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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 08:39
Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, Celeste Ng

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, Celeste Ng, éditions Sonatine, 2016, 300 pages

Genre : drame, récit psychologique

Thèmes : décès, famille, secret, deuil, acceptation, racisme, éducation, amour, émancipation

 

L'auteur en quelques mots ...

 

Celeste Ng a grandi à Pittsburg, en Pensylvannie, dans une famille de scientifiques. Elle vit aujourd'hui dans le Massachussets et vient de publier son premier roman. Elle est aussi l'auteur de courtes nouvelles: ICI

L'histoire

 

"3 Mai 1977, six heures trente du matin, personne ne sait rien hormis ce détail inoffensif : Lydia est en retard pour le petit déjeuner"

Sa mère,Marilyn, poursuit le rituel initié depuis que sa fille a montré un intérêt pour la Physique, disposant à côté de son bol quelques exercices. Son père,James, part travailler , comme tous les matins. Son frère, Nathan, se souvient ne pas lui avoir dit bonne nuit la veille et sa soeur Hannah se demande si on peut être kidnappé à 16 ans.

Lydia est morte. A l'heure où chacun se demande ce qu'il a fait la veille, ce qu'il lui a dit, où elle est partie, elle git au fond du lac.

Lorsque la police intervient chez eux, le passé ressurgit : "Votre femme a également disparu par le passé ? Je me souviens de cette affaire. En 1966, n'est-ce pas ? (...)

- C'était un malentendu".

Un malentendu. C'est sans doute ce que s'apprête à découvrir cette famille, en apparence parfaite. Peu à peu le vernis craque , Lydia n'était peut-être pas celle que l'on croyait et chacun affronte sa vérité, ses démons ...

 

En vrac et au fil des pages ...

Voici un premier roman qui explore les tréfonds de l'âme. Une famille en apparence parfaite, l'ambition des enfants, mais rapidement des préférences, des non-dits, une fuite et le passé qui ressurgit.

Difficile de raconter l'histoire sans trop en dévoiler. C'est un thriller psychologique et ce qui importe n'est pas que Lydia soit morte, mais pourquoi.

Chacun cache un côté obscur, une faille, à commencer par les parents dont l'enfance, l'adolescence a été marquée d'une façon ou d'une autre. James est professeur d'Histoire américaine et parle à longueur de journée des cowboys à ses étudiants, symbole de l'Amérique s'il en est. Pourtant, fils d'émigrés asiatique, il a dû affronter les moqueries à une période où le racisme était clairement affiché et où sa famille, soumise, acceptait tout cela pour que le fils prodigue puisse accéder à une éducation, des études qui feraient de lui un américain. Nous sommes alors dans les années 60 et Marilyn veut devenir médecin. Elle en a les capacités, l'intelligence et ce milieu masculin ne la rebute pas. Pourtant l'éducation des filles est toute autre et s'astreint à en faire de bonnes épouses, ce que sa mère prône, elle qui lit avec application Les Recettes de Betty Crocker.

Trois enfants plus tard, les préjugés raciaux sont toujours bien ancrés et Lydia, Nath, Hannah en font les frais. 

Mais ce qui se trame au sein de la famille est plus suspect encore. Projetant sur leurs enfants leurs propres rêves, James et Marilyn ont laissé des séquelles sur leur devenir. Une famille proche dans laquelle tout le monde ne voit que ce qu'il veut voir, dans laquelle les enfants sont plus matures que les parents, aveuglés par leur désir de réussite. Des adolescents en devenir, blessés par leurs émotions, ne sachant comment dire les choses, comment se faire comprendre.

A des années de distance, Lydia et Marilyn cherchent à se plaire, à devancer les désirs de l'autre, toutes deux en quête d'émancipation. L'image de la mère est au coeur du récit.

Le poids culturel est lourd et génère des failles. L'on découvre alors que Nath en sait bien plus sur sa soeur que sa propre mère. L'union du frère et de la soeur en fait un duo qui charme le lecteur et donne foi en la fratrie.

L'alternance des chapitres permet de reconstituer l'histoire de la famille, de réinvoquer le passé des parents, les blessures et les désirs avortés.

Ce roman fait réfléchir, au delà du drame, sur ce que l'on attend de ses enfants, sur les préférences qui se font jour parfois, sans qu'on y prennen garde, à l'occasion d'un comparaison de l'un, plus intelligent que l'autre. Autant de gestes et de mots anodins qui peuvent entrainer des blessures.

Mais l'écriture est plus poétique que cela, plus amples et l'on ne tombe jamais dans le pathos. Je dirais qu'il y a une certaine pudeur dans l'écriture qui traite de divers sujets : l'émigration, le racisme, l'amancipation, l'amour.

C'est un roman à découvrir.

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 07:33
Trois jours et une vie, Pierre Lemaitre

Trois jours et une vie, Pierre Lemaitre, éditions Albin Michel, 2016, 282 pages

Genre : thriller psychologique

Thèmes : enfance, deuil, meurtre, adolescence, tempête

 

L'auteur en quelques mots ...

Une belle chronique de Macha Séry pour présenter l'auteur : ICI

 

Pierre Lemaitre a passé sa jeunesse entre Aubervilliers et Drancy auprès de parents employés.

Psychologue de formation, il a fait une grande partie de sa carrière dans la formation professionnelle des adultes, leur enseignant la communication, la culture générale ou animant des cycles d'enseignement de la littérature à destination de bibliothécaires. Il se consacre ensuite à l'écriture, en tant que romancier et scénariste, vivant de sa plume depuis 2006. Ses romans sont traduits ou en cours de traduction en trente langues.

Pierre Lemaitre considère lui-même son travail comme un permanent « exercice d'admiration de la littérature ». Ainsi, dès son premier roman Travail soigné, il rend hommage à ses maîtres en faisant, de l’œuvre de ces écrivains, des protagonistes de son intrigue : Bret Easton Ellis, Émile Gaboriau, James Ellroy, William McIlvanney, etc.

Son deuxième roman publié en 2009, Robe de marié, exercice explicite d'admiration de l'art hitchcockien, raconte l'histoire de Sophie, une trentenaire démente, qui devient une criminelle en série sans jamais se souvenir de ses meurtres.

Lemaitre aborde ensuite le thriller social avec Cadres noirs, en 2010, qui met en scène un cadre au chômage qui accepte de participer à un jeu de rôle en forme de prise d'otages. Le livre est inspiré d'un fait divers réel survenu en 2005 à France Télévisions Publicité5 dirigée à l'époque par Philippe Santini, et pour lequel cette entreprise a été condamnée par la chambre criminelle de la Cour de cassation le 7 avril 2016.

Alex, quatrième roman, joue sur l'identification, moteur du thriller : l'héroïne y est tour à tour victime et meurtrière jusqu'à la conclusion qui retourne une nouvelle fois la compréhension que le lecteur peut avoir du personnage. Là encore, on trouve, d'Aragon à Proust en passant par Roland Barthes, John Harvey ou Boris Pasternak, quelques citations ou influences que l'auteur signale explicitement.

Les Grands Moyens, feuilleton numérique, est une enquête de Camille Verhœven, en marge de la trilogie commencée avec Travail soigné, poursuivie avec Alex et achevée avec Sacrifices (2012) qui voit la conclusion de la destinée du héros. Confirmant dans une interview son attachement à Alexandre Dumas, Pierre Lemaitre a ajouté un quatrième volet à sa « Trilogie Verhœven » (à l'image des Trois Mousquetaires qui, en fait, étaient quatre) : Rosy & John est la novélisation de son feuilleton numérique Les Grands Moyens.

Il est internationalement reconnu dans le domaine du roman policier : Stephen King lui-même le considère comme « a really excellent suspense novelist ».

En août 2013, Au revoir là-haut, marque, dans son œuvre, un important changement puisqu'il signe, cette fois, un roman picaresque (et non historique). Délaissant le genre policier, Lemaitre reste néanmoins fidèle à l'esprit de ses premiers romans puisqu'il cite plusieurs auteurs (d'Émile Ajar à Stephen Crane et de Victor Hugo à La Rochefoucauld) qu'il salue dans ses remerciements avec, notamment, un hommage appuyé à Louis Guilloux et Carson McCullers. En novembre 2013, le roman reçoit le prix Goncourt. Il est classé en tête par l'Express dans sa liste des best-sellers de l'année 2013.

En 2016, Lemaitre renoue avec le roman noir avec Trois jours et une vie qui raconte la destinée d'un jeune assassin de 12 ans.

Merci aux éditions Albin Michel pour cette découverte

L'histoire

 

"A la fin de décembre 1999 une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt (...) Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien. Ulysse."

Antoine a alors 12 ans et aime par dessus tout s'isoler au coeur de la forêt pour y construire des cabanes. Ses amis, Théo le fils du Maire, Kévin et la belle Emilie, préfèrent, eux, jouer à la playstation et restent enfermés des heures durant.

Bien sûr, Antoine a bien essayé de se lier aux autres, mais sa mère pense que les jeux vidéo abrutissent le cerveau. "Six ans plus tôt, le père d'Antoine avait profité d'un changement de situation pour effectuer un changement de femme", c'est donc sur elle que repose l'autorité.

Pour autant Antoine n'est pas seul, Ulysse, le chien des Desmedt et leur fils Rémi, âgé de six ans, le rejoignent régulièrement et apprécient la cabane construite.

Mais le jour où un accident fauche Ulysse sur la route, la vie d'Antoine bascule. Le chauffard ne s'arrête pas et M Desmedt, dans un geste vif, abat le chien souffrant, sous les yeux médusés des enfants. Un geste fou que l'adolescent ne peut comprendre, qu'il n'a pas eu le temps de préparer, d'accepter. La rage s'empare alors d'Antoine, pour qui cela ne peut être que l'oeuvre d'un monstre. "Pourquoi il a fait ça ton père !" hurle-t-il au petit Rémi.

L'enfant le regarde ,les yeux écarquillés, mais il est déjà trop tard. Antoine n'est plus lui-même lorsqu'il attrape le bâton à deux mains et frappe.

Deux jours plus tard, une terrible tempête s'abat sur la région, laissant la ville de Beauval dévastée. Nous sommes ne 1999 et les dommages individuels prennent le pas sur le désespoir d'une famille qui ne sait où est passé son petit garçon ...

 

En vrac et au fil des pages ...

Quelle histoire ! Dès le départ, l'auteur nous plonge au coeur d'un drame dont on sait qu'on ne se relèvera pas. Il touche des enfants, ce qui le rend à la fois cruel, déplacé et poignant.

Pourtant l'écriture de Pierre Lemaitre, dès la première page, tourne en dérision ce qui nous est montré : une ville où chacun vit au contact des autres, sait tout et rien sur les voisins, où les rumeurs s'enflamment à la vitesse d'une trainée de poudre. Dans ce contexte, le regard d'un adolescent de 12 ans ne peut être celui d'un adulte et sa vie se résume à ce qu'il vit, ressent, avec force.

Pourtant ,lorsque le petit Rémi est assassiné par son camarade, on ne peut s'empêcher d'avoir un noeud à l'estomac : Antoine masquera-t-il ce meurtre toute sa vie ? Ne découvrira-t-on pas ce qui s'est passé ? Ne rendra-t-on pas le corps à,sa famille ? 

On s'attache ici à la vision d'Antoine et la douleur de la famille Desmedt est une toile de fond au travail psychologique qui gagne du terrain, d'heure en heure, pousse Antoine à la fuite, puis le contraint à rester ... jusqu'à cette tempête qui apparait comme le signe que son secret sera bien gardé.

L'écriture est forte car on vit réellement le dilemne d'Antoine, son mal être, son questionnement. Le lecteur ne peut le laisser impuni, et pourtant on souffre avec lui.

La seconde partie du roman nous entraine des années plus tard, pour retrouver un Antoine adulte, devenu médecin, mais dont la vie est un tourbillon : pas d'attachement, un éloignement volontaire de ses racines. On sait que tout va ressortir à un moment donné mais on ne s'attend pas à cette fin. Revenir sur les lieux du crime le renvoie à son passé, son secret, ses amours aussi lorsque la belle Emilie refait surface et le place face à ses contradictions.

En fin de compte, le salut ne viendra pas et l'on pense irrémédiablement à une vie gâchée, tourmentée.

J'ai lu des critiques négatives sur ce récit, notamment concernant la seconde partie du roman. C'est, de mon point de vue, le décalage entre les deux parties ( la première, vive, troublée de l'adolescence, du mal être et la seconde plus détachée) qui fait que le lecteur se sent lâché alors que l'auteur l'accompagnait dès le début par une écriture incisive, teintée d'humour. Pourtant la fin du récit signale une maturité enfin acquise, Antoine est contraint à faire un choix, à assumer, c'est aussi une forme de rédemption même si on peut le trouver d'une grande lâcheté dans ses actes.

Pour moi il s'agit d'un récit psychologique et non d'un roman policier. Je l'ai trouvé assez bon, bien mené et j'ai apprécié que le détachement coloré d'humour ne perdure pas dans tout le récit car cela n'aurait pas été crédible en regard de l'adulte qu'est devenu le personnage.

A découvrir et cela m'a donné envie de lire Au revoir là-haut dont on vante l'écriture.

 

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 07:04
Le Grand marin, Catherine Poulain

Le Grand Marin, Catherine Poulain, éditions de l'Olivier, 2016, 373 pages

Genre : récit autobiographique

Thèmes : départ, Alaska, pêche, souffrance, solitude, dépassement de soi

 

 

L'auteur en quelques mots ...

Aventurière dans l'âme, a multiplié les voyages, s'est passionnée pendant 10 ans pour la pêche en Alaska, et vit  aujourd’hui entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, où elle est respectivement bergère et ouvrière viticole. 

Le Grand Marin est son premier roman publié aux éditions de l'Olivier.

Petit bout de femme dure à la douleur, obstinée à préserver sa liberté et sa solitude, elle est partie, un jour de 1993, de Manosque, sa ville qui l’étouffait, vers la dernière frontière, celle du grand nord. L’Alaska, elle en rêvait. Elle avait déjà bien parcouru le monde avant, travaillé dans une conserverie de poissons en Islande, dans un bar à Hong Kong, sur un chantier naval à Seattle, ramassé des pommes au Canada.

Mais là c’était embarquer qu’elle voulait, et aller pêcher dans le Pacifique Nord. Et c’est ce qu’elle a fait, dix années durant.

Expulsée parce que sans papiers, elle est revenue à ses moutons, bergère en Haute Provence pour la transhumance, et ouvrière viticole en Gironde le reste de l’année.

(source France Inter)

 

Catherine poulain dit avoir toujours écrit, noirci des carnets de voyage, préparé des récits, jusqu'à ce jour où Olivier Cohen lui propose un contrat. Ecrire un livre, elle s'en sent capable, mais un seul volume ? Il y a tant à dire ! Alors l'autre soir, à la Colline aux livres à Bergerac, elle nous confiait qu'elle rédigeait une suite à l'épopée de Lili ;)

L'histoire

 

Lili veut s'embarquer loin, quitter cette ville, "Manosque-les-plateaux, Manosque-les-couteaux" cette vie oppressante et dangereuse, "Je ne veux plus mourir d'ennui, de bière, d'une balle perdue. De malheur. Je pars ". Ce sera l'Alaska. "Il faudrait toujours être en route pour l'Alaska".

Un milieu masculin, rude, l'attend. Mais Lili n'en a cure et se laisse emporter par l'ivresse du large: "On me propose deux places de matelot le même jour ; pêche au hareng le long des côtes sur un seiner ou embarquer sur un palangrier pour la morue noire, au large. Je choisis le deuxième parce que cela sonne plus beau, long lining, que cela va être dur et dangereux, que l'équipage sera composé de matelots endurcis"

Au milieu de ceux qui l'acceptent, dubitatifs mais curieux de voir ce qu'elle va donner la petite, frêle, elle apprend le courage, l'endurance, la solidarité, la solitude aussi. Chacun à bord à une vie,parfois éloignée, loin de tout confort ou bien faite de solitude parce que rester à terre dans une maison ils ne savent pas faire. Finalement Lili est comme eux, au fond.

Une blessure, l'éloignement du bateau et Lili comprend qu'elle ne peut vivre loin du large, loin du pont, des odeurs marines, des heures passées à remonter le poisson, le tuer ( parce que c'est aussi ça la vie de pêcheur de flétan) et poursuivre l'ivresse de la mer dans un bar, une fois à terre. Pas d'amarres, pas d'amour, ou alors de passage.

Pourtant , aux côtés du grand marin, elle apprendra plus que la rudesse de l'Alaska...

 

En vrac et au fil des pages ...

 

C'est un récit envoûtant que celui de Catherine Poulain et je puis vous assurer que la rencontrer m'a confortée dans ce que j'ai ressenti à la lecture. Une femme forte et en même temps, fragile, à la voix faible, presque timide.

Non ce n'est pas un récit d'aventures. oui il y a de l'action. Mais c'est un récit de vie, une vie vécue, réellement, dans tout ce que cela suppose de souffrance, d'allégresse, de folie aussi.

Parce qu'il faut bien l'avouer, il faut être un peu barré pour partir comme cela, si loin, s'embarquer dans une vie de marin, mais pas le petit marin d'eau douce, l'autre, le grand Marin,celui qui pêche le flétan des jours durant, se blesse, tue, y prend plaisir, en redemande !

La narratrice touche le lecteur par sa candeur et sa force. J'ai trouvé une totale harmonie entre l'écriture, le dépouillement et la poésie de l'Alaska, la rudesse des conditions de vie et le besoin d'espace de l'héroine

"Il fait nuit. Des hommes sans visage se peuvent sous l'éclat des lampes à sodium, formes sombres éclairées à peine par les cirés orange. Un casier ruisselant surgit des flots, on croirait un monstre tiré des abysses. Car ce sont des abysses obscurs et redoutables qui encerclent le bateau, les hommes.Ils s'ouvrent puis se referment comme une bouche vorace. Le casier s'élève dans un ciel bouleversé, accroché au filin, se balance lourdement.La masse brute semble hésiter avant de redescendre, oscillant entre le pont et l'eau.Deux hommes à la lisse, frêles et souples, le guident vers un support d'acier qui vient de s'élever. Les crabes semblent jaillir de la gueule béante (...) Il y a une cadence intangible dans le balletobscur et silencieux, presque fluide."

J'ai entendu certains lecteurs se plaindre de passages répétitifs. J'ai souri en entendant Catherine Poulain dire : " Lorsqu'Olivier Cohen m'a dit que nous allions faire un contrat je me suis dit que cela n'allait pas plaire au lecteur, que l'allais l'ennuyer, parce que la vie de pêcheur c'est tous les jours la même chose" ! pourtant Lili apprend, grandit et chaque pêche est différente. Le Grand Marin c'est aussi un récit d'apprentissage, sur ses limites, el dépassement de soi, la vie avec les autres, contre eux et avec eux.

Puis l'écriture participe de l'immersion. Hachée, travaillée lorsque le récit devient intense. Lili au coeur de l'action et l'écriture s'envole, nous fait vivre ces instants âpres. Plus poétique et contemplative lorsque les paysages s'y prêtent, lorsque les hommes font une pause, lorsque Lili envisage le bout de la terre, Point Barrow, son rêve.

Une vie de pêcheur c'est aussi le retour à terre, les bars parce qu'il n'y a rien à faire d'autre, pour prolonger l'ivresse ressentie à bord aussi. "Repeindre la ville en rouge", une expression qui signifie se saouler, que l'on entend beaucoup là-bas nous dit Catherine Poulain, et dans laquelle on entend aussi le rouge du sang des poissons, la vision rouge du pêcheur à bord au moment de remonter les lignes, les filets, l'angoisse de ne pas en ramener assez , les quotas, le désespoir.

Contre toute attente ce qui compte c'est le courage, la bravoure. Les hommes ne font pas la différence et l'égalité est bien réelle. Lili compense son manque de force par une stratégie que tous reconnaissent à bord. J'étais comme vous, à me dire que des femmes marins cela ne devait pas courir les rues. Mais elle en témoigne et en a rencontré. Ce qui semble fou se réalise à l'aune du respect, au-delà des considérations sexistes.

On comprend son enthousiasme en la lisant et, comme le disait Coline Hugel à la librairie, l'autre soir, cela donne envie de s'embarquer !

C'est un roman à lire comme le récit de vie de Catherine Poulain - Lili et dont j'attends la suite avec impatience.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 15:02
Animale, La malédiction de Boucle d'or, Victor Dixen

Animale, La malédiction de Boucle d'or, Victor Dixen, éditions Gallimard, Pôle fiction, 2015, 525 pages

Genre : récit jeunesse, fantasy, conte

Thèmes : malédiction, animalité, bestialité, conte, Bersekers, XIX°S, femme

 

L'auteur en quelques mots ...

 

 

Victor Dixen est né d'un père danois et d’une mère française. Il vit, en compagnie de ses parents et de sa sœur, une jeunesse de globe-trotter, avant d'atterrir finalement à Rørvig, au bord de la mer Cattégat, dans le Danemark septentrional. Victor Dixen découvre alors les auteurs scandinaves, dont Hans Christian Andersen et Tove Jansson. Enfant, il connaît une expérience extrême au Tivoli, le parc d'attractions de Copenhague : s’embarquant subrepticement sur les montagnes russes, il effectue le tour complet à quatorze reprises. Sujet à d’étranges insomnies depuis cet incident, il consacre l'essentiel de ses nuits à l'écriture1.

Victor Dixen a remporté deux fois le grand prix de l'Imaginaire, catégorie « jeunesse francophone » : en 2010 pour le premier tome de la tétralogie Le Cas Jack Spark, et en 2014 pour le premier tome de la série Animale. (source Wikipedia)

Depuis, il a publié la série Phobos en 2015 qui connait, elle aussi, un grand succès.

L'histoire

Prologue

"Il neigeait.

Des tombereaux de flocons gros comme des poings s'abattaient sur les rives de la Berezina.D'un côté, la Russie, immense, qui venait de broyer l'armée la plus puissante du monde; de l'autre :l'Occident (...) les sabres entrèrent sans un bruit dans leurs fourreaux de chair. Et puis soudain, le grondement retentit.

Un grondement terrible, qui semblait monter du plus profond de cette vallée saoûlée de trop de sang, de trop de cadavres..."

1832. A 17 ans, Blonde est enfermée dans le couvent de Ste Ursule, comme de nombreuses autres filles, à ceci près que ses amies, elles, quitteront ces lieux pour se marier, alors que Blonde restera. Isolée de ses compagnes par des lunettes à verres bleus, elle vit dans sa bulle. Jusqu'au jour où arrivent au couvent Gaspard et son maître, sculpteurs, venus proposer leurs services contre le gite et le couvert. Ce qui se joue alors entre Blonde et Gaspard va bien au-delà d'un simple coup de foudre, révélation d'une autre vie qui s'ouvre pour Blonde.

Parallèlement, Blonde reçoit l'étrange visite d'un vieillard qui ne s'annonce pas et grimpe à sa fenêtre pour lui remettre d'étranges documents concernant une certaine Gabrielle dont elle découvre la vie fascinante. Ces documents pourraient-ils expliquer les accès de colère de Blonde, l'aveuglement écarlate qui la surprend lorsqu'elle ne parvient plus à se maitriser et sombre dans un état second ? Elle comprend peu à peu qu'elle est liée à cette jeune femme et entreprend de partir sur les traces de son passé.

A une vingtaine d' années de là, Gabrielle de Brances , fille de réfugiés exilés en Prusse, perdue dans la forêt des Vosges, se réfugie dans une maison au coeur des bois et est bientôt recluse parmi des hommes animaux dont elle ignore tout mais envers qui elle éprouve une certaine sympathie.Fou d'amour pour sa belle, Charles entreprend des recherches afin de la retrouver ...

 

En vrac et au fil des pages ...

Ce qui aurait pu être une simple imitation du conte Boucle d'or, se révèle être une véritable revisite. Ici c'est Gabrielle de Brances qui plonge le lecteur au coeur de la forêt, reprenant l'histoire originelle de Robert Sutey, d'ailleurs cité dans le récit. L'histoire est donc plus sombre que le conte que l'on connait aujourd'hui.

Les hommes animaux s'apparentent aux bersekers, guerriers - ours des légendes scandinaves. Sven est l'un d'eux et le lecteur prend plaisir à découvrir son histoire d'amour avec Gabrielle, bien que ce couple ne soit pas assez développé à mon goût. On a , en effet, envie d'en savoir plus sur leur île, leur mode de vie, leurs souffrances puisqu'on les décrits comme des combattants abandonnés à leur sort lors des campagnes napoléoniennes.

C'est que ce récit est ancré dans une période historique peu connue, ou du moins peu exploitée dans les romans. En juin 1812 Napoléon réunit des soldats issus d'Autriche, Pologne, Suisse, France ... pour mener une campagne en Russie. Ce sera la bataille de la Bérezina , synonyme de chaos, qui sera reprise dans ce récit, en prologue. J'insiste sur ce prologue car il est très travaillé, bien écrit, place le lecteur dans une ambiance particulière et fait le lien avec un poème de Victor Hugo que j'apprécie particulièrement et qui évoque, lui aussi, cette période : les Châtiments, l'Expiation : "

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.

Pour la première fois l'aigle baissait la tête.

Sombres jours ! l'empereur revenait lentement,

Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.(...)

Il fallait donc une période sombre et dominée par un discours religieux appelant à la violence.La symbolique religieuse est forte et Gaspard semble incarner la pureté dans ce récit où Blonde essaie de maitriser sa part animale, cachée depuis toujours par les soeurs du couvent .

L'on comprend alors, à la manière d'un puzzle, que l'enfance de Blonde fut marquée par le rejet du fait du choix de sa mère Gabrielle,de partir avec Sven. Désormais décidée à assumer ce côté obscur, Blonde va au devant de ce qu'elle est vraiment, tout en sachant que sa bestialité peut prendre le dessus et l'isoler des humains.

La force de ce récit réside aussi dans l'écriture. Victor Dixen a choisi d'alterner le récit de Blonde et des passages du journal intime de Gabrielle de Brances, nouant les deux périodes, permettant à la jeune fille de comprendre ce qu'elle préssentait en elle sans pouvoir l'expliquer.

Personne n’est ce qu’il parait : 

•    Blonde et Gabrielle apparaissent semblables et en même temps en opposition. L’une est une femme-animale, qui s’illustre par sa douceur, l’autre est une femme normale qui rejoint des hommes-ours et les dirige sur l’ile. 
•    Sven est un homme-animal qui refuse sa bestialité et se montre doux et prévenant envers Gabrielle 
•    Charles Valrémy dévoile sa cruauté envers Gabrielle et sombre du côté obscur . Cela étant le récit est construit de telle façon que l'on comprend sa réaction violente.
•    Certains prêtres, hommes de Dieu, sont abjects comme celui qui brûle le repaire des Bersekers 
•    Le Vatican lui-même cache de lourds secrets 
•    Les sœurs qui élèvent Blonde de révèlent double dans leur attitude, certaines cachant le secret de la petite fille, ou connaissant ses origines. Leur attitude envers Blonde est ambigüe, pourtant elles la protègent. 

Récit initiatique qui reprend les codes du conte mais les détourne pour faire du récit un roman fantastique, c'est une revisite qui est donc une réussite et que je vous recommande ( vus savez comme je me méfie des récits jeunesse ;) )
 

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 08:55
Le Nom de la Rose, Umberto Eco

Le Nom de la Rose, Umberto Eco, éditions Le Livre de poche, 2011, 535 pages

Genre : policier historique

Thèmes : Moyen-âge, abbaye, inquisition, enquête, bibliothèque

 

L'auteur en quelques mots ...

 

 

Le Nom de la Rose, Umberto Eco

L'histoire:

 

"En l'an de grâce et de disgrâce 1327, rien ne va plus dans la chrétienté". 

" Arrivé au terme de ma vie de pêcheur, tandis que chenu, vieilli comme le monde, dans l'attente de me perdre en l'abîme sans fond de la divinité silencieuse et déserte (...) désormais retenu par mon corps lourd et malade dans cette cellule de mon cher monastère de Melk, je m'apprête à laisser sur ce vélin témoignage des événements admirables et terribles auxquels dans ma jeunesse il me fut donné d'assister... Puisse ma main ne point trembler au moment où je m'apprête à dire tout ce qui ensuite arriva"

Entre l'autorité du pape Jean XXII et celle de l'Empereur Louis IV du Saint-Empire ,les tiraillements , complots de toutes sortes se font jour. L'enjeu est grand car le fondement théologique invoqué ( quid de la pauvreté du Christ ?) n'est qu'une façade cachant une dimension politique bien plus importante.

Dans ce contexte, Guillaume de Baskerville est envoyé avec son fidèle compagnon bénédictin Adso, dans une abbaye, afin de faire la lumière sur une mort qui éveille bien des soupçons. A peine arrivé Guillaume met ses compagnons à l'épreuve de son jugement affûté en montrant ses qualités d'observation et de déduction. C'est pour cela qu'Abbon l'a fait mander. Pourtant rapidement, une contrainte de taille freine l'enquête que s'apprête à mener Guillaume : l'accès à la bibliothèque lui est interdit.

"la bibliothèque se défend toute seule, insondable comme la vérité qu'elle héberge, trompeuse comme le mensonge qu'elle enserre. Labyrnthe spirituel, c'est aussi un labyrinthe terrestre. Vous pourriez y entrer et vous ne pourriez plus sortir"

Il faut pourtant rétablir la sécurité avant que les émissaires du Pape n'arrivent.Blasphème, torture, hérésie, l'abbaye est secouée alors que s'engage un procès en son sein et que Guillaume disserte sur les fondements de la liberté devant un auditoire médusé.

 

En vrac et au fil des pages ...

 

La Porte de l'enfer, Rodin

J'avais déjà lu Le Nom de la Rose, adolescente, alors en fac de Lettres. J'avais adoré la plume d'Umberto Eco et avais poursuivi avec le Pendule de Foucault ( que je devrais chroniquer sur le blog , tiens !).

J'ai voulu organiser une lecture commune de ce livre car il est toujours plus intéressant d'échanger au sujet d'un livre, surtout de ce type là ! Je suis ravie que les copinuates aient apprécié leur lecture et y aient vu autant de références : Luis, Nicolas, Docteur Manhattan, c'era una volta ...

 

 

J'ai donc retrouvé avec plaisir l'érudition, la fougue de l'auteur que l'on sent passionné par la période autant que ses symboles. Les descriptions sont fines et donnent véritablement à voir une abbaye telle que l'on aimerait en visiter. La description du portail m'a encore une fois, laissé une forte impression. Cela m'a rappelé la Porte de l'enfer de Rodin, que je prends plaisir à étudier avec mes élèves régulièrement. Je mettrai désormais en parallèle ce passage du Nom de la Rose avec cette porte admirable.

Umberto Eco exploite les symboles du Moyen âge et les fêtes rituelles, comme cette tradition où l'on inversait les rôles, la Fête des fous. Guillaume semble évoquer cela dans son interprétation du rêve d'Adso. Lors de cette fête on faisait ripaille, on chantait, les prêtres se livraient à des actes obscènes, le monde inversé.

Il semble que l'auteur place tous ces éléments sous le signe de ce que l'on voit, ce qui est caché, ce qui apparait dans une sorte de brume, ce qui est révélé ...

C'est aussi ce que l'on découvre dans l'abbaye, d'abord interdite pour certans lieux, comme la fameuse bibliothèque, mais que Guillaume parcourra quoiqu'il en coûte. Les non-dits, les découvertes toutes plus surprenantes les unes que les autres , font de ce roman une enquête à la Sherlock Holmes. Pourtant c'est pour moi, avant tout, un récit historique et j'aime le lire comme cela.

En effet, il me semble que nombre de lecteurs sont déçus en découvrant que le récit ne se donne pas, qu'il faut forcer la porte de l'écriture, accepter de revenir sur la lecture d'un passage pour comprendre. C'est que l'auteur est avant tout un historien, et cela se ressent fortement ici.

Ne lisez donc pas ce livre comme un récit policier, vous seriez déçu dès les premières pages !

Sept jours dans l'abbaye, rythmés par les prières, les chants, les heures détaillées en tête de chapitre nous conviant à respecter les temps forts des journées des moines, prêtres. L'on comprend dès lors que rien ne sera laissé au hasard dans ce récit, les éléments se font écho, rappellent au lecteur attentif qu'un indice lui a été donné auparavant.

Lire la préface éclaire beaucoup et donne une orientation nouvelle à la lecture. Quoiqu'il en soit, il faut prendre son temps et imaginer ce qui nous est livré. Car l'époque est sombre, on le sait et rien ne nous est épargné de l'inquisition. Cependant, la dimension philosophique, psychologique parfois, prend le dessus.

L'humour n'est jamais loin avec Guillaume de Baskerville, ce qui donne des passages truculents comme celui-ci: 

[...] - Et toi ne t'extasie pas trop sur ces châsses. Des fragments de la croix, j'en ai vu quantités d'autres, dans d'autres églises. S'ils étaient tous authentiques, Notre Seigneur n'eût pas été supplicié sur deux planches croisées, mais sur une forêt entière. 
- Maître ! dis-je scandalisé.
- Il en va ainsi Adso. Et il y a encore des trésors plus riches. Jadis, dans une cathédrale allemande, j'ai vu le crâne de Jean-Baptiste à l'âge de douze ans. 
- Vraiment ? »  m'exclamais-je tout admiratif. Puis, un doute me saisi : « Mais Jean-Baptiste fut tué à un âge plus avancé !
- L'autre crâne doit se trouver dans un autre trésor », dit Guillaume le plus sérieusement du monde. [...]" 

Guillaume est un érudit ( à l'image de l'auteur ?), aussi divers sujets sont-ils abordés et on lira avec plaisir des passages concernant les avancées scientifiques ( parfois surprenante car l'on a tendance à penser que le Moyen âge ne s'investissait pas dans ces recherches).

 

Lisez-le ! 

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 17:34
Petits bonheurs # 8

Les petits bonheurs hebdomadaires,

une façon de revenir sur les belles choses, les moments de partage et autre délectation de la semaine.

Vacaaaaaances ! Enfin du repos, de la lecture, ne rien faire ou visiter, des balades, les amis, le beau temps !

 

Nous avons bien débuté avec une sortie pour les enfants : le Trampoline Parc de Bordeaux. Comment vous dire : du bonheur pour les enfants ( quel est celui qui n'aime pas sauter, sauter, sauter, pendant des heures ?) et pour les parents ... le bonheur de voir les enfants sauter !

 

Le beau temps, les arbres en fleur, un arc en ciel sur la route, des giboulées.

 

Des plantations : les semis de tomates sont prêts et donc plantés, des fleurs dans nos balconnières.

 

Un sorbet fraises gariguettes avec ma nouvelle sorbetière, un délice !

 

Une rencontre : Catherine Poulain à la librairie La Colline aux mots. Quelle femme !

 

 

 

Et vous, quels beaux moments à partager ?

Petits bonheurs # 8

un petit clic ci-dessous pour écouter le titre qui me met de bonne humeur en ce moment ! ça donne la pêche non ?

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