'histoire imaginée par Susan Fletcher.

Pour autant quelques éléments ont freiné ma lecture, à commencer par la lenteur du récit qui, bien que correspondant au caractère de Corrag , crée une lassitude dans la lecture. Cela est vrai pour la première partie du roman et cette impression s'estompe peu à peu dans une seconde partie, à partir du moment où l'on entre avec Corrag dans la vie du clan. Le personnage se révèle émerveillé, sans cesse dans l'harmonie, l'optimisme malgré la vie difficile qu'elle mène depuis son enfance, malgré l'intolérance qui est ici dénoncée. Cependant certains épisodes sont repris, créant une redondance qui ne permet pas d'avancer comme on le voudrait dans la lecture. J'ai été génée , en revanche, par l"évolution spectaculaire et rapide du révérend qui, d'homme intolérant envers la sorcellerie et perclus de croyances obscures, change de point de vue au contact de Corrag. Cela étant j'ai apprécié cette lecture et espère lire d'autres écrits de l'auteur.

La fin est belle pourtant . J'avais  envie de savoir ce qu'il était advenu du clan et de l'amour etre Corrag et Alasdair, histoire d'amour impossible qui sous-tend le récit  et aide à entrer dans l'esprit de Corrag et à comprendre sa vie. Personnage atachant elle ne manque pas de captiver le lecteur, revenant sur son enfance afin de bien poser le décor, tenant en haleine le lecteur autant que son auditeur. Quelques pages en moins donc auraient donné au récit toute l'amplitude qu'il mérite.

Le duo de voix crée une résonnance mais aussi une dissemblance dans le style, très travaillé et soutenu pour le révérend, plus familier et poétique pour Corrag. 

Je vous incite à découvrir ce récit , ne serait-ce que pour plonger au coeur de l"obscurantisme et revivre une page de l'Histoire de l'Ecosse de façon originale, en prenant votre temps donc !

 

 

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 12:46

 

Petits bonheurs du jour:

 

Les gentils commentaires encourageants sur le premier billet

Une photo, des mots ...

 

Des cadeaux de copinautes (des livres !) , de jolies lettres de bonne année, du baume au coeur.

 

Des photos des petits cousins, tout sourire !

 

Encore quelques jours de vacances à savourer sans modération

 

Une musique à partager :

 

 

Et chez vous, quels petits bonheurs ?

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 01:58

Cette année je participe à l'atelier d'écriture de Leiloona et pour une première on peut dire que l'émotion est forte. Nous sommes le 12 janvier 2015, à J + 5 des attentats qui ont endeuillé la France. Comment écrire sur autre chose ? Pourtant la photo de Julien Ribot choisie par Leiloona invite à la confiance, à l'apaisement je trouve.

Mon texte est inspiré du discours de soutien de Barack Obama dont j'ai extrait le fragment de phrase ces "idéaux qui éclairent le monde". Il débute par deux vers d'un poète que j'aime beaucoup, Adonis, poète syrien puisqu'il faut un symbole de rassemblement, qui a toujours lutté contre l'obscurantisme.

 

 

" Le soleil est funérailles,

le jour tambour noir "  *

Tais-toi à présent.

Regarde.

 

Ne creuse pas en ton silence.

Le théâtre de la cruauté n'est plus.

Doucement s'élève la clameur solidaire, 

plus d'agitation, plus de bruit.

Pour un instant encore, regarde

les lucioles de l'espoir.

 

Ce soir j'ai envie d'y croire, 

d'élever mon regard par delà les grilles de la peur.

Pour ne plus penser que l'Autre est un danger, j'ouvre mon coeur .

Je ne te demande pas d'espérer, mais de croire que les mots ne seront plus vides,

entraves ou promesses,

ne seront plus vains.

Ils se mettront en doute, sculpteront une nouvelle réalité,

plus vraie, plus crue.

 

C'est l'heure de l'éveil.

Ouvre ton coeur à ces idéaux qui éclairent le monde.

Ne repousse pas ce qui pourrait t'apaiser.

Laisse émerger la colère sur laquelle tu construiras ta force.

Nos ombres nous accompagnent.

Ce n'est pas un renoncement, 

c'est l'après,

le commencement.

 

 

* Adonis, poète syrien

 

Retrouvez les autres participations chez Leiloona :

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 14:59

Ils disent qu'il était avenant et serviable, le genre de garçon à porter le panier des grands-mères. Ils le décrivent comme un étudiant sérieux et investi qui aurait même rencontré le président à l'époque. Tu te rends compte, le président ! Cette ancienne camarade de cours parle de lui en des termes touchants et se montre étonnée.

Les médias tournent en boucle.

Qui installe la peur ?

 

La réalité , il faut la regarder en face, pas le choix. Regardez. Regardez on vous dit !

Et peu à peu l'homme se meut en monstre. L'assassin couvait dans le corps d'un homme de vingt-sept ans.

Si je ne veux pas savoir je n'ai qu'à éteindre la télévision, fermer les yeux et rester sourde à ce qu'ils essaient de nous faire comprendre :

ils sont là.

Tapis derrière un voisin sympathique, un jeune qui aura fait une mauvaise rencontre ou qui aura fait de la prison ( celle-là même qui forme le caractère, tu sais !). Il cachera sa métamorphose au reste du monde, comme s'il était normal que l'assassin sommeille, s'infiltre, caméléone.

Sous la surface , la fêlure. Profonde.

La plaie s'infecte sans que personne ne le remarque.

 

Alors c'est comme ça que cela finira ? On reste sur cette ambiguïté ?

Qui installe la peur ?

 

Les portraits se construisent : bien sûr qu'ils avaient des accointances avec le Mal. Ils se fréquentaient, mais oui, depuis des années. Ils étaient même allé le voir dans sa résidence surveillée. C'est vrai qu'il a fait un séjour au Yémen et qu'il en est revenu ? C'est vrai.

Et nous ? Où étions-nous, si sûrs de nous ? Si sûrs que seuls les Etats-Unis étaient dans le viseur, que notre petite France ne valait pas cent balles ?

Le réveil est d'autant plus douloureux que le voile qui couvrait nos yeux était épais

 

Elle pleure.

Elle a perdu son amour, son combattant, son Charb. Nous avons gagné un héros.

"Il aura fallu cela" dit-elle

Dimanche, comme elle, nous pleurerons nos belles plumes, nos âmes fortes, des fous, des clowns qui ont tout dit, tout révélé. Tout, Même la fin.

Alors c'est pour de vrai ? Nous avons compris cette fois ?

Oui, cette fois c'est pour de bon, tout va changer, ON va changer. Promis.

 

Et lundi ?

Et après ?

Combien de temps serons-nous tous Charlie ?

 

 

 

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 08:17
Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami

éditions 10/18 , 2012 (première édition 1992)

Genre : roman

Thèmes : amour, amitié, construction de soi

 

L'auteur en quelques mots ..

retrouvez la biographie d'Haruki Murakami dans les billets précédents :

1Q84, tome 1

1Q84 tome 2

1Q84 tome 3

Après le tremblement

Kafka sur le rivage

Les Amants du Spoutnik

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage

L'histoire

 

"Petit, je ne supportais pas le terme de "fils unique". Chaque fois que je l'entendais, je prenais conscience de ce qui me manquait. Cette expression était comme un doigt tendu vers moi pour me dire : "Tu es un être incomplet".

 

Hajime revient sur son enfance dans une petite ville de province paisible. De la guerre, plus de trace à sa naissance en 1951. Et pourtant il sera enfant unique, comme une blessure de plus. Une vie de famille lisse, trop lisse sans doute puisque Hajime se sentait à part dans ce quartier où la plupart des familles élevaient deux ou trois enfants. Des amis, il en avait peu. Aussi Shimamoto-san, elle même fille unique, prit-elle une importance toute particulière dans sa vie. Amitié, amour, un lien fort se crée entre eux à cette période. Pourtant un déménagement les séparera à jamais. Comment poursuivre sa vie lorsque l'on se sent tronqué ? En oubliant sans doute, en tirant un trait et en se jetant dans une vie qui ne nous ressemble pas. C'est ce qua fait Hajime en choisissant des compagnes qui ne vont pas le construire mais que lui va blesser, jusqu'à Yukiko qui devint sa femme.

Hanté par ses actes égoistes et blessants, incapable de s'épanouir réellement sexuellement, Hajime se construit alors une vie de surface, avec femme et enfants, se laisse construire une carrière par son beau-père, profite mais ne vit pas réellement, jusqu'au jour où Shimamoto San réapparait ...

 

En vrac et au fil des pages...

 

Incroyable Murakami qui nous mène où il veut sans qu'on le voie venir ! ici l'auteur explore les arcanes de l'âme humaine, les recoins de l'inconscient comme pour nous dire : vous croyez comprendre hajime mais vous ne savez rien.

On retrouve l'écriture fluide, poétique et imagée propre à l'auteur. Toujours un petit air de musique, ce sera du jazz pour ce personnage dont on ne parvient pas à décider si on l'apprécie ou pas. On le prend en pitié, bien entendu. On espère un revirement, une prise de conscience de ses actes. Et en même temps Murakami a posé la blessure dès le départ : un enfant unique qui aura toujours du mal à trouver son âme soeur.

On le déteste bien sûr pour le mal qu'il faut aux femmes de sa vie. On l'excuse pour sa personnalité attachante, sa capacité de reflexion, son angoisse latente. On aime son amour inconditionnel pour Shimamoto san. Mais ce serait sans compter pour le petit côté fantastique que Murakami introduit toujours dans ses écrits, cette part inexpliquée qui vient surprendre le lecteur dans les dernières pages, mais je n'en dis pas plus.

Evidemment le processus est lent et l'on retrouve ici une particularité de la littérature asiatique, lente, précise, décortiquée et en même temps fugace, éphémère, suffisamment étudiée dans le cas de Murakami pour nous laisser un drôle de goût à la fin de la lecture.

Le lecteur d'ailleurs se fera un avis, laissé seul devant Hajime, sur la signification de la fin.

Une certaine fatalité pesante s'infiltre au fil des pages. Tout était-il prédestiné pour ce personnage qui ressent dès son enfance un manque cruel, un arrachement ? C'est l'histoire d'un désenchantement.

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 05:11

Ce matin en lisant certains propos diffamatoires à l'encontre de Charlie Hebdo sur Twitter et en constatant que la plupart des personnes qui diffusent ces messages sont parmi les plus jeunes, je me suis souvenu de ce billet que j'avais rédigé sans le publier . Je vous le livre tel qu'écrit à ce moment-là...

 

Comment leur faire comprendre ? Ils sont jeunes et loin de tout sur leur petite ile de la Réunion, ne se soucient que de leur petite personne, surfent sur FB et y diffusent des propos et photos qu'ils devraient garder pour eux, ils s'envoient des textos toute la journée, parfois même d'une salle à l'autre, prennent leurs professeurs en photo et s'amusent à les visionner, les partager et n'y voient pas de mal. Ils, ce sont mes élèves, collégiens.

 

"Parce que tout ça c'est virtuel madame.

- Virtuel ? Se faire insulter c'est virtuel ? Voir son image utilisée, caricaturée, c'est virtuel ? Qu'est-ce que le virtuel pour vous ?

- C'est ce qui se passe sur le net, c'est pas comme dans la réalité.

- Alors le virtuel c'est ce qui n'existe pas ?

- Si ça existe mais c'est entre nous, c'est privé. C'est pas comme dire les choses ou faire les choses pour de vrai.

- Pourtant une personne qui est injuriée ou bafouée sur le net ne se dit pas que ce n'est pas vrai, que les gens feront comme si c'était une fiction. Le virtuel c'est une fiction pour vous ?

- Oui c'est ça, c'est comme un roman où on raconte des trucs à l'écrit .

- Et on a le droit de tout écrire ?

- ça reste dans un groupe, c'est comme parler entre nous. Même si on critique une personne c'est notre affaire. Y'a bien des auteurs qui critiquent dans leurs livres et qui vendent ça.

- Là tu as raison, sur les auteurs. Nous en reparlerons d'ailleurs, de l'influence de la littérature. Mais la personne en question, celle qui a été injuriée, en subit les conséquences. N'est-il pas possible que d'autres personnes que le groupe voient ce que vous écrivez ?

- Si c'est possible mais ils n'ont pas à intervenir, ça ne les regarde pas. Puis moi j'ai envoyé ça de ma chambre, c'est mon idée et ce que les autres pensent je m'en fiche.

- D'accord. Alors suivons ton idée maintenant. Tu l'écris, tu la diffuses à ton groupe. Une personne du groupe la diffuse à d'autres. rapidement ton idée fait le tour des réseaux sociaux et des personnes que tu ne connais pas s'en emparent. Que dis-tu de ça ?

- Ben moi j'ai rien à me reprocher, j'ai écrit un truc à quelqu'un , pas à tout le monde. Y' a des journaux qui balancent des s--------- aussi

- Alors là on parle d'un métier particulier, le journalisme . Les journalistes ont une éthique. Ils diffusent des informations,sont parfois engagés mais jamais gratuitement contre quelqu'un. Certes ce qui est véhiculé par les médias fait mal parfois mais c'est un choix éditorial et écrit au nom d'un journal. On est loin du collégien qui balance , comme tu dis, des propos diffamatoires sur le net, gratuitement, sans fondement, pour se faire plaisir ou se faire mousser. puis pour revenir à mon propos, les journalistes comprennent la portée de ce qu'ils font."

 

Comment leur faire comprendre ? Comment expliquer que ce qu'ils appellent virtuel est en fait une autre réalité ? Mais surtout comment faire comprendre le poids des écrits ? Ces élèves ne lisent pas les journaux, ne regardent pas les journaux télévisés, mais parfois un titre , une affaire les interpelle. Ils voient dans les médias l'étalage de la vie privée de personnalités, regardent des emission de télé-réalité, sont submergés d'images sur le net.Tout cela leur parait tellement normal.

 

" Imagine que demain lorsque tu arriveras au collège, tu trouves ta photo sur tous les murs avec des injures, des révélations ou des rumeurs. Que penserais-tu ?

- Je serais énervé, qui a fait ça ? Je lui casserai la figure !

- Mais tu découvrirais que des dizaines de personnes ont collé ces photos...

- Oui mais y'a bien un gars qui a dit de faire ça non ?

- Oui. Sans doute. Peut-être le même qui a lancé une idée sur les réseaux sociaux et à qui cette idée a échappé ...

- Alors vous vous dites que ce qu'on écrit même en privé c'est dangereux. Mais alors on peut plus s'exprimer !

- Si on peut. Mais on doit faire attention à ce que l'on dit, à qui on le dit et ne pas perdre de vue que les écrits peuvent être repris et parfois même sortis de leur contexte. Ce qui est écrit est écrit. Si quelqu'un d'autre l'utilise c'est toujours moi qui en suis à l'origine. On peut remonter jusqu'à moi et je dois rendre des comptes. Mais au-delà de ça le mal est fait, une personne souffre par ma faute. Méritait-elle ça ? De cette façon ? Une cabale ?

- C'est quoi une cabale ?

- C'est un complot mené en secret contre quelqu'un.

- C'est ça, en secret.

- Oui mais de nos jours on utilise les réseaux sociaux pour véhiculer ses idées, on ne prend pas le temps de réfléchir et on poste, on twitte rapidement. Le mal est fait lorsqu'on se rend compte qu'on n'aurait pas dû écrire cela. Ce n'est pas moi qui ait inventé le concept mais 'ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse". Réfléchis. Comprends.

- mais si c'est la vérité que je dis

- Qu'y gagnes-tu ? Et au -delà de cela tu viens de bafouer les droits de ton camarade."

 

Comment leur faire comprendre ? Comment dire à un adolescent dont le centre du monde se réduit à son petit univers que ce qu'il fait est grave ? Qu'il doit élargir son horizon pour comprendre, se projeter, réfléchir ? Comment lui dire que ce qu'il regarde, ce qu'il lit sur le net est souvent faussé. Comment surtout lui faire cmprendre que le monde ce n'est pas cela. Ce soir en quittant le collège il retrouvera sa bande de copains et parlera d'untel . Un autre lui révélera ce qu'il a vu ou entendu . En rentrant chez lui il diffusera cette information qui les a tous fait bien rire. Et le mal sera fait ... à moins qu'il n'ait compris.

Je précise que dans mon enseignement je ne bannis pas les réseaux sociaux mais apprends aux jeunes à les utiliser à bon escient. Je leur confie un blog afin de les responsabiliser et leur rappelle les textes : http://eduscol.education.fr/internet-responsable/ressources/legamedia/liberte-d-expression-et-ses-limites.html

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