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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 06:13
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Causes perdues, Gérard Meric-Cadourel, éditions Persée, 2011, 443 pages
Genre : roman
Thèmes : Chine, communisme, mondialisation, milieu de la finance
Ce livre m'a été envoyé par les Editions Persées dans le cadre d'un partenariat via le forum Livraddict  . Merci à eux pour cette lecture.
 
L'auteur en quelques mots...
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Bien que n'appartenant pas à un milieu de lecteurs assidus, Gérard Meric Cadourel a ressenti très tôt un besoin d'écrire, "Je n'ai jamais cessé d'écrire durant toute ma vie. Des contes, des poèmes, mes souffrances internes que j'avais besoin d'extérioriser par l'écriture"
A travers ses écrits se sont des valeurs comme la justice, la liberté, le libre arbitre, que l'auteur met en avant. Des modèles aussi prestigieux que Martin Luther King ou Gandhi l'ont inspiré ( on les retrouve d'ailleurs dans son roman) car il veut, comme le disait Voltaire, écrire "pour agir".
Partagé entre Bruxelles et la banlieue toulousaine, Gérad Meric-Cadourel a beaucoup voyagé. Fort de cette expérience il pose sa vision du monde dans un roman d'anticipation qui donne à voir un idéal auquel il aspire.
 
L'histoire : Nous sommes en 2025. Philippe d'Arciac s'apprête à partir en vacances avec sa famille, sa femme et ses deux enfants. Vacances bien méritées puisqu'il est avocat d'affaires et connait au quotidien une grande tension. Natif de Saramon, Philippe d'Arciac aime retrouver ses racines et sa terre à quelques kilomètres d'Auch, dans le Sud de la France. Là, tout est simplicité, harmonie avec la nature, "Jamais il ne s'était lassé du panorama qui s'offrait à ses yeux et il était heureux de voir que les hommes au cours des siècles passés avaient su préserver à l'état naturel leur patrimoine mais aussi ouvragé avec respect, amour et humilité, le cadastre des labours, champs, boisés et bâtis qui, au fil du temps, avaient modelé l'environnement et donné à la région un charme fou."
Peu après son arrivée dans le Midi, il est cependant contacté par la femme d'Henri Schneider, magnat de la finance et président du groupe "Schneider food end Co", emprisonné par les autorités chinoises et accusé d'espionnage et d'empoisonnement délibéré. Fermement décidé à ne pas intervenir pour un homme qu'il sait arrogant et qui a probablement mérité son sort, Philippe d'Arciac finit par céder.
Commence alors pour lui une aventure incroyable au coeur de la Chine qui est devenue la première puissance mondiale et dont le "Grand leader" entend bien devenir le maître du monde.
Henri Schneider, emprisonné comme ses partenaires, subit au fond d'une geôle une attente qui va le mener aux portes de la mort. Torturés ou froidement abattus, d'éminents européens subissent le joug d'un dictateur qui entend faire régner l'ordre dans son pays. Certes, les ultra-libéraux ne sont pas tout blancs dans cette affaire et la création d'une bulle financière au sein de la Chine a suscité de vives colères. Les grands patrons, réalisant des profits mirifiques dans ce pays à la croissance exponentielle, ont délocalisé leurs industries et n'ont pas toujours agi en lien avec le pays qui les accueillait. Cependant le sort qui leur est réservé souligne une barbarie digne des plus grandes dictatures. "A cause de la folie d'un tyran, nous sommes à la veille d'un conflit mondial". Modernisant son armée, la Chine devient un danger pour la planète.
Déterminé à défendre son client, Philippe d'Arciac découvre alors un réseau caché dont l'objectif est de renverser le pouvoir du Grand leader et rétablir la liberté de pensée, formatée par l'idéologie communiste au fil du temps, et faire émerger une société civile égalitaire. Echappant à la vigilance de son garde du corps, Philippe d'Arciac entrera en contact avec Monsieur Qi et le mystérieux Généralissime ...
En vrac et au fil des pages : malgré un début prometteur je n'ai pas réussi à entrer dans l'ambiance proposée par Gérard Meric-Cadourel. Je pense que cela provient essentiellement du fait que le roman vire souvent à l'exposé. Je m'explique : afin de donner au lecteur toutes les informations nécessaires à la compréhension de l'intrigue, l'auteur nous livre moult détails sur l'économie chinoise, le milieu de la finance ou la politique. Les données historiques m'ont beaucoup intéressée mais je pense que la façon de les amener fait que ces passages, au demeurant fort longs, sont comme déconnectés de l'histoire interne du roman. De la même façon le livre est émaillé d'articles de presse que l'on aurait peut-être pu réduire mais qui nous sont présentés en entier ou par vagues, freinant ainsi la lecture.
Cela est fort dommage car l'intrigue en elle même est bien ficelée et les personnages ont une vraie personnalité qui peut permettre au lecteur de s'immerger dans ce monde à la fois proche de nous et lointain ( au sens où l'on n'aimerait pas que les événements décrits se produisent !). On pourra reprocher au roman d'être trop manichéen. Je pense qu'ici c'est la vision idéaliste de l'auteur qui s'oppose à l'injustice et la barbarie. La fin est une invitation à la paix dans le monde.
J'ai apprécié la touche spirituelle amenée par des convictions fortes. Là encore l'exposé sur le Falun Dafa par exemple, mouvement spirituel chinois, aurait mérité une appropriation plus personnelle de façon à ce qu'il n'apparaisse pas comme une page d'érudition. Car, au final, c'est ce qui ressort de ma lecture. J'ai souvent eu l'impression de lire un documentaire et non un roman. Pour cela, lorsque l'histoire me ramenait vers Philippe d'Arciac et l'intrigue haletante, il me fallait un certain temps avant de réellement plonger dans le livre.
Les ingrédients sont là : de mystérieux personnages qui entretiennent des liens avec des confréries, des réseaux cachés qui oeuvrent en secret, des scènes haletantes, d'autres choquantes ( comme les scènes de torture particulièrement violente mais qui peuvent plaire dans ce type d'écrit), un personnage principal attachant. La construction du récit est aussi intéresante dans la mesure où elle propose plusieurs points de vue et donne la parole, tour à tour, aux divers personnages. Il est dommage que tout cela ne soit pas plus lié, fondu en une intrigue qui diffuserait subrepticement les données documentaires sans en faire étalage.
Cela étant le roman de Gérard Meric Cadourel fait réfléchir et , à l'heure où la Chine émergente envahit le marché mondial mais effraie aussi, le questionnement proposé invite à se demander de quoi demain sera fait.
Merci aux éditions Persée et à Livraddict pour ce partenariat
 
 
 
 
 
 

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Published by unchocolatdansmonroman - dans la petite fève amère
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commentaires

Damien (Nord pas de Calais 23/07/2012 12:06

Bonjour, je trouve ta critique intéressante et bien construite. je ne partage pas toutefois ton avis quand tu dis que ça tourne parfois à l'exposé. Au contraire, je pense que l'auteur à voulu
décrire comme une fresque narrative certains évènements qui concernent le personnage principal du roman Philippe d'Arciac mais aussi une image d'une société en déclin. il est comme un photographe
qui nous remémore le passé dans son contexte social, économique, politique et civil. Et cela est très intéressant car c'est l'histoire des hommes qu'il raconte. Quant il l'aborde le thème du NON
cela a fait un déclic dans mon esprit. Oui, nous sommes au même niveau que les gens qui nous gouvernent coupables des malheurs qui nous accablent. Cette société nous la cautionnons tout en fermant
les yeux. Et puis, dans ce livre, il y a un grand humanisme, des paroles de paix, du bon sens, l'envie de croire aux utopies, des leçons de courage face à la barbarie des hommes. Il explique aussi
que nous Européens nous avons du souci à nous faire. Que notre grandeur est belle et bien finie et que notre civilisation est en danger... Voilà pour moi ce qu'est le livre de Gérard Méric
cadourel. Alors, s'il y a certaines longueurs ce n'est pas vraiment important car son message est fort est devrait préoccuper les têtes écervelées que nous sommes. Pour une fois, j'ai lu un auteur
qui avait des choses à dire et dont les messages clairs m'ont remis en question. J'adore ces personnages accrochés à leur terre, pleins de conviction, fidèles à leurs origines et idéaux. j'ai lu
quelque part qu'il préparait un second opus "la Bombe humaine" dont le héros serait encore Philippe d'Arciac et j'ai hâte de connaitre ce nouveau roman. (Je comprends pourquoi les 70 premières
pages de "Causes Perdues" s'attardent avec autant de précision sur la vie familiale et professionnelle de Philippe D'arciac (l'auteur voulait-il ancrer son personnage dans l'histoire d'une future
saga ?) Pour finir, Victor le " cafard" c'est trop fort !

unchocolatdansmonroman 23/07/2012 19:39



Et oui, il en faut pour tous les goûts ! Je partage ton avis quant au début du roman qui installe bien le personnage, le cadre familial et l'attachement aux racines. C'est d'ailleurs une des
parties que j'ai préférée. En revanche je ne te rejoins pas en ce qui concerne la multitude de thèmes abordés dans le roman. Puisque tu évoques la possibilité d'une saga, il me semble qu'il
aurait été bon de garder quelques éléments pour plus tard. Effectivement de nombreux thèmes s'entremèlent, plus ou moins développés, si bien qu'il faut prendre du recul après lecture pour
réfléchir à tout cela. C'est beaucoup trop. L'éveil des conscience est un travail de longue haleine et, même dans un roman de fiction, distiller quelques idées bien construites et mûries est plus
enrichissant que vouloir confronter le lecteur à de multiples thèmes auxquels il n'aura pas l'occasion de réfléchir en même temps. C'est un avis tout personnel mais le tour des critiques me
montre que quelquechose ne plait pas à tous les lecteurs. Je crois que c'est cela. Après, je suis d'accord, les thèmes abordés sont importants et méritent d'être soulignés. Peut-être la suite se
présentera-t-elle sous une autre forme ... Nous verrons bien et , comme toi, je la lirai afin de me faire une idée ;)



jerome 14/07/2012 21:57

Ouh là, pas du tout pour moi. Le thème, son traitement, tout me rebute. Tu as comme dû souffrir un peu en voir le bout, non ?

unchocolatdansmonroman 15/07/2012 14:20



disons que l'intrigue est sympa ( la rencontre avec des maitres chinois notamment). Mais je crois que l'auteur a voulu trop en faire, du coup le roman vire à l'exposé, ce qui est fort dommage...



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