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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 05:28
Il faut beaucoup aimer les hommes, Marie Darrieussecq

Merci aux éditions Folio et Livraddict pour ce partenariat

Il faut beaucoup aimer les hommes, Marie Darrieussecq, éditions Folio,,2015288 pages

Ganre : récit contemporain

Thèmes : amour, attente, showbusiness, cinéma, Afrique

 

L'auteur en quelques mots ...

 

En 1988, Marie Darrieussecq reçoit le prix du jeune écrivain de langue française pour sa nouvelle La Randonneuse.

Après avoir rédigé quelques premiers ouvrages repérés par de nombreux éditeurs (Grasset, Le Seuil, Fayard), elle publie son premier roman, Truismes, en septembre 1996.

En 2011, elle publie Clèves, roman sur l'éveil à la sexualité d'une jeune fille des années 1980.

À partir de septembre 2011, elle tient sur France Culture dans l'émission Les Matins, une chronique hebdomadaire intitulée « Place aux femmes ».

En 2013, elle obtient le prix Médicis pour son roman Il faut beaucoup aimer les hommes

 

L'histoire

Solange est une jeune comédienne qui tombe sous le charme de Kouhouesso, un acteur noir et charismatique. Rapidement nait une idylle qui va pourtant s'avérer beacuoup plus forte pour Solange. Kouhouesso est obsédé par l'idée de réaliser son premier film, adapté de l'oeuvre de Conrad, Coeurs de ténèbres. Dès lors s'engage pour la jeune femme une attente. Lentement mais sûrement elle va s'engluer dans cette relation qui la ronge pourtant, Kouhouesso étant un esprit libre et indépendant. Bien qu'il semble attaché à elle,découvre à ses côté les cinéastes français de la nouvelle vague , parle littérature et racines africaines, il ne montre pas la ferveur qu'elle serait en droit d'attendre.Aussi lorsqu'il cherche une jeune femme pour le rôle de La Promise, se sent-elle flouée de ne pas être choisie. Le départ pour l'Afrique sera l'occasion d'un choc des cultures mais aussi d'une révélation. Car elle est blanche et Kouhouesso est noir. Cela doit-il poser un problème ? Cela en pose-t-il un pour elle, inconsciemment ? Le milieu du cinéma n'est pas tendre cependant et Solange va le découvrir à ses dépens.

 

En vrac et au fil des pages...

 

De Marie Darrieussecq j'avais lu l'étrange Truismes. j'ai retrouvé ici cette plume surprenante, à la fois posée et distante, qui nous rend les personnages un peu flous, insaisissables. Le personnage de Solange notamment est on ne peut plus complexe : amoureuse d'un homme noir, elle n'a de cesse de revenir sur l'image que renvoie leur couple. A aucun moment pourant les autres protagonistes ne font preuve de racisme, mais c'est comme si elle était génée de cela inconsciemment ou au contraire souhaitat qu'on le remarque. S'interrogeant sur cela elle cherche à comprendre les racines de Kouhouesso qui se livre peu, parle par bribes, miettes, de son pays de son enfance. Pourtant son attachement à sa terre est fort et il souhaite en faire un film.

On tombe là dans l'univers du cinéma hollywoodien, paillettes et champagne, un côté que je n'apprécie pas. L'argent coule à flot et on ne se refuse rien, pas même remplacer la pluie africaine par de l'eau minérale ! j'ai apprécié en revanche que le personnage de Solange prenne de la consistance dans ce contexte africain, dans ce village où elle perd à la fois le confort de sa vie ciatadine américaine et ses repères, acceptant de cotoyer les habitants. C'est d'ailleurs elle qui se rapproche le plus de cette vie si différente, alors que les autres acteurs sont parqués dans un hôtel de luxe. Le déclage entre deux monde est ici souligné, saute aux yeux du lecteur qui comprend plus vite que Solange dans quoi elle s'est engagée. Mais l'amour rend aveugle !

Tout au long du récit une distance s'installe entre Solange et Kouhouesso et l'on perçoit combien elle est dépendant de lui , guettant ses appels, alors que lui vit pour son art. La fin semble terrassante pour le lecteur qui ne s'attendait pas, comme elle, à cette réaction et nous replace dans l'univers du cinéma américain, chacun pour soi, amour d'un jour, pas d'attachement profond, superficialité.

Pour cela je pense que le récit de Marie Darrieussecq allie le fond et la forme, transmettant bien cette sensation de détachement, de superficialité. Le titre renvoie à une citation de Marguerite Yourcenar "Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. sans cela ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter". C'est cela je coirs ce roman, le récit d'une incompréhension mutuelle, d'une incompréhension tout court.

A découvrir

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 03:48
swap les femmes dans l'histoire # 2

Je vous vois venir : " oh mais elle a déjà fait un swap Les femmes dans l'histoire avec Licorne cette année !" . Et oui, je fais partie des privilégiés madame, monsieur, qui ont droit à deux correspondants, hihi !

C'est donc avec Achille, que je connais bien désormais, que j'ai réalisé cet échange qui complète parfaitement le premier. Regardez plutôt :

 

swap les femmes dans l'histoire # 2
swap les femmes dans l'histoire # 2swap les femmes dans l'histoire # 2
swap les femmes dans l'histoire # 2swap les femmes dans l'histoire # 2

Des femmes dont j'aime le parcours, dont j'ai parfois lu les écrits mais je connais mal finalement.

Trois guinées de Virginia Woolf

Nina Simone, roman de Gilles Leroy

Alexandra David Neel Voyage d'une parisienne à Lhassa

Elles otn conquis le monde de Alexandra Lapierre et Christel Mouchard

Le DVD de Caramel, film de Nadine Labaki

de beaux marque pages dans le thème

une gourmandise ( il n'y en a plus) et un sac ( avec un petit clin d'oeil) + bougie

 

Gâtée n'est ce pas ? Un grand merci à Achille qui a su trouver ce qui me ferait plaisir et a visé juste côté lecture.

Merci encore à Gagathe pour l'organisation.

 

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 01:44
La Meilleure d'entre nous, Sarah Vaughan

La Meilleure d'entre nous, Sarah Vaughan, éditions Prélude, 2015, 480 pages

Genre : roman

Thèmes : pâtisserie, concours, tranches de vies, années 60, émancipation, amour, estime de soi

 

L'auteur en quelques mots ...

 

Après des études d'anglais à Oxford, Sarah Vaughan s'est consacrée au journalisme. Elle a travaillé pendant onze ans au Guardian avant de publier La Meilleure d'entre nous, son premier roman. Elle vit près de Cambridge avec son époux et leurs deux jeunes enfants.

 

L'histoire

 

Qui saura incarner la nouvelle Mrs Eaden, célèbre auteur de « L’Art de la pâtisserie » en 1966 ? Le concours qui verra s'affronter les meilleurs pâtissiers amateurs est lancé. Cinq candidats, tous différents mais animés par une même passion, pâtisser, faire plaisir, nourrir leurs proches, se révéler à travers leur cuisine. Mais ce n'est pas tout ce qui les rapproche, en effet tous sont parents et vivent cette matermité ou paternité avec une sensibilité liée à leur vécu. Ainsi Claire, hôtesse de caisse, rêve-t-elle à des lendemains meilleurs pour sa fille qu'elle élève seule, Jenny se débat dans une vie de couple qui la laisse submergée et deux filles qui ne semblent pas percevoir son mal-être, Vicky doit jongler entre sa passion pour la pâtisserie et son amour inconditionnel pour son fils pour qui elle a arrêté de travailler, la culpabilité n'est pas loin, Mike, le seul homme du concours, veuf, élève ses enfants du mieux qu'il peut et Karen cache sous  son vernis de femme parfaite une relation conflictuelle à elle-mème que semble avoir percé à jour son fils adolescent. Tous s'engagent dans le concours pour des raisons différentes mais vont découvrir bien plus que la pâtisserie de Mrs Eaden.

A des années de là, Kathleen Eaden a épousé un épicier dont la chaine de magasins est en plein essort. Désireuse de donner un enfant à George ,elle souhaite aussi écrire un livre, un incontournable de la pâtisserie qui regroupera ses meilleures recettes mais aussi techniques et savoir-vivre. Le rôle de la femme est d'accueillir son mari, de faire plaisir à ses proches et de nourrir ses enfants des meilleurs produits, un idéal qui ne correspond plus à l'époque du concours mais qui dirige la vie de Kathleen Eaden dans les années 60. Pourtant, après de multiples fausses couches, le vernis parfait craque : est-elle capable d'être mère ? Ne doit-elle pas tout abandonner pour se consacrer à la réussite de sa maternité ? L'on découvre peu à peu que la vie parfaite de Kathleen Eaden ne l'était peut-être pas tant que cela . Que se cache-t-il sous "L'Art de la pâtisserie" ?

 

En vrac et au fil des pages ...

 

Voici un roman comme je les aime, plein de gourmandises, d'attentions sucrées mais qui cache bien son jeu. Car si , en apparence, l'auteur reprend le concept de la téléréalité, les personnages choisis portent tous en eux une faille, une blessure que va révéler leur entrée dans le concours.

Ce concours d'ailleurs comporte une délicieuse saveur surannée, avec des pâtisseries d'une autre époque, un petit côté british à l'heure du tea time ( scones, sandwiches, sponge cake ...), ce qui nous éloigne de Top Chef ou du Meilleur Pâtissier.

La condition de la femme est comparée dans son évolution, des années 60 à nos jours, interrogations similaires, train de vie à l'opposé ou au contraire étrangement ressemblant. Du coup, cela pose la question de la maternité, de la relation de la femme au travail, de la culpabilité qui en découle quant à l'éducation des enfants. Car si certaines ont fait le choix de rester à la maison pour leur enfant, d'autres n'ont guère eu ce choix, d'autres encore ont vécu leur maternité de loin, sans implication, confiant à d'autres le soin de pouponner. Autant de cas qui nous interrogent sur notre comportement. Les hommes ne sont pas en reste et l'on découvre les multiples facettes des papas, de celui qui connait à peine son fils adolescent, à celui qui endosse aussi une part de féminité du fait de l'absence d'épouse, un autre se verra contraint de plonger dans les jeux de son petit garçon et adorera cela.

Le petit secret que recèle la vie en apparence parfaite de Kathleen Eaden vient ajouter un piment au récit et nous permet de voyager d'une époque à l'autre au fil des chapitres. Un zeste de citations qui feraient bondir aujourd'hui : " La confection du pain s'apparente beaucoup à la vie de la femme mariée :  il vous faudra, à certains moments, prêter plus d'attention à votre pâte et lui témoigner de l'affection", " Je conviens que le pain requiert un certain temps de préparation et qu'il ne saurait être la priorité de la ménagère. Toutefois ( ...) quand vous verrez l'expression d'extase de votre mari ou le ravissement de vos jeunes enfants (...) vous comprendrez que le jeu en vaut la chandelle", " En pâtisserie l'organisation et la préparation sont de la plus haute importance (...) Ce même principe peut s'appliquer à l'existence. Prenez le temps de vous préparer, que ce soit pour un rendez-vous ou pour votre mari et vous récolterez les fruits de vos efforts". J'adore !

Bref, un roman riche qui nous parle de pâtisserie mais pas que !

Cela m'a rappelé Julie et Julia, un film que j'ai adoré

 

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 04:44
Le Sang des farines, Jean François Parot

le Sang des farines, Jean François Parot, éditions JC Lattès, 2005, 440 pages

Genre : policier historique

Thèmes : révolution émeutes, relations internationales, crime, enquête, Louis XVI

 

L'auteur en quelques mots..

Retrouvez la biographie de l'auteur sur les billets précédents :

L'Enigme des blancs manteaux

L'Homme au ventre de plomb

L'Affaire Nicolas le Floch

Le cadavre anglais

 

L'histoire

Le Secret du roi est en danger et Nicolas le Floch se voit chargé d'enquêter à Vienne auprès de l'abbé Georgel. Pendant ce temps à Paris, les rues fulminent de rumeurs et le peuple s'embrase suite aux réformes de Turgot qui décrète la libre circulation des grains d'une province à l'autre, supprimant les douanes. Les prix gonflent et la mauvaise récolte de l'année n'arrange pas les choses. On tue pour un morceau de pain, on évoque le pacte de famine connu sous Louis XV.

Dans ce contexte Nicolas le Floch enquête sur le mystérieux meurtre d'un boulanger dont la femme mène des activités occultes et qui semblait profiter de la situation sociale pour s'enrichir. Les indices le mèneront jusqu'à la prison de Vincennes où est emprisonné , incarcéré au secret pour avoir tenté de divulguer quelques secrets royaux . Il en oublierait presque son fils, Louis, qui ne semble pas lui-même ces derniers temps et ne se rend compte de l'éloignement d'avec lui que lorsque Louis disparait subitement.

C'en est trop pour Nicolas le Floch qui voit s'éloigner de lui la femme qu'il aime, Mlle D'Arranet et ne comprend pas à quel manège se livre le mystérieux Lastire, pourtant recommandé par Sartine.

D'étranges billet rédigés en latin, une attaque surprise en pleine nuit alors qu'il espionne Georgel, deux apprentis boulangers qui semblent cacher un lourd secret, un fils qui disparait ... il faudra à Nicolas le Floch bien du talent pour démêler l'affaire.

 

En vrac et au fil des pages...

un épisode comme on les aime, ancré dans la réalité sociale d'une époque. nous sommes en 1775 et la colère qui gronde au sein du peuple est in ne peut plus réaliste. La Guerre des farines, engendrée par les réformes de Turgot et le fait que le peuple était persuadé que le roi Louis XV avait, avant sa mort, mis en place des restrictions , est ici parfaitement décrite. On pressent la révolution qui animera les foules 15 ans plus tard et quelques remarques font sourire lorsque les personnages évoquent les malheurs qui s'abattent tous les 7 ans (et en effet 1782 et surtout 1789 seront des tournants).

L'intrigue laisse de côté la vie personnelle de notre héros, ce que l'on peut regretter ici car l'éloignement de Mlle d'Arranet et la disparition de louis ne sont pas plus traitées que cela. Cependant l'enchevêtrement d'actions dont on soupçonne qu'elles soient liées, ne laisse pas de repos à Nicolas le Floch ni au lecteur qui tente de comprendre comment sont imbriqués le meurtre d'un boulanger, un complot d'envergure internationale et une mystérieuse morsure venimeuse. Mais je n'en dis pas plus et vous laisse poursuivre la saga, comme je vais le faire en tentant de lire les épisodes qui me manquent !

 

 

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 07:18
A la lecture, Véronique Aubouy, Mathieu Riboulet

A La lecture, Véronqiue Aubouy, Mathieu Riboulet, éditions Grasset, collection bleue, 2014, 240 pages

Genre : essai

Thèmes : lecture, Proust, partage, film, expérience, témoignage, littérature

 

Les auteurs en quelques mots

 

Véronique Aubouy est cinéaste ( biographie) et réalise depuis 1993 Proust lu, lecture filmée intégrale de À la recherche du temps perdu (plus de cent heures à ce jour).

Mathieu Riboulet est écrivain et réalisateur. ll a reçu le Prix Décembre 2012 pour "Les oeuvres de miséricorde".

 

L'histoire

 

C'est un livre sur un film qui parle d'un livre.

"Ce livre part d'une expérience étrange : depuis vingt ans, la cinéaste Véronique Aubouy demande à des "liseurs" de lire face à la caméra deux pages d'A la recherche du temps perdu. Plus de mille se sont déjà prêtés au jeu, d'un berger des Cévennes à une cavalière en Mongolie, de la petite-nièce de Proust à l'acteur américain Kevin Kline, sans oublier ce petit plaisantin qui avait glissé deux pages de Du côté de chez Swann dans un exemplaire de Voyage au bout de la nuit... De ce projet fou, Véronique Aubouy tire aujourd'hui, avec l'écrivain Mathieu Riboulet, une sorte de promenade subjective dans l'univers proustien. " Un automne avec Proust, L'Express
 
" Je tâche de lire la Recherche à peu près tous les dix ans, ce rituel fonctionne un peu comme un miroir : j'y mesure ce qui, dans l'intervalle écoulé, a changé en moi, ce qui inversement demeure, quelles que soient les circonstances". On ne sait réllement qui parle dans ce livre, de Mathieu Riboulet ou de Véronique Aubouy. Un peu des deux, ou bien un accord au détour d'une phrase nous fait penser que c'est lui. Tous deux sont amoureux de Proust, de sa fresque et témoignet des multiples rencontres que ces ouvrages leur ont permis de faire. Des lecteurs surprenants, touchants se succèdent dans Proust lu et le projet est d'envergure qui court sur plusieurs années. Chaque lecteur , qu'il soit connu ou pas, choisit un lieu et reçoit deux pages de Proust qu'il lira face à la caméra, tentant de l'oublier ou, justement, ne l'oubliant pas.
 
Parmi les expériences étonnantes relatées, l'histoire de Radovka qui a mis 43 ans et trois mois pour traduite Proust, manquant de temps entre les enfants, son mari, le ménage et son travail, jusqu'à la retraite qui lui a permis de quitter le foyer et de vivre de ses traductions, de sa passion pour les phrases de Proust.
 
Chaque lecteur est un numéro, puis s'anime à la faveur d'un lieu, d'un souvenir de lecture, de ce qui remonte en chacun justement à la lecture de Proust et que Véronique Aubouy perçoit à travers l'oeil de la caméra: des moments de communion mais aussi de souffrance.
 
Des tranches de vies, des témoignages qui rapprochent, réconcilient avec Proust, témoignent de son empreinte sur notre propre vie, des échos, des souvenirs comme autant de petites madeleines.
 
En vrac et au fil des pages..
 
Proust lu n°871
 
Surprenante lecture que cet essai que j'ai choisi car je connaissais le projet fou de Véronique Aubouy, Proust lu. Ici les voix des deux auteurs se mélangent et se font écho, d'autres interviennent, des lecteurs que l'on a furtivement aperçus face à la caméra et qui reviennent témoigner. On le lit comme un essai mais aussi , quelque part, comme un roman car on s'attahce à ces personnages, se demandant ce qu'il adviendra d'eux après lecture, comme ce mari qui se met à lire la Recherche, qui tombe littéralement dedans, ennuie sa femme en lui racontant sa lecture, elle qui l'a lu voilà deux ans, et finalement découvre tout un monde de souvenirs qu'il croyait enfoui.
Et puis l'on découvre que Proust est adulé dans le monde, que sa lecture a permis à certains d'accéder à la langue française et sa richesse.
Cela nous renvoie inévitablement à notre propre découverte de cet auteur qui nous horripile par son phrasé à rallonge maisnous séduit par l'évocation à nulle autre pareille des souvenirs. Proust est un de ceux qi sait faire revivvre une scène sus les yeux du lecteur comme si c'était ce dernier qui l'avait vécu. C'est un auteur fort et sans doute marquant étant donnée larichesse des récits inspirés de lui, de ses écrits ( La Petite cloche au son grêle de Paul Vacca,  Chercher Proust de Michael Uras ou encore Un été avec Proust ).
A découvrir
 
 
 
 

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 23:45

La photo choisie par Leiloona pour cet atelier  ( photo de Romaric Cazaux) m'a tout de suite fait penser au jazz, une musique que j'affectionne et qui me transporte dans le New York des années 50. pour les besoins de la cause j'emprunte e titre à une chanson de Claude Nougaro, Le Jazz et la Java.

Quand le jazz est là ...

La nuit, enfin, comme une renaissance, Ernie. La faune nocturne s'éveille, disparate, métissée. Insomniaques, piliers de bar, sans âme, sans gîte; tous trouvent de quoi se repaitre. D'autres, mélomanes, guettent les enseignes aux noms évocateurs : le Blue note, le Cotton club...

Je suis de ceux-là, mon frère.

Le jazz, aah, langueur d'un blues qui s'étire, porté par un saxophoniste mélancolique ou un pianiste fou. Nulle autre musique n'atteint mes sens. Le jazz fait naitre en moi un sentiment mêlé de bonheur intense et de spleen.

Ahmad Jamal, Eddie Culloun, Sidney Bechet, le grand Armstrong, Lester Young, New York, Chicago, partout je les ai suivis. Mal aimés, adulés, ils portent les stigmates du désenchantement. C'est ça le jazz, mon frère, une musique qui ne se donne pas mais qu'il faut comprendre, le son d'une histoire, l'espoir d'un peuple. Il n'y a pas un mais des jazz, aux confluences de courants portés par des hommes passionnés, épris de liberté. C'est une musique bouillonnante qui se réinvente sans cesse, en phase avec son époque. Ecoute le jazz, Ernie, et tu comprendras le monde.

Faut-il que la salle soit sombre et enfumée comme la ruelle qui l'accueille ? C'est qu'on ne joue pas le jazz à salle comble, le jour le tue. L'intimité lui convient mieux, l'ambiance feutrée d'un club, le rythme achoppé, décadent et la nuit pour écrin.

Regarde-les Ernie, ils ne te voient pas, ils sont en transe et ne font qu'un avec leur instrument. c'est une plainte ou une déclaration d'amour, l'essence de la vie, un battement de cœur. On ne peut que communier avec eux, entrer dans l'univers qu'ils dépeignent pour nous. Écoute et ressens, ils parlent à ton cœur.

Le jazz, ami, ça se vit, avec ses tripes, avec son âme.

Mais il est tôt et il est temps, Ernie. Ce soir je te parlerai de Joe "king" Oliver et de Fletcher Henderson, je te dirai les voix du jazz, le scat, Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan ...

John Coltrane

John Coltrane

"En se retirant des rêves, la nuit du jazz laisse par terre ses journaux de la veille et des coquillages qui, si vous les portez à l’oreille, vous en racontent plus long sur vous-même que votre petit doigt." Alain Gerber

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