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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 09:05

Parmi les petits friandises que j'affectionne , le laddu arrive en tête. Cette pâtisserie indienne à base de farine de pois chiche est certes très sucrée, mais on n'en mange pas tous les jours n'est-ce pas ?

Pour moi le laddu est associé à un lieu : le Bar à 4, restaurant aux spécialités indiennes et orientales, localisé au Tampon sur l'ile de la Réunion. Si vous recherchez un restaurant raffiné, passez votre chemin !bar-a-4.jpg Le charme de cet endroit est ailleurs, dans l'indescriptible même si la devanture fait frémir (photo ci dessous) !


Mais ce n'est pas le contenant qui importe, plutôt ce que l'on trouve à l'intérieur. Et tout d'abord l'accueil souriant, les senteurs épicées, l'agitation aux fourneaux de la famille, le côté désuet et typique de la décoration. Puis les gens, d'origines différentes, qui parlent fort, les enfants qui circulent entre les tables. " Vous voulez rester en terrasse ?" Non, non, surtout pas. Surtout pas trop près de la rue ! Je veux être au milieu de cette ambiance colorée et métissée.

Je ne suis pas venue pour manger un plat aujourd'hui. Je voudrais un laddu (comment le prononce-t-on ? Laddou ?). "Avec un thé ?". Oui c'est ça, avec un thé. Posé sur ma table, Les Mots à nu de Jean françois Samlong. "L'ombre m'a attrapé dans l'éclat d'une écriture qui ouvre son chemin dans l'inédit de la langue. Du placenta cérébral naissent les mots, les images qui signifient qu'on ne tient que soi dans le creux de sa main".


http://www.nandyala.org/mahanandi/images/cashewwalnutburfi/cashewwalnutladduimagecopyrighted3.jpgLe laddu arrive : un petite boule à l'aspect caramel clair, de petits grains plus foncés ça et là. Puis le thé. Mmh ! Je l'ai vu faire ce thé, J'ai vu le cérémonial : première infusion puis cuisson. D'abord l'eau qui bout avec les épices (cardamome, gingembre, cannelle, poivre noir... peut-être autre chose ?). Puis on retire l'eau du feu et on ajoute, pour infusion, le thé noir et le sucre. Le lait chauffe à côté. Je la vois filtrer le thé, ajouter le lait chaud au liquide bouillant et faire cuire. C'est là que le mélange prend cet aspect blanc caramélisé et que les arômes se mêlent sans doute. J'avais essayé auparavant de préparer un thé massala. Je sais aujourd'hui l'importance de cette cuisson.

Puis un thé prend toujours un goût particulier suivant le lieu où on le déguste, les gens qui nous entourent, la lecture qui occupe nos pensées. "La blessure qui ne relève pas la beauté au regard de l'aveugle n'est que fente, jamais jouissance. il en est ainsi de certains livres qui ne donnent à lire que l'encre de l'écriture sur le beau papier que la pensée a effleuré, où ne souffle aucune tempête, où ne parle aucun orage, alors que d'autres vous entrainent plus loin dans l'enfer endormi des ombres."


L'ensemble est parfait, tout est très doux, sucré,parfumé. Du laddu j'aime la saveur de rose, à peine perceptible, et les petits raisins secs ou dattes qui fondent en bouche. http://img.over-blog.com/600x450/4/13/91/60/BOISSONS/P1010787-1-.JPGDu thé j'aime les senteurs mêlées de cardamome, cannelle et quelque chose que je n'identifie pas mais qui est probablement lié au lait.

Autour de moi des conversations en créole, d'autres en tamoul. Au milieu, jean François Samlong me souffle "En moi, l'île est un volcan. Autour. Partout. Je suis prisonnier du volcan, de l'écrit qui me pousse vers la liberté du langage".

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 16:33

Promotion pour l'album "sur-les-chemins-de-la-reunion" :

entre mer et montagne

Panorama sans titre1 (2) PICT0180 PICT0099 sur-les-chemins-de-la-reunion 2164

Consulter l'album "sur-les-chemins-de-la-reunion".

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 07:02

http://www.bief.org/fichiers/livre/93/212793/couv.gif

 

 

 

Je t'écris du pont, Joelle Ecormier

Ensemble de six nouvelles, Océans Editions, 2009, Coll. Océan Ados

 

Public : adolescents

Thèmes : suicide, solitude, amour, relations inter-générationnelles,handicap, technologie,art,emprisonnement

Genres : réalisme, fantastique, épistolaire

 

"Je t'écris du pont", première nouvelle : chaque jour Thomas écrit à Nadjwa, "Ma Nadjwa, ma nana". Il lui écrit son amour, le vide de son existence depuis qu'elle a mis fin à ses jours, sa colère face au monde qui continue sa course, sa rage contre une société qui se dit ouverte mais accepte mal la différence. Chaque jour il lui écrit du pont Vinh-san, puis déchire ses mots et les laisse s'envoler. Un pont entre deux êtres, deux âmes, deux religions; un pont comme un passage vers l'âge adulte.

 

Plusieurs thèmes s'entremêlent dans cette nouvelle et s'imbriquent sur fond d'amour interdit entre deux lycéens:

 

Le suicide et le deuil qui s'ensuit : le geste de Nadjwa n'est pas donné dès le départ. la nouvelle, sous forme épistolaire, dévoile peu à peu les circonstances qui l'ont amenée à se suicider.Un amour interdit, une grossesse qui aurait sali l'honneur de sa famille musulmane, il n'en fallait pas plus pour qu'elle entrevoie son geste comme seule alternative. face à ce qu'il n'a pas vu venir, Thomas traverse seul les étapes de l'acceptation: la tristesse, le désarroi, la colère et ne trouve de repos que dans l'écriture puis dans la parole échangée avec Louise. A peine évoqué, le deuil des parents rend perceptible l'amertume de Thomas envers Nadjwa et un geste qu'il ne comprend pas.

 

La solitude et la relation à l'autre : Thomas est seul face à lui-même.Cette solitude est amplifiée par le fait que sa liaison avec Nadjwa n'était connue de personne, "Personne ne devait savoir pour nous deux. Tu l'avais écrit dans ta lettre". A qui se confier dès lors ? La peur de manquer à sa parole en parlant à sa mère, le rejet de Salima (meilleure amie de Nadjwa), la crainte d'un face à face avec la famille de son amie, coupent Thomas du monde qui l'entoure et le poussent à se jeter dans le travail :"(...) je récite mes cours. Toute la nuit. C'est rien qu'un pare-coeur". En même temps, cette solitude permet une prise de conscience et un cheminement vers l'âge adulte.

 

La recherche de l'âme soeur : le thème est décliné de façon originale par le truchement de destins croisés. Joelle Ecormier ne tombe pas dans le pathos lorsqu'elle fait dire à son héros qu'il n'aimera plus jamais de la même façon. Thomas, au fil des pages, se détache de Nadjwa et sait que le temps fait son peuvre. Nadjwa n'était peut-être pas son âme soeur. Alors intervient Louise, comme un message du destin, la moitié qui manquait à Thomas: "Elle est la partie de moi qui n'a pas envie de sauter".

 

La maternité : la nouvelle évoque, sans s'attarder, la maternité précoce des jeunes femmes réunionnaises. La mère de Thomas l'a eu à 17 ans et Nadjwa était encore au lycée lorsqu'elle est tombée enceinte. Aucun jugement n'est porté car c'est un fait qui a toujours existé mais en parler ici rappelle que le problème est devenu majeur tant s'est modifié l'environnement économique, politique et scolaire. Ici la grossesse est évoquée en lien avec la religion de Nadjwa et l'éducation austère de sa famille:" Je suis enceinte (...)Autant écrire: je suis morte". En même temps Thomas regrette son geste et pense qu'un dialogue aurait permis à Nadjwa de vivre.

 

Les ponts : c'est, selon moi, le support le plus intéressant de la nouvelle, par la symbolique qu'il recouvre. Le pont est, à l'origine dans le récit, le lieu de rendez-vous des jeunes amants qui ne veulent pas être vus des adultes. C'est aussi le lieu où Nadjwa a mis fin à ses jours.Pour cette raison, il sera aussi le refuge de Thomas. Mais au-delà de cette fonction il relie deux êtres différents (religion, physique ...). C'est aussi par ce pont qu'arrive le personnage de Louise. Pour aller plus loin, sans doute peut-on y voir le symbole du passage de l'enfance à l'adolescence puis à l'âge adulte.

 

La nouvelle reprend les thèmes chers à l'adolescence. Sa force réside dans sa forme qui donne le ton juste à travers les paroles de Thomas, son ancrage dans le présent de l'écriture, la poésie de certaines images, de certains jeux de mots. Sa faiblesse est peut-être de livrer des attendus: ainsi la révélation finale sur Louise ne serait surprendre tant elle était préparée. Cela reste une jolie lecture, surtout associée aux autres nouvelles.

 

Je ne les commenterai pas toutes mais livre ici un aperçu :

 

"L'Ami de Marco", deuxième nouvelle : à 13 ans, Marco est paraplégique:"Mes jambes sont mes chaines". Il parle au passé de son infirmité et l'on comprend qu'un changement s'est produit dans sa vie. C'est le récit de cette transformation qu'il nous livre dans cette nouvelle qui mêle réflexion sur le handicap, l'amitié et le regard de l'autre . Accompagné de ses parents, Marco de rend à un exposition de peinture et tombe en admiration devant un tableau qu'il baptise aussitôt "Un Ami". Le peintre, Ahel, lui révèle alors que c'est effectivement le véritablement nom du tableau mais refuse de le lui vendre:"on n'achète pas un ami". Non, il le lui offre ! Une fois dans la chambre de Marco, le tableau semble le protéger et veiller sur lui. Notre jeune héros en oublie son handicap. Mais bientôt le portrait prend vie et Un Ami en sort chaque nuit, pour revenir au petit matin. Marco tentera alors tout ce qui est en son pourvoir pour empêcher Un Ami de sortir du tableau, demandant à Ahel de peindre des barreaux . Peu à peu le portrait au regard s'éteint et devient triste, jusqu'au jour où Marco comprend ...

Cette nouvelle est sympathique pour la double lecture qu'elle propose : l'histoire fantastique en elle-même et une reflexion sur l'amitié en filigrane.

 

"Mémé philo", troisième nouvelle : la nouvelle s'ouvre sur l'interview d'une lycéenne par son ami. Elle s'apprête à raconter comment un projet qui lui tenait à coeur a changé le visage de son lycée. Son discours maladroit, empreint d'émotion fait défiler sous les yeux du lecteur les personnages de son histoire vraie : Ariane, lycéenne et amie de la narratrice, un peu déjantée et volontaire et Mémé Philo, sa grand-mère de 102 ans pour qui toutes deux vont se battre. Le projet ? Faire de la cabine téléphonique du lycée une oeuvre d'art et ainsi faire passer un message : " c'est bien la peine d'avoir brisé les chaines de l'esclavage si c'est pour s'en mettre d'autres", tel est le discours de Mémé Philo contre le portable qui prive les gens de ce qu'ils ont de plus précieux :la liberté ! A la fin de la diffusion de ce petit film, la salle se rallume et ...

Je ne vous en dit pas plus. C'est une jolie nouvelle sur la technologie et les racines !

 

"Le cadeau fait à Lancelot", quatrième nouvelle : c'est à la fois la plus poignante et la plus étrange des nouvelles de ce recueil. Après la soirée d'anniversaire de Lancelot, Justine retourne chez lui afin de lui avouer son amour. Durant toute la soirée elle n'a pas osé prononcer ces mots et se résoud à le faire au petit matin. Entrant chez Lancelot elle le découvre, interte, sur le sol. Il respire encore faiblement mais sa pâleur indique déjà que quelquec chose l'a troublé. Près de lui un livre, cadeau de sa mère, attire Justine. Elle le parcours et découvre alors l'écriture de la mère de Lancelot, décrivant la vie de ce dernier jusqu'à ses 18 ans, jusqu'à cette soirée. d'abord émue de découvrir ainsi l'homme qu'elle aime, Justine comprend la valeur magique de l'objet, révélée par ces mots "(...)Lancelot, jour après jour. J'ai fabriqué ton existence ". La raison de ce cadeau est que 18 ans après, la mère de Lancelot s'est décidée à rendre sa liberté à son fils, ce fils qui n'a jamais connu la souffrance et qu'elle a ainsi protégé toute sa vie. Au petit matin, Justine ronocera les mots qu'elle était venue dire à Lancelot.

Je ne vous révèle pas la fin !

 

Babylone, cinquième nouvelle : celle-ci est la plus poétique sans doute. La narratrice, dont on ne connait pas le nom, raconte ses ateliers de lecture/écriture dans la prison de Saint Denis, avec "des gueules cassées, des visages rafistolés,des peaux tatouées, des bras musclés". De ce lieu, elle ne décrit que des bribes ( verrous, grilles, bruits) car ce qui attire son attention est Babylone, baby alone comme il signe ses écrits, qui exerce sur elle une attirance indéfinissable. Elle ne saura rien de sa vie sinon qu'il considère cette prison comme sa maison, lui qui a été abandonné par sa mère. Ces murs sont un refuge et c'est ainsi qu'elle aussi finira par les voir, chaque lundi, à chacune de ses visites, jusqu'au jour où Babylone sera libéré ...

 

Post-scriptum, dernière nouvelle : la plus courte. Sous forme de post scriptum à une lettre écrite à son père, le narratuer énonce tout ce qu'il a oublié de lui dire durant sa vie, les souvenirs, les sentiments, les mots qui font du bien. La nouvelle nous rappelle surtout qu'il faut prononcer ces mots tant que la personne à qui ils sont destinés est là pour les entendre. Pour éviter les regrets.

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 07:21

  Tigouya, Teddy Iafare Gangama,Yohann Schepacz 2009, éditions Epsilon jeunesse

Public : jeunes enfants

Thème : voyage,île de la Réunion,animaux,devinettes,rencontres

 

En voilà un curieux titre ! Tigouya est un margouillat. Un quoi ? Un Mar-gou-ya ! Une sorte de petit gecko que l'on rencontre partout sur l'ile de la Réunion. C'est un emblème ici et c'est pour cela qu'il était parfaitement approprié pour Teddy Gangama.


 http://www.livranoo.com/img_bigcouv/c_1083.jpg

 

L'histoire : " Navé in zour, dann fon la kour." Tigouya vit dans les montagnes de Mafate, cirque des hauts de l'ile de la Réunion. Il rêve de voir l'océan, pour de vrai. Comment faire ? Le voilà embarqué dans le sac à dos d'un touriste ! Son périple le mène sur les routes de la Réunion, à la découverte de tout ce qu'il ne connait pas mais aussi à la rencontre de toutes sortes d'animaux. Pour avoir le droit de se reposer en ces lieux où il s'arrête il devra répondre à des devinettes :'Quand ma maison est rouge, je m'habille en rouge, quand elle est verte je m'habille en vert, mon point fort : ma langue!". Alors ? une idée ? "ou i koné kisa m'i lé " Mais lui n'est pas aussi dégourdi que les enfants qui découvriront cet album aux accents créoles et qui trouveront sans doute la réponse ! Sachez juste qu'il atteindra son but , l'amour en plus, mais ... chut ! A vous de lire maintenant:

 

Un extrait de tigouya ICI

 

Tigouya est né de l'idée de faire connaitre l'ile à tous mais aussi de la volonté de l'auteur de créer un album dans lequel les enfants réunionnais se retrouveraient. Quel plaisir, en effet, de reconnaitre des lieux, des animaux, peut-être même un peu de son chez-soi ! La langue est truculente, même en français. Le vocabulaire imagé et les devinettes savoureuses. Mais c'est bien sûr en créole que les sirandanes ( et oui c'est ainsi que l'on nomme les devinettes qui colorent le livre) prennent tout leur sens.

 

Magnifiquement illustré par Yohann Schepacz, cet album ravira petits et grands.

 

Tigouya s'exporte avec succès et a reçu le prix du livre insulaire d'Ouessant. A la Réunion il obtient le prix Paille-en-queue dans la catégorie CP/CE1. Mais croyez-moi, on peut le lire à tout âge tant il est plein d'humour et de dynamisme. Deux versions donc pour ue même histoire. Et pourtant, au départ, Teddy Gangama avait imaginé une version bilingue, permettrant d'avoir face à face les deux langues, français et créole, ce qui est  l'une des particularités de la Réunion. Il en fut autrement et les deux albums vivent deux vies séparées, ce qui est sans doute tout aussi intéressant puisqu'ils ne s'adressent pas au même public.

 

Le voyage ne s'arrête pas là. Après un succès bien mérité en librairie, voici Tigouya sur les planches ! (video ci dessous). Et pas seulement à la Réunion s'il vous plait ! Paris a eu droit à sa représentation. Evidemment les répliques de l'album ne sont pas toujours présentes et il fallait bien adapter le travail de Teddy Gangama pour la scène. Mais lui-même reconnait que le rendu est intéressant. En tous cas, petits et grands adorent ! Il faut dire que la mise en scène ne manque pas d'originalité avec ses volets à rabat, ses changements de décors plus inattendus les uns que les autres, ici un volcan, là une plage ! Epoustoufflant !

 

 

J'aurai l'occasion de présenter l'auteur dans une autre rubrique. Sachez juste qu'il a plus d'une corde à son arc : auteur de livre de jeunesse, fonnkezer de talent, poète et fervent défenseur de la langue créole ... A tout bientôt pour un prochain billet donc !

Avec cet album je participe à :

ca2012petit Logo1.JPG 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 09:04

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/taxi-khaled-09.jpg

 

  Taxi, Khaled Al Khamissi, editions Acte Sud, 2009, collection Mondes arabes,189 pages

Thèmes : Egypte, régime Moubarak,religion,vie quotidienne

Genre :discours

 

 

 

58 récits, 58 conversations dans un taxi.

 

Le support est simple et tellement ingénieux à la fois. Car qui peut mieux parler de l'Egypte que ceux qui la sillonnent nuit et jour, en connaissent toutes les facettes, pour le meilleur ou pour le pire.

En 2007, lorsque Khaled Al Khamissi écrit ce petit livre aux accents du Caire, il n'imagine probablement pas la suite que vont prendre les événements. Quoique, la colère gronde dans ces pages et les différentes conversations, vécues ou inventées, en sont le reflet. Khaled Al Khamissi n'est pas uniquement romancier, il est aussi journaliste et dresse ici une critique du gouvernement de Moubarak mais aussi , dans une certaine mesure, des égyptiens. Qui aime bien châtie bien :"J'ai eu la chance d'avoir une bonne éducation et de voyager partout en Egypte, et c'est ce qui a forgé ma personnalité et mon caractère. J'ai beaucoup visité mon pays, et c'est ce qui a cultivé mon amour pour lui."dit-il.

 

Après l'assassinat de Sadate, Hosni Moubarak arrive au pouvoir et renforce l'alliance de l'Egypte avec les USA tout en maintenant le lien initié par son prédécesseur avec Israël. Les clivages sociaux se renforcent mais le gouvernement resserre la vis. L'intégrisme monte, le gouvernement répond par davantage d'autoritarisme. Le peuple égyptien ne peut que subir. C'est cette période que raconte Khaled Al Khamissi à travers les voix de chauffeurs de taxi du Caire. Chacun donne sa vision de la vie sous le régime Moubarak : la foi inébranlable en Dieu du vieux chauffeur "Le pain quotidien ne t'appartient pas et l'argent ne t'appartient pas : tout appartient à Dieu", la révolte de cet autre contre le banditisme policier, le souvenir du régime de Sadate, la place de la femme dans la société, la colère contre les égyptiens qui "n'ont pas de quoi manger mais (dont) chacun se balade avec un téléphone portable", l'époque où "les taxis étaient encore une denrée rare..." ,les affres de l'émigration, l'importance de la place Tahrir ...

 

J'ai aimé ces 58 saynètes, liées les unes aux autres et pourtant juxtaposées comme autant de voix de l'Egypte. Qu'ils soient pour ou contre le régime en place, chacun s'exprime avec sa personnalité, ses convictions et c'est ce qui retient l'attention du lecteur. La dénonciation est formulée par le lecteur lui-même, non par l'auteur dont le récit n'est que le réceptacle de 58 voix. Elle se répondent, se complètent, si bien que l'on ne saurait les lire indépendamment, même si le livre semble y inviter.

 

http://photo.europe1.fr/infos/international/11.02.femme-foule-egypte.930620-409847/7416519-1-fre-FR/11.02.Femme-foule-Egypte.930620_scalewidth_630.jpg

scènes de joie dans les rues du Caire après l'annonce de la démission de Moubarak @REUTERS

 

Un jour historique : au pouvoir depuis 30 ans , Hosni Moubarak a démissionné en février 2011 après des jours de manifestation des égyptiens dans les rues. L'armée s'est alors emparée du pouvoir. Une déferlante a parouru le monde arabe, comme un écho aux scènes de liesse égyptiennes, au cri de "Démocratie!". L'Egypte entrait dans une nouvelle période et tournait la page Moubarak.

De cela Khaled Al Khamissi n'a pu parler dans son roman, écrit en 2007. Que disent aujourd'hui les chauffeurs de taxi du Caire ?


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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 07:14

Et oui, c'est tout caramel en ce moment à la maison ! Après la tarte glacée, caramel coulant voici les petites gourmandises maison.

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSgUSrrX1pQLMznKZfTjv2adk5AbG1mfFVXwbUI3lFik3H2ZKCBq6_5Wq41

"Lorsqu'on commence on ne peut plus s'arrêter !

- C'est vrai...et alors ? Oh, allez, ce n'est pas tous les jours tout de même

- D'accord mais qu'est-ce qui fait qu'on ne peut pas se satisfaire d'une petite poignée ?

- Je ne sais pas. Ou plutôt si. C'est un mélange de croquant et de sucré qui enchante les papilles. La sensation dure peu. D'abord le goût du caramel. Ou plutôt non, le goût du caramel et déjà, en fond ,la saveur des cacahuètes. Je croque. Croustillant, craquant. C'est du mélange que nait le plaisir de ces friandises. Que seraient les cacahuètes sans le sucre qui les enrobe sinon une simple pépite apéritive? De la sensation nait l'émotion et la mémoire gustative.

- Oui, la mémoire. C'est une gourmandise de fête forraine !Alors c'est le sucre qui fait tout !

- Pas tout à fait car la cacahuète rend tout aussi accro. Regarde tes invités. Au départ ils en prennent délicatement une ou deux. Puis on y retourne et là, du bout des doigts, on en prend plusieurs. Regarde celui là qui les jette d'un coup dans sa bouche ! Une seule ne suffit pas !

- C'est un mélange maléfique tes surprises caramélisées !"

 

5 minutes chrono ?... pas tout à fait s'il vous plait !

 

Vous prendrez  250 gr de cacahuètes non salées (on les trouve en gros sacs dans les épiceries indiennes, 250 gr d'eau et 250 gr de sucre. Tout en proportions égales ! Mettez les ingrédients dans une grande poêle et laissez cuire jusqu'à l'apparition d'un liquide liquoreux. A partir de là remuez sans cesse afin que toutes les cacahuètes soient enrobées de caramel blond. Lorsque le sucre se transforme en sable, baissez le feu et continuez à remuer en détachant les pépites caramélisées pour qu'elles ne forment pas de petits blocs. La préparation va peu à peu sécher, le sucre brunir.

Versez les pépites sur une feuille de papier sulfurisé en les espaçant et laissez refroidir.

La petite astuce qui garantit le succès de vos friandises est ici : surtout ne jetez pas le sucre qui reste dans la poêle ! Après quelques minutes rallumez le feu sous la poêle et faites un second passage , même procédé. Cette couche assurera le croustillant et rendra vos "surprises caramélisées" uniques.

 

Pour prolonger le plaisir :

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