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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 05:04
#DIY Gold Foil Lette

#DIY Gold Foil Lettering on Flower Pots. #make #made #gifts #kids #draw #paint #plants #mom #craft #holidays

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 04:43
Casual cute

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 02:34
photo de Julien Ribot

photo de Julien Ribot

Leiloona nous invite dans son atelier d'écriture, une photo de Julien Ribot, quelques mots ...

 

A vif

 

La rue dégouline d'un amour éphémère, gravé sur les arbres et à jamais apparent. Un tatouage indélébile que l'écorce meurtrie recouvrira au fil des ans, une cicatrice visible à la face du monde.

Mais qui les voit ? Qui regarde encore en passant sur la contre-allée, ces arbres abîmés, porteurs d'un amour d'un jour ? Un jour lumineux où la lame d'un couteau a découpé soigneusement, en prenant son temps ou au contraire avidement, à vif, la peau d'un platane, pour y laisser l'empreinte , le témoignage. Pour crier à la face du monde que l'on est enfin deux. Pour hurler sa joie adolescente de n'être plus seul, de faire partie de la masse des couples désormais officiels.

Inès et Jorge viennent-ils encore, comme en pèlerinage, se recueillir devant cet arbre lacéré par amour ? Ou bien leur duo s'est-il dilué, les rendant amnésiques, aveugles à l'entaille profonde et écœurante faite là.

La blessure a du mal à se refermer et, déjà, une autre suinte, plus fraîche. Hier soir, à la lueur d'un lampadaire, parce que les amours nocturnes sont audacieuses, un jeune homme a entamé la peau, essuyé la sève et est reparti, les doigts poisseux, fier de sa déclaration. Elle la verra en prenant le chemin du lycée et elle se dira que nul n'ignore plus désormais qu'ils sont un couple.

L'entreprise a sa part de mystère et seules les initiales s'affichent, laissant planer le doute. Un tag à vif qui ne sera jamais recouvert, nettoyé. Un tatouage sur la peau d'un autre, parce que la nôtre ne peut porter ce message que l'on espère éternel mais que l'on sent éphémère. Car que ferait-on après ? Après l'amour ? Après les larmes et l'abandon ? Dépecer les bras qui ont enlacé, bercé ?

J'ai toujours pensé que ces ressentiments n'appartenaient qu'aux autres, ne nous concernaient pas, ma bulle et moi. Naïveté semblable à celle qui nous pousse un jour à graver l'écorce d'un arbre.

Je changerai de route pour ne plus voir l'arbre écorcé, l'amour écorché.

Je partage avec cet autre vivant une sculpture à cœur.

 

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Published by unchocolatdansmonroman - dans atelier d'écriture
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 07:10

Le Démon avance toujours en ligne droite, Eric Pessan, 310 pages

éditions Albin Michel, 2014

Genre : roman

Thèmes : deuil, solitude, enfance, estime de soi, famille, secret

 

L'auteur en quelques mots ...

retrouvez la biographie de l'auteur sur le billet Muette, Eric Pessan

 

L'histoire

 

" Les démons : au bord de la route, je les ai vus à l'oeuvre, griffes et cornes luisantes, crocs terribles, écailles, soies et cuirs obscurs, je n'ai pu éviter de les voir comme j'ai vu les lambeaux de ceux qu'ils saisissent, les vestiges lamentables de leurs proies, les visages creusés jusqu'à l'os (...) les démons des autres ne m'intéressent pas (...) j'ai mon démon à semer, mon propre démon, ma malédiction."

David Le Magne est venu à Buchenwald pour retrouver la trace de son grand-père, ce "bon à rien" dont il sait peu de choses sinon qu'il a abandonné sa famille. Encore une fable familiale, la malédiction des hommes dans la famille Le Magne.

"Ton père a été emporté par ses démons,

comme ton grand-père,

on n'échappe pas à ses démons,

personne,

jamais."

Pourtant , une fois sur les lieux, plus rien n'a de sens. Ce qu'il voit aujourd'hui n' a rien à voir avec ce que son grand-père a pu vivre, rescapé de l'horreur. Tout a déjà été consigné par d'autres, Semprun, Levi, Hyvernaud ... des auteurs qu'il a lus et relus.Tout est oppressant ici et les jeunes venus en visite ressentent eux aussi le poids d'un passé que rien ne peut décrire. Puis qui peut assurer que ce grand-père est passé par ce camp, lui dont on ne retrouve le nom sur aucun registre ?

Le discours de sa mère lui revient en tête et il réalise qu'elle a menti, qu'elle lui a sans doute donné ce qu'il voulait, des mots, des mots à poser sur une histoire pour le rassurer ou pour qu'il cesse de poser des questions sur ces hommes qu'elle a appris à détester et qui ont abandonné sa famille. Et pour le reste ? Est-il vrai qu'il serait devenu clochard à Bordeaux ?

Lisbonne. Que trouver ici ? Les démons veillent et poursuivent assidûment leurs proies à chaque coin de rue. Des clochards ? Des dizaines. Mais il en est un qui a ce regard particulier , qui ressemble à cet être familier qui accompagne ses cauchemars et qui pourrait bien être son père. Ce père alcoolique disparu sans laisser d'adresse. Parti à Lisbonne à ce que l'on dit.

Et puis il y a Mina, la femme qu'il aime, qui voudrait faire un enfant avec lui. Un enfant. Comme s'il était facile de poursuivre la lignée des hommes destructeurs de famille. " Tu as ça dans le sang (...)Tu finiras clodo, chantaient les Parques sur mon berceau". Peu importe, il est venu là pour écrire, comme son père avant lui. Que racontera son récit ?" Une histoire d'effacement, de disparition: un homme s'estompe, on le perd de vue, un homme se dissout dans le grand vacarme de ce monde" dans l'indifférence.

Pourtant peu à peu les démons le possèdent, l'alcool le maitrise qui fait tomber dans l'oubli, les mots s'alignent sur le carnet mais la vie n'a de sens que pour l'effacement qui est enclenché. Le paradoxe est bien là car les femmes qui ont instillé en lui la peur et le dégoût du père sont aussi celles qui l'ont élevé, celles qui ont vécu dans la détrsse. Mais il n'avance plus, "Le démon possède deux têtes". Fascination pour les hommes perdus, les clochards qui portent en eux tout l'imaginaire de sa propre quête.

" Le vieil homme n'a pas fait deux pas qu'un démon se juche sur ses épaules, ajoutant son poids à celui de la fatigue, de la maladie et de la détresse. Le démon replie ses ailes de cuir et se gratte le cul d'une griffe.Ils disparaissent à l'angle de la rue".

 

En vrac et au fil des pages ...

Le Cauchemar, Fuseli, 1781

 

Incroyable roman que celui d'Eric Pessan. Je connaissais  déjà  sa façon de transcrire les angoisses, les errances, pour avoir lu Muette. Mais ici c'est autre chose et la plume prend le lecteur aux tripes. On suit le narrateur dont on nous dévoile le nom, vite fait, en une présentation qui ne dit rien de lui car il n'est pas David Le Magne, il est cet homme à la recherche de ses racines, de son grand-père puis de son père, seul rescapé d'une famille féminine puisqu'élevé par sa mère et sa grand-mère. Toutes deux liguées contre les hommes pour avoir vécu la même histoire d'abandon.

Peu à peu les pièces du puzzle s'assemblent et l'on ne découvre pas le portrait de ces deux hommes mais bien celui du narrateur , sa déchéance, ses espérances, sa lutte contre des démons qui le rongent.

On espère pour lui une autre vie, avec Mina qui l'attend et comprend son besoin de retourner sur les lieux maudits . C'est oppressant et on plonge dans l'esprit de cet homme qui se perd peu à peu. Comme une fatalité. On se demande même à un moment s'il ne vit pas le destin de son père, à force d'entrer dans la peau des marginaux qu'il croise.

"Le démon t'emportera". Les voix des femmes qui l'ont élevé le hantent, comme une malédiction posée sur lui dès sa naissance, parce qu'il était un garçon. Dans ce tumulte la voix de Mina ne peut se frayer un chemin jusqu'à sa conscience. C'est son double que le narrateur décrit dans son récit, ce "Doppelgänger" a qui il donne vie en lui donnant sa démarche, ses démons, ses espoirs. Alors tout se confonds et plusieurs vies se fondent en une et vivent le même destin : le père, le fils, l'être de papier.

L'écriture d'Eric Pessan est légère et précise. Pourtant elle pèse ici de tout son poids . Comme des articles de dictionnaire, les mots forts entrainent des définitions : "Malédiction : je savais la consigne, elle est dans tous les esprits.Ne pas se retourner. Jamais.Qui revient sur son passé prend le risque de réveiller les démons. (...) les phrases si difficiles, ma mère les vomissait l'une après l'autre (...) la malédiction peu à peu s'est déployée." Le fantastique se mêle au réel et l'on comprend la métaphore du monstre dévoreur. L'aspect visuel de l'écriture nous rend perceptibles les démons.

L'auteur insiste sur le poids du passé, des secrets mais aussi sur la terrible indifférence du monde envers ceux qu'il nomme sans tabou, les clochards. C'est aussi une dénonciation. C'est aussi une reflexion sur la littérature, ce qu'elle laisse, de quoi elle se nourrit, "la vie n'est pas possible sans littérature" fait dire l'auteur a son personnage et il convoque Sartre "J'étais un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets" et les grands noms des rescapés des camps; mais aussi Nathaniel Hawthorne et son Wakefield dans lequel on retrouve le même questionnement sur l'humanité que dans Le Démon avance toujours en ligne droite.

Les femmes ne sont pas ménagées dans le récit et on les déteste pour ce qu'elles ont fait à l'homme en devenir, pour le mal qu'elles ont instillé en lui. Mais on les plaint aussi car leur détresse est perceptible dans le discours de l'enfant.

Le lecteur se demande alors où va le mener l'errance et si l'écriture va permettre d'exorciser le mal. On l'accompagne jusqu'au bout, jusqu'à la dernière page .

C'est curieux car je lisais récemment L'homme au manteau noir de Diane Setterfield dont j'avais été déçue car elle n'avait pas trouvé les mots pour décrire la perte, la déchéance et les démons intérieurs. Voici le contre exemple fascinant. Ici tout est travaillé à l'extrême et l'on ne peut en ressortir indemne.

Vraiment, je vous recommande cette lecture.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 06:57
Caprese Garlic Bread

Faire rôtir de belles tranches de pain

les frotter avec une gousse d'ail

disposer sur le pain de la mozzarella de buflone en tranches assez épaisses

disposer des rondelles de tomes et du basilic ciselé

arroser d'un filet d'huile d'olive et de vinaigre balsamique en réduction ou assez épais

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:25

Pour l’atelier d’écriture de ce lundi, Leiloona nous propose une photo originale et colorée. J’ai hâte de lire les écrits des copinautes inspirés. Retrouvez-les ICI.

La journée de la culotte

Ah, ma petite fille !

Où est passée ma jeunesse et le rêve d’un corps éternel ?

Elles ont filé si vite ces années … Pourtant j’en ai profité. Oh oui, j’en ai profité !

Pour moi, pour Lui.

Ce corps je l’ai longtemps maudit. A l’âge où l’on porte de jolis dessous acidulés comme ceux que nous regardons en vitrine, mes jambes frêles et mes genoux cagneux me rappelaient que j’étais un garçon manqué. Puis mon corps a changé, sans moi, malgré moi, trop ceci, pas assez cela, préoccupations d’adolescente.

Les magazines regorgeaient dans les années 60, de dessous affriolants. Finies les gaines et autres accessoires de torture - ma mère m’avait raconté l’invention du Very Secret de Scandale dans les années 50, avec ses coussinets gonflables à volonté. Ces hommes ! Ces hommes ! mais quelle idée ? Et avant cela, un aviateur s’y était mis aussi, si, si. Howard Hugues il s’appelait et il venait d’inventer un soutien gorge à armatures qui rendait les seins pointus, tu te rends compte ? -Juste ciel ! J’ai échappé à cela !

En 1961 j’avais 17 ans et Wonderbra lançait son premier push-up. Je m’en souviens comme si c’était hier ma jolie. Aujourd’hui je regarde cela d’un autre oeil mais à l’époque et à mon âge, acheter en cachette un tel sous-vêtement et l’arborer fièrement, m’a valu un certaine fierté. Je dois dire que j’ai eu mon petit succès et Marie-Claire m’y a bien aidée.

Exit la gaine, celle-là même que je chéris aujourd’hui, tu te rends compte ?

Tu souris ma belle mais tu verras… La mode tourne et reviens à ses premières amours. Le grand retour de la lingerie gainante !

Et puis les hippies sont passées par là et j’ai ôté le haut plus souvent qu’à mon tour. Liberté !

C’est à cette époque que je l’ai connu, Lui. Pour lui plaire, j’ai résolument opté pour la mode, même si elle n’était ni pratique, ni confortable à mon goût. Guêpières, porte-jarretelles, Chantal Thomas est passée par là et a tout révolutionné au nom de la fantaisie. La femme fatale est apparue, attirante autant qu’impertinente.

Oui mais moi j’étais déjà maman. Mon corps changeait, me transportait, m’horripilait, m’étonnait. Pourtant j’ai fait partie de celles-là, oui, qui portent pour leur amour une lingerie raffinée, sexy à l’extrême, mais qui ne me correspondait pas. Que ne ferait-on par amour ? J’étais audacieuse.

Corsetez-vous ! Pigeonnez ! Tu penses ! Ficelée comme un rôti, je me suis perdue. L’image de la mère de famille en a pris un coup tu sais et je souffrais de n’être que cela. La femme idéale devait être active, mère et amante, femme d’affaires. C’est l’image que nous renvoyait la société. Quel credo ! Quel gâchis !

Alors tu vois, ce qui te semble être d’une mièvrerie affligeante, ces dessous en coton que nous regardons depuis tout à l’heure, pour moi c’est la liberté. J’ai osé le dire, enfiler la culotte de Bridget et me proclamer femme !

Ce n’était plus pour Lui, c’était pour moi ! Et quel bonheur ! Oui, quel bonheur !

Aujourd’hui une femme peut choisir le confort élégant ou la séduction et je ris de ce revirement, de cette simplicité qui me ressemble. Plus d’armatures et d’armures et IL est toujours là , tu vois, car il m’a suivie dans ce choix.

Alors vis ma petite fille et ne te laisse embrigader ni par un homme ni par la mode. Choisis ce qui te ressemble mais au quotidien sois toi-même, le satin ou le coton bio, le plus simple ou le plus beau et pourquoi pas, les culottes Petit Bâteau …

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