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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 06:35

http://www.bernadette-thomas.com/wp-content/uploads/2008/02/je-veu-ma-place1.jpg

 

Je veux ma place au soleil, Bernadette Thomas, Editions Grand Océans, 247 pages

Thèmes : île de la Réunion, relations inter-générationnelles, nature, emploi/chômage,illetrisme

genre :roman

 

 

J'ai rencontré Bernadette THOMAS l'année dernière à l'occasion d'une séance lecture dans mon collège. Je n'ai pas résisté à l'envie de l'inviter à nouveau en fin d'année, pour un petit moment d'échange avec mes élèves (rendez-vous ICI pour en savoir plus). A cette occasion je me suis plongée dans son parcours, son oeuvre au sens large. J'ai d'abord été étonnée par la variété des genres : roman fantasy avec La Terre jumelle, fiction réaliste avec Le souffle des disparus ou Je veux ma place au soleil. Des récits toujours ancrés dans son ile natale ,La Réunion, ses croyances, ses superstitions.

 

L'histoire : Je veux ma place au soleil se détache un peu des autres romans de Bernadette THOMAS par la révolte qu'il contient. Le style est ample mais aussi incisif. Le roman s'ouvre sur une description de Bras-la boue, banlieue défavorisée inspiré d'un quartier de Saint Denis qui donne le ton. Maximin a 20 ans et vit avec sa mère, ses frères et soeur et son beau père dans un quartier précaire,gangréné par le chômage, l'illettrisme et l'ennui. Ecoeuré par l'école, une vie qu'il juge décevante, il décide de se lancer dans une quête aussi folle que passionnante : la découverte d'un trésor laissé par des pirates qui lui apporterait richesse et liberté. Ses pas le mènent dans les Hauts de l'ile puis à Sainte Suzanne, Sainte Rose, Saint Philippe pour autant de rencontres insolites et attachantes. Sur fond de révolte, tant personnelle que sociale, Bernadette THOMAS nous montre les deux facettes de l'ile, une société à deux vitesses dont la richesse réside dans ses racines, ses croyances ancestrales, sa mixité culturelle.

 

Le roman évoque le voyage et la quête initiatique qui font l'unité de ses écrits. C'est aussi un hymne à la tolérance et au respect, une invitation à lier les générations qui peuvent s'apporter beaucoup mutuellement. La Réunion change et tente de se mettre au diapason de la métropole, du monde moderne. Mais elle porte en elle une spécificité et une originalité qu'elle doit préserver.En filigrane Bernadette THOMAS propose au lecteur , non pas de vivre dans le passé, mais de se donner les moyens de vivre avec son temps tout en restant conscient de ses racines.

 

Le roman aborde de nombreux thèmes:

 

- l'école avec ce qu'elle comporte d'opportunités mais aussi de fermeture pour des jeunes dont la langue maternelle n'est pas forcément le français mais le créole, le shimaoré, le malagasy... La plupart des créolophones sont bilingues mais la langue de l'école reste le français, avec toutes les difficultés d'apprentissage que cela comporte dans un système qui n'utilise pas la langue maternelle comme support d'apprentissage. L'échec scolaire qui en résulte ...

 

- le chômage et la société de consommation qui laissent sur le côté de la route bon nombre de personnes défavorisées. Le roman dénonce ici l'apparence trompeuse, le refus de voir les choses en face et d'apporter une aide réelle et efficace aux plus démunis; la débrouille qui en découle. Mais l'auteur souligne aussi sans le dénoncer le comportement de la jeunesse , entre désir de consommation et passivité.

 

- les croyances, les légendes réunionnaises, profondément ancrées.

 

- la nécessité d'un retour à l'essentiel, aux vraies valeurs en s'appuyant sur les particularités de la Réunion. C'est aussi le combat de bien d'autres écrivains sur l'ile et je ne manquerai pas d'en parler dans un prochain billet.

 

On peut trouver les romans de Bernadette THOMAS en métropole ou commander via internet: ICI

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:45

Entre autaffiche rock et littératureres musiques que j'affectionne : le rock, parfois jusqu'au métal. Oui, parfois, pas exclusivement car il est difficile pour moi de faire un choix aussi tranché et de verser totalement dans le côté obscur de la force (Ronny, mon maître es-métal, si tu me lis ...!). Tout de même "The last fight" accoustique de Bullet for my valentine devrait mettre tout le monde d'accord n'est-ce pas ?Mais là n'est pas le sujet du jour.

Des chansons qui ont rythmé mon adolescence et plus tard, je garde Nirvana avec une tendresse particulière pour Kurt Cobain qui me fait inmanquablement penser aux textes de Bob Dylan ou John Lennon , U2, ACDC ou encore Led Zeppelin, Gun's and roses, The Doors ... A l'autre extrêmité - et justement parce que je ne pense pas que ce soit l'autre extrêmité- le blues et le jazz. Mais ça, c'est une autre histoire ...

 

Au menu donc :

- Le livre de Joe, Jonathan Tropper

- Moins que zéro, Bret Easton Ellis


 

Et je convoque ici le grand Springsteen !

 

" LIVRE PREMIER

 

Now a life of lesure and pirate's treasure

Don't make much for tragedy

But it's sad man my friend who'livin in his own skin

And can't stand the company

                                       _ Better days, Bruce Spingsteen

 

It's a town full of losers

I'm pulling oiut of here to win

                                      _ Thunder road, bruce Springsteen "

 

Ainsi s'ouvre Le livre de Joe de Jonathan Tropper. Le ton est donné; ce roman sera rock ou ne sera pas ! Un simple résumé ne donnerait pas forcément envie de le lire tant l'histoire est convenue. Je m'y risque tout de même.

 

L'histoire : Joe a visiblement réussi sa vie en publiant un roman autobiographique qui l'a rendu riche et célèbre. Malgré tout il s'interroge sur son existence "A trente quatre ans, j'ai de l'argent, du succès, des rapports sexuels réguliers et un quatre pièces luxueux à Manhattan dans l'Upper west side. De quoi vous donner à priori l'impression de tenir le monde par l'entrejambe, pour rester poli. Et pourtant, récemment, j'ai commencé à me demander si je n'étais pas au fond qu'un sale connard seul au monde, et ce depuis longtemps déjà". Suite au décès de son père Joe va retourner dans sa ville natale, Bush Falls,  pour un face à face avec son passé et ses fantômes. Ses habitants, caricaturés dans son roman, lui réservent un accueil glacial bien compréhensible. Commence alors une lente prise de conscience ponctuée de souvenirs, de retour en adolescence et ...de rock. 

 

Car c'est bien là l'originalité de ce roman dont la fin, un peu décevante, ressemble à un happy end à l'américaine (on aurait aimé que l'histoire ne perde pas son mordant). L'écriture donc et la musique. Oui, la musique !

 

Que Jonathan Tropper ait trouvé un écho à son histoire dans les textes de Springsteen n'est pas étonnant. D'abord parce que les textes de ce dernier proposent une réflexion sur l'Amérique, ensuite parce que la littérature, comme le cinéma, sont toujours plus ou moins présents dans ses albums ( je pense ici au sublime album  The ghost of Tom Joad, hommage aux Raisins de la colère de Steinbeck et son héros du même nom). Sprinsteen a une écriture très visuelle, faite de détails, d'associations ( lieu/personnage), de mises en scènes. Le rêve américain et son désenchantement sont au coeur de ses chansons ( "Born in the USA"  pour seul exemple). Jonathan Tropper a choisi, lui, Better days qui oscille entre espoir et tristesse, constat désarmant de l'homme qui vit seul dans sa propre peau, "just sitting around waiting for my life to begin".

 

Peut-on faire une croix sur son passé ? Le roman pose la question en même temps qu'il se fait une critique acerbe de l'Amérique profonde, ses pom pom girls, son équipe locale et la grosse entreprise qui fait vivre la ville, ses ragots et ses préjugés. C'est ce joyeux petit monde que Joe a caricaturé dans son roman, comme pour se moquer de la ville dans laquelle il a grandi et qu'il a fuie.

 

A l'occasion de ce bilan, Joe replonge dans son passé adolescent et le comportement qui va de pair. Mais c'est justement là qu'arrive le meilleur, des pépites dans le roman : Born to run, Backstreets. Chaque souvenir est alors rythmé par la musique de Bruce Springsteen, tel un personnage à part entière. "On était complètement paumés. Et c'est de ça dont parle Backstreets (...). Ca parle de deux types qui essaient en vain d'aspirer le feu qui les a vus naitre. Après tout ce temps, ça reste la meilleure description que j'ai jamais entendue de ce qu'on a vécu, cet été là (...)" Pas de misérabilisme dans la description des souvenirs retrouvés, juste de quoi avancer.

 

D'autres avis:

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La musique dans Moins que zéro de Bret Easton Ellis met à l'honneur les années 80. J'avoue ne pas trop apprécier tous les titres dont il est question. Mais Fleetwood Mac et , surtout, surtout, Eagles ... !

 

L'histoire : un riche étudiant retourne dans sa ville natale ( non je ne me suis pas trompé de résumé ! Quand je vous disais que ce thème était rebattu ...) le temps des vacances: vie d'ado bien rempli entre alcool , drogue, sexe et reflexions sur son couple. Mais il prend peu à peu du recul et observe ceux qui l'entourent et leur existence vide, creuse. Les soirées trop arrosées ne sont qu'une façade pour masquer une peur que le roman dénonce dès les premières lignes : "Les gens ont peur de se perdre sur les autoroutes de LA", sans doute la clé du roman. Peur de ces jeunes sans support parental.

 

Pas facile d'y entrer ou plutôt d'y cheminer, tant on a l'impression de patauger aussi, comme les personnages, dans une sorte de flou artistique. Qui est qui ? Mais finalement est-ce important puisque tous mènent la même existence. On aurait peut-être aimé quelque chose de plus profond mais Bret Easton Ellis a choisi de montrer, pas d'expliquer, laissant le lecteur se faire sa propre opinion. La lassitude que l'on peut ressentir à la lecture du roman est à mon sens voulue, recherchée. Cependant l'intérêt réside aussi dans les titres qui parcourent le livre. Comment décrire cet aspect des années 80, en effet, sans assurer un fond musical qui nous plonge d'emblée dans l'époque ? Ici pas de message, les musiques accompagnent la descente en enfer en fond sonore, les personnages fredonnent des paroles de Talking heads parce que c'est dans l'air du temps.

 

Deux façons donc de traiter le rock dans les romans. Et il en existe bien d'autres (John Fante La route de Los Angeles; Denis Johnson et son Jesus' son hommage à Lou Reed au passage, pour ne citer qu'eux) mais ce qui m'a plu dans ces deux là c'est que le rock n'est pas le sujet du livre, c'est un support, une sorte de bande-son. L'écriture cinématographique n'est jamais très loin.

 

Ils en parlent sur leur site :

Rock et littérature à Nantes

Rock et littérature: vrai genre ou imposture ?

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:44

http://www.eric-emmanuel-schmitt.com/images/catalog/gallery_813/affiche/Lorsque-j-etais-une-oeuvre-d-art.jpg

 

  Lorsque j'étais une oeuvre d'art, Eric Emmanuel Schmitt, 2002, Editions Albin Michel,288 pages

Thèmes :art, société,image de soi,progrès scientifique, mythes

                                                 Genre : roman

 

 

  

L'histoire : Tazio Adam,20 ans, en proie au désespoir, lassé de n'être personne, envisage de se suicider du haut d'une falaise. Ce n'est pas la première fois qu'il souhaite en finir avec une vie dont il ne veut plus et qui ne lui a rien apporté."J'ai tours raté mes suicides. J'ai toujours tout raté, pour être exact, ma vie comme mes suicides". Mais ce soir là, tapi dans l'ombre, un homme l'observe et lui propose un marché."Je ne vous demande que vingt-quatre heures.Donnez-les moi.Si je n'arrive pas à vous convaincre de vivre, demain, ici, à la même heure, mon chauffeur vous ramènera et vous vous suiciderez". Dans un dernier espoir d'être enfin reconnu et aimé, Tazio accepte et s'en remet totalement à lui. Par une série de transformations, le Maitre Zeus Peter Lama fait de lui une oeuvre d'art, admirée de tous, objet de toutes les convoitises. Devenu Adam Bis, le héros d'E.E.Schmitt profite dans un premier temps de sa nouvelle et inespérée célébrité et se livre corps et âme à celui qu'il nomme son" Bienfaiteur". Cependant il prend peu à peu conscience de sa condition :on lui demande de ne plus penser, d'ailleurs on ne demande pas à une oeuvre d'art de penser mais juste d'être là et, éventuellement, de donner à réfléchir.Réduit à l'état d'objet, vendu, acheté, Tazio/Adam perd son identité. Confronté à l'ego surdimensionné du maitre, Adam Bis se retrouve isolé sur une ile où il rencontre deux personnages qui le voient tel qu'il est à l'intérieur et vont lui permettre de s'accepter. Peu à peu l'oeuvre d'art tombe en décrépitude, l'homme reprend le dessus sur l'objet. Mais pour quelle vie à présent ?

 

En vrac et au fil des pages : Lorsque j'étais une oeuvre d'art est l'histoire d'un chef d'oeuvre raté. Eric Emmanuel Shmitt propose ici une réflexion sur l'art et ce qu'en fait la société moderne. La dictature de l'apparence nous frappe de plein fouet dans ce roman aux saveurs amères où chacun nie sa personnalité pour endosser un masque.Mais bien d'autres thèmes parcourent l'oeuvre:

 

La fratrie est au coeur du roman et pas seulement comme thème secondaire. Les frères Firelli font l'objet d'une description très subjective du narrateur qui voit en eux tout ce qu'il n'est pas ( la beauté, la célébrité, l'attraction de tous les regards) mais en vient à leur prêter une arrogance et une indifférence dont il ne font pas preuve au fond. Le cheminement du héros est aussi une prise de conscience de tout ce qu'il avait et n'a pas su voir. Ainsi des retrouvailles avec son père, alors qu'il s'aprêtait à lui révéler son existence : "A cet instant-là, j'aurais voulu être dans le cercueil où j'étais censé me trouver. J'apercevais à quel point mon égoisme m'avait poussé à des attitudes extrêmezs dans le passé, sans aucun souci des êtres qui m'aimaient et que j'aimais". Trouver sa place dans la société comme dans la fratrie, passe par la connaissance de l'autre et de soi. Adam l'apprend à ses dépens.

 

La place de la femme dans l'oeuvre donne à réfléchir en même temps qu'elle choque. Reléguée à l'état d'objet sexuel, de pôle d'attraction ou de potiche, elle ne pense pas. Comme Adam Bis elle est instrumentalisée ou devient elle-même oeuvre d'art mais se perd à trop vouloir changer d'apparence pour ne pas lasser. Peut-être ausi est-ce pour mieux mettre en valeur une autre femme, Fiona, qui par son amour sauvera Adam. Elle apparait dans un contrepoint avec la superficialité des autres personnages féminins, ce qui la rend profondément humaine et justifie la fin du roman.

 

Une réflexion sur les progrès scientifiques, génétiques : ici les manipulations sont extérieures mais l'on ne peut s'empêcher de penser à une autre forme de sélection de détails physiques, l'eugénisme, les manipulations génétiques, la chirurgie esthétique. L'auteur évoque même la cryogénisation. Tel un doteur Moreau sur son île Zeus Peter Lama a engagé un savant fou qui l'ade à mettre en oeuvre ses projets. Effrayant mais pas si éloigné de nous finalement.

 

Les mythes revisités : Zeus Peter Lama, tel un Promethée moderne, s'élève au rang de créateur. Mais son art ne peut qu'être éphémère dans ce cas puisqu'il n'a su toucher à l'être profond, à l'âme de Tazio Adam. La dégradation physique de son oeuvre, envisagée comme un corps en décomposition, en dit long sur la morale énoncée implicitement par E.E.Schmitt. A se prendre pour Dieu ...Evidemment les références sautent aux yeux, un peu trop voyantes sans doute : Zeus et sa toute puissance, Adam le premier homme... c'est pour mieux dénoncer mon enfant !

 

La toute puissance de cet homme apparait dès les premières pages lorsqu'il propose à Tazio Adam un pacte dans lequel on retrouve tout le mythe de Faust. On pourrait aussi y voir pygmalion, admiratif devant sa création qui prend vie. Les références mythyques ne manquent pas, commen autant de mises en garde.

 

Et le public dans tout ça ? Utilisé, manipulé par l'artiste, est-il réellement objectif ? Zeus Peter Lama guide les esprits et E.E Schmitt dénonce l'aveuglement des hommes, la mégalomanie, le culte de la richesse et de l'excès, la société des apparences. Le public adule autant qu'il rejette, au gré des nouveaux courants et de sa capacité à s'intéresser à l'art.

 

Sur le thème de la peinture en littérature , j'aime aussi:

Honoré de BALZAC, Le Chef d'oeuvre inconnu /Jean Daniel BALTASSA, Le Valet de peinture/ Tracy CHEVALIER, La Jeune fille à la perle/ Jean DIWO, Au Temps où la Joconde parlait /GOGOL, ,"Le portrait" in Nouvelles de Petersbourg/Guy de MAUPASSANT, Fort comme la mort/Arturo PEREZ REVERTE, Le Tableau du maître flamand/Edgar Allan POE, Nouvelles extraordinaires, "Le portrait ovale"/Osacar WILDE, Le portrait de Dorian Gray/Marguerite YOURCENAR, "Comment Wang Fô fut sauvé" in Nouvelles orientales/ZOLA, L'oeuvre

Plus près de nous vous savourerez l'ouvrage de Laure ADLER et  stefan BOLLMANN, Les femmes qui lisent sont dangereuses


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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:43

 

Petit rappel : Principe du Bento littéraire

 

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/2/1/3/9782879295312.jpgMangez-moi, Agnès Desarthe, Editions de l'Olivier,2006, 306 pages

Thèmes :nourriture,estime de soi,restauration, chemin de vie

Genre: roman

 

Quel bonheur ce livre ! Sans doute le roman d'une gourmande. Non, le roman d'un gourmet. Le choix des mots, la variété du lexique, le travail des correspondances comme l'association d'un vin et d'un plat où un mot en appelle un autre, une image une sensation. Cela glisse, cela s'écoule lentement; fluidité des propos et de l'histoire. Une évidence 

Alexandre Dumas disait que les bons livres sont comme les bons repas, si digestes que l'on ne s'en souvient plus.

 

C'est ça ! Reste une impression très agréable, le souvenir de sensations, d'images. Trois ans après la lecture de ce roman, je souris en redécouvrant la première de couverture dans l'édition "Points": "Nature morte aux oranges et raisins", 1891, Descotts Evans et je revis les premières impressions d'après lecture : sérénité, plénitude. Une lecture tout enrobée de miel qui vous laisse un délicieux petit goût de "reviens-y".

Le Bento 

On le dégustera un jour d'été, dans un parc ombragé : chaleur et fraicheur. La boite à bento qui l'accompagnera sera en bois laqué pour mettre en valeur les couleurs et l'harmonie de l'ensemble. Ce coffret convient parfaitement à la narratrice qui semble apprécier l'organisation des compartiments et est en quête de repères.

 

http://www.makisushi.fr/img/boite_bento_traditionelle.jpg

Au menu, un savoureux mélange de poissons, d'herbes et d'épices. Un riz blanc neigeux à peine imprégné de vinaigre de riz pour façonner deux nigiris sushis, pas plus. Sur le dessus de fines lamelles de poissons : un thon germon à chair marbrée et un espadon à la chair blanche , souple et suave. Ce sera la mise en bouche. Pour suivre un poisson cuit en papillotte,  à chair ferme et laiteuse, cuit dans un jus d'agrumes avec des baies roses au goût poivré.On parsèmera de la coriandre fraiche ciselée sur le poisson froid dans la boite à bento pour que les feuilles ne fanent pas. En accompagnement, une salade d'herbes fraiches ou un taboulé libanais pour égayer les papilles en mêlant acidité et saveurs plus ou moins fortes. Pour dessert une salade de fruits frais, poivre et menthe ,avec de grosses dattes savoureuses et sucrées.

 

Pas de fioritures mais une présentation impeccable, à la fois simple et pleine de promesses.

http://www.makisushi.fr/img/recette/sumeshi_petit.jpg

http://imworld.aufeminin.com/dossiers/D20090508/HERBES368X534-1-102954_L.jpg

PICT2808

http://img.over-blog.com/375x500/3/85/84/89/recette-PP/012-copie-1.JPG

 

Ceci est une proposition inspirée par une lecture toute personnelle. Je vous laisse nous faire partager vos idées ...

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:19

http://storage.canalblog.com/40/80/444228/39210020.gifLe cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Shaffer et Annie Borrows,2011, éditions 10/18, domaine étranger, 411 pages

Thèmes : littérature, 2° guerre mondale, Guernesey

Genre :roman épistolaire

 

Oh la jolie lecture ! N'attendez pas ici un billet très documenté ou purement littéraire. Ce livre est une lecture plaisir ! Et puis d'abord tout a été dit lors de sa sortie retentissante. Il est vrai qu'avec un tel titre il ne pouvait qu'attirer (si ce n'est pas une recette miracle c'est au moins la clé qui attire le lecteur ! ). Almanach jardinier ? Recette new age ? Il y a bien un peu de littérature là dedans !

 

Et tout d'abord une carte, à la manière d'un guide, qui met en avant les îles anglo-normandes et notamment Guernesey. Voilà le décor planté . Pas tout à fait ! Car c'est d'une correspondance qu'il s'agit ,dont Guernesey n'est que l'un des points d'ancrage. La première lettre est envoyée de Londres et donne le ton: " Cher Sidney, Susan Scott est une perle. Nous avons vendu plus de quarante exemplaires du livre, ce qui est plutôt réjouissant, mais le plus merveilleux, de mon point de vue, a été la partie ravitaillement. Susan nous a déniché des tickets de rationnement pour du sucre et de vrais oeufs afin de nous confectionner des meringues. si tous ses déjeuners littéraires atteignent ces sommets, je suis partante pour une tournée dans tout le pays" . Ce courrier, signé Juliet , propose un style enlevé qui convient bien au roman par lettres. Cette journaliste trentenaire a opté pour la dérision en temps de guerre et a obtenu un certain succès auprès de son lectorat. Mais au moment de se lancer à nouveau dans l'écriture, Juliet est assaillie par le doute "Je ne veux plus être considérée comme une journaliste humoriste" écrit-elle à son éditeur. Lui parvient alors, en date du 12 janvier 1946, une lettre en provenance de Guernesey qui va changer le cours de sa propre histoire. Son auteur, Adams Dawsey, y évoque un mystérieux et non moins alléchant "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" qui la conduira sur cette île anglo-saxonne. D'une lettre à l'autre Juliet découvre le quotidien ,difficile et pourtant sympathique, de bibliophiles coupés du monde que la guerre a mis à l'écart ." Nous n'avons eu aucune nouvelle du monde extérieur pendant cinq ans (...) Votre livre est à la fois informatif, distrayant et amusant" écrit Amelia à Juliet.

 

Le cadre est intéressant car peu commun. Lorsqu'on évoque la seconde guerre mondiale on s'attarde rarement sur un petite partie du monde telle Guernesey. Loin, donc ,des sentiers re-battus sur le sujet, les auteurs ont opté pour un fond réaliste qui est tout aussi attractif que la correspondance en elle -même. pourquoi ces habitants ont-ils été coupés du monde ? Comment ont-ils survécu ? Je dois dire que cette lecture m'a donnée envie d'en savoir plus ! Peut-être pour vérifier aussi que tout cela était vrai (quelle idée ! C'est une fiction et on n'en attend pas de réalisme historique !). J'ai donc appris que les îles anglo-normandes avaient effectivement été les seuls territoires britanniques occupés par l'Allemagne en cette période. J'ai découvert aussi une anecdote concernant une opération britannique du nom d'Opération Ambassador, destinée à effrayer l'ennemi allemand, qui fut un échec mais que l'on présenta alors comme un succès afin de rassurer le peuple britannique !

 

Guernesey , jusqu'à présent, évoquait pour moi Victor Hugo, Les Contemplations, Les Travailleurs de la mer ... Voici avec cette lecture un petit plus rafraichissant !

 

Charmant, désuet, enlevé sont les qualificatifs qui me viennent à l'esprit. Certes la fin est attendue et ne saurait surprendre mais ce qui reste, finalement, c'est le petit goût acidulé de ce roman, son charme britannique et le plaisir d'avoir rencontré une héroine émancipée dont la verve nous ravit.

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 09:31

l-ombre-du-vent-copie-1.jpg

 

L'Ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, éditions Grasset, 2004, 524 pages

Thèmes : livres,secret,Barcelone,guerre

Genre :roman

 

 

" Je me souviens encore de ce petit matin où mon père m'emmena pour la première fois visiter le Cimetière des Livres Oubliés. Nous étions aux premiers jours de l'été 1945, et nous marchions dans les rues d'une Barcelone écrasée sous un ciel de cendre et un soleil fuligineux qui se répandait sur la ville comme une coulée de cuivre liquide." Ainsi débute le récit de Daniel que son père conduit en un lieu mystérieux, réservé à quelques initiés. Il lui révèle alors un bien étrange secret et l'invite à "adopter" un livre parmi les milliers que compte cette bibliothèque particulière . Adopter un livre pour le sauver. Daniel choisit L'Ombre du vent de Juliàan Carax ( à moins que ce ne soit lui qui le choisisse !). Il ne sait encore rien de cet auteur, si ce n'est qu'un étrange individu brûle tous ses livres. Le récit se poursuit au rythme d'une enquête qui révèlera la vie troublante de Juliàn Carax.

Tout au long du récit, plane l'ombre de ce personnage diabolique qui fait osciller le roman entre fantastique et suspens.


Il est difficile de qualifier le genre romanesque dans lequel s'inscrit ici Zafon tant ils s'imbriquent: réalisme, fantastique, policier. Mais peu importe car je dirais que ce roman est surtout un hommage au livre, à l'ivresse de la lecture. Tout lecteur est comme Daniel, obsédé par un seul objectif : savoir !

 

A la manière d'un journal de bord, Carlos Zafon installe l'ambiance ( "1945-49 Jours de cendre"; "1954 Villes d'ombres";"1933-1955 Nuria Monfort : mémoire de revenants";"27 novembre 1955: post mortem"). Sans entrer dans le détail il laisse planer l'ombre du régime franquiste. Son écriture nous plonge dans les brumes barcelonaises qu'il décrit à merveille.

 

Je crois que la magie de ce roman ne tient pas qu'à l'histoire (qui est au demeurant assez compliquée à résumer !) mais au fait que les éléments nous soient donnés peu à peu et constituent une intrigue en même temps qu'une énigme qui happent le lecteur. Nulle facilité ou attendu dans ce récit ne vient corrompre la lecture et l'on suit jusqu'au bout le cheminement de Daniel Sempere sans en perdre une miette. Les personnages sont attachants, à commencer par le narrateur qui n'a pourtant rien d'un héros ( le personnage principal n'est-il pas le livre d'ailleurs ?). Fond et forme se mêlent à merveille si bien qu'à la fin reste une sensation qui me fait dire que l'écriture et l'ambiance qui s'en dégage, plus que l'histoire elle-même, font de L'Ombre du vent un roman que l'on apprécie.

 

J'ai lu ce livre à sa sortie en France et, comme toujours, j'en ai corné quelques pages. C'est amusant de retrouver ces repères ! Pourtant, en les relisant , je ne sais plus ce que j'y ai vu et pourquoi je les ai marquées ainsi; preuve que lorsqu'on est plongé dans une lecture, des mots nous accrochent et ne prennent de sens que par rapport à cette lecture justement. Ici, une phrase prélevée au hasard " N'oublie jamais la faculté d'oublier qu'éveillent les guerres", retenu pour la référence au devoir de mémoire qui me préoccupe aussi dans mes cours au collège. Là: "Il était vêtu de marbre et portait le monde dans son regard"

 

Avec cette lecture je participe à  : littraturecontemporaine


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