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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 01:46

 

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782070447558.jpg

Que font les rennes après Noël ? olivia Rosenthal, Gallimard, Folio éditions, 210 pages, 2010

genre: roman

Thèmes: animal, homme, enfermement, domestication, loi, documentaire, société

l'auteur en quelques mots

http://www.editions-verticales.com/data/auteur/81.jpg

Romancière et dramaturge, Olivia Rosenthal est née en 1965 à Paris. Elle participe à des expositions, des installations ( comme la ménagerie de verre ou le Lieu unique à nantes) pour lesquelles elles travaille avec des chorégraphes, , des cinéastes. Autre aspect de son métier qui la mène à imaginer une pièce sonore, Viande froide, pour le Centquatre à Paris.Il s'agit de rendre compte d'un lieu, non par son architecture mais par les paroles des gens qui habitent ce lieu ou y travaillent.

Olivia Rosenthal a créé un univers particulier fait de personnages obsessionnels, décalés, inquiets. On entre dans les pensées d'un personnage livré à lui-même comme dans On n'est pas là pour disparaitre. L'auteur explore nos folies ordinaires.

l'histoire

"Vous ne savez pas si vous aimez les animaux mais vous en voulez absolument un, vous voulez une bête." Cependant vos parents refusent, trop de responsabilité. Voici votre premier désir inassouvi. Il faut dire que malgré les lois qui régissent la propriété et l'acquisition d'animaux, certaines personnes mettent leur vie en péril en acquérant des espèces dites sauvages. Mais vous, vous aimez les animaux domestiqués, "vous avez envie de dire j'aime les animaux. Parce que si on dit ça, on n'a pas besoin d'explication, l'amour se suffit à lui-même et nous exonère du reste."

Vous êtes dépendant de votre mère. Comme un animal en captivité, vous vivez dans un environnement qui décide pour vous.

Vous êtes pour la première fois confrontée à la mort d'un petit animal, votre canari. Vous auriez aimé le glisser dans un linceul blanc et l'enterrer mais vos parents ont fait disparaitre sa dépouille. "Pour vous venger vous vous promettez de monter sur un rennes après Noël et de partir vers l'Est avec le troupeau, (mais )entre les contes de fées et la vie réelle il y a un vide que vous n'arrivez pas à combler."

Vous avez changé et préférez les animaux sauvages aux animaux familiers. Pourtant "la première fois que vous avez vu un animal sauvage c'était en captivité (...) à douze ans vous ne croyez plus au père Noël (...) Vous renoncez à partir avec les rennes après Noël."

" Après vous avoir transmis la peur de l'autre, vos parents vous expliquent que vous êtes trop sauvage et vous enjoignent de vivre en société. Pour vous corriger, ils vous proposent de vous mettre en contact avec des humains prélablement sélectionnés par leurs soins, inoffensifs et bien intentionnés." Vous pliez.

Ce n'est qu'une fois mariée que vous découvrirez ce que font les rennes après Noël...

En vrac et au fil des pages

Quel étrange roman ! Je dis roman mais il m'a fallu du temps pour apprivoiser ce livre tant sa construction est surprenante, mélange de documentaire et de passages narratifs à la deuxième personne du pluriel. C'est visiblemet ce qui fait l'originalité de l'écriture d'Olivia Rosenthal. Chaque paragraphe semble fonctionner de façon autonome mais en réalité un fil conducteur sous-tend la lecture, si bien que l'on n'est jamais perdu.

Et pourtant, à l'évolution de cette fillette que l'on comprend être le "vous", répondent des paragraphes dans lesquels s'expriment d'autres intervenants ( soigneurs, dompteurs, boucher, ...) et qui expliquent un aspect de leur métier. Ici je dois avouer que certains passages sont assez durs d'ailleurs. Cela donne un enchainement rythmé.

A la manière d'un scientifique, elle donne la parole à des hommes dont le métier est de s'occuper d'animaux, de la tuer ou de les préparer. Elle décortique soigneusement chaque aspect de la relation à l'animal. De même des textes de loi émaillent le récit. Parallèlement elle nous donne à voir l'évolution d'une filette jusqu'à l'âge adulte en la metttant en parallèle avec la vie d'un animal dans un zoo. On retrouve alors les différentes étapes qui conduisent à l'apprentissage de la vie en communauté, le modèle de l'environnement, la fusion avec les autres, l'abandon de soi .

J'ai tout d'abord cru que ce "vous" s'adressait au lecteur, puis à l'auteur elle-même. Pourquoi pas ? Il se crée une sorte de proximité liée à ce simple pronom.

L'auteur passe au peigne fin les relations entre animaux et humains dans une société qui confond parfois domestication et sauvagerie. Tous les domaines animaliers sont représentés. C'est que l'animal en dit beaucoup sur l'homme ! Le parallèle est d'ailleurs évident dès lors que l'on touche au thème de l'enfermement, dans un cage ou dans la société, quelle différence ? Olivia Rosenthal nous conduit donc ducement à une réflexion sur ce qui sépare l'animal de l'humain. Au départ, ne sommes-nous pas un petit animal dépendant ? Est-on libre en grandissant ? pouvons-nous réellement être libres dans une société qui nous met en cage ?

Les références au cinéma sont nombreuses, je citerais Rosemary's baby, King-Kong ou encore La Féline. Et à chaque fois le lien avec l'animal nous ramène à la part animale qui est en nous. Mais c'est aussi l'évolution vers le désenchantement, la fin du mystère, à commencer par les rennes du père Noël. Pourtant une sorte de complainte berce le récit, des répétitions comme autant de refrains, scandent une litanie.

En revanche nulle magie, nulle féérie de Noël ici. C'est un roman d'apprentissage sur le mode assez dur et cru de la révélation de la cruelle vérité. Il m'a donc manqué un peu d'enrobage même si je comprends la volonté de l'auteur de poser tout simplement les choses sans les romancer, à la manière d'un documentaire, d'un reportage. Cela laisse tout de même une impression de froideur, de distance. Néanmoins la forme choisie correspond parfaitement au propos.

Découvrez le chronique de Jostein

 découvrez la chronique de natiora

et toi Miyuki, as-tu lu ce livre ?

calendrierdelaventpince

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 00:52

 

http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/05/Les-profs-Best-or-vacances-226x300.jpgD'aussi loin qu'il m'en souvienne, j'ai toujours voulu être enseignante. Petite je faisais la classe à mes cousins, tableau noir à l'appui. Mes grands-parents me parlaient de l'instituteur du village, "un des piliers avec le médecin et le curé" ! C'est sans doute de là et de l'amour des livres que vient cette vocation. En revanche , lorsque l'on passe de l'autre côté de la barrière, les critiques, curieusement, commencent . L'une d'elle a le don de nous agacer :

"Aaah ces profs, toujours en vacances !".

Ben quoi, elles ne sont pas méritées ?

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir le blog de quelques collègues qui, en la matière, ne mâchent pas leurs mots. Ici pas de langue de bois, on y va franchement, non mais !

http://img.over-blog.com/600x450/1/41/63/83/P876.jpg

le Défouloir d'un prof 

Petit coup de gueule à l'attention de ceux qui pensent que le prof fait ses cours puis : 

" salut la compagnie, je vais me balader !

- Alors le prof, ...encore en promenade ? en vacances ?"

http://p9.storage.canalblog.com/99/16/441384/66096832_p.jpg

(Scarlatine)

Prof au rapport

décortique les arguments des uns et des autres pour y voir un peu plus clair...

http://fdata.over-blog.net/2/55/33/70/header_article_tmpphpcuUhIl.jpg

Je suis en retard

Et voilà pourquoi les profs ont besoin de vacances ! Il fait dire qu'entre les réunions et les directives ministérielles toutes plus folles les unes que les autres, on ne nous ménage pas ! Un prof au pays des merveilles, cela donne ...ceci.

Vous aurez noté que tous ces collègues croient en leur métier et ont vraiment la foi. C'est juste que parfois il est bon de rappeler à la société que nous ne sommes pas des nantis toujours en vacances ;) juste au cas où l'on s'endormirait sur quelques remarques rebattues !

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 04:00

http://images-booknode.com/book_cover/564/l-eleve-ducobu,-tome-9---le-fortiche-de-la-triche--bd--564282-250-400.jpg

Lorsque je donne un devoir à faire en classe je suis toujours étonnée de voir des élèves tricher. J'ai beau leur expliquer que cela ne sert strictement à rien, d'abord parce que cela ne les aide pas et qu'en plus ils ne progresseront pas, rien à faire. C'est plus fort qu'eux. A moins que la pression des parents ne soit trop forte. Aaaah l'école sans note ... j'en rêve !

En attendant, lorsque X et Y pensent avoir inventé le système infaillible pour tricher sans être vus, je ris sous cape de l'autre côté du bureau.

- X, je ne veux pas savoir ce que tes mains font sous la table !

(rires)

- meuh ... mais non Madame je ...euh...

- Oui, tu triches !

- Mais non et de toutes façon je connais tout par coeur

- c'est vrai madame, il a passé la soirée à recopier la leçon et alors maintenant il la connait par coeur

- A donc voici une méthode infaillible pour apprendre : préparer une anti-sèche. Pas mal !

Il faudrait filmer ce que l'on voit de l'autre côté de la barrière : des yeux qui trainent , des stylos qui tombent ce qui va permettre en remontant de sous la table de jeter un coup d'oeil à la copie du voisin . Lorsque cela arrive je me retrouve avec deux copies identiques ... je veux dire avec les mêmes fautes ! Avis aux tricheurs compulsifs : on vous a reconnus !

- Voici vos copies (distribution)

- mais Madame, vous avez écrit sur ma copie de voir celle de Y et sur la sienne de voir la mienne ! Qu'est-ce que ça veut dire ?

- ça veut dire que je n'ai fait qu'un seule correction pour deux copies puisque vous avez triché. Manquerait pas que je fende de deux corrections !

- Mais... mais ...

Allez, décomplexons : que celui qui n'a jamais jeté un oeil sur la copie du voisin se dénonce !

D'un autre côté cela ne concerne que mes petits 6° car les plus grands ont compris que l'on était passé à l'ère industrielle et que la technologie pouvait leur être d'un grand secours. Là , évidemment, on touche au plagiat. Mais ce n'est pas si simple de le faire comprendre aux jeunes qui, partisans du moindre effort, ont tôt fait de se rendre sur Wikipédia ( qui n'est donc pas mon ami !) pour recopier sans distinction un paragraphe ou deux , sans même prendre la peine de le reformuler. Ici j'ai tout entendu :

" Mais Madame, à la maison je me concentre mieux donc j'écris mieux

- ben voyons !

- Moi j'avoue que c'est ma soeur qui m'aide

- Ah oui ?... Et Wikipédia c'est son pseudo ou son vrai prénom ?

D'où le piège ingénieux tendu par ce professeur de lycée qui a pris un temps considérable pour montrer à ses élèves que tricher sans discernement ne pouvait les mener qu'à leur perte : article ICI

Pardon de cette remarque mais cette forme de tricherie souligne tout de même la bêtise. Quand un simple copier-coller est remis à l'enseignant, comment ne pas avoir honte de cela ? C'est que tout travail est ... fatiguant ! Et oui ma pauv' dam' il ne manquerait pas qu'il faille faire un effort en plus  ! Lorsque ce qui leur est enseigné est , pour eux, vide de sens, il ne faut pas s'étonner de telles dérives. Mais pour accéder au sens il faut tout de même faire un effort, aller vers le texte, la connaissance, ne pas rester passif. Quels professionnels aurons-nous devant nous dans quelques années ? Je me pose souvent la question ...

 

Sans rancune les loulous !

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 03:50

 

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/6/2/9782226244390FS.gifLausanne, Antonio Soler, éditions Albin Michel, 2012, 287 pages

Genre : roman

Thèmes : adultère, soliture, femme, mariage, maternité

merci aux éditions Albin Michel pour m'avoir envoyé ce livre en avant-première

l'auteur an quelques mots

http://gestioncultura.cervantes.es/COMUNES/12777_I_Antonio%20Soler.jpg

Ecrivain espagnol originaire de Malaga, Antonio Soler est reconnu dans son pays depuis ces premiers écrits; En France il faudra attendre 200 avant de découvrir ses romans comme Les héros de la frontière ou Les danseuses mortes dans lequel il évoque la danse. Je l'ai personnellement découvert avec le Chemin des anglais, qui a été adapté au cinéma et lui a valu le prix nadal. Son oeuvre est jugée profondément humaniste et, en effet, Antonio Soler reconnait avoir besoin de comprendre l'autre, d'explorer ses souffrances et ses espoirs. C'est ce que l'on retrouve dans son dernier roman.

 

L'histoire

"Le train s'ébranle. Il commence à glisser sans bruit, on dirait que quelqu'un a lâché les freins dans une pente, ou bien c'est une légère hallucination, une erreur des sens".

Aussi lentement, les souvenirs remontent à la surface et dans le train qui la mène de Genève à Lausanne, Margarita laisse remonter à la surface le flot des instants perdus. "Suzanne est morte". Une vague trsitesse l'envahit en même temps qu'une profonde rancoeur. Car Suzanne était son amie mais aussi la maitresse de son mari, Jésùs, celle qui lui a volé une part de son univers. "Le train continue de marquer sa distance d'avec le monde. Il y a une étrange frontière entre cette vie ouverte et statique là-dehors et celle de dedans, étroite et vaguement éthérée". Autour d'elle, la vie suit son cours, les passagers montent et descendent, certains retiennent son attention. Comme cette femme qui semble être le sosie de Suzanne et vers laquelle Margarita va revenir tout au long du voyage, comme un leitmotiv pour ne pas oublier la souffrance infligée par l'amie et l'époux. Elle se souvient de leur rencontre: Jesùs travaillait à la visserie de son père. Elle était alors" la Petite", la princesse protégée par le regard paternel. Nulle passion entre eux mais une évidence, c'était lui. Les souvenirs sont comme de petits jouets en caoutchouc dans la baignoire d'une enfant. On les immerge et ils remontent d'un coup ou plus lentement. "Ces souvenirs, ces petits joujoux (...) Quelqu'un a retiré la clé de cette serrure. Et tout ce qui était important est resté enfermé à jamais de l'autre côté de la porte.Je sais ce qui s'est passé, oui_ tout ce pour quoi les mots sont inutiles (...) Mais les regards, les fois où elle a posé la main sur sa joue à lui ou quand ils ont eu les larmes aux yeux (...) les mots qu'ils se sont dits (...) cela, la vérité vraie, ces fils fins dont est tissée la vie, jamais je ne es connaitrai. Et je sais que je me tromperai toujours en recomposant cette tapisserie secrète". Comme un monde qui lui est interdit, elle imagine ,et sa douleur se nourrit de ces images. "Mon coeur a changé de place, il a migré et je l'ai retrouvé un jour en plein milieu de ma poitrine. Sans savoir comment, je me suis aperçue qu'il s'était rempli de mercure ou de quelque chose qui y ressemble."

Margarita a un enfant, Tinin, avec lequel elle a appris le poids de la maternité, un état qui ne l'a pas comblée, au contraire, mais a généré une certaine distance entre elle et son fils. Cet enfant qui était pourtant le sien lui est apparu comme un étranger. Une période où une sorte de folie s'insinue en elle, "La vie et sa fin. Avoir un enfant c'est signer un arrêt de mort". Jusqu'à cet incident où elle manque de noyer son fils dans la baignoire, une absence passagère dont elle sort guérie: "Peut-être cela avait-il été une immersion dans mon propre abîme. un pacte s'est établi: l'enfant est définitivement devenu Alberto, Tinin. une personne."

Et dans ce froid qui l'envahit, le doute la fait se tourner vers son père, son protecteur, celui qu'elle a veillé jusqu'au dernier moment et à qui elle demande "Que vais-je devenir, papa ?".

Autour d'elle, dans ce train, les gens rient, téléphonent, vivent. Elle imagine leur vie, "en route vers la mort, l'hôpital, la vie ou ailleurs". Elle ,survit. "La vie passe sans jamais s'arrêter et sans jamais de retour en arrière".

En vrac et au fil des pages

C'est un cri de souffrance que ce roman. J'ai tout de suite pensé au Cri de Munch, cette sensation de l'homme qui se débat dans son propre corps, contamine le paysage par sa pensée: "Les ombres couleur cerise, quelques éclats d'or flottant sur un ton sombre, la nuit faite d'un délicat vert émeraude, de rouges traversés de bleu". Une apparente plénitude et un terrible tourment interne. La vie comme un train, filant en suivant les rails vers une destination inconnue et pourtant prédestinée. L'effondrement d'une femme qui donne le change au reste du monde mais s'étiole, s'éteint , se noie. Ne pas parler avec son époux Jésùs de cette trahison qui la ronge pour ne pas lui donner corps, c'est ce qui lui a permis de survivre.

Antonio Soler réussit ici le tour de force de nous faire partager les pensées d'une femme, de retranscrire le mal qui la ronge dans les moindres parcelles de son corps. Décrire un état d'âme n'est pas chose facile car cela relève du quotidien et pourrait être ennuyeux. Ici il n'en est rien et l'analogie entre l'avancée du train et le défilement de sa vie y est sans doute pour beaucoup. Le lecteur prend plaisir à retrouver des sensations vécues lors d'un trajet où la promiscuité crée une sorte d'intimité passagère entre les voyageurs mais où chacun reste dans sa bulle. Le paysage qui défile, les arrêts comme autant de pauses dans une vie, tout contribue à faire entrer le lecteur dans la vie de Margarita et l'on souffre avec elle, plaignant cet homme qu'elle a épousé et qui ne semble être qu'un pantin, lâche et sans caractère, haissant et admirant son amie Suzanne, priant "la sainte lâcheté de " son homme. On l'admire pour son courage et on la plaint en même temps d'avoir supporté tout cela sans partir, sans tout quitter. On regrette son immobilité tout en la comprenant.

C'est aussi un roman sur les femmes . Margarita est au coeur du récit et cristallise toutes les femmes qu'elle a connues : sa mère, distante, critique; la mère de Jésùs qui ,dans un acte de revanche, a osé prénommer son fils Jésùs alors que son époux "communiste inflexible et anticlérical" s'y opposait, Suzanne, la femme double dont on pourrait aussi raconter les souffrances et qui a attendu que jésùs quitte sa femme avant de comprendre qu'il ne le ferait jamais, les amies de Margarita, autant de femmes qui gravitent autour d'elle et dont les vies sont faites de déceptions, d'espoirs.

Les interruptions de la pensée pour aller vers un passager, un paysage, une parole entendue, donnent un rythme au récit . La somnolence, le contrôleur, les tunnels, créent des rebondissements, des ponts dans le déroulement de son film, de nouvelles voies qu'emprunte le train de sa vie. On découvre alors qu'elle a finalement évolué, qu'elle a enduré cette trahison toutes ces années où a duré l'adultère mais que cela a fait d'elle une autre femme. L'air de rien, elle a été le témoin d'une relation qui n'était pas la sienne et l'a vue s'éteindre.

 

Merci aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir

cette oeuvre d'une grande sensibilité.

 

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 02:54

http://www.livraddict.com/covers/1/1262/couv62074190.gif

Une seconde avant Noël, Romain Sardou, éditions Pocket, 2006, 281 pages

Genre : roman

thèmes : orphelinat, travail des enfants, ville industrielle, XIX°S, Angleterre, Noël ,féérie

L'auteur en quelques mots

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_intervenants/Portraits/Grand/6/6/467966_romain.gif

  Né le 6 janvier 1974, Romain Sardou est tombé dedans lorsqu'il était petit ! Issu d'une famille d'artistes (il est le fils de michel sardou ) il a choisi la voie de l'écriture. Pourtant, dès le départ, il est attiré par l'opéra, ce qui le mènera vers le théâtre dans un premier temps. Souhaitant devenir auteur dramatique il suit des cours afin de peaufiner cette passion.Mais, insatisfait, il se tourne vers un autre genre .Il voue une passion quasi exclusive à la lecture et l'écriture qui nourrissent son univers.Dès son premier roman  pardonnez nos offenses , il est reconnu. Le deuxième tome Délivrez-nous du mal est sorti en 2008.Ce thriller médiéval devrait être suivi de 7 autres volumes. En 2010 Romain Sardou se lance dans un nouveau genre avec America qui retrace la création de la treizième colonie américaine, la Géorgie. Là encore cette saga sera poursuivit dans d'autres volumes.

C'est pour ses deux enfants qu'il s'est lancé dans l'écriture de trois contes de Noël :une seconde avant Noël, Sauver Noël et L'arche de Noël.

L'histoire

Nous sommes en 1851 et dans la ville de Cokecuttle, Harold Gui vit dans la rue, comme de nombreux enfants de son âge. Recueilli par un moine qui lui a charitablement donné son nom, il a longtemps vécu dans le terrible orphelinat de  Mme Parrott, vieille mégère qui maltraite les enfants. Au moment où nous le découvrons il s'apprête à participer à une épreuve qui le sacrera peut-être ramoneur et lui permettra ainsi de subsister dans cette ville industrielle inhospitalière où les enfants sont exploités dans des travaux harassants. A cette course sur les toits de la ville, nul ne cède sa place et tous les enfants se battent comme des lions pour réussir à décrocher le sésame. Harold est bien plus rapide et observateur que ses camarades et a tôt fait de trouver le lieu où le ramoneur a caché la clé. Pourtant un tragique événement le détourne de sa route. un petit enfant vient de tomber et est mort sur le coup.  Non content de cela Harold se fait rouer de coups par les caids de la bande qui veulent récupérer le butin. Lorsqu'il revient à son abri, sous les ponts, c'est pour rejoindre le lieu où vit son ami,comme son père, vieil homme qui lui a tout appris : Falou. Féru de livres, ce dernier lui apprend à écrire et à lire et lui transmet tout son savoir mais aussi ses croyances : saviez-vous que des êtres féériques peuplaient le monde autrefois mais qu'ils ont disparu le jour où les hommes ont décidé de s'octroyer des pouvoirs qui leur étaient réservés ?. Mais pour avoir outrepassé les droits octroyés par le Comité public, les deux amis doivent se montrer discrets. Pourtant le moindre denier a été utilisé pour l'éducation du gamin.Mais nul n'aurait pensé à confier un orphelin à un homme tel que Falou. Il a donc fallu tricher un peu ....Quelques jours plus tard, le corps sans vie de Falou est retrouvé sous le pont et avec lui les fameuses lettres , de la belle écriture de Falou, qui soulignent l'escroquerie . Aussitôt Harold est emmené et jugé: voleur, escroc, assassin. Grâce à la charité d'un membre bienveillant du comité, il parvient à obtenir une sanction moins pénible et sera envoyé en Ecosse afin d'y mener des travaux dans une ferme. Il sait déjà ce qui l'attend lorsqu'il découvre que cette pension est tenue par le frère de Mme Parrott qui lui voue une haine terrible. D'autres enfants travaillent là-bas ou plutôt d'autres petits miséreux à qui l'enfance a été enlevée. Pourtant c'est en ce lieu que va commencer la plus extraordinaire histoire que le monde ait connu...

En vrac et au fil des pages

Croyez-vous aux fées, aux petits lutins, aux êtres féériques qui peuplent les forêts ? alors ce livre est fait pour vous. Vous n'y croyez pas ? Alors ce livre est aussi fait pour vous ! Et nul doute qu'il vous convaincra en cette période de Noël.

Le lecteur est pris à parti tout au long du roman par de petites phrases qui nous rappellent que nous sommes dans un conte et qu'il faut prendre soin de l'auditoire, le ramener lorsqu'il s'évade un peu de cette lecture. Pourtant il se lit d'un trait tant le rythme est enlevé et l'atmosphère particulière. Victor Hugo et Charles Dickens ont probablement inspiré Romain Sardou qui parvient à recréer tout un pan de la société anglaise des années 1850 : travail des enfants, labeur dans les usines, insalubrité, pollution, violence. Ici les enfants sont soit de petits êtres chéris, soit de vulgaires ouvriers que l'on sustante juste assez pour qu'ils ramènent les précieux pennys. Réalité sordide qui n'en est pas moins historique et , pour moi, c'est La Petite fille aux allumettes ou les orphelins de Hugo qui apparaissent sous nos yeux.

Mais à cette réalité s'ajoute une dimension féérique , magique. On connait tous ces légendes sur les petits êtres de la forêt. Mais voici qu'ici nous est livrée l'explication sur leur disparition, le fait qu'ils se montrent peu ou oeuvrent en silence.

Quant à ce que va devenir Harold après avoir connu une vie de souffrances et de privations, je n'en dirai rien. Sachez juste que cela a quelque chose à voir avec une certaine distribution de cadeaux dans la nuit du 24 décembre !

L'écriture de Romain Sardou est précise et touchante, fluide et efficace. Je la trouve très visuelle, un peu comme au cinéma ( je me disais d'ailleurs qu'il serait intéressant d'adapter cette oeuvre). Elle crée une atmosphère au plus juste et nous transporte dans un univers qui ne nous est pas inconnu ( je citais Dickens) mais auquel s'ajoute la féérie. Le lecteur ne s'ennuie pas et est souvent apostrophé, comme s'il s'agissait d'un conte oral. Il perpétue donc la tradition des récit de Noël en apportant un petit plus. Nul doute que l'auteur ( que j'appellerai ici conteur) s'est bien amusé en écrivant ce récit car l'on ressent cet humour, cette volonté d'attraper le lecteur pour le guider et ne plus le lâcher. A la fois ludique et instructif, ce petit roman est à lire absolument !

calendrierdelaventpince

http://leslecturesdaurelie.be/wp-content/uploads/2012/10/challenge-en-attendant-Noel.gif


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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 01:58

http://www.vivre-a-chalon.com/files/attachedfiles/6543114-3556250_31097x1.jpghttp://images-booknode.com/book_cover/1002/un-meurtre-sera-commis-le...---christmas-pudding-1002452-250-400.jpg

Christmas pudding, Agatha Christie, edition Le Masque, Hachette, 1960, 250 pages

Genre : recueil de nouvelles

Thèmes : Noël, enquête, repas anglais, tradition, vol, bijou

L'auteur en quelques mots ...

http://images.quickblogcast.com/94060-86797/agathachristieportrait.jpg?a=88

Je pourrais vous dire : on ne présente plus Agatha Christie et ne pas rédiger cette biographie. Mais j'adore cet auteur depuis mon enfance. Je croyais d'ailleurs avoir lu tous ses romans jusqu'à ce que je tombe sur ce Christmas pudding au charme désuet.

Agatha Mary Clarissa Miller est née à Torquay, au Royaume Uni en 1891 d'un père américain et d'une mère anglaise. Son père décède alors qu'elle est enfant.Très tôt , sa mère la pousse à écrire. C'est pourtant  au chant qu'elle se destine dans un premier temps avant d'abandonner ce domaine .En 1912, elle épouse le colonel Archibald avec qui elle aura une fille, Rosalind .Cependant les époux se séparent en période de guerre et Agatha commence à travailler à l'hôpital de Torquay. Elle écrit rapidement mais son oeuvre n'est réellement publiée qu'en 1920 et c'est en 1926 qu'elle est reconnue avec Le Meurtre de Roger Ackroyd. Dès lors, elle écrit deux livres par ans ce qui monte à 84 le nombre de ses écrits ( romans mais aussi nouvelles et théâtre).En 1928 elle quitte son époux et se remarie avec Max Mallowan qui ,par son travail d'archéologue lui inspirera, de nombreux écrits.

On peut trouver des romans inédits sous le nom de Mary Westmacott ainsi qu'une autobiographie.

Elle nous quitte en 1976 après avoir fait mourir son détective le plus célèbes, Hercule Poirot, dans une histoire intrigante.

L'histoire

Lorsque Mr Jesmond demande à Hercule Poirot de l'aider à résoudre une énigme liée à la disparition d'un bijou d'une grande valeur, ce dernier refuse catégoriquement. Des Jesmond il en a connu des dizaines et se méfie de leur sempiternelle phrase : "la situation est extrêmement délicate". De plus qu'irait-il faire dans la campagne anglaise par ce froid mois de décembre, lui qui aime tant le confort de Londres ?"L'idée même d'un manoir anglais du XIV°S l'emplissait d'appréhension.Il avait trop souvent souffert dans les grandes demeures rurales historiques d'Angleterre". Il faudra toute la patience de Mr Jesmond pour le convaincre de passer Noël chez la famille Lacey, dans la plus pure tradition anglaise. Cette fois sa nationalité belge l'aidera à s'introduire incognito à Kings lacey afin d'y dénouer le mystère du bijou volé à un prince indien. Accueilli dans les règles de l'art, il va découvrir une charmante famille au sein de laquelle Sarah doit se fiancer à un certain Desmond Lee Wortley qui n'a pas l'heur de plaire à tout le monde. Le vieux colonel Lacey ne s'y trompe pas, lui si bougon, lorsqu'il regarde d'un oeil méfiant ce jeune homme fraichement débarqué qui remet en cause les traditions anglaises. Il faut dire que l'écart se creuse désormais entre l'ancienne et la nouvelle génération, ce qui ne dérange aucunement les plus jeunes, bien décidés à faire une blague à Hercule Poirot en mettant en scène le meurtre de Bridget, la cadette. Mais alors qu'arrive sur la table de Noël le fameux plum pudding, les événements ne se déroulent pas comme prévu . Le petit mot glissé sous l'oreiller d'Hercule Poirot y est peut-être pour quelque chose : " Mangez pas une miette du Plum Pudding. Quelqu'un qui vous veut du bien" ...

En vrac et au fil des pages

Voici une histoire comme on les aime, charmante et plus légère que les traditionnels romans d'Agatha Christie. Ici Hercule Poirot résoud l'énigme dès le premier coup d'oeil mais n'en dira rien et jouera le jeu, pour le plus grand plaisir des enfants. Cette nouvelle de Noël nous entraine au coeur de la campagne anglaise enneigée, pour y déguster un repas dans la plus pure tradition : soupe aux huitres, dinde farcie aux marrons, dinde bouillie ( et oui il en faut deux !) et plum pudding,  " Un bon plum pudding devrait être fait plusieurs semaines à l'avanceet laissé à reposer.Plus il attend- dans les limites du raisonnable-meilleur il est. (...) chacun dans la maison a pu venir dans la cuisine donner un tour de cuiller à la pâte et faire un voeu. C'est une vieille coutume voyez-vous". On s'y croirait !

Ce recueil contient quatre autres nouvelles qui vous permettront peut-être de découvrir l'auteur sous un autre jour. L'humour est toujours présent ( so british bien entendu !) et la plume légère crée tout de suite une atmosphère particulière dans laquelle on plonge avec délectation. Hercule Poirot est ici en vedette mais Miss Marpple fait une aparition dans la dernière nouvelle. Le Rêve est d'ailleurs une nouvelle troublante qui fait intervenir une dimension fantastique avec cet homme qui n'a d'autre recours qu'Hercule Poirot alors qu'il est assailli par un rêve récurrent : il met fin à ses jours à une heure bien précise. Effectivement on le retrouvera mort dans son bureau fermé à clé... mais je n'en dis pas plus !

Agatha Christie fait ici un cadeau de Noël à ses lecteurs avec une petite nouvelle sympathique qui souligne son amour de cette période festive, souvenir de son enfance. On sera charmé par Mrs Lacey et son souci du détail afin que chaque enfant entre dans la magie de Noël. Cela m'a rappelé ma grand-mère, combien elle aimait aussi cette période et avec quel plaisir elle ressortait les décorations, passait du temps à concocter le menu du réveillon et à faire ne sorte que les plus jeunes croient en cette magie...

Félina a commenté ce livre


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