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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 08:34
Le Bal des poignards, Juliette Benzoni
Le Bal des poignards, Juliette Benzoni

Le Bal des poignards, Juliette Benzoni, éditions Pocket, tome 1 et 2, 2010

Genre : récit historique

Thème : cour d'Henri IV, Médicis, Florence, succession, complots

 

L'auteur en quelques mots ...

Née en 1920, Juliette Benzoni et écrivain et scénariste française. Etudiante au lycée Fénelon, elle en est retirée suite au scandale de l'affaire Nozière. Au collège D'Hulst elle se prit de passion pour l'Histoire puis entama une licence. La guerre, comme elle le dit, mit fin à sa "Dolce vote" et en peu de temps elle se retrouva mariée à Maurice Gallois et mère de deux enfants. A cette époque l'Histoire de la Bourgogne au Moyen âge la passionne. C'est ainsi qu'elle découvre la légende de l'ordre de la Toison d'or qui verra l'écriture de la série Catherine.

A 30 ans elle perd son mari. Il lui faut travailler pour élever ses enfants.Elle part alors au Marco pour travailler dans une radio internationale et y rencontre le capitaine Benzoni, qu'elle épouse. De retour en France elle se lance dans le journalisme et cotoie artistes et écrivains. Son mari rentre blessé de la guerre d'Indochine mais se lance en politique quelques temps plus tard, aux côté du général de Gaulle.

Elle n'a cessé d'écrire depuis le premier roman de la série de Catherine et mène une vie paisible autour de Paris.

 

L'histoire

Tome 1 : La dague au lys rouge

 

Alors qu'elle s'apprête à épouser Vittorio Strozzi, la jeune Lorenza Davanzati, filleule de Marie de Médicis qui a épousé Henri IV, apprend avec effroi son assassinat. Un mot, accroché à la dague qui a servi à poignarder son fiancé, menace quiconque aurait des vélléités envers elle de subir le même sort. Dans ce contexte Lorenza envisage de retourner au couvent. Mais ses protecteurs en ont décidé autrement, souhaitant sceller l'union de Florence avec la France à travers un mariage entre Lorenza et le fils d'un proche du roi, Antoine, fils d'Hector de Sarrance. Ne supportant plus le caractère impétueux de sa femme, Henri IV envisage de la répudier. Seule l'union de Lorenza avec un Sarrance, pourrait apaiser le roi, plaçant ainsi la reine au coeur des favoris d'Henri IV. A la cour de France, toutefois, les discussions vont bon train car Antoine, amoureux d'une demoiselle de cour, ne souhaite pas ce mariage arrangé.

L'arrivée de Lorenza Davanzati , accompagnée de l'ambassadeur Giovanetti, ne se fait pas sous les meilleurs auspices, la reine la déteste et la déleste rapidement de ses bijoux, une partie de sa fortune qu'elle apporte en dot et qui est largement convoitée. Alors qu'elle est présentée au roi, Lorenza croise le regard d'Antoine de Sarrance qui tombe éperdument amoureux d'elle, trop tard cependant pour empêcher son propre père de se proposer comme prétendant. Acceptée par le roi, la suggestion d'Hector de Sarrance ne laisse pas de dégoûter Lorenza qui comprend, trop tard, que l'on s'est jouée d'elle au profit d'une reine qui prend de plus en plus de pouvoir.Pourtant ce n'est rien à côté de ce qui l'attend ...

 

En vrac et au fil des pages ...

Ce premier tome est tout simplement passionnant. Loin d'être une romance comme le livre se présente, ce récit historique nous plonge au coeur de la cour d'Henri IV, personnage haut en couleur dont on retrouve ici la verve fleurie et le caractère enjoué.

Les complots et intrigues vont bon train et l'on se prend de passion pour certains personnages ( Lorenza, Thomas de Courcy et sa tante Clarisse ...), l'on en déteste d'autres (Marie de Médicis en abominable mégère ! Les Concini, Antoine de Sarrance ...) , nous demandant où tout cela va mener l'héroine dont le jeune âge et la naiveté exposent à des déconvenues.Les descriptions de la reine et de son caractère ne sont pas piquées des vers et l'on frémit pour ceux qui ne rentrent pas dans ses petits papiers. Henri IV quant à lui nous est présenté sous les traits d'un bon vivant, volage et coureur.

Le style de Juliette Benzoni est à la fois simple et fidèle à l'époque, ce qui permet une lecture enrichissante. Les portraits des protagonistes sont dressés dans le détail, permettant de se représenter un univers que l'on ne connait que par les livres d'Histoire.

Pourtant le lecteur connait le destin d'Henri IV et lorsque le nom de Ravaillac se profile au détour d'une page c'est l'Histoire qui prend le dessus sur le destin de Lorenza.

 

Tome 2 : le couteau de Ravaillac

Attention, si vous n'avez pas lu le tome 1 n'allez pas plus loin ! 

 

Lorenza, à la veille de son mariage avec Thomas de Courcy qui l'a sauvée des mains du bourreau, suite au procès dans lequel elle a du répondre du meurtre de son époux, Hector de Sarrance, reçoit une lettre de menace. Pourtant, la famille Courcy ne l'entend pas de cette oreille et rien ne saurait entacher le bonheur à venir de Thomas et Lorenza.

Alors que les deux tourtereaux vivent un amour neuf et passionné, le roi demande à Thomas de mener une expédition délicate et sollicite ses services.Parallèlement Lorenza est appelée à la cour en tant que Dame de compagnie de la reine, position qu'elle doit à son entrée dans la famille Courcy qui bénéficie d'un noble statut. Là, elle découvre avec horreur les préparatifs du couronnement de Marie de Médicis qu'Henri IV ne peut plus repousser, ainsi qu'un complot ourdi contre le roi . Ce dernier n'accorde pas foi aux prédictions et autres menaces. Pourtant le nom de Ravaillac circule et l'on dit qu'un homme en vert sera l'assassin de l'Antechrist.

Alors que tout se complique, Thomas ne rentre pas des Pays bas comme prévu. Lorenza pressent ce qui se trame au moment où elle découvre, à côté du favori de la reine, Concini, son ennemi Antoine de Sarrance ...

 

En vrac et au fil des pages ...

 

Dans ce tome la vie de cour avec ses machinations, complots et autres manigances prend toutes son ampleur. L'assassinat du roi et le couronnement de la reine font basculer le royaume dans le chaos, alors même que le jeune Lous XIII ne peut s'imposer et que les Concini entendent régner. L'Histoire croise le destin de Lorenza qui attend le retout de son époux, tout en redoutant quelque piège. Désormais Henri IV n'est plus là pour la protéger et il ne faut pas longtemps pour soupçonner Marie de Médicis d'être mélée aux derniers événements.

Une preuve de plus est fournie lors du retour à la cour de la Verneuil, favorite du roi bannie par la reine qui trouve ici sa juste place parmi ceux qui ont fait tomber le roi.

Le style est toujours en levé mais je regrette ici une fin un peu trop fleur bleue. C'est dommage car des personnages comme Concino Concini , présenté dans tout son arrivisme, donnent du relief au récit. je pense aussi que l'attente dans laquelle est plongée la famille Courcy prend trop de place et ralentit l'intrigue.

Cependant cette série est à découvrir absolument ! 

Merci à Tigrouloup pour cette découverte ;)

 

 

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 22:38

Cette semaine Leiloona nous confie une photo de Julien Ribot pour l'atelier d'écriture. J'avais entendu parler d'une folle histoire qui m'a inspirée pour ces quelques lignes et que je vous invite à retrouver en bas de page. Parfois la réalité dépasse la fiction ...

Les draps frais

Elle avait toujours dans ses poches une drôle de petite pince en bois avec un petit ressort ,et une autre en plastique bleu. Machinalement, elle les touchait parfois, s’arrêtait dans son activité, les yeux dans le vague. Que représentaient pour elle ces petites choses ?

Je me suis alors souvenu du fil tendu dans le jardin de mes grands-parents et sur lequel étaient accrochées les mêmes petites pinces. Je m’était toujours demandé à quoi elles pouvaient servir, mais, surtout, pourquoi maman en gardait précieusement un ou deux dans ses poches.

« Maman, c’est quoi ça ?

  • Une pince à linge mon lapin.
  • A linge ? ça sert à quoi ?
  • C’est pour me souvenir mon garçon, me souvenir de l’absurdité du monde dans lequel nous vivons
  • Raconte-moi maman… »

Elle s’est assise sur le perron, les yeux dans le vague et a évoqué un souvenir totalement irréaliste, absurde. Elle avait raison, c’était absurde.

« Ici aux Etats-Unis, étendre son linge est interdit. On utilise les sèche-linge électriques. Dans certains états, maintenant, on peut pendre son linge dehors. Ils l’ont autorisé depuis … »

Elle s’est tu. Je l’ai laissée un instant se remémorer des souvenirs apparemment douloureux. Elle a repris. Visiblement elle souhaitait prendre un autre chemin avant de plonger dans l’obscurité.

« Je me souviens des draps frais que ma grand-mère séchait à l’air libre, au vent fleuri. Un bien-être indescriptible m’envahissait lorsque je me glissais dans le lit propre ; l’apaisement, la douceur, la sensation d’être au milieu d’un champ. Tout avait le parfum de la nature, de l’herbe, du foin, du soleil et des après-midi sereins.

A plusieurs reprises je les avais entendues, les voisines, avec leur voix de crécelle, leur mauvaise foi :

« C’est interdit Mme X, vous connaissez la loi comme nous tous, pas de linge à l’extérieur ! »

Ils parlaient de pollution visuelle, comme si les draps immaculés ainsi étendus racontaient des nuits d’un érotisme torride, comme si un morceau de tissus pouvait être vulgaire. Maman veillait à ne pas accrocher ses dessous, pourtant affriolants et les chaussettes de papa pendaient au garage. Les jalouses, les garces ! Elles avaient décidé d’aller au bout, de museler, de faire respecter cette loi puritaine stupide. »

Les larmes au bord des cils elle me raconta alors comment un voisin était venu, furieux, déverser sa colère un matin, comment mon grand-père s’était interposé, avait tenté de convaincre celui qui prétendait être gêné par la vision du linge ainsi étalé. « On se croirait dans un quartier populaire ! N’avez-vous donc aucun respect pour les autres et pour vous-même ? Etaler ainsi vos draps, et pourquoi pas vos dessous ? Mais cette fois ça va trop loin. On vous a assez prévenu… ».

Le coup est parti. Stupeur, Effarement, Ridicule de la situation, Peur, Absurdité … Elle n’avait plus de mot et ses yeux étaient posés sur les pinces à linge. J’essayais de mettre bout à bout les éléments glanés de son histoire, de me représenter la scène, de comprendre. Alors, sans un mot, maman a séché ses larmes, est entrée au garage, en a sorti un bobine de fil, l’a étirée entre le prunier et le cerisier et a accroché les petites pinces. J’ai vu l’ombre furtive d’un sourire sur ses lèvres. Quelques minutes plus tard le drap étendu flottait au vent. Le claquement du tissu, les jeux d’ombre des branches derrière cet écran naturel, le vol d’un moineau, le ballet des bourdons. Cinéma en plein air.

Personne n’est sorti, personne n’a crié.

J’ai attendu avec impatience le moment de me glisser dans ces draps gorgés de soleil, parfumés aux quatre vents, libre de s’étirer.

Mon douloureux héritage. Ma petite madeleine.

……………………………………………………

Une histoire inspirée d’une folle réalité !

http://blogs.rue89.nouvelobs.com/american-ecolo/2009/11/04/aux-etats-unis-la-bataille-de-la-pince-a-linge-a-commence

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 10:09
Swap bienvenue dans ma cuisine

Un swap gourmand que j'ai eu le plaisir de partager une nouvelle fois avec Tigrouloup.

 

Un swap un peu particulier aussi car c'est le dernier que nous échangerons en direct avant longtemps. Il fallait donc se soigner un peu, se réconforter et se faire plaisir. Pari réussi, voyez plutôt ce que j'ai reçu : Noel avant l'heure !

 

 

Autour d'un cocktail de fruits frais, discussion animée sur pépette et ouverture des cadeaux. les enfants participent, chacun ouvre le sien ( enfin les miens !) et se régale de ce qui va advenir à la maison : pâtisserie ! 

Swap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisine

Des petits messages gourmands sur chaque paquet m'ont guidée dans mon avide découverte ;) Devinerez-vous ce qu'il pouvait y avoir dans ces petits paquets ?

Swap bienvenue dans ma cuisineSwap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisineSwap bienvenue dans ma cuisineSwap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisine

J'ai hâte de lire ce livre qui est entré dans ma Pal il y a peu. Bien vu Tigrou !  Les fruits sont des bougies parfumées, on en mangerait ( melon, grenade, raisin)

Swap bienvenue dans ma cuisineSwap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisineSwap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisineSwap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisineSwap bienvenue dans ma cuisine

Un roman que je ne connais pas mais dont Tigrouloup parle avec enthousiasme ;) La pâte de coing de sa maman, une belle boite à bento, de quoi faire de jolies pâtisseries, un mug tout doux tout mignon, un service japonais pour les repas sushis que j'affectionne...

Swap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisine
Swap bienvenue dans ma cuisine

Magnifique, me voilà gâtée ! 

Merci Solène pour l'organisation et Tigrou pour, comme d'habitude, un beau moment de partage, des merveilles en veux-tu en voilà ;)

Merci pour tous les swap que nous avons partagés aussi, ce furent toujours de merveilleux moments qui laisseront des souvenirs

 

Voici ce que je lui ai offert

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 05:21
Manderley for ever, Tatiana de Rosnay

paManderley for ever, Tatiana de Rosnay, éditions Albin Michel,2015, 444 pages

Genre : biographie romancée

Thèmes : enfance, famille, écriture, amours, lieux sacrés

 

L'auteur en quelques mots ...

retrouvez la biographie de Tatiana de Rosnay sur les billets suivants :

Rose

Boomerang

 

L'histoire :

Novembre 2013. Mayfair à Londres. Tatiana de Rosnay débute son périple sur les traces de Daphné du Maurier ici, au 24, là où est née l'écrivain en 1907.

Petite, dans cette grande maison familiale, Daphné est la petite sauvage de la fratrie, au contraire de sa soeur Angela qui semble apprécier els mondanités. Son monde à elle est en partie imaginaire, nourri par sa capacité à créer, à inventer, à animer ce qui l'entoure. A quatre ans, alors que Mlle Torrance lui demande si elle a déjà écrit, elle répond "oui, Jean dans les bois du  Monde". Peter Pan n'est jamais loin et son père, Gérald du Maurier, acteur qui incarne tour à tour M Darling ou le capitaine Crochet, l'entraine dans cet imaginaire que leur ami M Barrie a su si bien décrire.

Très jeune, elle découvre les origines françaises de son nom et n'aura de cesse de chercher avidement les pistes de cette lignée. Mais pour l'heure Daphné grandit en se disant que c'est vraiment une plaie d'être une fille ! Ses héros ? Long John Silver, Jim Hawkins, les héros de Stevenson. L'aventure l'attire et ses soeurs se plient aux rôles qu'elle leur assigne pour jouer de petites scènes inspirées de ses lectures. Mais c'est son personnage imaginaire masculin, son double , qui va guider ses jeunes années : Eric Avon. Grâce à lui elle osera goûter à l'amour avec une femme, Ferdie, qui la fascine. Mlle Yvon, la directrice du pensionnat à Meudon, est un de ces femmes qui aime avoir une petite cour autour d'elle et encourage les jeunes files à rivaliser pour elle. Daphné saura se faire accepter et devenir une favorite, puis une amie et une amante.

Lorsque l'inspiration lui vient elle est débordante, destructrice aussi. Guidée par le souvenir de son grand-père Kiki, ses lectures ( Les hauts de Hurlevent, Dickens, les soeurs Bronte), "Ecrire c'est rêver vrai". Il en sera toujours ainsi et Daphné du Maurier laissera toujours l'écriture guider sa vie, au détriment, souvent, de ses relations avec ceux qui l'entourent, veulent l'approcher. Au détriment même de ses propres enfants , petits. Une jeunesse placée sous le sceau de l'enthousiasme, des expériences. Egoiste bien souvent . Ses écrits, sombres, explorant l'inconscient humain, les pulsions, ne plaisent pas toujours. Mais qu'importe, c'est elle qui dirige, choisit et si on ne la comprend pas cela importe peu. Elle si enjouée parvient à faire ressortir dans ses récits ce côté obscur qui l'anime. Elle aime l'orage, la pluie, le vent, les falaises escarpées et les âmes brutes.

Son rôle de mère, elle l'assume peu et reconnait plus tard qu'elle a toujours accordé sa faveur à son fils et non à ses filles. Les garçons, la lignée sans doute, sont plus importants pour elle. Ses filles en souffrent-elles ? Sans doute mais elle ne peux réprimer ses sentiments, ses pulsions. car c'est ainsi qu'elle fonctionne, par pulsion, par instinct, par envie.

Il faudra attendre que la fougue s'éteigne un peu, que son rôle d'épouse la rappelle à l'ordre (elle est la femme du Général Frederik Browning) et que ses filles grandissent pour qu'elle se rapproche d'elles.

Mais la grande passion de Daphné du Maurier, outre l'écriture qui est à la fois drogue et source de vie, c'est cette maison qui l'obsède, Ménabilly et qu'elle n'aura de cesse de convoiter jusqu'à ce qu'elle lui soit enfin cédée pour 20 ans. Une maison qui inspirera Manderley dans Rebecca ...

 

En vrac et au fil des pages ...

 

Il est difficile de raconter une biographie. Mon résumé ne reprend que l'essentiel sans trop en dévoiler car cela gâcherait la découverte du livre de Tatiana de Rosnay.

Je préfère me débarrasser tout de suite de ce qui m'a dérangée dans cet ouvrage, de façon à garder le meilleur pour la faim ( comme une gourmandise !). Tatiana de Rosnay prend le parti de rédiger au présent, ce qui nous plonge au coeur de l'existence de Daphné du Maurier. Toutefois, force est de constater que cela n'est pas toujours heureux et donne par moment un effet catalogue, comme si les choses s'empilaient au lieu de s'enchainer. J'ai aussi regretté que la biographie ne s'arrête pas lorsque Daphné du Maurier déménage à Kilmarth, avant son déclin qui est ici rapporté dans une sorte d'impudeur qui m'a dérangée.

Cela étant, cette biographie est passionnante et l'auteur se fait discrète bien que présente dans son récit avec quelques chapitres consacrés à sa quête des lieux qui ont marqué la vie de Daphné du Maurier.

Dès les premières pages on comprend que la petite fille sera une femme forte, engagée, résolue. Son attachement à son père, sa maison, la marquent et feront d'elle ce qu'elle est devenue. Pour autant l'on ne peut s'empêcher de faire des parallèles entre son enfance et notamment sa relation à sa mère, et ce qu'elle renvoie plus tard à ses promres enfants. Le regard de sa mère, distant, peut-être par jalousie envers une relation père-fille exclusive, rapelle combien Daphné du Maurier montrera son amour à son fils alors qu'elle a toujours clamé ne pas vouloir de fille.

L'on découvre alors une face peu reluisante de l'écrivain, cet égoisme qui ressort et qui nous fait la critiquer par moment, alors même qu'on la trouve fascinante dans son affirmation de sa masculinité, ses parti pris affirmés, sans concession. C'est une forte personnalité, je dirais un personnage à elle seule, qui prend, grapille, profite, s'inspire et suit sa route.

L'on entre dans son univers par son code langagier, développé avec ses soeurs puis ses proches et qui permet les sous entendus mais aussi les secrets. Des secrets, certains plus lourds que les autres, qui ne sortiront même pas dans ses mémoires, elle qui a demandé à ce que son journal intime ne soit révélé que 50 ans après sa mort.

Le lecteur prendra plaisir à découvrir l'origine de ses romans, ses biographies, ses espoirs lors des diverses publications, les critiques acerbes qui ne manquent pas de l'égratigner, surtout depuis le succès de Rebecca, les adaptations cinématographiques ratées qui la mettent en colère mais aussi les succès qui l'encouragent. Désormais nous pouvons lire ses récits en sacant ce qui l'a inspirée, le slieux dans lesquels elle a écrit, les pulsions qui l'animaient et faisaient qu'elle devait écrire tel livre et pas un autre, quitte à choquer. On aimera le récit de ses voyages, son attachement à la France, terre de ses ancêtres, en Cornouailles mais aussi à l'Italie. Les lieux revêtent pour elle une grande importance, plus que les hommes.

C'est donc un récit passionnant, dans lequel on perçoit l'attrait qu'a pu susciter cette femme sur Tatiana de Rosnay, que je vous recommande vivement.

 

Manderley for ever, Tatiana de Rosnay

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:31
Very inspiring blogger Award

Oh que je suis contente ! Syl m'a décerné un Award qui me fait chaud au coeur. Entre copines on se soigne mais c'est une belle attention. ce sera le petit bonheur du jour !

 

Les règles pour le « Very Inspiring Blogger Award » sont les suivantes:

 

  • Le Nominé devra choisir et afficher un des logos respectifs (dispatchés dans l’article) sur son blog et mettre un lien vers le blog qui l’a désigné.
  • Le nominé devra désigner au moins dix (10) bloggers qu’il/elle admire, en listant leur blog et en les informant de leur nomination.

 

Les blogs que je fréquente le plus souvent, des petits nouveaux, à qui je décerne un Very Inspiring blogger Award :

 

Le grimoire de Tigrouloup

Les iles de My

D'une berge à l'autre chez Jérôme

Passion lecteur chez Achille

Bric à book chez leiloona

Les mots de nanet

Les battements de mon coeur chez Albertine

Le salon des précieuses chez A Little bit dramatic

Fanfan la tulipe chez Licorne

La Gazette de Myrtille

Le cottage de Myrtille

Appuyez sur la touche lecture chez Joyeux Drille

Lilou soleil

 

Bien entendu il y en a d'autres mais il faut bien faire un choix :) désolée pour les copinautes que j'aurais pu oublier, je me rattraperai promis ! 

 

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 06:33

Tag Enfance

Sur le modèle du "Je me souviens" de Georges Pérec, Albertine nous invite à revenir en arrière, à nos premières années et à nous rappeler qui nous étions alors...

Si vous acceptez ce retour en enfance, confiez-nous une photo de cette époque, répondez comme moi aux questions et taguez trois autres personnes (ou plus !)

Une photo d'enfance qui illustre bien ce que j'étais alors

photo d'Eric Garault

Je me souviens d'un lieu qui a marqué mon enfance puisque j'y passais toutes mes vacances ( mes parents travaillant) : le grand potager de mes grands-parents. Un terrain en pente, une cabane posée dessus, un petit chemin qui descend jusqu'à un cours d'eau et une étendue à perte de vue semée de haricots, carottes, luzerne. Un prunier à côté de la cabane et la saveur acide des prunes que l'on prenait plaisir à manger. D'un côté du ruisseau : le Tarn, de l'autre : l'Hérault.

 

Je me souviens d'une personne qui m'a donné le goût de lire, une maitresse d'école prénommée Yole à qui j'avais ramené du sable noir de la plage de la grande Conque dans l'Herault (allez savoir pourquoi je me souviens de cela !)

 

Je me souviens d'un événement : le décès de mon arrière grand-mère et me dire que plus jamais je n'épilerai ses oils sur le menton !

 

Je me souviens de la classe de CM1, quand j'apprenais l'anglais avec de petits bonhommes en feutrines que l'on collait sur un tissus

 

Je me souviens d'un objet : le premier stylo plume que l'on m'a offert à l'âge de 9 ans, avec lequel je me tâchais les doigts

 

Je me souviens d'une boisson que j'adorais petite, l'antésite. Il parait que je faisais bien rire mes parents avec ça ainsi que ma nounou espagnole ! 

 

Je me souviens d'une friandise qui s'appelait à l'époque "tête de nègre" et qui n'existe plus, tu m'étonnes ! En cette période nul ne pensait être raciste en machouillant ce visage de réglisse mais rien que d'écrire ce nom aujourd'hui, j'en frémis.

 

Je me souviens d'un jouet, caché dans le grenier de mes grands-parents et qui appartenait à mon papa : une voiture à pédales, rouge, en acier, magnifique , dans laquelle on rentrait tout entier ! 

 

Je me souviens d'un camarade qui mangeait les gommes, la colle, les crayons et qui me faisait très peur !

 

Je me souviens d'un livre ou plutôt d'une série que je dévorais :

 

Merci Albertine pour ce voyage dans le temps ;)

 

Je tague à présent Tigrouloup, Elsinka et Touloulou ;)

 

 

 

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