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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 04:55

Je copie-colle le petite mot de Leiloona , en préambule à l'atelier d'écriture de ce jour, parce que je ne saurais expliquer mieux qu'elle la genèse de cette photo :

Souvent le net permet de belles discussions. La semaine dernière je suis allée voir une très jolie pièce de théâtre : Les Anciennes Odeurs. A la parution de mon article, une discussion a commencé avec l’un des comédiens : Yannick Debain (vous l’avez sans doute croisé un jour à la télé … allez aussi le découvrir au théâtre !)

Celui-ci n’a pas seulement lu l’article, mais il a parcouru Bric à Book et est tombé sur l’atelier d’écriture. Or ce comédien a lui aussi plusieurs cordes à son arc : il aime prendre des photos … Il m’a très gentiment proposé d’utiliser une de ses photos pour l’atelier. Voilà qui est chose faite. Merci Yannick Debain.

Le ciel à portée de main...

Quelle est loin ma ville. Damas, trésor araméen. Je l’ai pensée ordinaire, défigurée et l’ai assimilée au chaos que nos traitres créaient. Honte à moi qui aurait du la bénir chaque jour, vénérer le passé glorieux d’une cité digne des légendes. Il a fallu une traversée, l’ombre de la mort et la peur de ne jamais la revoir, pour apprécier son visage meurtri.

L’attachement ne vaut rien contre la folie des hommes. Comment vivre en terre aimée sans dignité ? Ne sachant ce qui m’attendait j’ai franchi le pas et me voilà, déraciné mais plein d’espoir, en un lieu d’une vertigineuse immensité ; perdu dans la masse, apeuré et rassuré à la fois.

Ici la ville n’a pas ton visage, Damas, et si tu laissais le soleil caresser tes rues, les immeubles qui m’entourent semblent vouloir atteindre le ciel. J’apprends à aimer l’espace, les reflets changeants sur les murs de verre. Je suis un parmi d’autres et chaque bâtiment me tend le miroir de la vérité : « voici qui tu es désormais, déraciné mais vivant, marchant du même pas, plus lent peut-être parce qu’attentif. »

Nous vivons sous le même ciel, mais mon regard, souvent, s’élève, le temps d’un souvenir, d’un espoir. Là où certains baissent la tête, je refuse de fermer les yeux à nouveau. L’espace bleuté au-dessus de moi est tout ce qui me relie à mon passé. Ici, la verticalité est un élan vers toi, une prière adressée à qui voudra m’entendre.

Eux voient un fou, le visage tendu vers le haut des immeubles.

- Ne comprend-il pas que tout est perception faussée, visible et invisible ?

Sans doute, la présence écrasante des constructions leur rappelle-t-elle combien ils sont petits, frêles entre leurs corps de géants. Aussi n’en perçoivent-ils plus la beauté. Pour moi, c’est le ciel à portée de main.

Illusoire illusion où chacun voit ce qu’il veut.

 

 

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Published by unchocolatdansmonroman - dans atelier d'écriture
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commentaires

Touloulou 27/03/2016 20:01

J'y pense Nath... Si vous recherchez des photos pour l'atelier, je pourrais peut-être vous en envoyer ? Enfin, c'est peut-être un peu présomptueux, mais si ça peut vous aider :)
Bises !

nath 27/03/2016 20:08

j'y ai pensé figure-toi. Tu connais Leiloona du blog brick à book ? Tu pourrais lui en soumettre car je les trouve inspirantes tes photos

c'era una volta 21/03/2016 13:51

Très beau texte. Percutant de réalités, celle du déraciné, perdu en un lieu où il ne se sent pas "chez lui" mais éperdu d'espérances ; celle de ceux qui se sentent "chez eux" mais oublient de voir ce qui est beau et les entourent.
C'era una volta

c'era una volta 29/03/2016 22:00

Poursuis, surtout. C'est une belle marotte qui te réussit :)

nath 21/03/2016 17:19

merci de ton commentaire, cela fait plaisir. C'est ma nouvelle marotte l'écriture !

CurieuseGrign. 15/03/2016 20:13

Très beau texte qui reflète bien l'actualité et ce déchirement qu'est en vérité le déracinement. Si seulement il existait un monde où nous serions tous égaux sous le même ciel...

Nath 16/03/2016 08:35

oui c'est curieux de penser que nous vivons tous en un même lieu finalement et qu'ils 'y passe tant de choses différentes, des bonheurs et des tragédies

Claude 14/03/2016 21:29

Le soleil et le lune sont les mêmes pour tout le monde. Ils n'appartiennent cependant à personne.

Nath 16/03/2016 08:35

c'est notre lien, le fil conducteur

Benedicte D. 14/03/2016 17:26

Libre, oui, mais on oublie souvent à quel prix....D'autres mœurs, d'autres paysages, une autre langue, une autre foule dans laquelle se frayer un passage, et la nostalgie toujours au cœur....Et heureusement le même ciel au-dessus de la tête....Joli texte.

Nath 16/03/2016 08:36

merci Bénédicte. Je pense aussi que quitter sa terre est une déchirure. Grand courage pour ceux qui franchissent le pas sans savoir ce qu'ils vont trouver de l'autre côté

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