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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 11:08
Et tout ce qui reste est pour toi, Xu Xing

Et tout ce qui reste est pour toi, Xu Xing, éditions de L'Olivier, 2003, 218 pages

Traduit par Sylvie Gentil

Genre : récit

Thèmes : Chine, Tibet, Europe, intégration, politique

 

L'auteur en quelques mots ...

 

 « Je suis né en 1956, à Pékin. La Révolution Culturelle a débuté en 1966, et en 1967 mes parents ont été déportés, mon père au Hebei, où il a été interné, et ma mère dans les montagnes du Gansu. C’est comme cela que j’ai commencé, à l’âge de 11 ans, à vivre seul. Ma mère, avant de partir, avait convenu avec un restaurateur de notre quartier, qu’elle lui enverrait chaque mois une partie de sa paye pour qu’il me nourrisse. Lorsque je repense à ces années, j’ai le souvenir d’une grande souffrance, d’une grande solitude. J’étais trop petit. Mais avec l’âge, cette expérience est devenue une richesse.(…) J’ai entamé mon premier voyage à onze ou douze ans, pour aller voir ma mère. Cela a été une véritable épreuve, je me souviens de la misère, de la faim. Mais ce voyage a été une expérience déterminante dans ma vie : je l’ai refait par la suite chaque année, et voyager est devenu dès lors une sorte de drogue. Ma scolarité, quant à elle, était plutôt chaotique. (…) J’ai connu mon premier amour en 1972 ou 73 : pour la première fois de ma vie, j’ai écrit une lettre à une fille, dans laquelle je vantais mes exploits sur les routes ; je concluais sur quelques doutes personnels quant à la Révolution Culturelle. La fille a été prise de panique. Elle a fait lire ma lettre à sa meilleure amie, et elles ont pris la décision de la remettre à leur professeur de politique, qui appartenait à la police. J’ai été emprisonné pendant quarante jours. J’avais 16 ans." source http://jelct.blogspot.fr/2009/10/lasie-des-ecritures-croisees-03.html

Et tout ce qui reste est pour toi est son premier roman.

 

L'histoire

 

Le narrateur et son ami Xi ong ont déjà parcouru la moitié de la Chine a vélo, ce qui a donné à Xi Yong des envies d'évasion, d'ailleurs. Entretenant une correspondance avec sa tante qui vit en Allemagne, il propose de la rejoindre pour travailler dans son restaurant.Mais la tante se révèle autoritaire et Xi Yong n'a plus qu'une envie, faire venir son ami d'enfance auprès de lui.

Sans argent, le narrateur se décrit comme "élément oisif de la société", "cela faisait plus de vingt ans que je n'avais pas de source de revenu normale. Mon indigence ne prenait pas une ride, parée des chatoyantes couleurs de la politique de réforme et d'ouverture, ..". Il faut dire que , même s'il ne fait pas d'effort, ce qu'il reconnait avec humour, son pays ne lui propose que chômage et famine depuis des années.

Avant de rejoindre Xi Yong en Allemagne, il passera par le Tibet, au gré de rencontres, se laissant porter par les événements et les possibilités. De retour en Chine, au lendemain du 4 juin 1989, il trouve un pays en effervescence, marqué par la contestation et décide de rejoindre son ami, du côté Est-Allemand. Là, l'idée que lui renvoient les jeunes allemands de son pays est faussée par leur représentation de Mao . Mais ce qu'il veut voir , lui, c'est la vieille Europe.

Lui tendra-t-elle les bras ?

 

En vrac et au fil des pages ...

 

Surprenante lecture qui nous convie à marcher aux côtés d'un garçon passif, qui se laisse porter, ne cherche pas vraiment à travailler et, de rencontre en rencontre, finit par visiter diverses contrées. Ce qui m'a semblé interressant est le regard qu'il porte sur son pays, la Chine.Autant dire un regard sans concession sur l'évolution de la Chine qui ne fait rien pour ses "indigents".

L'occident apparait comme un Eldorado dans lequel il est possible de trouver du travail, pourtant les épreuves qui l'attendent, le contexte politique ne lui permettent pas de s'épanouir à l'étranger, et c'est aussi pauvre qu'il est parti qu'il retourne chez lui. Xu Xing dit dans une interview: "Les idées de beaucoup d'Européens sur la Chine me paraissent le fruit d'une propagande incroyable."

C'est un constat pessimiste qu'il dresse d'ailleurs à la fin du roman, comparant l'humanité à une masse grouillante et puante.Peu s'espoir de voir changer son pays et il nous laisse sur cette note désabusée. Finalement si tout ce qui reste est pour nous, nous n'avons pas grand chose et c'est bien le message que voulait faire passer l'auteur.

C'est un récit amer qui vaut le coup d'être lu. j'ai retrouvé dans son écriture un peu de Kenzaburo Oe, sans doute à cause de la désillusion qui porte le récit.

 

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Published by unchocolatdansmonroman - dans saveurs littéraires
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