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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 10:02
Le mois anglais is back !

Comme chaque année, un rendez-vous à ne pas manquer : Le Mois anglais chez Lou et Cryssilda. Une pensée pour Titine cette année, qui ne fait pas partie des organisatrices.

 

Célébrer notre affection pour l'Angleterre, sa cuisine ?, sa littérature, ses pubs, salons de thé et autres librairies ... c'est l'objectif du mois de Juin. Pour les inscriptions c'est par ici.

 

Voici la liste très tentante des rendez-vous prévus en juin . Bien évidemment elle n'est pas exhaustive

 

Un roman qui se passe à Londres

(Vieilles) dames indignes ou indignées - Willa Marsh, Mary Wesley, Nancy Mitford, Barbara Pym, Agatha Christie, Elizabeth Taylor, Stella Gibbons... : 3 juin

Meurtre à l'anglaise (ou plus prosaïquement Polars anglais) : 5 juin

Autour de Jane Austen (romans, adaptations, biographies, austeneries...) : 7 juin

Campagne anglaise (lectures ou films se déroulant principalement à la campagne ou dans de petits villages anglais, photos de voyage...) : 9 juin

Auteurs anglais d'origine étrangère : 11 juin

Connie Willis, Sans parler du chien : 13 juin

Victoriens anglais (Les soeurs Brontë, Wilkie Collins, Dickens, Gaskell, George Eliot, Thackeray, Trollope...) : 15 juin

Sherlock Holmes, l'original et les produits dérivés (les titres/films mettant en avant Arthur Conan Doyle rentrent aussi dans cette LC): 17 juin

Rois et Reines d'Angleterre : 19 juin

Un écrivain contemporain au choix : 20 juin

Angela Huth : 21 juin

George Orwell : 23 juin

Théâtre anglais, tous siècles confondus (Shakespeare, Elisabéthains, Tom Stoppard, Nell Leyshon...) : 25 juin

Anita Brookner : 27 juin

Agatha Christie : 28 juin

Littérature enfantine ou adolescente ou adaptations sur grand et petit écran (Winnie, Beatrix Potter, Paddington Bear, Gruffalo, Neil Gaiman, Harry Potter, Roald Dahl, Mary Poppins...) : 29 juin

Ma petite sélection :

il n'y a plus qu'à piocher ! 

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 06:06
Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand

Désolée, je suis attendue, Agnès Martin Lugand, éditions Michel Lafon, 2016, 379 pages

Genre : contemporain

Thèmes : ambition, carrière, amour, solitude,

 

l'auteur en quelques mots ...

 

Agnès Martin-Lugand était psycho-clinicienne. Elle écrit Les gens heureux lisent et boivent du café, inspirée par un reportage sur une femme qui reconstruit sa vie après le décès de sa famille. Les maisons d’édition auxquelles elle adresse le manuscrit le refusent et elle s’auto-publie en numérique sur Amazon où elle vend son roman pour 0,89€. C’est un carton immédiat, elle en vend 10 000 exemplaires simplement grâce au bouche-à-oreille. Michel Lafon repère le best-seller et la contacte via sa page Facebook pour lui proposer un contrat d’édition.

En 2014 elle a publié son second roman, Entre mes mains le bonheur se faufile

La vie est facile, ne t’inquiète pas est son troisième roman qui parait en 2015.

 

Merci à Livradict et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat qui me permet de découvrir l'auteur.

L'histoire

 

Yaêl doit effectuer son stage de fin d'études en école de commerce et n'a pas l'ombre d'une piste. "Partisane du moindre effort", comme elle aime à se définir, elle ne trouve de plaisir que dans la pratique des langues étrangères. Lorsque l'agence d'interprète la prend pour quelques semaines, elle jubile : "aucune responsabilité, pas d'obligation de porter un tailleur, pas d'horaires tardifs non plus, et la possibilité de boire des cafés gratis et de retrouver tout la petite bande pour l'Happy Hour !"

Pourtant, à la fin du stage, Bertrand, sur qui elle a fait une forte impression, l'engage. Pour elle la voie est tracée, travailler quelques temps, juste pour économiser et se payer un tour du monde.

Côté coeur, Yaël est attirée par un des garçons de la bande, Marc. Lorsqu'il la raccompagne, le dernier soir, elle ne sait pas encore qu'elle ne le reverra que des années plus tard, en aura le coeur brisé et changera radicalement de vie.

Dix ans plus tard, Yaël est devenue redoutable en affaires, indispensable à l'agence d'interprète dans laquelle elle a pris du galon. Désormais sa vie n'est plus consacrée qu'au travail, rendez-vous d'affaires et son ambition démesurée n'a d'égal que la vie solitaire qu'elle s'est construite. Le peu de temps qu'elle prend pour visiter sa famille ne la satisfait pas : sa soeur et sa petite vie de famille épanouissante, des amis qui ne la comprennent plus ... "désolée, je suis attendue", s'excuse-t-elle inmanquablement pour justifier sa fuite.

Aussi lorsqu'elle retrouve Marc, par hasard, ses repères vacillent-ils ...

 

En vrac et au fil des pages ...

Difficile de voir évoluer au fil des pages une héroine en laquelle on ne se reconnait pas, toute dévouée au travail, ambitieuse, isolée parce qu'elle considère que tout écart pourrait la priver d'un poste qu'elle convoite et dans lequel elle pense s'épanouir.

Pourtant Yaël ne laisse pas le lecteur insensible et l'on se surprend rapidement à se demander quelles sont ses motivations, ce qui a pu à ce point la transformer. La jeune fille naive et insouciante du premier chapitre, incapable de se vâtir correctement pour un emploi, se révèle une working girl en talons hauts, tirée à quatre épingle, ne laissant personne piétiner ses plates bandes, certainement pas ces hommes d'affaires qu'elle juge machos.

De ce point de vue le récit et bien construit, qui nous présente la jeune femme au sortir des études, insouciante, libre, l'opposé de ce qu'elle est devenue. Sa vie aseptisée inquiète mais l'auteur a su transmettre le côté rassurant que cela peut représenter pour une personne dont la vie sociale est inexistante. Les rituels que Yaël met en place pour faire de ses journées un parfait enchainement au service de son travail, relèvent de tocs. On comprend alors que cela cache une douleur volontairement enfouie, une forme d'abandon dont elle ne s'est remise qu'en se lançant un défi : ne compter que sur elle-même et laisser de côté l'émotionnel.

Evidemment les thèmes sous-jacents apparaissent : comment guérir d'une blessure ? faire à nouveau confiance à autrui ?

L'évolution de Yaël tout au long du roman est comme un retour aux sources, guidé par un autre personnage qui a lui aussi fait son chemin, Marc. Deux mondes les oppose, celui de l'argent, de l'apparence et du mensonge d'un côté, celui de la simplicité, de l'authenticité des sentiments de l'autre.

La famille n'est pas épargnée et l'on découvre le regard que posent les personnes qui l'aiment sur Yaël, essayant de la comprendre, au moins de respecter ce qu'elle est devenue. Peut-on vivre sous une carapace et se leurrer à ce point sur ce qui nous entoure ? C'est ce à quoi répond Agnès Martin Lugand en faisant évoluer une héroine qui s'est construit un monde et ne voit que ce qu'elle veut voir.

L'univers de l'entreprise n'est pas épargné, la pression, les objectifs et la tension qui en découle. Le sexisme qui permet aux hommes des remarques déplacées est aussi abordé sous un autre aspect à travers les travers que l'on projète sur les hommes. Yaël découvrira que certains personnages qu'elle pensait macho sont en réalité bien plus en phase qu'elle avec leur vie quotidienne.

L'écriture est simple, quotidienne, ce qui permet au lecteur, sans doute, de plonger rapidement dans l'histoire, d'y retrouver des clins d'oeil à sa propre vie ou de trouver crédible le portrait qui nous est dressé des personnages.

 

Merci à Livradict et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat qui me permet de découvrir l'auteur.

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 10:38

logogourmandises 16

Ce dimanche les copines sont en avance, elles ont déjà publié les recettes de leurs tartes. A la maison nous avons l'habitude de réaliser des tartes à tout lorsque le frigo regorge de restes. une bonne façon de les accommoder !

Mais aujourd'hui les produits sont frais ;)

Au programme : saumon frais, pesto et oeufs de caille.

 

La recette :

Tarte au saumon frais, pesto et oeufs de caille

Bon, comment vous dire, lorsque je réalise une quiche c'est un peu au pif ! Je ne peux donc vous dire exactement combien je mets d'oeufs, de crème, de lait, de fromage ! Mais ce sont les ingrédients de base auxquels j'ai ajouté aujourd'hui du pesto ( basilic, pignons, parmesan, huile d'olives), des cubes de saumon frais, des oeufs de caille que j'ai juste cuits 2 min dans l'eau bouillante puis écalés. Quelques tomates cerise et voilou !

La bonne surprise : les oeufs ne sont pas trop cuits et le saumon est resté moelleux ;)

 

Tarte à tout chez les copines
Tarte à tout chez les copines
Tarte à tout chez les copines

Et chez les copines ?

Asphodèle – Tarte aux pommes et aux noix
Marion – Tarte provençale

Nathalie – Tarte aux asperges
Pativore – Tarte aux gariguettes
Nathchoco – Kouign-aman
Béa – Tarte à la brousse et au pesto de mâche

Syl - Tarte aux légumes

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 11:09

Lors d'un repas de famille, maman a prononcé le mot Kouign Aman et aussitôt, les enfants se sont tournés vers moi pour savoir à quoi cela ressemblait. Me voici donc en cuisine !

 

La recette :

 

dans le bol du robot, à travailler avec le crochet:

275 gr de farine

5gr de levure de boulanger en sachet

7 gr de sel

10gr de beurre fondu

175 gr d'eau

 

étape 1 : Ce sera la détrempe : diluer la levure dans un peu d'eau tiède et l'ajouter au reste. Apporter de l'eau régulièrement. La pâte doit être souple. Selon la farine utilisée, toute l'eau n'est pas ajoutée.

Réserver la pâte dans un lieu tiède. Elle va pousser pendant 30 min.

étape 2 : Pendant ce temps étaler 225 gr de beurre pommade entre deux feuilles de papier sulfurisé et le mettre au frigo. Astuce : étaler le beurre en forme de carré, plus petit que la pâte que vous allez étaler ;)

 

étape 3 : Lorsque la pâte a reposé, la dégazer et l'étaler : un grand carré au centre duquel on place le carré de beurre, dans le sens d'un losange de façon à replier les bords de la pâte :

 

rabattre les coins A,B,C,D

Etaler cette pâte garnie pour former un grand rectangle. Farinez le plan de travail pour que la pâte ne colle jamais.  Repliez le en 3 : ce sera le premier tour

(image piquée à Nana et chocolat)

 

Laisser reposer 30 min  au frigo

 

étape 4 : A partir d'ici on n'utilise plus de farine mais du sucre : 225 gr 

2° tour : sucrer la pâte généreusement des deux côtés et l'étaler en forme de rectangle. Sucrer à nouveau. Plier la pâte en trois en sucrant chaque partie.

Abaisser une dernière fois en rectangle et former un rouleau

étape 5 : Découper des tronçons de 4 cm environ et les placer dans un cercle. Attention, ils vont gonfler donc ne les serrez pas trop.

 

Laisser pousser 1h30 dans un lieu tiède. Il est normal qu'à ce stade le gâteau ait rendu du jus. On peut en napper les tronçons.

Préchauffer le four à 180°C et cuire environ 40 minutes. L'ensemble doit être doré ++

 

J'ai opté pour cette forme car je la trouve agréable à l'oeil et chacun peut se servir une petite rose ;)

Kouign aman
Kouign aman

3000 calories la bouchée mais ...mmmhhh !

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 10:17
Gil, Célia Houdart

Gil, Célia Houdart, éditions Folio, 2015, 207 pages

Genre : récit contemporain

Thèmes : musique, chant, découverte de soi, carrière, contemplation

 

L'auteur en quelques mots ...

 

Après des études de lettres et de philosophie (Ecole Normale Supérieure-Ulm), des assistanats à la mise en scène (Oskar Gomez-Mata, Arthur Nauzyciel) Célia Houdart se consacre à l’écriture. 

Elle est l’auteur de quatre romans : Gil, P.O.L, 2015, Carrare, P.O.L, 2011Le Patron, P.O.L, 2009, Les merveilles du monde, P.O.L, 2007 et d’un essai : Georges Aperghis. Avis de tempête, édit. Intervalles, 2007 

Son oeuvre comprend des textes pour le théâtreUn livret d’opéra Fréquences (m.e.s. Fabrice Huggler, ABC de la Chaux-de-Fonds, Suisse). Ainsi que des poèmes en prose pour la danse . Elle participe à des installations et parcours sonores.

Depuis 2015, elle est responsable du Studio Écritures de l'ENSCI-Les Ateliers (Ecole Nationale Supérieure de création industrielle).
Célia Houdart a été lauréate de la Villa Médicis hors-les-murs, de la Fondation Beaumarchais-art lyrique, du Prix Henri de Régnier de l’Académie Française pour son premier roman, de la bourse Orange-SACD projets innovants (2010) pour Fréquences application pour iPhone (édit. P.O.L), du prix Françoise Sagan 2012 pour Carrare et du prix de la Ville de Deauville Livres & Musiques 2015 pour Gil. 

(source  @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Classique de Culturebox)

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat

 

L'histoire

 

" La route depuis la gare dessinait un long trait net à travers la forêt. Du vent agitait doucement la cime des arbres et courbait les ronces. Soleil haut, nuages épars."

" Gil se leva. Léger craquement de l'assise en paille de sa chaise.

Le professeur conduisit son élève dans la salle de musique qui sentait l'encaustique et la poudre de riz."

 

Gil est un jeune pianiste, promis à un brillant avenir, élève de Marguerite Meyer. Bénéficiant d'un pavillon, prêté par un couple de retraité en échange de quelques menus travaux de jardinage, il s'exerce sans relâche, avec application. Son père Jorge l"élève dans une ancienne épicerie, depuis que sa mère Lucile a été internée.

Dès lors Gil rythme ses semaines entre des visites à sa mère, un entrainement régulier et des sorties avec son ami Olivier. Son rêve : entrer au conservatoire de Paris où enseigne Vlado Blasko.

Depuis toujours, Gil se montre discret, à l'image de sa voix , juste un filet, que son père lui reproche souvent.

Pourtant, à l'occasion d'un périple en voiture avec son ami, Gil se surprend à chantonner et se découvre une voix qu'il ne soupçonnait pas. Lui si réservé, qui parle toujours si bas, prend alors conscience de ce qu'il a réellement envie de faire : devenir chanteur lyrique. "Ce qu'il sentait, provenant de sa gorge, de sa poitrine, de tout son corps, fusait avec une force inaccoutumée dans le silence du ciel. C'était comme un pouvoir qu'il découvrait soudain"

 

En vrac et au fil des pages ...

 

On retrouve dans ce court récit tout la puissance évocatrice de la musique , liée à une forme de contemplation de l'environnement. Par le regard de Gil, les sensations appréhendent l'espace et l'auteur nous donne à voir son univers fait de poésie, de beauté, d'éveil des sens.

Rien ne le prédisposait à troquer le piano contre le chant. On insiste d'ailleurs sur sa voix presque inaudible et l'on ne peut s'empâcher de faire le lien entre cet aspect de sa personnalité et l'histoire de sa famille, l'internement de sa mère. Elle-même évolue dans un univers qui lui est propre mais proche de celui de son fils, animé par la contemplation de la nature. j'ai été touchée par ce personnage qui ne sort de sa torpeur que pour son fils, des moments de grâce où elle fusionne avec lui. Autour d'elle des non-dits, le lecteur ne saura pas exactement ce qu'il est advenu de cette femme et le silence s'installe entre Gil et son père à son sujet.

Dans cet apprentissage de soi et du chant, Gil découvre l'exigeance avec Samuel Isherwood et les contraintes liées à une forme de travail du corps qu'il ne soupçonnait pas jusqu'alors. "Gil posa le dos de ses mains sur ses machoires. Sous sa courte barbe brune il sentait une tension. Mais dans tout le reste de son corps il éprouvait plutot l'inverse, une sorte de dissolution.D'étranges pressions déplaçaient des masses et des liquides. C'était comme une réorganisation de ses organes(...) Les notes sur la partition avaient pris la forme de petits poignards et de herse griffantes"

L'écriture de Célia Houdart reprend un peu le principe d'une installamtion, donnant à voir quelques instants clés, appportant une mélodie ici ou là , avec pour fil conducteur la découverte de soi. Les mots sont posés de façon juste et , même si l'on n'est pas musicien, on ressent ce qu'elle veut nous transmettre, on vibre avec Gil, on le suit de Glasgow à Orange. Pourtant certains passages soulignent un vocabulaire technique: "Samuel Isherwood proposa à Gil de déchiffrer pas à pas Deucalione. Il insista sur les récitatifs, le placement de la voix parlée. La prononciation des doubles consonnes en italien. Comment exécuter une appoggiature, longue ou brève, un vrai trille".

J'ai apprécié le cheminement de Gil qui, après des années de perfectionnement d'un instrument, fait de sa propre voix son instrument. Le lien entre le corps et la musique est très fort et l'on ressent bien la façon dont il est à la fois un outil et un vecteur d'émotions.

Ici les noms sont fictifs mais inspirés de grandes figures du chant lyrique, du piano, Il me semble avoir lu que Célia Houdart souhaitait rester dans la fiction jusqu'au bout sans faire explicitement référence à des personnes existantes. De même les morceaux sont purement inventés, pourtant on croirait les entendre tant ils sont vécus avec ferveur. c'est ce que j'ai trouvé remarquable car s'appuyer sur des partitions existantes, effectuer des choix  qui collent au récit, est déjà assez fort, mais les créer de toute pièce, donnant ainsi l'illusion au lecteur qu'il pourra trouver ces morceaux, est une jolie surprise. C'est une création et, en tout cas, un bel hommage que Célia Houdart  rend aux compositeurs, professeurs et artistes dans ce récit envoûtant.

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 03:35

Une photo, quelques mots .. 

Un atelier d'écriture un peu particulier avec une photo qui m'a vraiment interpelée : retro ou futuriste ? Merci Leiloona ;)

La photo est de Kot.

Fermez les yeux ...

Une nouvelle réforme, une de plus ! Celle de trop sans doute.

Et dans la foulée, des formations, cette phrase comme un leimotiv : « revoyez vos pratiques, il est temps de changer de méthode, de vous remettre en question ». Se remettre en question ? Tu parles ! Les gamins se remettent-ils en question, eux ? Et les parents ? Oui, les parents, ceux qui déposent leur progéniture le matin devant les grilles du collège, les embrassent vaguement, rentrent trop tard pour les aider dans leurs devoirs ou bien n’en ont pas envie ; ces mêmes parents qui viendront nous voir parce qu’ils ne comprennent pas les notes - Oh, bon sang les notes ! On ne sait pas faire sans, c’est très français ça tiens ! - Non, les pires ce sont ceux qui viennent nous dire comment enseigner, quoi faire lire, comment évaluer. Je préfère encore ceux qui pensent que Balzac est foutu, que le latin c’est trop dur et « qu’aujourd’hui, les jeunes, ben faut les comprendre aussi : trop de sollicitations, trop d’écran, pas le temps de lire ! ».

Même l’inspecteur s’y met : « on peut très bien travailler à partir de films actuels, pourquoi ne pas visionner et étudier Game of Throne pour la représentation de la femme ? ». Mais oui bien entendu, on pourrait leur faire écrire la fin de la saga ! Remarque on étudie bien Harry Potter à Science Po.

Bon dieu, un énième stage ! Une journée perdue au pays du blabla.

Mais aujourd’hui ils ne m’auront pas. Je vais leur dire, moi, le fond de ma pensée, qu’on est pressés comme des citrons, même pas la force de descendre dans la rue pour manifester parce qu’on n’y croit plus, que là ça va trop loin, que quitte à flinguer le métier autant se tirer une balle dans le pied. Oh je sais bien que les formateurs n’y sont pour rien, « courroie de transmission », quelle horreur ! En voilà une fonction pas confortable.

Comme ces sièges futuristes là ! Pas de tablette, rien pour écrire. C’est bon j’ai compris, on est juste là pour écouter la messe. Ah on peut dire qu’ils ont pensé à tout, même pas moyen de roupiller un peu !

Puis c’est quoi cette télé ? ça fait dix minutes qu’on nous passe en boucle ces images de gamins heureux, de profs heureux, sans doute le pays des bisounours : adopte moi et je ferai de toi un être intelligent ! ça me fout le cafard ce documentaire. Et tous les autres autour de moi qui regardent sans broncher, des zombies.

C’est con mais j’arrive pas à détacher mes yeux de cet écran.

Et cette voix : « Jeunes d’aujourd’hui, France de demain. Les jeunes d'aujourd'hui estiment que la société ne leur donne pas les moyens de montrer de quoi ils sont capables. Vous êtes là pour les accompagner, pour les aider, pour … ».

Pfiou, je m’endormirais presque dis-donc. C’est dingue cette fatigue qui s’abat sur moi. Et ces images … Bon dieu mais arrêtez de sourire comme ça ! ça n’existe pas ça …

Si ? ça existe ?

« …revoyez vos pratiques, il est temps de changer de méthode, de vous remettre en question… »

Quoi ?

« …cessez d’être aussi exigeants. Pourquoi vous accrocher à ce point. Il est temps de lâcher prise… »

Lâcher prise …

« …il est temps de nous laisser prendre le contrôle et d’accepter de ne plus être un enseignant mais une courroie de transmission. C’est votre rôle… »

Mon rôle …

« … désormais vous serez à l’œuvre dans vos classes, au service des jeunes… »

Au service des jeunes …

Au service des jeunes ...

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