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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:43

 

Petit rappel : Principe du Bento littéraire

 

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/2/1/3/9782879295312.jpgMangez-moi, Agnès Desarthe, Editions de l'Olivier,2006, 306 pages

Thèmes :nourriture,estime de soi,restauration, chemin de vie

Genre: roman

 

Quel bonheur ce livre ! Sans doute le roman d'une gourmande. Non, le roman d'un gourmet. Le choix des mots, la variété du lexique, le travail des correspondances comme l'association d'un vin et d'un plat où un mot en appelle un autre, une image une sensation. Cela glisse, cela s'écoule lentement; fluidité des propos et de l'histoire. Une évidence 

Alexandre Dumas disait que les bons livres sont comme les bons repas, si digestes que l'on ne s'en souvient plus.

 

C'est ça ! Reste une impression très agréable, le souvenir de sensations, d'images. Trois ans après la lecture de ce roman, je souris en redécouvrant la première de couverture dans l'édition "Points": "Nature morte aux oranges et raisins", 1891, Descotts Evans et je revis les premières impressions d'après lecture : sérénité, plénitude. Une lecture tout enrobée de miel qui vous laisse un délicieux petit goût de "reviens-y".

Le Bento 

On le dégustera un jour d'été, dans un parc ombragé : chaleur et fraicheur. La boite à bento qui l'accompagnera sera en bois laqué pour mettre en valeur les couleurs et l'harmonie de l'ensemble. Ce coffret convient parfaitement à la narratrice qui semble apprécier l'organisation des compartiments et est en quête de repères.

 

http://www.makisushi.fr/img/boite_bento_traditionelle.jpg

Au menu, un savoureux mélange de poissons, d'herbes et d'épices. Un riz blanc neigeux à peine imprégné de vinaigre de riz pour façonner deux nigiris sushis, pas plus. Sur le dessus de fines lamelles de poissons : un thon germon à chair marbrée et un espadon à la chair blanche , souple et suave. Ce sera la mise en bouche. Pour suivre un poisson cuit en papillotte,  à chair ferme et laiteuse, cuit dans un jus d'agrumes avec des baies roses au goût poivré.On parsèmera de la coriandre fraiche ciselée sur le poisson froid dans la boite à bento pour que les feuilles ne fanent pas. En accompagnement, une salade d'herbes fraiches ou un taboulé libanais pour égayer les papilles en mêlant acidité et saveurs plus ou moins fortes. Pour dessert une salade de fruits frais, poivre et menthe ,avec de grosses dattes savoureuses et sucrées.

 

Pas de fioritures mais une présentation impeccable, à la fois simple et pleine de promesses.

http://www.makisushi.fr/img/recette/sumeshi_petit.jpg

http://imworld.aufeminin.com/dossiers/D20090508/HERBES368X534-1-102954_L.jpg

PICT2808

http://img.over-blog.com/375x500/3/85/84/89/recette-PP/012-copie-1.JPG

 

Ceci est une proposition inspirée par une lecture toute personnelle. Je vous laisse nous faire partager vos idées ...

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:19

http://storage.canalblog.com/40/80/444228/39210020.gifLe cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Shaffer et Annie Borrows,2011, éditions 10/18, domaine étranger, 411 pages

Thèmes : littérature, 2° guerre mondale, Guernesey

Genre :roman épistolaire

 

Oh la jolie lecture ! N'attendez pas ici un billet très documenté ou purement littéraire. Ce livre est une lecture plaisir ! Et puis d'abord tout a été dit lors de sa sortie retentissante. Il est vrai qu'avec un tel titre il ne pouvait qu'attirer (si ce n'est pas une recette miracle c'est au moins la clé qui attire le lecteur ! ). Almanach jardinier ? Recette new age ? Il y a bien un peu de littérature là dedans !

 

Et tout d'abord une carte, à la manière d'un guide, qui met en avant les îles anglo-normandes et notamment Guernesey. Voilà le décor planté . Pas tout à fait ! Car c'est d'une correspondance qu'il s'agit ,dont Guernesey n'est que l'un des points d'ancrage. La première lettre est envoyée de Londres et donne le ton: " Cher Sidney, Susan Scott est une perle. Nous avons vendu plus de quarante exemplaires du livre, ce qui est plutôt réjouissant, mais le plus merveilleux, de mon point de vue, a été la partie ravitaillement. Susan nous a déniché des tickets de rationnement pour du sucre et de vrais oeufs afin de nous confectionner des meringues. si tous ses déjeuners littéraires atteignent ces sommets, je suis partante pour une tournée dans tout le pays" . Ce courrier, signé Juliet , propose un style enlevé qui convient bien au roman par lettres. Cette journaliste trentenaire a opté pour la dérision en temps de guerre et a obtenu un certain succès auprès de son lectorat. Mais au moment de se lancer à nouveau dans l'écriture, Juliet est assaillie par le doute "Je ne veux plus être considérée comme une journaliste humoriste" écrit-elle à son éditeur. Lui parvient alors, en date du 12 janvier 1946, une lettre en provenance de Guernesey qui va changer le cours de sa propre histoire. Son auteur, Adams Dawsey, y évoque un mystérieux et non moins alléchant "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" qui la conduira sur cette île anglo-saxonne. D'une lettre à l'autre Juliet découvre le quotidien ,difficile et pourtant sympathique, de bibliophiles coupés du monde que la guerre a mis à l'écart ." Nous n'avons eu aucune nouvelle du monde extérieur pendant cinq ans (...) Votre livre est à la fois informatif, distrayant et amusant" écrit Amelia à Juliet.

 

Le cadre est intéressant car peu commun. Lorsqu'on évoque la seconde guerre mondiale on s'attarde rarement sur un petite partie du monde telle Guernesey. Loin, donc ,des sentiers re-battus sur le sujet, les auteurs ont opté pour un fond réaliste qui est tout aussi attractif que la correspondance en elle -même. pourquoi ces habitants ont-ils été coupés du monde ? Comment ont-ils survécu ? Je dois dire que cette lecture m'a donnée envie d'en savoir plus ! Peut-être pour vérifier aussi que tout cela était vrai (quelle idée ! C'est une fiction et on n'en attend pas de réalisme historique !). J'ai donc appris que les îles anglo-normandes avaient effectivement été les seuls territoires britanniques occupés par l'Allemagne en cette période. J'ai découvert aussi une anecdote concernant une opération britannique du nom d'Opération Ambassador, destinée à effrayer l'ennemi allemand, qui fut un échec mais que l'on présenta alors comme un succès afin de rassurer le peuple britannique !

 

Guernesey , jusqu'à présent, évoquait pour moi Victor Hugo, Les Contemplations, Les Travailleurs de la mer ... Voici avec cette lecture un petit plus rafraichissant !

 

Charmant, désuet, enlevé sont les qualificatifs qui me viennent à l'esprit. Certes la fin est attendue et ne saurait surprendre mais ce qui reste, finalement, c'est le petit goût acidulé de ce roman, son charme britannique et le plaisir d'avoir rencontré une héroine émancipée dont la verve nous ravit.

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 09:31

l-ombre-du-vent-copie-1.jpg

 

L'Ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, éditions Grasset, 2004, 524 pages

Thèmes : livres,secret,Barcelone,guerre

Genre :roman

 

 

" Je me souviens encore de ce petit matin où mon père m'emmena pour la première fois visiter le Cimetière des Livres Oubliés. Nous étions aux premiers jours de l'été 1945, et nous marchions dans les rues d'une Barcelone écrasée sous un ciel de cendre et un soleil fuligineux qui se répandait sur la ville comme une coulée de cuivre liquide." Ainsi débute le récit de Daniel que son père conduit en un lieu mystérieux, réservé à quelques initiés. Il lui révèle alors un bien étrange secret et l'invite à "adopter" un livre parmi les milliers que compte cette bibliothèque particulière . Adopter un livre pour le sauver. Daniel choisit L'Ombre du vent de Juliàan Carax ( à moins que ce ne soit lui qui le choisisse !). Il ne sait encore rien de cet auteur, si ce n'est qu'un étrange individu brûle tous ses livres. Le récit se poursuit au rythme d'une enquête qui révèlera la vie troublante de Juliàn Carax.

Tout au long du récit, plane l'ombre de ce personnage diabolique qui fait osciller le roman entre fantastique et suspens.


Il est difficile de qualifier le genre romanesque dans lequel s'inscrit ici Zafon tant ils s'imbriquent: réalisme, fantastique, policier. Mais peu importe car je dirais que ce roman est surtout un hommage au livre, à l'ivresse de la lecture. Tout lecteur est comme Daniel, obsédé par un seul objectif : savoir !

 

A la manière d'un journal de bord, Carlos Zafon installe l'ambiance ( "1945-49 Jours de cendre"; "1954 Villes d'ombres";"1933-1955 Nuria Monfort : mémoire de revenants";"27 novembre 1955: post mortem"). Sans entrer dans le détail il laisse planer l'ombre du régime franquiste. Son écriture nous plonge dans les brumes barcelonaises qu'il décrit à merveille.

 

Je crois que la magie de ce roman ne tient pas qu'à l'histoire (qui est au demeurant assez compliquée à résumer !) mais au fait que les éléments nous soient donnés peu à peu et constituent une intrigue en même temps qu'une énigme qui happent le lecteur. Nulle facilité ou attendu dans ce récit ne vient corrompre la lecture et l'on suit jusqu'au bout le cheminement de Daniel Sempere sans en perdre une miette. Les personnages sont attachants, à commencer par le narrateur qui n'a pourtant rien d'un héros ( le personnage principal n'est-il pas le livre d'ailleurs ?). Fond et forme se mêlent à merveille si bien qu'à la fin reste une sensation qui me fait dire que l'écriture et l'ambiance qui s'en dégage, plus que l'histoire elle-même, font de L'Ombre du vent un roman que l'on apprécie.

 

J'ai lu ce livre à sa sortie en France et, comme toujours, j'en ai corné quelques pages. C'est amusant de retrouver ces repères ! Pourtant, en les relisant , je ne sais plus ce que j'y ai vu et pourquoi je les ai marquées ainsi; preuve que lorsqu'on est plongé dans une lecture, des mots nous accrochent et ne prennent de sens que par rapport à cette lecture justement. Ici, une phrase prélevée au hasard " N'oublie jamais la faculté d'oublier qu'éveillent les guerres", retenu pour la référence au devoir de mémoire qui me préoccupe aussi dans mes cours au collège. Là: "Il était vêtu de marbre et portait le monde dans son regard"

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 15:10

http://auteurs.la-reunion-des-livres.re/wp-content/uploads/2009/11/photothomas165.jpg

Elle s'avance, menue, le menton haut. Elle observe à chaque pas. Je l'ai invitée dans mon collège pour présenter son ouvrage à ma classe de Troisième. Ils ont lu son roman Je veux ma place au soleil et ont préparé quelques questions pour elle.

 

Elle est là mais elle est ailleurs.

Elle est rompue à l'exercice maintenant. Rencontrer des jeunes fait partie de sa nouvelle mission. Pour elle ils ont mis en place le CDI, sélectionné quelques ouvrages dans les rayons, prévu un café, un jus de fruits, des viennoiseries. Et oui, ce n'est pas n'importe qui Bernadette THOMAS !

Ecrivain réunionnaise (je ne peux me résoudre à écrire "écrivaine" ou "auteure"), elle vient de publier son sixième roman Sur leurs pas. Ses écrits sont empreints de culture réunionnaise, de croyances (Le souffle des disparus), de métissage. On y trouve toutes les couleurs, tous les espoirs, toutes les souffrances d'une île au passé tourmenté, au présent incertain, à l'avenir fragile. Car on ne vit pas sur une île comme on vit en métropole, on ne s'arrache pas à son passé, à ses racines si facilement. Chaque ouvrage est une quête comme elle le dit elle-même. Sa vie est une quête qui passe par les rencontres, la spiritualité, le partage.

Elle ne leur laisse pas le temps de poser leurs questions. Elle les connait d'une certaine façon puisqu'elle était enseignante. Cela les désarçonnent puis ils s'habituent, écoutent. Elle dit son parcours, ses influences, son besoin d'écriture. Toujours un roman d'avance, toujours une idée, une piste.

Elle guette leurs réactions et écoute finalement leurs questions,.Un mot en appelle un autre. Elle explique "un livre à chaque âge. Je n'écrirais pas Je veux ma place au soleil de la même façon aujourd'hui. Je devais être tourmentée ( rires). En relisant ce roman pour venir vous voir je me suis dit oh la la !". Car c'est un roman qui dénonce aussi ,sous couvert de quête initiatique. Il met en place le voyage que l'on retrouvera plus tard dans ses autres livres, il invite le hasard des rencontres ou au contraire le destin, il donne à voir une facette de La Réunion que l'on ignore parfois ( que l'on feint d'ignorer): les cases de tôle, la vie dans les quartiers défavorisés, le chômage, l'avenir incertain des jeunes, l'illétrisme, une société à deux vitesses.

Elle aime son île , ses légendes et en a même fait une trilogie, La Terre jumelle, inspirée par ses échanges avec son fils. Que fait un roman fantasy au milieu de sa production littéraire ? "C'était un besoin de m'adresser aux plus jeunes, même si tout le monde peut le lire, reprendre les histoires réunionnaises". C'est aussi une façon d'entrer dans l'identité créole, d'en reprendre les fondements par ce qui berce l'enfance des jeunes ici : le volcan, les légendes, les zistoirs !

Chaque parole l'emporte vers un autre territoire "Je prépare déjà mon prochain livre. il est né d'une rencontre en Bretagne mais je ne peux pas en dire plus...", c'est bien dommage ! "Mais je peux vous présenter le dernier né: Sur leurs pas !". On découvre alors un auteur dynamique, avide de lectures, d'échange, pour qui les racines sont très importantes, le respect des autres, le partage des cultures. Elle lit les premières pages et l'on découvre les paysages créoles sous le regard d'une touriste allemande, un roman sur la différence et la nécessité de connaitre son histoire pour avancer sereinement. C'est toute l'Histoire de la Réunion !

Elle s'anime d'une nouvelle flamme en avouant que le dernier livre qui a fait battre son coeur a été écrit par sa fille, Sandrine Le Callet, Rose métis, un roman sur le métissage, la mixité des cultures à la Réunion et notamment la culture indienne, malbar.

Elle repart, promettant de revenir en février avec ses brouillons pour un atelier d'écriture....à suivre donc !

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 07:18

http://data5.blog.de/media/395/2880395_8dacca5868_m.jpg

Alexandre François Desportes, Nature morte avec lièvre et des fruits, 1711

 

 

Bien entendu chacun connait cette histoire mais je ne résiste pas au plaisir de la placer dans cette rubrique.Car l'événement est passé au rang de légende, mystère de la gastronomie.

 

Mystère car on sait peu de choses de Vatel, de son parcours, jusqu'au moment où on le rencontre chez Nicolas Fouquet, alors surintendant de Louis XVI. Il y exerce la lourde tâche de Maitre d'hôtel, veille à l'approvisionnement, s'occupe du service des tables, des menus, des réceptions... Il est responsable de tout. "Etre maitre d'hôtel au XVII°S, c'est en quelques sorte travailler avec un couperet permanent au dessus de la tête" Patrice Gélinet, 2000 ans d'histoire gourmande.

 

Or la table est à cette époque le reflet de la richesse de l'homme. Fouquet est diablement puissant et riche et sait flatter qui il convient. Cela passe par le palais bien entendu !

 

Au mois d'août 1661, le surintendant reçoit le roi en personne. Louis XIV avait déjà eu l'occasion en 1656 de goûter aux plaisirs de la table chez Fouquet. Il accompagnait alors son oncle, Gaston d'Orléans.Il faisait terriblement chaud mais Vatel avait tout prévu : chacun avait trouvé une boisson désaltérante rafraichie par de la glace, les tables étaient savamment dressées pour le plaisir des yeux. Vatel n'a jamais déçu. Mais ce jour d'août 1661 Fouquet lui demande de se surpasser. La période est aux tensions, Louis XIV entend bien gouverner seul.

 

Vatel est à la hauteur de l'événement. "Tandis que vingt-quatre violons égaient l'atmosphère brûlante de ce mois d'août, on dîne à la lueur des flambeaux dans de la vaisselle d'or et de vermeil." La qualité des mets proposés éblouit les invités.Molière donne une représentation de son Fâcheux. Un feu d'artifice illumine le parc.

 

Louis XIV se sent pourtant humilié par tant de splendeur et d'étalage de luxe. Sa haine de Fouquet redouble. Il le fait arrêter et l'accuse d'avoir volé les deniers de l'Etat. Fouquet sera enfermé à Pignerol jusqu'à sa mort en 1680.Que devient Vatel ? Il est engagé comme argentier des écuries du frère du roi. Il reste l'organisateur des grands événements, pour Condé.

 

En 1671 le roi gratifie Condé de sa visite durant trois jours. Vatel ne dispose alors que de quinze jours pour tout préparer.Il doit engager du personnel, élaborer les menus, organiser les festivités. Le jour de la réception Vatel est épuisé, il a alors quarante cinq ans et ressent pour la première fois sans doute une réelle peur. La pression est lourde car de cette fête en l'honneur du roi résulteront les relations entre Condé et Louis XIV. La soirée débute et tout est au point, les invités comblés, le service parfait. On raconte qu'un mauvais présage aurait alerté Vatel à cet instant : le feu d'artifice prévu ne fut pas à la hauteur.

 

Le lendemain est un jour maigre. Le menu comportera du poisson. Vatel a contacté plusieurs ports de pêche mais l'approvisionnement est retardé. Les heures passent et augmentent le désarroi du maitre d'hôtel. Il ne peut se défaire de la honte qui l'étreint. Il regagne alors sa chambre et met fin à ses jours d'un coup d'épée.

 

L'histoire est cruelle et, bien évidemment, la marée tant attendue arrive. La fête aura bien lieu...sans Vatel aux commandes; "sa mort est passée inaperçue au milieu des airs de violon...".

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 16:18

http://ecx.images-amazon.com/images/I/5138D276WFL._SS400_.jpg

 

J'ai rêvé de courir longtemps, Ron Mac Larty, editions Albin Michel, 2005,397 pages

Thèmes : vie quotidienne, deuil,USA,estime de soi

Genre : roman

 

 

L'histoire :A 43 ans Smithy Ide est un fumeur compulsif, un alcoolique et souffre d'obésité . Son monde vacille à la suite d'un accident de voiture dans lequel ses parents trouvent la mort. "Parfois, il advient de ces choses qui font qu'on n'a même plus la force de se tenir debout. ça vous prend aux genous. Aux jambes. Au coeur. J'ai mis ma figure contre la sienne et j'ai attendu de pouvoir me relever.". D'un souvenir à l'autre Smithy convoque sa soeur Bethany, disparue quelques années plus tôt, sa voisine Norma, fidèle compagne et dresse le portrait des habitants de sa bourgade américaine. C'est alors que,relevant le courrier de ses parents, il tombe sur une lettre l'informant que sa soeur repose à Los Angeles en attendant les instructions d'un parent proche. Sans savoir réellement ce qu'il fait,Smithy entreprend brusquement une promenade sur son vieux raleigh,le vélo de son enfance. "(...) plus je pédalais et suais , moins je souffrais. Je n'avais aucune envie de m'arrêter en arrivant à East Providence ...". Commence alors une longue route, rythmée par le récit d'anecdotes, de rencontres et les coups de fil passés à Norma, route qui le mènera en Californie où se trouve le corps de sa soeur.Une longue traversée aux accents de quête initiatique ,au cours de laquelle Smithy va se découvrir et renaitre. Des rencontres qui rythmeront sa route il ne va garder que le meilleur, la générosité, le don de soi, ce qui va le révéler à lui même et aux autres.

 

En vrac et au fil des pages : évidemment dit comme cela, le roman de Ron Mac Larty peut ressembler à une épopée américaine dans laquelle un looser, parti de rien, se découvre et grandit. C'est sans compter sur l'écriture de cet auteur, acteur de séries TV , que l'on présente souvent comme le protégé de Stephen King. Pourquoi ne pas le présenter comme l'auteur remarquable de J'ai rêvé de courir longtemps tant il semble avoir mis de lui dans son roman ? Aussitôt on pense à Forrest Gump, Bagdad Café ou encore Darjeeling limited pour le côté profondément humain, spirituel et qui ne laisse pas indifférent. Peu importe le but final, ce qui compte c'est la route, ce qu'elle permet de réflexion, d'abandon de soi.

 

J'avoue avoir apprécié le style simple, l'ancrage dans la réalité d'un roman populaire finalement. J'ai aimé le contrepied volontairement pris par Ron McLarty avec son personnage attachant tout autant que dérangeant. Pas de misérabilisme malgré les malheurs successifs qui l'accablent et font écho à un passé lui-même douloureux (guerre du Vietnâm, enfance aux côtés d' une soeur déséquilibrée). Je pense que l'on aime ce roman pour sa simplicité et non uniquement pour la leçon de vie qu'il nous donne.

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