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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:00
Le Voyage de Simon Morley, Jack Finney

Le Voyage de Simon Morley, Jack Finney, éditions Denöel, collection Lunes d'encre, 2015, 538 pages

Traduction : Hélène Collon

 

Genre : science fiction

Thèmes : voyage dans le temps, New York au XIX°S, amour, rencontres,

 

L'auteur en quelques mots ...

 

Le Voyage de Simon Morley, Jack Finney

Né dans le Wisconsin en 1911, Jack Finney, de son vrai nom Walter Braden Finney, est auteur de récits de science fiction et de thrillers. Certains de ses écrits ont été dapatés au cinéma, comme L'Invasion des profanateurs  en 1956.

Jack Finney est décédé en 1994, peu de temps après avoir écrit la suite du Voyage de Simon Morley, Le Balancier du temps.

Il reçut le Prix de l'imaginaire 1994 pour Le Voyage de Simon Morley.

 

L'histoire :

 

Simon Morley est dessinateur pour une agence de publicité, "La tâche est aussi assommante qu'il y parait". Rien de bien gratifiant dans ce travail alimentaire jusqu'au jour où se présente à l'agence un petit homme dégarni qui lui pose une simple question : " Est-ce que par hasard vous vous rappelleriez votre matricule d'appelé, comme ça, pour rire ?". Ruben Prien ne veut rien d'autre qu'une heure de son temps afin de lui exposer un projet qui pourrait bouleverser sa vie. Mais auparavant il lui expose ce qu'il sait de lui, de sa vie, de ses envies, son ennui. "Donc , l'un dans l'autre, je n'avais pas grand chose à reprocher à ma petite vie. Sauf que, comme pour tous les gens autour de moi, il y avait un grand trou au milieu, un trou que je ne savais pas comment remplir et dont j'ignorais ce qu'il aurait dû contenir".

Il n'en faut pas davantage pour que Simon Morley se lance dans une aventure dont il ne sait rien mais qui va le mener bien plus loin que son petit univers :un voyage dans le temps.

Ici point de machines et autres artifices, seule la force de l'esprit peut venir à bout des barrières, l'imagination et la documentation sans faille faisant le reste. Selon la théorie du Professeur Dantziger, recréer les conditions de vie d'une époque aiderait à s'y projeter, présent, passé et futur étant placé sur une même ligne du temps.

Après des mois d'entrainement, d'une vie calquée sur celle des hommes du XIX°S,Simon est prêt. Sa petite amie Kathie reste sur la réserve mais se joint rapidement à lui, dans le plus grand secret, pour explorer le New York de l'époque. C'est qu'elle aimerait élucider un mystère : en 1882, le père d'Ira Carmody (père adoptif de Kathie), Andrew, s'est suicidé d'une balle dans le coeur et a laissé près de lui un étrange billet . Ce décès ayant beaucoup marqué Ira qui, toute sa vie, a été obsédé par l'image de son père, il a souhaité retourner sur la tombe du défunt pour y  prendre une photo sur laquelle apparait un mystérieux symbole : une étoile à neuf branches, sertie à l'intérieur d'un cercle. Qui a envoyé ce billet ? Que savait-il qu'Andrew Carmody ne pouvait supporter ?

Simon Morley en saura bientôt davantage sur cette étrange fait divers , mais saura-t-il rester spectateur et ne pas influer sur le cours de l'Histoire ?

 

En vrac et au fil des pages ...

 

Il existe bien des récits de voyage dans le temps. L'originalité de celui-ci tient en plusieurs points. Tout d'abord l'idée du transfert qui ne s'effectue pas via une machine mais par l'esprit, la force de l'imagination, une capacité d'auto-hypnose permettant à l'individu de se projeter dans une univers dans lequel il se serait immergé durant un temps plus ou moins long. Il semble que Simon Morley soit particulièrement sensible , réceptif puisqu'il parvient rapidement à s'extraire de son époque pour entrer dans le New York de 1882.

On retrouve alors ici, deuxième originalité, une description fine assortie de photographies d'époques, de la ville. L'agitation, la vivacité des couleurs, des habitants, le contraste entre l'époque actuelle, plus morose, et les visages empreints de sérénité et d'optimisme des hommes de la fin du XIX°S.

Jack Finnez nous livre ici un riche travail de documentation qui peut alourdir par mments le récits. Mais si l'on se place du point de vue de l'expérimentation, il semble normal que Simon Morley, qui doit rendre un rapport rigoureux de ses voyages, décrive aussi précisément les lieux.

L'intrigue n'est pas délaissée, au contraire et rapidement plusieurs histoires s'entrecroisent : le fait divers qui préoccupe Kathie et qui va se révéler une véritable enquête policière, la rencontre de Simon avec Julia et les retours dans le présent, l'effacement peu à peu de Kate ...

Ce qui reste fascinant est l'immersion totale dans une ville que l'on n'a aucun mal à se représenter : son évolution,ses progrès, l'espoir et la foi de ses habitants pourqui l'avenir n'existe pas encore. Jack Finney en profite pour glisser quelques critiques sur sa propre époque, les conflits, l'industrialisation ... Il nous livre alors les progrès de la science, révélateurs du "tout est possible", prend plaisir à décrire une rue qui n'est pas encore envahie par les gratte ciel. L'histoire de la statue de la Liberté est passionnante alors que Simon arpente les rues et aperçoit un bras ( et oui elle n'est pas encore érigée et ne se situera d'ailleurs pas à cet endroit-là). Pour cela l'auteur prend son temps, explore, dévoile, décrit et le rythme de l'intrigue n'est pas très enlevé ( à l'exception de l'événement dans lequel vont être impliqués Simon et Julia et qui touche à la résolution de l'énigme du suicide d'Andrew carmody). Cela n'est pas génant car, finalement, ce style contemplatif convient bien à l'oeuvre. on est loin des allers-retour dans le temps que l'on a pu voir dans des films. Ici cela s'accorde avec la reflexion du personnage qui va devoir prendre une décision importante : vivre cela comme une simple expérience scientifique ou vivre intensément cette immersion au point de ne plus pouvoir quitter le XIX°S.

Le lecteur scientifique ne sera pas en reste puisque l'expérience est relatée par le menu , mais j'ai apprécié, pour ma part, que l'on ne nous assomme pas avec une technologie à laquelle on ne comprend pas toujours tout. Cela participe aussi de l'onirisme qui sous-tend ce récit, la volonté clairement affichée de mettre l'accent sur le beau, le positif, ce qui peut aussi expliquer la décision finale du personnage, mais je n'en dis pas plus.

 

 

 

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