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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 06:11

Je reprends peu à peu le fil de l'écriture. A cette occasion, la photo postée parLeiloona pour son rendez-vous hebdomadaire, me permet de renouer avec un exercice que j'apprécie.

Nous partons pour Olympie. Ce texte est librement inspiré de la légende relatée par Solon, dans laquelle deux jeunes argiens, vainqueurs des jeux, furent retrouvés morts au lendemain de la cérémonie. Leur mère avait demandé à la déesse Hera de leur accorder le plus grand bonheur qui soit pour un champion et le verdict fut : vaincre est un bonheur plus grand que de continuer à vivre …

Le corps et l'esprit

Des quatre sites qui accueillaient les festivités, Olympie était le plus prestigieux. Pourtant, pour obtenir le fameux titre de périodonice, il fallait remporter quatre victoires, une en chaque lieu : Olympie en Élide, Delphes en Phocide, l'Isthme en Corinthie, et Némée en Argolide.

Periodonice, la consécration suprême. La seule d’ailleurs, car pourquoi récompenser une deuxième ou une troisième place ? Seule comptait la gloire auréolée du gagnant. Et il serait celui-là, lui, Androsthénès.

Certes, il aurait pu concourir dans toutes les épreuves, mais seuls les jeux panégyriques l’intéressaient vraiment. Organisés par l’ensemble des cités, ils regroupaient de vaillants adversaires. Androsthénès excellait dans certaines épreuves mais, il le savait, sa particularité avait de quoi séduire. Les Muses l’inspiraient, aussi était–il capable de soutenir la déclamation, l'éloquence, la littérature, la tragédie ou la comédie.

Arcadiens d’origine, il ne comprenait pas la décision du peuple éléens d’interdire l'accès de l'enceinte sacrée aux Lacédémoniens. En cette période il était de tradition d’accorder une trêve olympique permettant à tous de sacrifier et de participer aux jeux, quelle que soit sa nation et même en temps de guerre, ce qui était le cas depuis plus de dix ans dans le Péloponnèse. Cela ternirait-il sa victoire ?

Les oracles le voyaient ceint de la couronne tressée et en avaient informé sa mère, désormais fébrile car le prestige qui porterait son fils aux nues sonnerait aussi le glas de leur complicité.

Tous deux avaient évoqués ensemble ces journées de liesse et, marchant vers les dieux des quatre grands sanctuaires, se repaissaient par avance du spectacle des courses de chars et de lutte qui célébreraient la vie partout en Grèce. Ensemble, ils avaient décidé de ne pas contrevenir au vœu des dieux et d’accepter, en toute humilité, leur décision. Androsthénès entrerait dans l’histoire des jeux comme le symbole des valeurs fondamentales : la beauté, l’entrainement du corps et l’élévation de l’esprit. Y avaient veillé les philosophes, aiguisant son sens de la répartie et les maitres guerriers dont les exercices physiques assuraient à son corps une élégance et une noblesse depuis sa plus tendre jeunesse.

Ainsi, les jeux étaient-ils l’occasion d’une perpétuelle émulation dont le but ultime était d’égaler le divin Diagoras.

Recueillis devant la statue d’Hera, Androsthénès attendait qu’apparaissent les théores qui annonceraient le début les jeux. Il savait désormais quelle serait, au-delà de la victoire, sa destinée. Car la déesse guerrière avait choisi pour lui : vaincre était un bonheur plus grand que de continuer à vivre …

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 07:46
Lecture commune : Le Nom de la rose, Umberto Eco

Que ceux qui n'ont jamais lu ou eu l'intention de lire

Le Nom de la rose de Umberto ECO

lèvent le doigt !



Voici un classique du genre pour lequel je vous convie à une lecture commune. Pour des raisons d'organisation et afin de permettre à tous de participer, le dépôt des billets, les discussions et autres débats s'étaleront de mars 2016 à Mai 2016, 

sur ce fil ou bien sur Livraddict.



Policier médiéval,

En 1327, alors que la chrétienté est divisée entre l'autorité du pape Jean XXII et celle de l'Empereur Louis IV du Saint-Empire, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine, située entre la Provence et la Ligurie, accompagné par son novice Adso qui est le narrateur de l'intrigue. Dans un climat de conflit théologique entre les franciscains et l'autorité pontificale au sujet de la pauvreté du Christ – servant avant tout de façade au conflit politique entre le pape et l'empereur – l'ancien inquisiteur doit reprendre sa charge à la demande de l'abbé, à la suite de la mort suspecte d'un des moines. Rapidement, ce que beaucoup semblaient considérer comme un suicide prend des allures de plus en plus inquiétantes. Lorsque l'inquisiteur dominicain Bernardo Gui se rend à l'abbaye à la demande du pape, et commence à se mêler à l'enquête, cela est loin d'arranger les choses.

Le Nom de la rose est une histoire en sept chapitres, chiffre symbolique qui représente le nombre de jours et d'étapes de l'enquête ainsi que le nombre approximatif de morts. L'histoire est bornée par le récit de la découverte du manuscrit que l'auteur prétend traduire, et par les conclusions du narrateur devenu vieillard.

Participants :

- (Mypianocanta )

- Nekotenshi
- Elsinka

-Livrepoche

- Pauline ( Entrelespages)

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 11:08
Et tout ce qui reste est pour toi, Xu Xing

Et tout ce qui reste est pour toi, Xu Xing, éditions de L'Olivier, 2003, 218 pages

Traduit par Sylvie Gentil

Genre : récit

Thèmes : Chine, Tibet, Europe, intégration, politique

 

L'auteur en quelques mots ...

 

 « Je suis né en 1956, à Pékin. La Révolution Culturelle a débuté en 1966, et en 1967 mes parents ont été déportés, mon père au Hebei, où il a été interné, et ma mère dans les montagnes du Gansu. C’est comme cela que j’ai commencé, à l’âge de 11 ans, à vivre seul. Ma mère, avant de partir, avait convenu avec un restaurateur de notre quartier, qu’elle lui enverrait chaque mois une partie de sa paye pour qu’il me nourrisse. Lorsque je repense à ces années, j’ai le souvenir d’une grande souffrance, d’une grande solitude. J’étais trop petit. Mais avec l’âge, cette expérience est devenue une richesse.(…) J’ai entamé mon premier voyage à onze ou douze ans, pour aller voir ma mère. Cela a été une véritable épreuve, je me souviens de la misère, de la faim. Mais ce voyage a été une expérience déterminante dans ma vie : je l’ai refait par la suite chaque année, et voyager est devenu dès lors une sorte de drogue. Ma scolarité, quant à elle, était plutôt chaotique. (…) J’ai connu mon premier amour en 1972 ou 73 : pour la première fois de ma vie, j’ai écrit une lettre à une fille, dans laquelle je vantais mes exploits sur les routes ; je concluais sur quelques doutes personnels quant à la Révolution Culturelle. La fille a été prise de panique. Elle a fait lire ma lettre à sa meilleure amie, et elles ont pris la décision de la remettre à leur professeur de politique, qui appartenait à la police. J’ai été emprisonné pendant quarante jours. J’avais 16 ans." source http://jelct.blogspot.fr/2009/10/lasie-des-ecritures-croisees-03.html

Et tout ce qui reste est pour toi est son premier roman.

 

L'histoire

 

Le narrateur et son ami Xi ong ont déjà parcouru la moitié de la Chine a vélo, ce qui a donné à Xi Yong des envies d'évasion, d'ailleurs. Entretenant une correspondance avec sa tante qui vit en Allemagne, il propose de la rejoindre pour travailler dans son restaurant.Mais la tante se révèle autoritaire et Xi Yong n'a plus qu'une envie, faire venir son ami d'enfance auprès de lui.

Sans argent, le narrateur se décrit comme "élément oisif de la société", "cela faisait plus de vingt ans que je n'avais pas de source de revenu normale. Mon indigence ne prenait pas une ride, parée des chatoyantes couleurs de la politique de réforme et d'ouverture, ..". Il faut dire que , même s'il ne fait pas d'effort, ce qu'il reconnait avec humour, son pays ne lui propose que chômage et famine depuis des années.

Avant de rejoindre Xi Yong en Allemagne, il passera par le Tibet, au gré de rencontres, se laissant porter par les événements et les possibilités. De retour en Chine, au lendemain du 4 juin 1989, il trouve un pays en effervescence, marqué par la contestation et décide de rejoindre son ami, du côté Est-Allemand. Là, l'idée que lui renvoient les jeunes allemands de son pays est faussée par leur représentation de Mao . Mais ce qu'il veut voir , lui, c'est la vieille Europe.

Lui tendra-t-elle les bras ?

 

En vrac et au fil des pages ...

 

Surprenante lecture qui nous convie à marcher aux côtés d'un garçon passif, qui se laisse porter, ne cherche pas vraiment à travailler et, de rencontre en rencontre, finit par visiter diverses contrées. Ce qui m'a semblé interressant est le regard qu'il porte sur son pays, la Chine.Autant dire un regard sans concession sur l'évolution de la Chine qui ne fait rien pour ses "indigents".

L'occident apparait comme un Eldorado dans lequel il est possible de trouver du travail, pourtant les épreuves qui l'attendent, le contexte politique ne lui permettent pas de s'épanouir à l'étranger, et c'est aussi pauvre qu'il est parti qu'il retourne chez lui. Xu Xing dit dans une interview: "Les idées de beaucoup d'Européens sur la Chine me paraissent le fruit d'une propagande incroyable."

C'est un constat pessimiste qu'il dresse d'ailleurs à la fin du roman, comparant l'humanité à une masse grouillante et puante.Peu s'espoir de voir changer son pays et il nous laisse sur cette note désabusée. Finalement si tout ce qui reste est pour nous, nous n'avons pas grand chose et c'est bien le message que voulait faire passer l'auteur.

C'est un récit amer qui vaut le coup d'être lu. j'ai retrouvé dans son écriture un peu de Kenzaburo Oe, sans doute à cause de la désillusion qui porte le récit.

 

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 12:38
Contes de l'Alhambra, Washington Irving

Contes de l'Alhambra, Washington Irving, éditions Phébus Libretto, 2004,253 pages

Genre : nouvelles

Thèmes : voyages, légendes, Andalousie, Grenade

 

L'auteur en quelques mots ...

Né en 1783, mort en 1859, Washington Irving est un écrivain américain connu pour ses essais et biographies. Il est contemporain de Walter Scott et de Mary Shelley.A ses débuts, il travaille dans la presse pour le Morning Chronicle. En 1809 il fait paraitre un premier écrit sous un pseudonyme. Hanté par le souvenir de sa très jeune femme, décédée à 17 ans, il ne se remariera jamais. De 1826 à 1829 il s'établit en Espagne où il travaille pour l'ambassade des Etats Unis. Là, il rédige quelques récits sur l'Espagne, Colomb, les maures ...

"Il est considéré comme le mentor d'auteurs comme Nathaniel HawthorneHenry Wadsworth Longfellow, et Edgar Allan Poe. Irving a popularisé le surnom « Gotham » pour New York. De même, on prétend qu'il est l'inventeur de l'expression « le dollar tout-puissant ». source wikipedia

On le connait sans doute mieux grâce à sa nouvelle Légende du cavalier sans tête ou Légende Sleepy Hollow.

 

L'histoire

 

Au printemps 1829, l'auteur entreprend un voyage avec un ami. De Séville à Grenade, ils parcourent l'Espagne du XIX°S et s'émerveillent des paysages sauvages qui s'offrent à leur yeux, de la luminosité de ce pays "sombre et sévère". Leur apparait alors " la fierté, la bravoure, la frugalité de l'Espagnol, (...)son dégoût de la mollesse". Les muletiers, rassemblés en convois, rythment leur périple. Mais c'est surtout leur guide, surnommé Sancho, qui leur fera découvrir une facette de l'Espagne où proverbes et dictons le disputent à une jovialité de chaque instant.

Alors qu'ils font escale pour déjeuner en plein air, les voyageurs aperçoivent face à la vieille capitale mauresque, Grenade, les tours de l'Alhambra et , plus loin, les sommets de la Sierra Nevada. Le gouverneur les conviant à résider dans ses appartements, les deux compères séjournent dans la forteresse des rois maures de Grenade. Tout invite à la rêverie."Allons, lecteur, bon camarade, suis mes pas dans ce vestibule ouvragé de riches dentelles (...)".

Dans la cour des Lions, un homme fait part à l'auteur de la légende de Boabdil, le Malchanceux, qu'Irving se fera un devoir de réhabiliter. Ainsi débute le récit de quelques contes et légendes, rapportés par Matéo Jimenez , l'historiographe ...

« Les Gens du peuple, en Espagne, ont une passion tout orientale pour conter les histoires et ils raffolent sur le seuil de leurs maisons, les soirs d'été, ou autour d'une énorme cheminée de venta, ils écoutent les miraculeuses légendes de saints, les périlleuses aventures de voyageurs et les exploits audacieux de contrebandiers. .... Il n'y a pas, cependant de sujet plus populaire et plus persistant que celui de trésors ensevelis par les Maures. »

 

En vrac et au fil des pages ...

Voici un recueil de légendes à lire comme un récit de voyage, une virée vers des contrées lointaines tant l'auteur rapporte son séjour en Espagne comme on le ferait dans un conte oriental. Il faut dire que les Maures ont laissé des traces et que leurs légendes en sont empreintes.

Mais si vous êtes amateurs de ce genre de récits, il vous faudra attendre que l'auteur ait fini de planter le décor, sous le chaud soleil de Grenade. Sous nos yeux, se réveille alors la ville. Le pailais de l'Alhambre bénéficie du souffle de la brise et la luminosité qui s'étend sur les alentours est de toute beauté, on s'y croirait.

Sous la plume de Washington Irving les descriptions prennent vie et l'on n'a aucun mal à s'imaginer les personnages mis en scène par la suite.L'oeil du voyageur, pourtant plein d'apriori, découvre ici les superstitions qui entourent la vie dans cette contrée . Mais l'auteur nous prévient qu'il examinera tout ce qui lui est rapporté à la loupe de l'Histoire afin, au besoin, de démentir ce qui lui semblera faux.

J'ai pris beaucoup de plaisir et retrouver une plume érudite et à voyager, calmement, dans l'univers des contes d'Irving. Je connaissais peu l'auteur, sinon pour sa nouvelle sur le cavalier sans tête ( Sleepy Hollow).

 

 

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 07:29
La Dame sans terre,tome 2 : La souffle de la rose, Andrea H. Japp

La Dame sans terre, tome 2 : Le souffle de la rose, Andrea H. Japp, éditions Calmann Levy, 2006, 313 pages

Genre : récit historique

Thèmes : inquisition, femmes, hérétiques ..

 

L'auteur en quelques mots ...

Retrouvez la biographie de l'auteur sur le billet consacré au premier tome : La Dame sans terre, Les chemins de la bête

 

L'histoire

 

A la fin du premier tome, Agnès de Souarcy est emmenée par Nicolas Florin, inquisiteur, pour subir la Question.Un cadavre a été retrouvé dans ses bois et les suspiscion qui plânent au dessus de la jeune femme ne laissent aucun doute pour ses détracteurs. Son demi-frère, Eudes de Larnay, qui la convoite autant qu'il la déteste, prend sous son aile sa fille Mathilde, alors que le jeune Clément, qu'Agnès avait élevé suite au décès de sa mère, quitte le domaine.

1304.Accusée de complicité avec les hérétiques et de pratiques démoniaques auprès de la mère de Clément, Agnès de Souarcy est conduite à Alençon. Nicolas Florin, esprit dérangé et malveillant, veillera à ce que la torture soit de mise. Pourtant il redoute plus que tout la protection dont la Dame pourrait être l'objet. L'abbesse des Clairets ou Artus, comte d'Authon, pourraient-ils lui venir en elle malgré lui ?

Dans sa soif de vengeance, Eudes de Larnay monte Mathilde contre sa mère et obtient des aveux écrits, présentant Agnès comme une sorcière. Il n'en faut pas plus pour la mettre aux fers et lui faire subr la Question.

Aux Clairets, Eleusie de Beaufort est en proie à des cauchemars qui ne la quittent pas et comprend, un peu tard, que ce n'est pas elle qu'elle voit mais Agnès, torturée. Ravagée par les meurtres qui surviennent dans son abbaye, l'Abbesse s'en remet à Annelette , herboriste, pour l'aider dans la résolution de l'affaire. Plus grave : la Bibliothèque renfermant les précieux carnets de Francesco de Leone, est désormais accessible malgré la triple protection des jeux de clés. La mission d'Eleusie semble vouée à l'échec.

Alors que la Bête , le Mal,  approche, tous tentent de sauver Agnès, l'élue. Francesco de Leone est celui qui reçoit la lourde mission de la délivrer. Clément, désormais savant grâce à l'érudition et la protection de Joseph a très tôt compris comment résister à la torture des inquisiteurs et en a informé Agnès. Ses bons conseils la sauveront-ils ?

 

En vrac et au fil des pages ...

Edouard Moyse - Inquisition - 1872

Ce deuxième tome est à la fois passionnant et déroutant et l'on tourne la dernière page avec une seule envie : poursuivre la lecture de cette saga !

Le récit, centré sur les techniques de l'Inquisition , est richement documenté et rien ne nous est épargné des tortures et de la Question. A cette époque, nous sommes déjà loin de l'Inquisition mise en place par le Pape Innocent III et son successeur, Innocent IV s'est chargé dès 1252 de faire entrer la torture dans les chambres d'insuisition. Les débordements dès lors ne sont pas rares et le roman souligne la monstrueuse possibilité pour les inquisiteurs de se relever entre eux de leurs fautes. Pourtant, en arrière plan, l'auteur nous livre une autre piste en proposant des personnages élus, chargés d'une mission divine qui donne au récit des allures fantastiques. Ainsi en est-il d'Esquive d'Estouville, protectrice de Francesco deLeone, dont on ne comprend pas si l'existence est réelle. Qu'importe, l'intrigue est portée par un élan mystique que le lecteur appréciera.

Le personnage de Nicolas Florin, détestable à souhait, n'est pas sans rappeler celui de Randall dans Le Chardon et le Tartan de Diane Gabaldon . Aussi manipulateur, troublant par sa beauté et son esprit démoniaque dérangé, il est ici un des personnages clés.

L'écriture est fluide et l'on se laisse emporter d'une intrigue à l'autre, tout en essayant de faire le lien et de comprendre en quoi ces livres, endermés dans la bibliothèque des Clairets, pourraient changer le monde. Cela rappelle les grandes énigmes cathares.

A bientôt pour la suite ! 

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 12:25
Numéro zéro, Umberto Eco

Numéro Zéro, Umberto Eco, éditions Grasset, 2015, 220 pages

Genre : récit à suspense

Thèmes : fascisme, Mussolini, complot, journalisme, révélations

 

L'auteur en quelques mots ...

Umberto Eco, né le 5 janvier 1932 à Alexandrie dans le Piémont (Italie), est un universitaire, érudit et romancier italien. Reconnu pour ses nombreux essais universitaires sur la sémiotique, l’esthétique médiévale, la communication de masse, la linguistique et la philosophie, il est surtout connu du grand public pour ses œuvres romanesques.

Titulaire de la chaire de sémiotique et directeur de l’École supérieure des sciences humaines à l’université de Bologne, il en est professeur émérite depuis 2008. Devenu ensuite un pionnier des recherches en sémiotique (La Structure absente, 1968, Trattato di semiotica generale, 1975), il développe une théorie de la réception (Lector in fabula, Le rôle du Lecteur) qui le place parmi les penseurs européens les plus importants de la fin du xxe siècle.

Son premier roman, Le Nom de la rose (1980) connaît un succès mondial avec 17 millions d'exemplaires vendus à ce jour.

 

L'histoire

 

Samedi 6 juin 1992. En se réveillant, Colonna est assailli d'un doute : est-ce lui ou un autre qui a fermé l'arrivée d'eau ? Détail sans doute, pourtant ce goutte à goutte dont il ne pouvait se débarrasser s'est bel et bien tu et ,lui, n'a aucun souvenir d'avoir actionné une quelconque manette pour le faire taire. Lorsque sa voisine lui confirme que l'arrivée d'eau a été coupée, il comprend. Ils sont entrés. Ils ont cherché la disquette ...

Revenant sur les trois derniers mois, il entreprend alors de retracer l'aventure à la fois folle et passionnante dans laquelle l'a entrainé Simei en lui confiant la rédaction d'un récit au jour le jour. "Les mémoires d'un journaliste, le récit d'une année de travail pour préparer un quotidien qui ne sortira jamais".Un récit des plus étranges , dans lequel il faudrait mentir, enjoliver une expérience menée en secret et que seuls quelques initiés pourraient suivre : six journalistes, dont Colonna, sont chargés de publier les numéros zéro d'un journal qui ne verra peut-être jamais le jour mais divulguera les dessous de sombres affaires , les complots liés à la politique.

Seul le commanditaire du journal sait que ce dernier ne paraitra jamais. Mais l'essentiel est que les politiques et les puissants pensent que de tels numéros peuvent voir le jour et leur porter préjudice. S'installe alors un jeu de pouvoir et de menace.

Rapidement, Maia , la seule femme du groupe,comprend que l'entreprise tourne au chantage, à la calomnie et se voit mise à l'écart par Simei. D'autres, en revanche, vont plus loin jusqu'à la découverte par Braggadocio du mystère entourant la mort du Duce, Mussolini. D'un indice à l'autre, ce spécialiste de la théorie du complot présente à Colonna sa trouvaille : et si le Duce n'était pas mort comme on le croit, assassiné l, alors qu'il tente de fuir pour la Valteline déguisé en soldat allemand ?

Quel rapport entre le dirigeant fasciste et des affaires récentes ? Ce qui aurait du rester une divagation de journaliste va bientôt tous les entrainer dans une révélation des plus surprenantes. A moins que tout cela ne doive à jamais rester secret ...

 

En vrac et au fil des pages ...

Il est étrange de constater que je n'ai jamais chroniqué les romans d'Umverto eco. J'ai pourtant lu et adoré Le Nom de la Rose, Le Pendule de Foucault .Mais c'était avant le blog. Erreur réparée avec ce récit plus court qui nous entraine dans un tout autre univers, celui du journalisme.

Umberto Eco connait le poids des mots aussi n'est-il pas anodin qu'il ait choisi ce milieu comme intrigue de son roman. Son personnage, Colonna, est d'ailleurs spécialiste de la langue dans le groupe constitué par Simei : la façon dont le lecteur s'approprie une information, ce qu'il met sous les mots du journaliste n'est pas sans rappeler le travail de l'auteur dans Lector in Fabula.

Mais ici la grande histoire va croiser celle de la rédaction de "domani:ieri", nom choisi pour le récit que doit relater Colonna. Lorsque Braggadoccio annonce sa découverte sur la mort feinte du Duce, on n'y croit pas. Puis, comme dans tous les romans où l'on nous rapporte des faits incontestables, on se prend au jeu et l'on suit l'emboitement des pièces du puzzle en se disant : et si c'était vrai ? Je n'en dirai pas plus car ce serait divulguer une trop grande partie du roman.

Le point fort réside dans l'attente des découvertes de Braggadoccio, intercalées avec des chapitres consacrés à la réécriture d'affaires sordides ou politiques par les journalistes. Un journal fictif dans lequel on dévoilerait ce que le lecteur ne sait pas encore mène forcément à des dérapages. L'on en viendra donc , avec l'auteur, à remettre en question un certain journalisme à scandale. D'autant que l'on apprend ici comment falsifier des témoignages, faire référénce à des catastrophes similaires de manière à effrayer le lectorat lorsqu'un événement survient. La théorie du complot n'est jamais loin et nos journalistes en feront les frais.

Pour ma part j'ai apprécié la promenade dans Milan, vue sous un autre jour, éclairée par l'Histoire, tantôt sombre avec Braggadoccio, tantôt plus romantique avec Maia.

Une trouvaille !

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