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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 05:04
Juin : le mois anglais sur les blogs !

C'est avec plaisir que je renouvelle ma participation au mois anglais, organisé par Lou et Cryssilda. L'occasion de dépoussiérer le blog qui n'a pas vu d'article depuis fort longtemps, travail oblige ;)

Pour le plaisir des sens donc :

 

Serez-vous de la partie ?

Pour la peine je ressors mes petits logo maison:

 

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 08:56
Le poids des secrets, tome 1 Tsubaki, Aki Shimazaki

Le poids des secrets, tome 1 : Tsubaki, Aki Shimazaki, éditions Babel, 1999, 115 pages

Genre : contemporain

Thèmes : famille, passé, amour, seconde guerre, Hiroshima, Nagasaki

 

L'auteur en quelques mots ...

 

Née à Gifu, au Japon, en 1954, Aki Shimazaki commence sa carrière comme enseignante dans une école primaire. 
Elle immigre au Canada en 1981. D'abord à Vancouver puis à Toronto, elle s'installe à Montréal en 1991.
Elle écrit ses livres directement en français, langue qu'elle n'a apprise qu'à l'âge de 40 ans.
Sa pentalogie "Le Poids des Secrets" s'est vue récompenser par plusieurs prix tels que le Prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec en 2000, le Prix Canada-Japon en 2003 et le Prix du Gouverneur général du Canada en 2004.

L'histoire :

" Il pleut depuis la mort de ma mère"

Alors qu'elle s'occupe des dernières affaires de sa mère Yukiko, la narratrice reçoit de l'avocat deux enveloppes. L'une d'elles lui est destinée, l'autre doit être remise à son frère. Elle avait donc un frère ? Pourquoi n'en avoir jamais parlé ?

Commence un lent travail de reconstruction où la mémoire de la défunte se mêle aux souvenirs douloureux de la seconde guerre mondiale.

"J'aimerais mourir comme tsubaki. Tsubaki c'est le nom des camélias en japonais" confiait la vieille femme à son petit fils. Jamais,jusqu'à la veille de sa mort, elle ne s'était livrée sur son passé. Mais ce soir-là elle commença à raconter : comment les américains, souhaitant menacer la Russie, avaient largué deux bombes atomiques sur le Japon,inquiets de l'expansion que pouvait prendre l'empire japonais, comment la Grande Histoire a croisé la sienne.

Mais ce n'est que dans sa lettre qu'elle confia à sa fille comment son histoire familiale avait tourné au drame, comment elle avait survécu à Nagasaki et pourquoi elle a tué son père ...

«Je voyais des boutons de camélias, bien tenus par les calices. C'étaient les camélias qui fleurissent en hiver. Dans la campagne près de Tokyo, quand il neigeait, je trouvais les fleurs dans le bois de bambous. Le blanc de la neige, le vert des feuilles de bambou et le rouge des camélias. C'était une beauté sereine et solitaire. »

En vrac et au fil des pages ...

Ce qui m'a le plus impressionnées dans ce récit est l'écriture. Que le lecteur se rende compte que l'auteur écrit en français alors qu'elle ne l'a appris que depuis quatre ans ! Pour cette raison, sans doute, les phrases simples donnent un ton à la fois neutre et poétique au récit. Pas de fioritures dans le phrasé mais une poésie latente, dans les évocations, comme les camélias. En même temps cela rejoint parfaitement le côté épuré de l'écriture asiatique.

Deux histoires s'entremêlent, la Grande Histoire sombre liant les USA au Japon, sans jamais rejeter la faute uniquement sur les américains. Aki Shimazaki évoque en effet les tortures faites par les japonais à leurs prisonniers dans les centres de détention, l'emprise psychologique du poids des traditions, de l'honneur ... L'histoire familiale est tout aussi sombre, faite de mensonges, de trahisons. On découvre un père manipulateur, peu soucieux des conséquences de ses actes, ce qui ne justifie par le geste de Yukiko mais l'explique.

Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour se confier à sa famille ? par peur ? par honte ? Mais arrivée au seuil de sa vie, Yukiko est épuisée par le poids de ces secrets.Alors qu'elle n'a jamais souhaité répondre à aucune question, la curiosité de son petit-fils la pousse à se livrer, pour expier, pour répondre aux questions.

La fin de ce petit volume ouvre sur un autre pan de l'histoire familiale, pour cette raison je prévois de lire la suite.

 

 

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 09:25
La Bête humaine, Emile Zola

La Bête humaine, Emile Zola, éditions Folio classique, 1995, 501 pages

Genre : classique

Thèmes : amour, passion, meurtre, pulsions, machine à vapeur, ville, ouvriers, gare

 

L'auteur en quelques mots ...

 

Considéré comme le chef de file du naturalisme, Emile Zola est un écrivain français né en 1840 et mort en 1902 auquel on doit une des plus grandes fresques de la littérature : les Rougon-Macquart. Dépeindre la société française en vingt volumes lui a permis de mettre en application sa théorie de l'observation fine, scientifique,  « Notre héros, écrit Zola, n'est plus le pur esprit, l'homme abstrait du xviiie siècle. Il est le sujet physiologique de notre science actuelle, un être qui est composé d'organes et qui trempe dans un milieu dont il est pénétré à chaque heure »

Les dernières années de sa vie sont marquées par son engagement dans l'affaire Dreyfus  avec la publication en janvier 1898 de l'article intitulé "J'accuse" qui lui valut un procès en diffamation et un exil à Londres.(source wikipedia)

L'histoire:

 

Roubaud est sous-chef de gare et vit avec Séverine, plus jeune que lui, dans un appartement de la gare st Lazare, quartier de l'Europe, loué à la mère Victoire. Arrivé du Havre par l'express, il doit avoir une entrevue avec le chef d'exploitation au sujet d'une affaire importante,une altercation au cours de laquelle il aurait eu des mots malheureux envers le sous-préfet. Séverine, quant à elle, est insouciante, minaude. Pourtant, ce jour-là, Roubaud croit déceler un mensonge dans les propos confus de la jeune femme.Pourquoi refuse-t-elle des vacances à Doinville, terre de son enfance ? Que cache-t-elle au sujet de Grandmorin, dont la réputation de coureur n'est plus à faire? Cette bague dont elle parle lui a été offerte par son parrain Grandmorin et non par sa mère ? C'est pourtant ce qu'elle lui avait dit. Aussitôt, mu par la jalousie, Roubaud la somme de répondre et, devant sa trahison, devient extrêmement violent et obtient des aveux sous la menace."Alors, ce fut abominable. Cet aveu qu'il exigeait si violemment, venait de l'atteindre en pleine figure, comme une chose impossible, monstrueuse". Une unique solution s'impose alors à lui : se débarrasser de Grandmorin.

A la Croix de Maufras, Jacques Lantier retrouve Flore et sa tante Phasie. Située en bord de voie ferrée, la petite maison de son enfance le renvoie à un passé douloureux: "Vrai ! Tout à disparu , cette douleur qui te trouait le crâne, derrière les oreilles et les coups de fièvre brusques et cet accès de tristesse qui te faisait te cacher comme une bête, au fond d'un trou ?" demande la vieille femme. Alors qu'une discussion avec Flore lui fait prendre conscience de l'image qu'il renvoie, un homme qui abomine les femmes et n'aime que sa locomotive, Jacques devient comme fou et tente de la tuer avant de se reprendre. "Là-bas, à Plassans, dans sa jeunesse, souvent déjà il s'était questionné.", né d'une mère si jeune, Gervaise ,et d'un père encore gamin, "ce beau Lantier", "la famille n'était guère d'aplomb, beaucoup avaient une fêlure(...) cette fêlure héréditaire".

Mais alors qu'il se remet, Jacques Lantier voit passer le train sur la ligne Le Havre-Paris et aperçoit une scène qui va sceller son avenir : un homme vient d'être assassiné et jeté du train en marche...

 

En vrac et au fil des pages ...

A l'occasion d'un travail avec mes élèves de Quatrième, j'ai relu ce roman , le 17ème de la fresque des Rougon-Macquart. C'est avec plaisir que nous avons comparé le récit au film de Renoir qui n'aborde pas sous le même angle la tragédie qui se joue entre Jacques, Roubaud et Séverine. Le récit de Zola est bien plus violent et précis, mais se lit à la lumière de ce qui précède dans la lignée des Lantier, L'Assomoir.

Il s'agit d'un épisode où la violence est au coeur des relations. C'est ainsi du moins qu'apparaissent les hommes : Roubaud rongé par la jalousie, Lantier empoisonné par un mal héréditaire, Grandmorin qui abuse des femmes. Pour tous, les pulsions irrépressibles guident leur vie, croissent en silence puis explosent.Les femmes, quant à elles, semblent naives de prime abord mais se révèlent bientôt battante, comme Flore, ou manipulatrice, comme Séverine. Rien de bon ne peut ressortir de cela et le ton est donné dès les premières pages.

Comme toujours, le lecteur appréciera chez Zola la minutie des descriptions, de la gare St Lazare, issue d'une véritable tranchée, imaginée par Haussmann et qui rappelle les tableaux impressionnistes de Monet, à la machine, à elle seule personnage central du roman.

Car c'est comme une femme que Lantier parle d'elle,la Lison, qu'il la traite, alors que ses rapports avec la gent féminines sont justement perturbées. Au final c'est d'ailleurs sans doute la machine qui l'emporte et semble atteinte de folie, comme Lantier.

On pourrait discuter indéfiniment des sous-thèmes qui jalonnent le récit, comme la notion de progrès issus de la Révolution industrielle, les relations hommes-femmes qui concernent bien d'autres personnages, la différence entre les apparences et l'être profond de chaque personnage, car tous ici sont doubles ... Qui est la bête ?

Le thème de l'hérédité est ici souligné par Zola comme une fatalité à laquelle Jacques ne peut se soustraire. C'est un personnage ambigü, décrit comme un employé modèle, rebuté par la violence ,mais qui sombre dans la folie lors de moments passés en présence des femmes, ce qui réveille en lui des pulsions meurtrières. Victime ou monstre ?

C'est donc un récit passionnant que je vous invite à découvrir ou redécouvrir car il est parfois relégué en seconde lecture, après des tomes plus connus de la fresque de Zola. C'est dommage car il mérite toute notre attention. Extrêmement travaillé, il dévoile, à chaque relecture, un pan que l'on n'avait pas repéré. Au final, mes élèves ont préféré le roman au film !

 

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 11:20
La Brocante Nakano, Hiromi Kawakami

La Brocante Nakano, Hiromi Kawakami, éditions Picquier Poche , 2009, 342 pages

Genre : contemporain

traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu

Thèmes : brocante, amour, objets, bonheurs, rencontres, liens

 

L'auteur en quelques mots ...

Retrouvez ma chronique des Années douces

Née en 1958 Hiromi Kawakami fait partie des écrivains japonais dont les récits s'exportent bien en Occident. Elle doit son succès en Europe à son roman Les années douces, repris sous forme de manga par Tanigûchi.

Parmi ses écrits, on peut lire :

  • Abandons (溺レる?1999 — en français chez Actes Sud, 2003).
  • Les Années douces (センセイの鞄Sensei no kaban?2000 — en français chez Picquier, 2003).
  • Cette lumière qui vient de la mer (光って見えるもの、あれは?2003 — en français chez Picquier, 2005).
  • La Brocante Nakano (en français chez Picquier, 2007).
  • Le Temps qui va, le temps qui vient (en français chez Picquier, 2011).
  • Les 10 amours de Nishino (en français chez Picquier, 2013).
  • Soudain, j'ai entendu la voix de l'eau (en français chez Picquier, 2016).

 

L'histoire :

Hitomi et Takeo travaillent dans la brocante Nakano, auprès d'un propriétaire original. Ce lieu est un repère d'objets hétéroclites, souvent issus de déménagements, et l'occasion de rencontres inattendues.

C'est ici que la jeune Hitomi va découvrir l'amour. Sous la forme d'une relation complexe entre son patron et la belle Sakiko, au détour d'une invitation chez Masayo qui évoque avec douceur M Maruyama, ou encore à travers le regard du jeune Takeo qui lui semble inaccessible. Il faut dire que ce dernier est insondable, ne se livre pas et laisse peu transparaitre ses émotions.

Le lien qui unit chacun de ces personnages est pourtant fait de petits bonheurs et de blessures que chacun recèle. La vie de la boutique est donc rythmée par le passage des visiteurs, les départs mystérieux de Haruo Nakano "à la banque", les discours fantasques de Masayo, artiste originale et les relations aléatoires de Hiromi et Takéo.

Des années plus tard, leurs chemins se croisent à nouveau ...

En vrac et au fil des pages ...

 

Comme souvent dans la littérature asiatique, ce récit poursuit un rythme lent, mais parvient à nous entrainer dans la vie de personnages différents et pourtant unis par un parcours de vie parfois troublé.

J'avais été envoûtée par Les Années douces et ai retrouvé ici la sérénité qui coule au fil des pages.

Le lieu choisi, une brocante, révèle quelques tranches de vie, associe une histoire à un objet, souligne le passage à autre chose lorsqu'on se débarrasse de souvenirs. C'est une nouvelle vie que Haruo Nakano propose à ces éléments du quotidien, en même temps qu'ils font partie de la sienne.

L'amour est au coeur des préoccupations et l'on découvre un propriétaire porté sur le sexe qui vit une relation complexe avec une belle jeune femme tout en restant un coureur de jupons.

Les confidences de chacun se font autour d'un repas pris dans l'arrière boutique, un bol de nouille, une soupe miso ... D'ailleurs la nourriture tient une place importante dans ce roman, que ce soient les petits moments gourmands de Hitomi et Masayo autour de pâtisseries, ou les petites scènes dans l'arrière boutique.La brocante apparait comme un cocon douillet où chacun peut avoir ses repères. Pourtant, c'est aussi l'école de la vie et l'heure venue de partir pour vivre sa vie, la séparation n'est pas facile.

La nostalgie pointe toujours le bout de son nez dans les récit de Hiromi Kawakami. Mais le dénouement révèle toujours l'optimisme et laisse la place à un avenir teinté de mélancolie.

Ce roman est une petite brise bien agréable.

 

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 08:36
Loin de la foule déchaînée, Thomas Hardy

Loin de la foule déchainée, Thomas Hardy, éditions Archi Poche, 2015, 470 pages

Genre : classique

Thèmes : Angleterre, XIX°S, domaine, mariage, amour, statut social

 

L'auteur en quelques mots ...

Retrouvez la biographie de l'auteur sur le billet Deux contes du Wessex

L'histoire :

Gabriel Oak est un fermier respectable qui a repris l'exploitation de son père. Bien installé à Norcombe Hill, "infatigable au travail et levé dès l'aurore", il possède à 28 ans, un bien qui lui permettrait de prendre une épouse. Ce n'est pas la jeune femme qui arrive alors en chariot, prête à s'installer dans cette ville, qui fera l'affaire. Vaniteuse, elle se présente sous les traits d'une jeune femme insoumise, fière de sa beauté. Pourtant Gabriel tombe sous son charme. Il faut dire que Bathsheba Everdene n'est pas une femme ordinaire, aime effectuer une partie du travail d'une ferme, sait monter à cheval.Sans le sou, elle le repousse pourtant pour d'autres raisons, jouant au jeu du chat et de la souris

Mais "l'amour est un usurier exigeant" et lorsque Bathsheba quitte la ville pour se rendre sans explications à Weatherbury, Gabriel se rend compte qu'il ne pourra l'oublier. Le sort se charge de le convaincre que cette union était impossible : un des chiens dressé pour surveiller le troupeau, et qui montrait depuis quelques temps des signes de désobéissance, affole les brebis et les contraint à se jeter dans la carrière. Ruiné, Gabriel quitte à son tour Norcombe.

A quelques temps de là, rendu à Weatherbury en tant que simple berger, il retrouve Bathsheba dans une situation inédite. Ayant hérité de son oncle, la jeune femme est désormais à la tête d'un vaste domaine. Ne pouvant la reconquérir, il assiste, impuissant, à la cour que lui font d'autres hommes...

En vrac et au fil des pages ...

Quel plaisir de retrouver la plume de Thomas Hardy. Son style est reconnaissable par les intrusions de l'auteur dans son récit et l'humour qu'il y insère, petites piques sur la société contemporaine.

L'Angleterre rurale est le décor favori de l'écrivain qui rend ainsi hommage au dur labeur des fermiers, berger et autres paysans. Pour ceux qui connaissent, Thomas Hardy, on retrouve avec plaisir les paysages vallonné du Wessex, région imaginée par l'auteur, inspirée de son enfance

Le personnage de Bathsheba se révèle fort, malgré une première rencontre placée sous le signe de la vanité, qui vaut à Thomas Hardy une remarque cinglante : "Ce n'était pas précisément la faute de la cabane, observa la jeune fille d'un ton qui prouvait que, chose assez rare chez une personne de son sexe, elle savait achever sa pensée avant de commencer une autre phrase". Rapidement, elle devient une fermière avertie, une femme d'affaires, ce qui est rare dans l'Angleterre victorienne du XIX°S.Elle se revendique comme une femme libre et entend mener sa vie sans se retrouver sus la coupe d'un homme. Pourtant, pour les belles moustaches du sergent Troy, elle se retrouvera dans la situation de ces jeunes filles qu'elle dénigre.

Mais il n'est pas tendre non plus avec les personnages arrogants, comme le sergent Troy, joli coeur qui utilise les femmes puis les rejette, "Il n'ignorait pas le pouvoir des flatteries adroites et son expérience lui avait appris qu'envers le beau sexe, il n'y a pas d'autres alternatives que les compliments ou les jurements." traitez-les avec égards, disait-il, et vous êtes un homme perdu".

Chaque personnage porte en lui une vision de l'amour qui lui est propre mais va être mise à mal.

Par ce biais il nous rend sympathique le fermier Oak au grand coeur, nous pousse à détester Troy, à plaindre Boldwood qui fera les frais de la plaisanterie de Bathsheba et à apprécier peu à peu la jeune femme que l'on voit changer, évoluer, réfléchir au fil des pages, bien qu'elle se comporte souvent comme une ingénue que l'on souhaiterait gifler ! Mais il faut dire, pour sa défense, que ce roman est aussi un récit d'apprentissage, éducation sentimentale d'une jeune femme qui se voit propulsée rapidement ) la tête d'un domaine, avec des hommes sous ses ordres.

Je n'ai pas vu l'adaptation de Vinterberg et espère qu'elle rend compte du regard particulier de Thomas Hardy sur l'Angleterre du XIX°S.

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 07:48
La Horde du contrevent, Alain Damasio

La Horde du contrevent, Alain Damasio, Editions La Volte, 2004, 521 pages

Genre : fantasy

Thèmes : vent, amitié, horde, écueils, quête, musique

 

L'auteur en quelques mots ...

Alain Damasio, né Alain Raymond, est un écrivain français de science-fiction. Il choisit ce patronyme en l'honneur de sa grand-mère Andrée Damasio.

Sorti de l'ESSEC en 1991, il choisit de s'isoler (d'abord dans le Vercors puis à Nonza, en Corse) pour s'adonner à l'écriture. Son domaine de prédilection est l'anticipation politique. Il marie ce genre à des éléments de science-fiction et/ou de fantasy.

Jeune, il écrit de nombreuses nouvelles. Son premier texte long est "La Zone du dehors", roman d’anticipation qui s’intéresse aux sociétés de contrôle sous le modèle démocratique (inspiré des travaux de Michel Foucault et Gilles Deleuze). Publié sous une nouvelle version en 2007, il est récompensé du Prix Européen Utopiales.

Son second livre est récompensé par le Grand Prix de l'Imaginaire 2006 dans la catégorie Roman. Il s'agit de "La Horde du Contrevent" (roman accompagné d'une BOL - Bande Originale de Livre - composée par Arno Alyvan), véritable succès public qui s'est vendu à plus de 50 000 exemplaires.

En 2008, il pose sa voix sur un morceau de Rone: Bora feat Alain Damasio vocal mix; et il travaille actuellement sur un jeu vidéo d’action-aventure développé par la société DONTNOD Entertainment. 

En 2009, il écrit "La Rage du Sage" (essai politique et poétique sur notre époque) pour le single gratuit Memento Mori du groupe SLIVER.Folio SF publie en 2014 "Aucun souvenir assez solide," compilation de nouvelles écrites par Damasio.

En 2016, il livre un nouveau texte politique, Le dehors de toute chose, qui décrypte l’hégémonie du contrôle dans nos vies.

 

Un petit mot sur ...

Arno Alyvan est le compositeur de la bande son du livre. Et oui, les éditions La Volte ont eu l'ingénieuse idée de joindre au roman d'Alain Damasio la musique composée ,sur mesure, par Arno Alyvan et qui colle parfaitement avec les sonorités, le rythme de l'auteur. A découvrir ici

 

 

L'histoire:

" A l'origine fut la vitesse, le pur mouvement furtif, le "vent foudre".

Puis le cosmos décéléra, prit consistance et forme,jusqu'aux lenteurs habitables, jusqu'au vivant, jusqu'à vous.

Bienvenue à toi, lent homme lié, poussif tresseur de vitesses."

 

Ils sont vingt -trois et constituent la vingt -quatrième Horde. Chacun son rôle, formés pour traverser cet espace infini battu par des vents fous, à la recherche de l'origine du vent. Ils ne sont pas les premiers à tenter de joindre ainsi l'Extrême Amont. Tous espèrent qu'un jour, une horde sera capable, grâce au travail des précédentes, d'atteindre cette limite et ainsi justifier les efforts et les espoirs de tous.

Chaque horde a apporté son lot d'avancées, comme les notations sur les vents, consignées par des sigles en un système organisé, imaginé par le scribe de la huitième horde, Focc Noniag.

Leur force : le lien indéfectible qui les unit. Face à eux un vent indescriptible, destructeur et en même temps la raison d'être de la horde. Dans le périple qui bouscule hommes et femmes, la solidarité est indispensable, une nécessaire bouffée face à la peur qui les étreint. Car l'homme est un infime grain de sable , résistant pourtant.

Que d'obstacles, de rencontres, avant de ...

En vrac et au fil des pages ...

 

Parce que je suis entrée en fantasy avec le challenge de Licorne, il fallait pour cette édition que j'aille un peu plus loin et tente un récit sur lequel les avis sont unanimes. Nous voici rendus aux confins du genre, un univers à part entière, entièrement créé par l'auteur, paysages et langage compris !

C'est tout d'abord une expérience visuelle : des mots, des bribes de phrases jetés sur une page, comme balayés, illisibles, comme effacés par le vent.Puis les phrases se reconstituent et l'on entend dans les sonorités, le vent qui souffle entre les lignes ( ffff, vvvv, sssss !).

C'est ensuite une immersion totale dans une langue que l'on comprend sans la connaitre, une sorte d'argot mêlé de néologismes. Invention d'une langue pour la Horde où chacun a un rôle à jouer, ou chaque personnage est matérialisé par un signe et prend la parole pour raconter le périple, décrire un compagnon, revenir sur les siècles passés qui ont vu la naissance des groupes qui se sont succédés, à la recherche de l'origine de ce vent fou.

L'expérience est totale si vous écoutez en parallèle, les musiques composées sur mesure par Arno Alyvan, qui aident à plonger dans l'univers d'Alain Damasio, sont une interprétation bien entendu, mais m'ont été bien utiles lors de certains passages.

Car, il faut bien l'avouer, je ne suis pas lectrice de fantasy et suis probablement allée trop loin dans l'expérimentation du genre. ii tout est complexe, travaillé, réfléchi et les amateurs n'auront aucun mal à situer l'univers décrit, en référence à d'autres qu'ils ont pu découvrir lors de leurs lectures. Pour moi, le manque de références visuelles a été un frein. Imaginer un tel univers est à la fois personnel et demande une imagination proche d celle de l'auteur. Autre écueil : le nombre de personnages qui fait que l'on s'attache à certains mais en oublie d'autres. On me dit que les éditions Folio ont joint un marque page reprenant les signes de chaque personnage et permettant de mieux s'y retrouver. Il vous faudra, lecteur, faire un mix entre les éditions pour obtenir un récit complet et riche !

J'ai en revanche beaucoup apprécié le travail sur la langue, le phrasé. Chaque phrase est un souffle, chaque personnage typé, si bien que l'ensemble laisse déjà entendre une musique, celle du vent que l'on sent à chaque page. C'est assez extraordinaire d'être ainsi parvenu à recréer ce que l'on entend. C'est une langue puissante, qui emporte.

Finalement, se laisser porter est la meilleur solution, bien que des éléments nous interpellent régulièrement, comme cette pagination à rebours, ces petits signes que l'on retrouve partout...

Il faut le lire pour comprendre et il est difficile d'en parler. Le vent ici est protéiforme et l'auteur a su en faire le personnage principal. Alain Damasio joue en outre avec nos émotions, livrant au lecteur tantôt de purs moments de poésie, tantôt des passages plus durs, violents.

"Nous sommes faits de l'étoffe dont sont tissés les vents"

 

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