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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 07:18
A la lecture, Véronique Aubouy, Mathieu Riboulet

A La lecture, Véronqiue Aubouy, Mathieu Riboulet, éditions Grasset, collection bleue, 2014, 240 pages

Genre : essai

Thèmes : lecture, Proust, partage, film, expérience, témoignage, littérature

 

Les auteurs en quelques mots

 

Véronique Aubouy est cinéaste ( biographie) et réalise depuis 1993 Proust lu, lecture filmée intégrale de À la recherche du temps perdu (plus de cent heures à ce jour).

Mathieu Riboulet est écrivain et réalisateur. ll a reçu le Prix Décembre 2012 pour "Les oeuvres de miséricorde".

 

L'histoire

 

C'est un livre sur un film qui parle d'un livre.

"Ce livre part d'une expérience étrange : depuis vingt ans, la cinéaste Véronique Aubouy demande à des "liseurs" de lire face à la caméra deux pages d'A la recherche du temps perdu. Plus de mille se sont déjà prêtés au jeu, d'un berger des Cévennes à une cavalière en Mongolie, de la petite-nièce de Proust à l'acteur américain Kevin Kline, sans oublier ce petit plaisantin qui avait glissé deux pages de Du côté de chez Swann dans un exemplaire de Voyage au bout de la nuit... De ce projet fou, Véronique Aubouy tire aujourd'hui, avec l'écrivain Mathieu Riboulet, une sorte de promenade subjective dans l'univers proustien. " Un automne avec Proust, L'Express
 
" Je tâche de lire la Recherche à peu près tous les dix ans, ce rituel fonctionne un peu comme un miroir : j'y mesure ce qui, dans l'intervalle écoulé, a changé en moi, ce qui inversement demeure, quelles que soient les circonstances". On ne sait réllement qui parle dans ce livre, de Mathieu Riboulet ou de Véronique Aubouy. Un peu des deux, ou bien un accord au détour d'une phrase nous fait penser que c'est lui. Tous deux sont amoureux de Proust, de sa fresque et témoignet des multiples rencontres que ces ouvrages leur ont permis de faire. Des lecteurs surprenants, touchants se succèdent dans Proust lu et le projet est d'envergure qui court sur plusieurs années. Chaque lecteur , qu'il soit connu ou pas, choisit un lieu et reçoit deux pages de Proust qu'il lira face à la caméra, tentant de l'oublier ou, justement, ne l'oubliant pas.
 
Parmi les expériences étonnantes relatées, l'histoire de Radovka qui a mis 43 ans et trois mois pour traduite Proust, manquant de temps entre les enfants, son mari, le ménage et son travail, jusqu'à la retraite qui lui a permis de quitter le foyer et de vivre de ses traductions, de sa passion pour les phrases de Proust.
 
Chaque lecteur est un numéro, puis s'anime à la faveur d'un lieu, d'un souvenir de lecture, de ce qui remonte en chacun justement à la lecture de Proust et que Véronique Aubouy perçoit à travers l'oeil de la caméra: des moments de communion mais aussi de souffrance.
 
Des tranches de vies, des témoignages qui rapprochent, réconcilient avec Proust, témoignent de son empreinte sur notre propre vie, des échos, des souvenirs comme autant de petites madeleines.
 
En vrac et au fil des pages..
 
Proust lu n°871
 
Surprenante lecture que cet essai que j'ai choisi car je connaissais le projet fou de Véronique Aubouy, Proust lu. Ici les voix des deux auteurs se mélangent et se font écho, d'autres interviennent, des lecteurs que l'on a furtivement aperçus face à la caméra et qui reviennent témoigner. On le lit comme un essai mais aussi , quelque part, comme un roman car on s'attahce à ces personnages, se demandant ce qu'il adviendra d'eux après lecture, comme ce mari qui se met à lire la Recherche, qui tombe littéralement dedans, ennuie sa femme en lui racontant sa lecture, elle qui l'a lu voilà deux ans, et finalement découvre tout un monde de souvenirs qu'il croyait enfoui.
Et puis l'on découvre que Proust est adulé dans le monde, que sa lecture a permis à certains d'accéder à la langue française et sa richesse.
Cela nous renvoie inévitablement à notre propre découverte de cet auteur qui nous horripile par son phrasé à rallonge maisnous séduit par l'évocation à nulle autre pareille des souvenirs. Proust est un de ceux qi sait faire revivvre une scène sus les yeux du lecteur comme si c'était ce dernier qui l'avait vécu. C'est un auteur fort et sans doute marquant étant donnée larichesse des récits inspirés de lui, de ses écrits ( La Petite cloche au son grêle de Paul Vacca,  Chercher Proust de Michael Uras ou encore Un été avec Proust ).
A découvrir
 
 
 
 

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Published by unchocolatdansmonroman - dans saveurs littéraires
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commentaires

Mypianocanta 12/05/2015 18:31

Comment ça Proust nous horripile avec son phrasé à rallonge ?!? mais pas du tout j'adore autant la prose elle-mêmeque celle qu'elle dit : c'est de la musique en mots tout simplement … Mais du coup, je ne suis pas certaine que j'apprécierais réellement ce livre ; à voir =)

nath 13/05/2015 09:49

nan j'avais compris hein ;) je sais que tu es une grande fan de Proust et moi j'ai fait mon deug avec lui, j'ai vu tes fossettes ! bon je persiste, il est horripilant ce proust, grrr, il nous embarque, puis nous malmène, flûte le sujet de la phrase m'a échappé, de quoi parlait-on déjà ? C'est poétique, on se laisse flotter, et puis hop ça repart, oh la la, grr, non mais, rhô il faut que je retourne au paragraphe précédent ! ah ah ah ! bon je peux bien me moquer de lui alors que je m'en sers de contre exemple en classe ( surtout ne faite pas votre proust les enfants !) , mais aussi pour la madeleine, énorme, ils adorent ;)

Mypianocanta 13/05/2015 09:30

Euh Nath ! la première phrase était pour rire … (peut-être aurais-je dû ajouter "dit-elle d'un ton faussement indigné totalement démenti par son sourire qui remontait jusqu'aux yeux, pendant que ces fossettes se creusaient un peu plus à chaque mot" … et non je ne suis pas encore Proust).
Je sais bien que c'est difficile (c'est même le seul auteur que je lis plus lentement que lorsque je lis en langue étrangère). C'est juste que j'ai entendu beaucoup de gens dire qu'ils n'y comprenaient rien, qu'ils s'y ennuyaient mais pas qu'ils étaient horripilés :D :D :D

nath 12/05/2015 19:14

oh quand même de nombreuses personnes sont lassées par Proust avant d'être bluffée, il faut l'apprivoiser, le lire et le relire. Certes de belles pages et la poésie dans tout cela mais rares sont les personnes qui ont tout lu ou ne se sont pas essoufflées. Ce livre tu peux le lire car c'est un bel hommage, ça raconte comment la lecture de cet auteur a changé la vie de multiples personnes. On y parle même de la phrase la plus longue de Proust ( 243 mots): « Mais au lieu de la simplicité, c'est le faste que je mettais au plus haut rang, si, après que j'avais forcé Françoise, qui n'en pouvait plus et disait que les jambes " lui rentraient ", à faire les cent pas pendant une heure, je voyais enfin, débouchant de l'allée qui vient de la Porte Dauphine - image pour moi d'un prestige royal, d'une arrivée souveraine telle qu'aucune reine véritable n'a pu m'en donner l'impression dans la suite, parce que j'avais de leur pouvoir une notion moins vague et plus expérimentale, - emportée par le vol de deux chevaux ardents, minces et contournés comme on en voit dans les dessins de Constantin Guys, portant établi sur son siège un énorme cocher fourré comme un cosaque, à côté d'un petit groom rappelant le « tigre « de » feu Baudenord », je voyais - ou plutôt je sentais imprimer sa forme dans mon coeur par une nette et épuisante blessure - une incomparable victoria, à dessein un peu haute et laissant passer à travers son luxe " dernier cri « des allusions aux formes anciennes, au fond de laquelle reposait avec abandon Mme Swann, ses cheveux maintenant blonds avec une seule mèche grise ceints d'un mince bandeau de fleurs, le plus souvent des violettes, d'où descendaient de longs voiles, à la main une ombrelle mauve, aux lèvres un sourire ambigu où je ne voyais que la bienveillance d'une Majesté et où il y avait surtout la provocation de la cocotte, et qu'elle inclinait avec douceur sur les personnes qui la saluaient. ». Lorsque je dis "horripilant" je pense aussi à la concentration extrême que requiert la lecture de proust, car l'on ne se laisse aller qu'une fois que l'on est entré dans son univers, que l'on a compris que les phrases s'étirent comme le temps.

jerome 12/05/2015 12:54

Je connaissais ce projet mais pas le livre, c'est une belle découverte, merci ;)

nath 12/05/2015 13:53

avec plaisir ;) j'adore ce genre de projet qui dure toute une vie !

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