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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 13:29
Suite française, Tempête en Juin, Emmanuel Moynot

Suite française, Tempête en Juin, Emmanuel Moynot, éditions Folio, collection BD, 2016, 224 pages

D'après le roman d'Irène Némirovsky

Genre : bande dessinée

Thèmes : guerre, débâcle, exode, privilèges

 

L'auteur en quelques mots ...

 

 

Dessinateur et scénariste français, né en1960, Emmanuel Moynot aime à se définir comme un "auteur de récits".

Le grand public l'a découvert pour sa reprise en bande dessinée de Nestor Burma d'après les romans de Léo Malet sur une demande de Jacques Tardi.

L'univers de ses albums est sombre voire fataliste. Attachant une importance aux personnages et aux décors, ses thèmes de prédilection sont « l'erreur » (L'enfer du jour), « la méprise amoureuse » (À quoi tu penses ?Pendant que tu dors mon amour), la solitude des hommes (Bonne fête Maman !Monsieur KholL'année dernièreL'heure la plus sombre vient toujours avant l'aube) ou la difficulté de la création artistique (Oscar & Monsieur OAnatomie du désordre) .

Il a aussi traité du thème de l'anarchie à travers l'itinéraire du personnage d'Augustin au tournant du xxe siècle dans Le temps des bombes (1992 à 1994).

À partir de 1993, il travaille avec le scénariste Dieter et crée avec lui les aventures du Vieux fou (1999 à 2001) autour du personnage de Javier, un ancien de la lutte contre le franquisme, kidnappant un enfant pour payer ses vieux jours.

Parallèlement à sa carrière d'auteur et de scénariste de bande dessinée, il est musicien. Auteur-compositeur, chanteur et guitariste, il a officié un temps au sein de la formation Mataluna.

Après avoir habité à Paris, il réside à Bordeaux depuis 2003.

(source wikipedia)

L'histoire

Paris, 4 juin 1940. On se prépare à l'entrée des allemands dans la Capitale. Les journaux titrent les avancées ennemies, les victoires des alliés. L'armée du Nord tient bon, jusqu'à quand ?

La famille Péricaud se prépare à partir. Mais alors que le fils ainé, Philippe, prêtre, doit accompagner les orphelins de l'Oeuvre, son frère Hubert, plus jeune, envisage de se battre aux côtés des soldats qui repoussent les allemands. Ne se sentant pas pris au sérieux par ses parents, il fugue en pleine nuit.

Parallèlement, Gabriel Corte, écrivain qui vit dans sa bulle, entouré de ses personnages, ne prend pas la mesure de la situation. Sa femme, paniquée, l'incite à fuir également.

Les Michaud quant à eux, employés par la Banque Corbin Furières, sont pressentis pour bénéficier de la voiture de leur patron afin de quitter la ville. Malheureusement, à la dernière minute, ce dernier leur fait faux bond, les contraignant à poursuivre à pied leur périple jusqu'à Tours où a lieu le rendez-vous. Eux qui croient avoir perdu leur fils, qui sont sans nouvelle, vont se retrouver sur la route, mêlés à la France qui fuit.

Chacun de son côté va tenter d'échapper à l'invasion allemande, abandonnant ses biens. Mais la guerre efface les privilèges,place tout le monde sur la route, au même niveau, ce que ne supportent pas certains, comme Charles Langelet ...

En vrac et au fil des pages ...

 

Souhaitant lire le roman d'Irène Némirovsky, j'ai sauté sur l'occasion d'entrer dans l'univers décrit par la BD d'Emmanuel Moynot, avant de me plonger dans le récit.

Le format laisse nécessairement une petite déception, tant l'on voudrait en savoir plus sur les personnages. J'ai eu l'impression de lire une nouvelle, sans avoir le temps de m'attacher aux personnages. Pourtant certains retiennent l'attention, par leur comportement odieux ou au contraire par l'émotion qu'ils dégagent.

Les planches en noir et blanc invitent, par le trait vif, à saisir le mouvement de fuite, l'exode. Pour autant l'expression des visages transparaît, les cadrages laissent entrevoir un travail cinématographique intéressant, de plans d'ensemble ou de vue en plongée qui animent le récit.

Peut-être l'auteur a-t-il voulu , dans ce condensé, nous plonger sur la route et nous faire ressentir le temps qui passe à une vitesse folle, les destins qui s'entremêlent. On tourne la dernière page et l'on aurait, évidemment, aimé que l'histoire d'amour entre Jean Marie Michaud et Madeleine puisse exister, que la guerre ne soit pas si absurde, que les comportements ne fassent pas basculer les hommes dans la bestialité ou l'égoisme.

C'est donc une tranche de vie que nous propose Emmanuel Moynot, sans concession. Au sentiment d'urgence, ressenti dès le départ , succède une poésie désabusée dans les dernières pages, l'après, l'attente ...

 

Merci, pour ce partenariat, aux éditions Folio qui ont eu la gentillesse de glisser dans l'enveloppe un petit cadeau. Merci à Livraddict pour la proposition de partenariat.

 

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Published by unchocolatdansmonroman - dans saveurs littéraires
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commentaires

c'era una volta 18/02/2017 11:59

A la lecture de cette BD, j'ai eu pour ma part un sentiment de trop peu et l'envie d'approfondir par la lecture du roman.
Le dessin de la fuite de ces hommes et femmes est comme tu dis, sans concession. La guerre ça peut rendre très moche... (et je ne parle pas forcément du physique).

Angelilie 15/02/2017 13:30

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement. au plaisir

A-Little-Bit-Dramatic 14/02/2017 11:17

Je ne connais pas ce livre mais les dessins sont beaux et nous ramènent aussitôt dans les années 1940... je ne sais pas si je le lirais, j'aimerais d'abord découvrir le roman d'Irène Némirovsky, ce que je n'ai toujours pas fait... :/

nath 14/02/2017 11:23

ah nous sommes nombreux à vouloir le lire ;) Pour ma part je suis contente d'avoir lu la BD avant car je pense que j'aurais été déçue par la concision ( même s'il y a un deuxième tome )

Syl. 14/02/2017 09:44

Un beau roman ! Le dessinateur s'est attaqué à une histoire bien dense !
Je note.

nath 14/02/2017 11:15

en effet et la BD est concise pour le coup et met l'accent sur quelques détails

jerome 13/02/2017 12:45

J'ai l'édition grand format mais j'attends de mettre la main sur la suite pour lire les deux tomes d'un seul coup. Et je me demande si je ne ferais pas mieux de lire le roman avant son adaptation.

nath 14/02/2017 11:14

je ne sais pas. Soit cette BD est une mise en bouche et donne envie de lire le roman ( ce qui est mon cas) soit, après lecture du roman, cela donne des détails grâce au graphisme, mais a-t-on imaginé les personnages ainsi ?

manou 12/02/2017 21:53

Je ne sais pas si ce format me plairait, pour une BD, mais comme j'aime beaucoup le roman d'Irène Némisrovsky, ta chronique me donne envie de découvrir cette adaptation. Merci et à bientôt

nath 14/02/2017 11:13

j'ai trouvé le récit trop rapide, mais j'espère lire le roman prochainement

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