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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 13:27

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51VF06VMC9L._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

 

 

Oscar et la dame rose, Eric Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2002,100 pages

genre : roman

Thème : maladie, enfance, mort, acceptation

 

 

L'histoire : Oscar a dix ans . Atteint d'une leucémie, il partage sa vie à l'hôpital entre les soins, les visites de ses parents et les rencontres avec d'autres enfants malades. Depuis quelques temps il s'interroge sur l'attitude des adultes : les médecins et notamment le docteur Dusseldorf, semblent mécontents de l'avolution de sa maladie et ne lui sourient plus."Depuis ma greffe osseuse je sens bien que je ne fais plus plaisir.Quand le docteur Dusseldorf m'examine le matin , le coeur n'y est plus, je le déçois.Il me regarde sans rien dire comme si j'avais fait une erreur ...J'ai compris que je suis devenu un mauvais malade, un malade qui empêche de croire que la médecine c'est formidable". Ses parents ne savent plus communiquer avec lui ,aussi en veut-il aux adultes de lui mentir.Seule la dame rose, Mamie Rose, et son franc parler lui permettent de supporter sa vie déclinante. Avec elle il apprend a accepter la maladie, la réaction des adultes.Pour lui elle s'invente une vie de catcheuse professionelle , de battante, à l'image de ce qu'elle aimerait qu'il soit. Sur ses conseils, chaque jour, Oscar écrit une lettre à Dieu, "Cher Dieu, (...) Je te préviens tout de suite, j'ai horreur d'écrire. Ecrire c'est rien qu'un mensonge qui enjolive, un truc d'adultes.". Mais un jour Oscar surprend une conversation entre ses parents et le docteur Dusseldorf. Ce dernier leur annonce que leur fils ne vivra plus très longtemps.Alors ,pour lui, Mamie Rose invente un monde imaginaire ou chaque jour correspond à dix ans. Commence la vie d'Oscar, enfant, adolescent découvrant les premiers émois amoureux avec Peggy blue, la fille bleue puis adulte amoureux et désespéré par ce sentiment, jusqu'au dernier jour ...

 

En vrac et au fil des pages : j'avais lu ce roman au style épistolaire voilà quelques années et l'avait apprécié pour sa fraicheur, sa franchise et en même temps le choix des mots, enfantins mais plein de bon sens. A la relecture je me dis qu'il est innovant car ne craint pas de faire parler un enfant sur sa maladie, sa mort imminente et pose un regard nouveau sur l'attitude des adultes, parfois en effet plus perdus que les enfants eux-mêmes.

 

Pas de registre larmoyant ici et la brièveté du récit aide à cela mais un discours sincère inspiré à Eric Emmanuel Schmitt par son enfance passée à suivre son père dans les hôpitaux auprès d'enfants malades. Un regard juste donc.

 

Le thème de la religion est abordé comme un refuge, une écoute qui peut permettre à Oscar de maitriser sa colère envers les adultes et accepter la fin de sa vie. Eric Emmanuel Schmitt va très loin en comparant les souffrances de Jésus ( nommé Dieu dans le texte) et celles d'Oscar mais ici la réflexion transcende les simples points communs en soulignant que la souffrance physique peut n'être rien si le moral soutien l'être.

 

Toutefois je suis un peu surprise que les parents soient si distants, si absents. Evidemment c'est ici la maman qui parle et je peux comprendre que l'on se sente impuissant et maladroit devant la maladie qui emporte son enfant. Mais la présence forte de Mamie Rose, la personnalité déterminée d'Oscar, laissent peu de place aux autres personnages qui apparaissent comme des formes, des passants et non des acteurs. Même à la fin, alors qu'Oscar donne à tous une leçon de vie et d'espoir, ils sont passifs et ne prennent pas la parole. C'est un petit regret pour moi.

 

Une jolie lecture donc que l'on n'aborde pas de la même façon selon que l'on est adolescent ou adulte. Mon fils a beaucoup apprécié la langue simple, à la fois légère et affirmée. Pour ma part je reste un peu indécise quant à mon ressenti, d'une part ravie que l'on ne tombe pas dans les clichés, d'autre part un peu déçue par la perception familiale qu'il nous donne à voir.

 

schmitt eelittraturecontemporaine

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Published by unchocolatdansmonroman - dans Jeunes lecteurs
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commentaires

Cacahuète 15/03/2012 11:37

1er titre que j'ai lu de l'auteur, et c'est donc LE livre qui m'a envouté, je lui mets donc une appréciation un peu spéciale dans mon coeur !!!....

unchocolatdansmonroman 15/03/2012 12:55



je te comprends. Moi le premier que j'ai lu de lui c'est La R^veuse d'Ostende, que je dois relire avec plaisir d'ailleurs pour faire un billet dessus.



Val84 10/03/2012 17:58

J'ai adoré ce roman et même le film!! On passe des rires aux larmes.

unchocolatdansmonroman 10/03/2012 20:07



ah décidément il va falloir que je le regarde ! ;-)



Céline 10/03/2012 15:14

Oui c'est bien de ce film dont je parle ! La bande annonce ne donne pas très envie je te l'accorde, mais franchement le film est réussi ! enfin pour moi !!
je te mets le lien de ma chronique (je parle à la fois du livre et du film) : http://leslecturesdeceline.blogspot.com/2011/02/oscar-et-la-dame-rose-ee-schmitt.html

unchocolatdansmonroman 10/03/2012 15:46



Merci ;-)



Céline 10/03/2012 13:35

J'ai adoré ce roman !! et pour une fois l'adaptation cinématographique est réussie ! qu'est ce que j'ai pu pleurer !!

unchocolatdansmonroman 10/03/2012 14:06



Tu parles du film avec Michelle Laroque ? Je n'ai vu que des extraits mais je l'ai trouvée un peu exentrique , parlant fort. La suite du film est peut-être bien mais la bande annonce ne m'a pas
donné envie car ne dévoile trop sur cette dame rose... Mais bon je suis un peu pénible, je regarde rarement les adaptations de romans ! hihi



Ptitelfe 09/03/2012 07:29

C'est vrai que les adultes sont très effacés, au moins, ça appuie le fait que ses parents ont du mal a accepter l'inacceptable.. Ce fut une super découverte pour moi, mon premier EES, et je voulais
absolument commencer par ça !

unchocolatdansmonroman 09/03/2012 11:31



J'ai bien aimé aussi Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Dans le cas d'Oscar je regrette tout de même un peu cet effacement des parents même si je le comprends ...



Joanna 08/03/2012 18:00

J'imagine en tant que maman, je ne peux que m'imaginer n'étant pas encore mère.
Sinon je trouve que c'est sympa d'aller voir d'autres articles sur un livre qu'on vient de lire. ça donne un regard nouveau.

unchocolatdansmonroman 08/03/2012 18:02



oui c'est une bonne idée, d'autant qu'un petit réseau commence à se former, c'est sympa pour les échanges. cela me rappelle aussi notre petit logo " mon blog vit de vos commentaires" , c'est donc
une bonne initiative ;-)



Joanna 08/03/2012 17:53

Je viens de le lire et c'est un coup de coeur !
Je vous le recommande chaudement, ça fait réfléchir. Surtout à ceux qui se plaignent pour un rien... Sans vous remet la tête en place (si je peux me permettre l'expression)

unchocolatdansmonroman 08/03/2012 17:56



c'est vrai. Et moi qui suis maman je te dis pas les marmes aux yeux en pensant à la fin mais j'avoue que tout cela est traité avec pudeur et pas du tout larmoyant. J'ai bien aimé sur ton site
l'idée de renvoyer vers les blogs des copains, je m'y mets demain !



Le Cottage de Myrtille 07/03/2012 11:28

Excuse-moi, je n'ai pas suivi... De quel concours s'agit-il ? :-)

unchocolatdansmonroman 07/03/2012 11:38



c'est ici myrtille ! http://www.unchocolatdansmonroman.fr/article-concours-eric-emmanuel-schmitt-100787380.html



Le Cottage de Myrtille 07/03/2012 08:13

Je l'ai lu moi aussi il y a quelques années et je l'ai trouvé touchant mais c'est évidemment un sujet difficile, quoique traité avec pudeur.
Mon challenge progresse lentement mais sûrement : j'ai lu la moitié de La Femme au miroir !

unchocolatdansmonroman 07/03/2012 08:46



C'est chouette ! j'espère qu'il te plait ;-)Dis donc tu n'es pas venue participer au concours ! On ne sait jamais ... (oui je fais de la retape là ! hihi)



livr0ns-n0us 06/03/2012 18:25

J'ai lu pas mal d'E.E. Schmitt mais pas celui-ci, et ta chronique me donne envie de le découvrir. J'apprécie beaucoup la simplicité et la justesse de la plume de l'auteur et Oscar et la dame rose
n'a pas l'air de déroger à la règle !

unchocolatdansmonroman 07/03/2012 06:37



Ici l'auteur fait parler un enfant et l'on retrouve donc bien cette simplicité qui le caractérise, un questionnement juste sur la maladie, un regard qui est sans doute aussi le sien. Puis il se
lit très vite !



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